‹ Tartarie, Beloutchistan, Boutan et NepalChapitre 47 sur 53 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ne LA POPULATION ET OE L'OKOAMSiTION SOCIALE DE L’AUIA-'IISTA.'I. — HKI.SUIPALES TEinl'S. — UF-S H IniTANTS DF.A VII U-S. — DE 1 QUEU;):l« RACFA vaincues. — mwuh.s, coutumes, garaltEke des afghans. — ