CHAPITRE I
DFJCniPnon GÉOGRtPHIQCe DS
g. I. Position géographique et Irontiércs-
Il est très-diflicile de déterminer les limites de rAfghanistaii ■. Jadis la domination des princes de ce pays dont la résidence est fixée à Caboul , circonstance qui fait souvent donner à l’Afghanistan le nom de royaume de Caboul, s'étendait sur tout l^espace compris entre Sirhind, à cent cinuante milles * environ de Delhi , ans rindoustan , et Meshed , situé dans le Khorassan , à peu près à la même dislance de la mer Caspienne.
En largeur, l'empire afghan s’étendait alors depuis l’Oxus jusqu’au golfe Persique.
^ Mais ce grand empire a depuis été bien réduit par les événements. Au nord ouest il a perdu le Khorassan,
' Afgliaoistan veut direpayihabité par lea Afghans.
> l-tÊ renseignements qui ont servi S la lédaclion de celte notice étant presque exclusivement tirés des voyageurs anglais, c'est en milles anglais que nous énoncerons quelquefois les distances. On compte soixanteneuf milles et demi anglais au degré géographique. c'est-à-dire qu'il en faut presque trots pour [aire une lieue commune de France de vlngt-diiq au degré.
ArcaaKUTas.
la principauté aujourd’hui indépendante d'Hérat,et le Khoiindouz ; à l'est et au midi il a perdu la vallée de Cachemir, une partie du Pendjab, le Moultan , réunis aujourd’hui sous le sceptre du prince de Lahore; à l’ouest enfin il a perdu le Sind , tributaire aujourd’hui de l’empire britannique dans l'Inde, et le Belout- 'chistan, qui, après s’étre déclaré indépendant et avoir même enlevé aux princes afghans les provinces du Cotch- Gondava , de Peshin , de Châl, semble aujourd’hui sur le point de tomber sous la suzeraineté de l’Angleterre.
Le royaume actuel de Caboul, tel u'il a été constitué à la suite des véneinents de 1839, n’occupe donc plus qu’un espace assez restreint, comparé a ce qu'il fut Jadis. Cependant il doittoujours être appelé Afghanistan; car, en réalité, ilcomprend encore tout le pays habité par la population et les tribus de race afghane.
En prenant une carte de l’Asie, si l’on y promène ses regards depuis le golfe du Bengal Jusqu’à Hérat, on voit tout cet espace borné au nord par une chaîne de montagnes les plus hautes du globe , dont presque tous les sommets sont couverts de neiges éternelles, et du haut desquels descendent de très-grands fleuves. Cette chaîne commence près le Barrampou-
Lumvins.
ter, et se diri(;e d'abord pnr le nordnord-ouest jusqu'à Cacliemir. Dans cette partie les indigènes l'appellent llemaleh, et les Européens Himalayah.
A partir de Caeheiiiir, sa direction rhaiige pour le nord-ouest jusqu’au pic neigeux de l'Hindou-Koucli, situé au nord , et presque, sous le méridien de la ville de Caboul. A partir de riiindou-Koucli, la direction générale de la chaîne s'altère encore; elle va de l'est à l'ouest. La hauteur des montagnes diminue; elles ne portent plus de neiges éternelles, et vont en s'abaissant successivement jusqu'à Herat. De Cacliemir à l'ilindou- Kouch, c'est cette montagne qui donne son nom à toute la fraction de la chaîne comprise entre ces deux points; mais, depuis l'Ilindou-Rouch jusqu'à iiérat, elle n'a pas de nom générique, du moins chez les indigènes; et c'est pour cela que nous lui conserverons le nom de Paropamisus , qui lui fut donné par les Grecs.
Cest la partie occidentale de cette grande chaîne qui forme la frontière septentrionale de l'AfgbanisUn, depuis Itérât, ( G0° de longitude E. du méridien de Paris ) jusqu’au lieu où elle est coupée par les eaux de l'Indus sous le 72° de long. E. Ces deux points sont, à quelques minutes près, situés sous le même parallèle , le 3â* de latitude nord, o’est-à-dire à jwu près sous In même latitude que 'Téhéran .
en Perse, le pachalic de Tripoli de Syrie, les Iles de Chvprc et de Candie, le Maroc, la Caroline du Nord aux États-Unis, et Yezdo, la capitale du Japon.
La frontière orientale et méridionale du royaume de Caboul est aujourd'hui dessinée exactement par le cours de l'Indus , depuis sa sortie des vallées de Tlliiiialayali jusqu'à la limite du territoire de Dera-G liazi-Klian, sous le 29° de lat. N. et le 68° de long. E.
Cependant il faut en distraire la province de Pechaver, conquise depuis 1830 parle .Malia-radja-Uandjit-Singli.
De la elle coupe presque en droite ligue les monts Soliman , et va rejoindre la chaîne des K.ortikkis , au nord
du célèbre déSIé d« Bolân, et sous le 6ô* de long. E.
La frontière occidentale, suivant la vallée de Châl et le cours de la Lora, côtoie le désert du béistan, et remonte au qord jusqu’au territoire d'Berat-
Ainsi ce pays présente a peu près la forme d’uq trapue, dont la grande base dirigée vers le nord décrit, depuis Hérat jusqu'à l'Indus, une ligne d'environ trois cents lieues de long , et dont les côtés ont une longueur moyenne de cent cinquante lieues.
S'il est dirlicile de Gxer exactement les frontières du territoire occupé par les Afglians, il serait encore plus difficile de donner dans une description sommaire une idée générale des divers pays qu'il comprend. Ils sont si différents par l'élévation de leur niveau audessus de la mer, parleur climat, leurs productions, etc., que nous ne pouvons essayer de les décrire ici. Nous remarquerons seulement que l'Afghanistan représente d'abord , depuis l'Indus jusqu'aux monts Soliman, la moitié occidentale de la vallée de l’Indus; puis, à partir des monts Soliman jusqu'à THindou-Kouch et le désert de Perse, un vaste plateau semé de montagnes, un grand amphithéâtre qui domine tous les pays dont il est environné. L'IIindou-Éouch, qui forme, au nord, le gradin le plus elevé de cet amphithéâtre, commande les basses terres du pays de Balk et du Badakchàn. A Test, la rive droite de l’Indus, ui lui appartient, est beaucoup plus levée que la rive gauche. Au sud, il domine les plaines arides du Cotch- Gondava : à Touest, il va sans cesse en s'abaissant jusqu'au désert de Perse.
Si Ton voulait cependant se faire une idée générale du mouvement des terrains, on devrait direqu’il va sans cesse en s'élevant du midi au nord , et de Touest à Test.
g 1. Montagnes de rxighanistan.
L’Afgbanistao, avons-nous dit , est nn vaste amphithéâtre, dont les gradins sont figurés par des chaînes de montagnes qui vont sans cesse en s'élevant à mesure qu’on remonte verè
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le nord. Cette image parait surtout exacte au voyageur qui arrive dans ce pays par la route du Pendjab et de Pechâver. Ue la plaine où cette ville est assise,onaperràjtdistiiicteineiitdeTaiit soi, en regardant vers le nord, quatre étages de montagnes. Le premier et le moins élevé ne porte jamais de neige
Sar accident; le second la conserve ant quelques mois de l'année; le troisième, plus longtemps encore ; et enliolequatrième,rilindou-Kouch,esl couvert de neiges éternelles. Les sommets, dont quelques-uns ont plus de vingt mille pieds de hauteur, et ne le eèdeiit en élévation sur la terre qu’à ceux de l'Hiinalayah, sont, dit-on, quelquefois visibles à quarante et cinquante lieues de distance pour les populations qui Itabitent le Turkestan au nord comme pour celles qui cultivent la vallée de l'Iiidus au midi.
< A cette distance, dit un voyageur,
■ les arêtes et les crevasses de leurs « flancsétaientparfaitementdistinctes, * et cette merveilleuse netteté des « objets produit un effet surprenant, a Les sommets neigeux de l'Hindou- « Koucli ne sont pas tous d'une éléva- <■ tiou égale entre eux ; quelques-uns « portent aux deux des pics d’une ■ élévation et d’une masse prodigieuse; « car, au lieu de se terminer en cônes, < comme on pourrait le croire , ils « s’élancent de leurs bases presque c sans rien perdre de leur largeur, et « présentant de vastes plateaux de * ^ace à leurs sommets L’effrayante •< hauteur de ces montagnes, qui sem- « bleiit attirer vers elles et pouvoir « concentrer, a uii instant donné, les • regards de tant de nationa; l’impo- « santé solitude et le solennel silence « de leurs neiges éternelles , remplis- « sent l’âine d'une admiration et d'une m, sorte de crainte religieuse qu’on ne ■ saurait exprimer. Cependant les • monts .Himalaya!) sont encore plus « élevés; un jour je les ai aperçus, « quoique j'en fusse éloigné do plus de « soixante lieues; et l'on prétend que , • dans deoertaines comlitions atinos- • phériques, le sommet du Devalagiri, • U plus haute montagne connue sur le
« globe (plus de vingt-huit mille pieds), « est visible à une distauce de quatre < vingt-dix et même de cent lieues. « Les grandes chaînes de montagnes peuvent toujours être coii.sidérées comme le centre d’un système qui détache des rayons dans toutes les directions ; et ces rayons sont toujours suivis parallèlement à leur développement par des chaînons de contre- forts qu’on dirait avoir été disposés par la nature pour assurer leurs hases d’une manière inébranlable.
L’immense chaîne de l'ilimalayah se prête, mieux que toute autre peutêtre, à cette considération ; mais, occupés ici spécialement de l'Afghanistan , nous n’avons à parler que de cette partie de l’Himalayah que nous avons désignée sous le nom d Hindou- Kouch et de Paropaniisus ; et, de plus, nous devons borner nos observations aux rayons, dont quelques-uns sont très-considérables , qui, se détachent au sud de la grande chaîne.
laiS contre-forts de l'Hiiidou-Kauch présentent un pays extrêmement accidenté, et qu’on appelle , pour cette raison , le KoliistAn ou pays des montagnes: il s'étend au nord et au nordest de la ville de Caboul. Bien que, comparés à rUindou-Kouch, les sommets de ces contre-forts soient d’une hauteur peu apparente, leur élévation absolue au-dessus du niveau dt la mer est cependant très-considérable; car ils sont assis sur un plateau qui est lui-même fort élevé. Leurs sommets ne conservent la neige que pendant deux ou trois mois de l'hiver; il est assez rare d'y voir des arbres; mais leurs lianes sont couverts de forêts de pins, de chênes, d’oliviers sauvages; à leur pied s'étendent de petites vallées arrosées par une foule de ruisseaux , et jouissant généralement d’un climat enchanteur. .Sur leurs pentes croissent loua lea fruits et toutes las fleurs de l’Europe, avec une merveilleuse richesse. Les collines portent plusieurs espèces de fougères et d’élégants arbustes ; les rochers même sont couverts des mousses les plus tendres.
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Nous aurons d'ailleurs à revenir sur cette partie du pays, dont l'importance politique est considérable, et dont les vergers surtout ont valu à la ville de Caboul la réputation dont elle jouit dans toute l'Asie , pour l'abondance et l’exquise qualité de ses fruits.
Si l'on voulait circonscrire l'espace sur lequel s'étendent ces contre-forts de l'Hindou-Kouch, on pourrait dire qu'ils occupent presque exactement tout le territoire compris entre ces montagnes et la rivière de Caboul. En effet, c'est la vallée de cette rivière qui les sépare des monts Soliman ; et , à mesure qu'ils s'éloignent à l'est du sommet de l'angle formé par la rivière et la grande chaîne, ils vont sanscesseendiminuant dü hauteur; et en même temps le niveau général des terrains s'abaisse avec une rapidité extraordinaire, à mesure qu'on approche de la vallée de rindus.
La chaîne du Paropamisus , où se termine le KohisUn de Caboul, s’étend de l’est à l'ouest sur une longueur de trois cent cinquante milles; et avec ses contre-forts , sur une largeur de deux cents milles, du nord au sud. Tout l'espace compris entre ces limites présente une masse de montagnes si confuse, que, dans l'état actuel de nos connaissances, il est encore impossible de les décrire. C'est le pays occupé par les tribus des Einiêks et des Hazdrehs; il est trèspeu fréquenté, car il ne se trouve point sur la route des caravanes; aucun voyageur européen ne l'a encore parcouru ; mais nous devons cependant espérer que les Anglais, qui font aujourd’hui la guerre dans ces contrées , nous les feront bientôt connaître.
La chaîne des monts Soliman, qui n’est à proprement parler qu’un rayon détaché de l'Hindou-Kouch, commence à la haute montagne qu'on appelle .Séfid Koh, ou la montagne Blanche, à cause des neiges éternelles
ui couvrent son sommet. Le Sé-
d Koh s'élève au sud des contre-
forts de l'Hindou-Kouch, dont il n'est séparé que par la rivière de Caboul.
A partir du SéQd Koh , la chaîne des monts Soliman se dirige presque en ligne droite sur l'indus, où elle vient mourirdans les environs de Sbikarpojr. Elle se compose de trois arêtes parallèles, dont la plus élevée occupe le milieu , comme c'est l'ordinaire.
La hauteur des monts Soliman, quoique de beaucoup inférieure à celle de l’Hindou-Kouch, est cependant encore très -considérable : sa partie la plus élevée est sans aucun doute celle qui se rapproche le plus de cette grande chaîne. Le Séfid Koh est couvert de neiges éternelles; mais il ne parait pas qu’aucun de ses autres sommets conserve encore de la neige après le printemps On voit cependant quelques-unes de ces montagnes qui, même sous le 31* de latitude nord, gardent la neige pendant tout l’hiver sur leurs sommets; c’est la preuve d'une élévation considérable sous une latitude si voisine des tropiques.
Outre 1rs deux contre-forts parallèles à son développement , la chaîne des monts Soliman détache encore quelques rayons à l’est et à l'ouest.
Le premier qui se présente en venant du sud, et sur la vallée de l'indus, est celui qui commence à Reghzl, sous le 32“ de lat. N., et vient mourir à Pennialll, sur l'indus. Le second chaînon sort au .S. E. des flancs du Sélid Koh, et se prolonge dans la même direction. Il passe l’indus, entre dans le Pendjab, et disparaît aux environs de Djelôlpour sur la rive droite du Ujalem, l'ancien Hydaspe. Ce chaînon abonde en mines de sel gemme, qui lui ont valu le nom de montagnes salées.
Le sel qu’elles fournissent se vend dans rinde sous le nom de sel de Lahore. Le troisième chaînon des monts Soliman se détache également du Séfid Koh, va droit à l'indus qu’il traverse, mais pour disparaître à
fieu de distance : il est connu sous e nom de monts Khyber ou Tira. Set cimes sont plus élevées que celles des montagnes salées, at généralement
AFGHANISTAN
d’un accès très-difBcile. Elles renferment des défilés où les Kliyberis ont fait essuyer, depuis 1839, plusieurs échecs à l'armée anglaise.
Tous ces chaînons sont liés entre eux par une foule d'autres moins importants qui font ressembler tout ce pays à un réseau de montagnes:
SI bien qu'aucun des intervalles qui sépare ces trois chaînons ne mérite le nom de plaines.
I.,es rayons que les monts Soliman détachent à l'ouest sont moins connus; ils n’ont pas encore été explorés par les voyageurs.
M. Moiitstuart Elphinstone considère comme telle la chaîne qui , partant à l'ouest du Séfid Koh, se dirige au sud-ouest, passe à l'est de Ghazna, où elle prend le nom de monts Toba , puis se partage en plusieurs autres chaînes, dont l'une, courant de l'est à l'ouest, vient mourir aux environs de Candahar; dont une autre très-importante est connue sous lenom de moûts Khodjeh-Ainrân ; dont une troisième, continuant sa course au sud-ouest sous le nom de monts Isepper, puis de montsKerlikkis, va rejoindre la grande chaîne des montagnes du Beloutchistan. Peut-être serait-il plus rationnel et plus exact de considérer tout ce développement comme un système complet, et non moins important que les monts Souléiman, avec lesquels il formerait au point de départ commun du SéCd Koh , un angle dont l’ouverture est dirigée vers le sud. Tout l’espace compris entre ces deux grandescbalnes principales n’est aussi qu’un pays de montagnes.
S- 3. — Cours d'eau. ■
Ainsi tout l’Afghanistan n'est qu’un vaste amphithéâtre de montagnes , dont quelques-unes sont trèsélevées, et même portent sur leurs sommets des glaciers éternels. On doit naturellement s’attendre à trouver dans ce pays un grand nombre de cours d’eau; mais, comme il arrive souvent dans les pays de montagnes , ces cours d’eau ne sont que des
torrents très-rapides et sans profondeur. En effet, excepté l’Indus, qui lui sert de frontière a l’est et au sud, on ne rencontre pas dans l’Afghanistan de rivière qui ne soit gucable pendant la plus grande partie de l’année. D’ailleurs le volume de ces rivières est singulièrement diminué par les saignées qui leur sont faites pour les besoins de l’irrigation, et qui sont telles, que souvent une rivière au volume d’eau considérable disparaît et semble se perdre dans les terres, avant d'avoir fait sa Jonction avec une autre rivière, ou avant d’avoir porté ses eaux al’Oceaii. C'estun fait qui n'est pas seulement particulier à l'Afghanistan; on peut l’aOirmer de presque toute l'Asie.
Si donc nous parlons des cours d’eau de l'Afghanistan, c’estseulement à cause des services qu’ils rendent à l’agriculture, ou des obstacles qu’ils peuvent mettre à la marche des voyageurs et des armées.
Des cours d’eau de l’Afghanistan, rindus est le seul qui soit navigable en toute saison; mais il est tellement rapide et diflicile, surtout dans la partie supérieure de son cours, qu’on l’emploie bien peu pour la navigation. Les Anglais n’ont pas même encore réussi à établir un service régulier à ses embouchures. D’ailleurs, nous n’avons pas à parler autrement de ce fleuve, dont la description complète sera donnée dans le volume de l'Uiiieers pittoreique qui traitera de la péninsule indienne.
Les affluents de l’Indus qui appartiennent à l’Afghanistansont, en commençant par le nord :
L’Abba-Sîn, sorti de l’Hindou- Kouch, dont il côtoie le pied avant de se perdre dans ITndus, après un cours de cent vingt milles environ.
La rivière de Kashgar. Elle sort du Poushtî-Khân, l’un des sommets des Bilodr-Tag, dans le Turkestan chinois. Après avoir suivi cette chaîne jusqu’au point où elle vient se joindre a l'Hindou-Kouch, et traversé la province chinoise de Kashgar, elle coupe rHiudou-Kouch, et vient se jcteravec
L’UNIVERS
une violence extrême dans la rivière dè
Cnhoul.
La rivière de Caboul. On désigne sous ce nom une rivière formée par plusieurs cours d'eau qui viennent se réunir à l’est et au-dessous de la ville de Caboul. Deux des plus considérables descendent de l’Ilindou-Kouch : ce sont le Ghorabend et le Pendjshir. Ils mêlent leurs eaux au nord de Caboul, et coulent auS. K. jlisqu'à Bdrikdb. IJi ils sont rejoints par une autre rivière ni prend sa source dans les environs e dliazna, et traverse la ville de Caboul, qui donne son nom à tout le cours d’eau. De Bdrikdb, la rivière de Caboul précipite ses (lots rapides à l’est, et reçoit près de Djellalauad la rivière de Kashgar, ainsi qu'une foule de ruisseaux sortis des contre-forts de l'UindoU'Kouch. En entrant dans la plaine de l’eeliaver, la rivièfe de Caboul voit diminuer l’excessive impétuosité de son courant ; puis elle se partage en plusieurs bras, q^ui se réunissent cependant ; et enlln elle porte ses eaux à l’indus, un peu au-dessus d'Attok.
Ad-dessiis d'Attok, l’Indus reçoit encore sur sa rive droite le Toi , et quelques autres petits ruisseaux que nous ne mentionnerons pas. Arrivé dans le pays d'Esau Khaïl, son cours s’augmente du K.orem, grande rivière trèslarge, mais peu [)rofonde, qui prend sa source dans les monts Soliman.
Le seul affluent qo* l'Indus reçoive encore à l’BueSt avant de se jeter dans la mer, c’est te Génial, petite ririvièrc de l' Af^nistan, dont leseaux, épuisées par l'înigathin, se perdent le plus souvent dans les terres avant d’arriver au lleuve : on pourrait même dire qu’elles n'y parviennent que dans la saison des pluies.
Les monts Soliman donnent encore naissance à une foule de ruisseaux qui sont à peine connut de nous, et qui tous semblent être de trop peu d’importance pour que nous ayorts a nous en occdper ici.
La plus considérable des rivières qui arrosent la partie oecidentale de l’Afhanistan , c’est l’Helmend , l’Etymaner des anciens. Elle prend sa source
à vingt ou trente milles à l’ouest de Caboul, dans les inonlagnes de Kohi- Baba. Après un cours Je deux cents milles dans les montagnes, elle coule dans les plaines cultivées par les tribus Douraiiies. A cette distance de sa Source , elle n’est cependant pas trèslarge, et bientôt apres elleeutre dans un desert , et tiiiit |>ar porter ses eaux dans le lac du Seïsùln , le lac KJiâ^jet. Les bords de rUelmend, sur une largeur d’un mille ou deux, sont trèsfertiles , et en quelques endroits bien cultivés. Tout le cours de flielmend est d'environ quatre ceuts milles. Quoique guéable pendant la plus grande partie de l’annee, son volume d'eau estcependaiit considérable; et, a l’époque de la fonte des neiges, c’est une rivière large et profonde.
Les principaux afiluents de l’Uelineiid sont , sur sa rive droite :
Le Sialibeiid, qui vient le joindre a quatorze milles au-dessous de Gliirisk, après un (»urs de quatre-vingts milles;
Le Kliâsb-roiid. Il prend sa source è quatre-vingt-dix milles au S. K. d'Hérat, à Sôkisir. Il réunit ses eaux à celles de l'Uelineiid près de Kiiouneshiii, dans le Gbernisir, après un cours total de cent cinquante milles. C’est une rivière considérable et rapide.
Sur la rive gauclie, les affluents de rUelmend sont :
L’Urgliendâb, sorti des inonlagnes habitées par les liazdrehs, à quatre vingts milles au nord-est de Candaliar. Après être venu passer sous les murs de cette ville, il va se joindre à rUelmend un peu au-dessous de Ghirisk. C'est presque uii ruisseau pindant l’hiver; mais à la fonte des neiges, c’est une profonde et rapide rivière. Avant de se réunira l’Llelinend, il reçoit :
La 'i'ernak , qui prend sa source au sud-ouest de Ghaziia près de Moukhour, passe au sud de Candahar, et vient sejeterdans fUrghehdâbà vingtcinq milles au-dessous de celte viiTe.
La Ternak traverse un pays presque de plaines, et n’a qu’uiie pente peu sensible. Près de Candabar elle reçoit à son tour:
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L’Urghessân , torrent rapide dont le lit est le plus souvent à sec; le Shorenddb, le Dort. Malgré ces aflluents, la Ternak ne semble pas augmenter de volume, à cause des saignées qui lui sont faites pour les besoins de ragriculture. Quand elle se jette dans rirrgbenddb, ce n’est encore qu'une très-petite rivière.
Outre ces cours d'eau il faut encore compter dans l’Afghanistan occidental:
Le Farrab-roud , qui prend sa source près de celle du Kbasb-roud. C'est une rivière assez considérable qui se perd ou dans les sables ou dans le lac du Seistdii, après un cours d’environ deu.t cents milles.
La Lora, qui sort des montagnes de Rand, reçoit quelques ruisseaux , traverse la valleede Peshin, et se perd dans les terres du Oberiusir après un cours de deux cents milles, c'est une rivière assez abondante, qui fournit beaucoup d’eau à l’irrigation.
Les autres cours d’eau de l’Afghanistan sont trop peu importants ou trop peu connus pour que nous devions en parler dans cette notice.
Nous mentionnerons cependant le lac qui se trouve au sud-sud-ouest de Ghazna, et qui est formé par la réunion de plusieurs ruisseaux.
g 4. Climat de l’Afghadiibn.
Il n’a pas été fait jusqu’ici de travail sérieux sur le climat de l’Afghanistan; et, avant qu’on puisse eu parler pertipemnient, il faudra de longues et patientes études, (iepays de montagnes, d’une superlicie assez peu étendue, est souims à tous les climats de la terre. La température de ses diverses provinces dépend presque uniquement du degré de leur élévation au-dessusdu niveau de ta mer. Dans certaines valléesprofondea, entourées de montagnes de tous les cétés,oii éprouve souvent pendant l’été des chaleurs plus accablantes que celles de l’Inde; car on n’y sent pas la brise de mer ni l’effet des moussons, qui rafraîchit l’atmoephère embrasée. Au contraire, sur certains plateaux élevés les habitants ne peuvent quitter les habits de laine et même
les peaux de moutod pendant aucune saison de l’année. A Pechaver, la canne à sucre réussit fort bien ; on n’v a jamais vu tomber de neige ; et, pendant l’été, le therinoinétre monte souvent , à l’ombre et dans les maisons, jusqu’à 3.5" et 36" Réaumur. A Caboul, qui n’en est pas éloigné decinqiiante lieues, les gelees commenceot à se faire sentir dès les premiers jours d’octobre. A Ghazna , la neige, et une neige épaisse, couvre le sol jusqu’au mois de mars.
« Les pays chauds et froids, dit l’em- « pereur Bàber dans les remarquables « mémoires qu’il nous a laissés, se « touchent presque sans transition « dans cette contrée. A une journée de « marche de Caboul , vous trouvez des « pays où l’on n’a jamais vu de neige; « et à deux heures seulement de la « même ville vous trouvez aussi des « ca:npagnes que la neige couvre pcii- “ danl la plus grande partie de l'année.
« L’air de Caboul est délicieux , et je
• ne crois pas qu’il y ait dans le monde
• une ville qui lui soit comparable « sous ce rapport. Cependant on n’y
• saurait dormir, pendant l’été, sans un « po.v//« (couverture de peaux de mou-
• ton). Pendant l’biver. malgré l'aboii- « dance de la neige , le froid n’y est pas « excessif. Samarcand et Tauris sont « fameux pour leur climat; cependant « on ne peut les comparer à Caboul.
• Les fruits des climats froids, le rai- » si 11, les grenades, les abricots, les « pommes, les coings, les poires, les «pêches, les prunes, les amandes,
« les noix, eh;., y viennent à merveille.
« J’ai planté moi-inéme un cerisier à « Caboul; il y est très-bien venu, et « portait des fruits innombrables
• quand j’ai quitté le pays. Les oran- « ges et les citrons vieûneiita merveille ■ dans la province voisine de Lagh- « màu. J’ai fait planter la caune à sucre « à Pechaver, ou elle a très-bien réussi,
• etc. » S'il est dee pays où, pendant la plus grande partie de l’année, les habitants sont obligés de dormir enveloppés de peaux de mouton et couchés sur des poêles, il en est d’autres, comme le Damàn, où, pendant l’été, la chaleur des nuits est telle, que les ha-
L’UNIVERS
bitanU trempent leurs habits dans Peau avant de se coucher, et ne s’endorment Jamais sans avoi r auprès d’eux un vase plein d’eau, puurétanclier la soif qui ne tardera pus à les réveiller. S’il est, enfin, des pays (|u’on est obligé d'abandonner pendant I hiver, il en est d'autres, comme Sioui, dont on dit proverbialement en Asie qu’on ne conçoit pas pourquoi Dieu, après les avoir créés , a pu songer à créer encore un enfer.
Le climat dépend donc essentiellement, dans l’Afghanistan, des accidents du terrain ; et, emnme c’est un des pays les plus accidentés du globe, il faucfra bien du temps encore avant qu'on puisse l'avoir étudié parfaitement; c’est d'ailleurs un travail qui se liera, d'une façon toute particulière, à la mesure ues montagnes dont le pays est composé.
La température de l’Afghanistan est généralement tres-sèche. Il n’y pleut avec quelque suite qu’au printemps, lorsque la fonte des glaces et dre neiges soulève, par l'évaporation , des nuages qui retombent bientdt en pluie. Ces pluies sont très-nécessaires à l’agriculture, qui, dépourvue souvent de moyens d'irrigation , ne saurait s’en passer. Pendant le reste de l’année, le ciel est généralement très-pur, et de cette admirable transparence qui caractérise l'atmosphère des pays méridionaux. Souvent cependant, a l'automne, l’Afghanistan reçoit les derniers des nuages chassés par la mousson indienne du sud-ouest, et qui, arrêtés par les hautes cimes de l'ilimalayah, se détournentde la route qu’ils suivaient, et arrivent dans le Caboul en courant de l’esta l’ouest. En général, c’est le vent d'est qui apporte les nuages, et le vent d'ouest le beau temps.
Comme dans tous les pays de montagnes, la températurede l’A fghanistan est sujette à de très-rapides variations , contre lesquelles il faut se prémunir avec les plus grands soins. Cette circonstance rend les maladies trèsdangereuses et souvent fatales. Mais, à tout prendre, le climat du pays est, en général, très-sain, et favorable au
développement de l’organisme humain. La taille élevée, la force musculaire des habitants, l’âge avancé auquel on les voit souvent parvenir, témoignent avantageusement de la salubrité du pays.
g s. Animaux, véxétaux, minéraux da r.Ughnnbltan.
Il n’a pas encore été fait de recherches un peu suivies sur l’histoire naturellede l’Afghanistan. Aussi ne pouvons-nous donner un exposé quelque peu complet des ressources que ce pays présente sous ce rapport. Nous ne pouvons que glaner dans les récits des voyageurs.
Nous commencerons par le règne animal.
Le lion, si commun dans les pays qui entourent l’Afghanistan à l’ouest et au sud, en Perse et dans les provinces septentrionales de l’Indoustan, semble inconnu dans l’Afghanistan.
« Le seul parage où J’ai entendu dire < qu'il existe des lions, dit un voya- « geur, c’est dans le pays de monta- « gnes qui environne Caboul. Je n’en
■ ai Jamais vu moi-méme; mais, à en « Juger par la description qu’on m’en
■ a faite. Je dois croire que cet animal « est, dans ce pays, fort petit et très- « faible : peut-etre même ferais-je « mieux de croire qu'il n'y existe pas. >
Lre tigres sont communs dans les pays situés à l’est des monts Soliman ; les léopards surtout y sont très-nombreux. On les rencontre dans toutes les parties boisées de l’Afghanistan.
Les loups, les hyènes, les chacals, les renards et les lièvres abondent dans toutes les parties du pays.
Les loups sont quelquefois très-redoutables. pendant l'hiver, dans les pays froids. Alors ils se forment en troupes, détruisent le bétail et souvent même attaquent les hommes.
Les hyènes ne chassent Jamais en troupes; pressées par la faim, elles attaquent quelquefois les bufïles. Elles font avec les loups de grands ravages dans les troupeaux. Au marché de Caboul, on voit toujours beaucoup
Digilized ' ■■
AFGHANISTAN
de lièvres, qui s’y veiideat presque pour rien.
Les ours sont très-commuDs dans toutes les montantes boisées; mais il est rare im’ils ouittent leurs repaires, excepté dans le voisinage des plantations de cannes a sucre, dont ils sont très-friands. 11 y en a de deux espèces : l’une, l’ours noir de l’Inde; l’autre, d'un blanc sole ou plutôt de couleur fauve.
Les sangliers, si abondants dans rinde et dans la Perse, sont rares dans r.Afglianistan; i’dne sauvage ne se trouve que dans le pays des Uourânis, le Germsir; et les pays de sable au sud de Candahar. Plusieurs espèces de bétes à cornes , entre autres l’élan, se trouvent dans les montagnes ; les antilopes sont rares, et l’on n’en voit que dans les plaines. Les chèvres sauvages abondent dans la partie orientale du pays. La plus remarquable des bétes à cornes est un ani-, mal nommé en persan pausen. Il se distingue par la grandeur de ses cornes, et par l’odeur forte mais non pas désagréable qu’il exhale. Le vulgaire croit que cet animal se nourrit de serpents ; une substance verte , de la grandeur d’une fève, qu’on trouve dans ses intestins, passe pour un spéciiique infaillible contre la morsuredes serpents.
On trouve encore dans l’Afghanistan des porcs-épira, des hérissons, des singes (ces derniers seulement dans le nord-est), des rats, des souris, des fouines, des chiens sauvages.
Les éléphants viennent de l’Inde.
Des animaux domestiques celui qui mérite le plus l’attention, c’est le cheval. On en élève beaucoup dans l’Afghanistan , et ceux qui viennent des environs d'Hérat sont très-beaux.
Le Dainân produit aussi d'excellents chevaux, d'une race originaire de ITnde, qu’on appelle tazis. En général, cependant, les chevaux afghans ne sont pas très-remarquables
Sar leurs qualités. Dans les environs de ïamiôn, on élève une excellente race de poneys ou yehous extraordinairement forte, et utile dans ces pays de montagnes.
On se sert peu de mules dans l’Inde; elles y sont en général très> faibles. A l'ouest de l’indus cependant l’espèce s’améliore , et elle va sans cesse en s’améliorant à mesure qu'on remonte vers le nord-ouest; néanmoins elleb ne valent jamais celles de l’Europe. On peut en dire autant des ânes, qui sont des animaux extrêmement utiles à l'agriculture dans l'Afghanistan.
Le chatneau est l’animal qui est le plus employé pour les transports. Le dromadaire se trouve dans le pays
Etat , et surtout dans les pays de sable.
e chameau bactrien, appelé azhri en turcoman, est encore plus rare; on le tire des déserts situes au delà de rOxus. Il est d’un tiers plus petit que le dromadaire, fort, et couvert d'un poil noir très-rude; il a deux busses. Le chameau nommé boyAI, au sud-ouest du Khorassân, ressemble beaucoup au chameau bactrien, mais il est aussi grand que le dromadaire. D’ailleurs la tailleuecelui-ci varie beaucoup; dans le iUiorassan , par e.xemple, il est plus petit et en même temps plus fort que dans l'Inde.
Le buffle, qui aime les pays chauds et humides, est naturellement rare dans l’Afghanistan; cependant on en trouve.
Le bœuf traîne la charrue dans tout le Caboul. Il a, comme celui de l’Inde, une bosse à la naissance du cou; mais il lui est très-inférieur sous beaucoup de rapports. On importe des bœufs du Kadjpoutana, ou sont les meilleurs de l’Inde , excepté peut-être ceux du Gouzerat. Les habitants n’ont de troupeaux de bœufs que dans le Séistân et le pays des Câkers.
Les troupeaux des tribus pastorales se composent principalement de moutons de l'espèce nommée doremba en persan , et qui est remarquable par le volume extraordinaire de sa queue.
D'ailleurs , cette espèce ressemble à celle d’Europe, et est meilleure que celle do l’Inae.
Les chèvres sont très-abondantes dans tous les districts montagneux, et ne sont pas rares dans les plaines.
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LUHIVERS.
Quelque* espèces ont des cornes remarq^uablemeut longues et recourbées.
Il faut parler des chiens de l'Afghanistan. Les courants sont excellents.
Les tribus pastorales, qui ont la passion de la chasse, en élèvent un très-grand nombre. Les chiens d’arrêt, Fort ressemblants à ceux île l'Europe, sont assez communs. On les appelle khanAt. il y en a qui sont véritablement très-beaux.
Il ne faut pas oublier les chats , au moins l'espece à long poil qu'on nomme bouràk. On en fait des exportations considérables , et partout on les appelle chats de Perse, quoique la Perse elle-inéine s'en fournisse dans l'Afghanistan.
On trouve dans l'Afghanistan un grand nombre d’oiseaux de proie, dont quelques-uns sont élevés pour la chasse; car l'art de la fauconnerie est très-cultivé dans tous les pays mahométans. On y voit surtout uneesd'autour tres-remarquable , que l’on instruit à s'abattre sur les antilopes, et à leur déchirer la tête avec son bec. ü'ailleurs, le gibier ne manque pas; les hérons, les grues, les cigognes , les canards et les oies sauvages , les cygnes, les perdrix, les cailles, un oiseau appelé copié par les Persans et les Afghans, le micori de l'Inde, espèce de perdrix de montagne, sont tres-communs. Les pigeons,1es tourterelles, les corbeaux, les moineaux et leurs variétés, se rencontrent partout ; les coucous sont rares dans l'Afghanistan; ainsi que les paons, les perroquets; les geais; les pies sont très-abondantest
Les rsptiies sont assez rares. La plupart de* serpents ne sont pas dangereuii lies scorpions de ^chaver sont célèbres chez les Asiatiques pour leur taille èt la violence de leur venin. Cependant on ne connaît pas d’exemple que leur itlorsure ait causé la mort. Les tortues de terre sont commune*.
Les nuées de sauterelles sont un Oéauqui visite rarement l'Afghanistan. Les abeilles sont tres-communes dans le pays, surtout à l’est des monts
Soliman. Cependant on ne y les élève pas. Dans quelques pays voisins du désert , et ou la température est trèsélevée pendant l’eté, on est souvent fort incommodé par les moustiques.
Il serait encore plus difQcile de donner une idée du règne végétal dans l’Afghanistan , car il n’a encore été étudié par personne. Du grand nombre d’arbres inconnus à l’Europe et communs dans l'Inde, on n'en trouve que très-peu dans l'Afghanistan, à l’est des monts Soliman, et presque pas à l’ouest ; parcontre, un très-grand nombre des arbres de l'Europe se retrouvent dans l’Afghanistan, et souvent même a l’état sauvage. Les arbres les plus communs dans les montagnes sont les pins de toutes les espèces, dont l’une, appelée d^^ouieA dans le pays , produit des pommes plus grosses que des artichauts , et des amandesqui ressemblent à des pistaches. Deux e.spèces de chênes , des cèdres , des ex près gigantesques, le noyer, l’olivier sauvage, le pistachier, le bouleau, lehoux, le noisetier, le lentisque, croissent naturellement dans les montagnes. Les arbres les plus communs dans les plaines sont le mûrier, le tamarin , I* saule et ses variétés, le platane, le peuplier, et une foule d’autra qu’on retrouve en Europe.
Parmi les arbustes nous citerons le groseillier, l’épiiie-vinette, la vigne, etc.
Les Qeurs d’Europe, les roses , les jasmins, les pavots, les narcisses, les hyacinthes, les tubéreuses .les giroflées , se trouvent dans tous les Jardins et à l'état sauvage.
On trouve de l’or dans les cours d’eau qui descendent de l'Hindoii- Eouch, et de l’argeot, mais en petit* uantité, dans le Callristan. Des lits e lapis-lazuli bordent la rivière d* Kasligar, dans les pays des Y ousoiifzis.
il y a des mines de plomb et d’autimome mélés dans le pays des Afridis et des Hazârehs; des mines de plomb seul ont été reconnues sur divers points. Le pays des Vizirisesttrèariche en minerai de fer, ainsi que I* Badjour, où l’on a aussi trouvé des indices de la présence du cuivre. Ea
AFGHAMStAN.
^elqu(« endroits on a recueilli des Mliantillons de soufre, d'alun, d'orpiment. On sait déjà que le pays est riche en sel ; le salpêtre est partout trèsabondant.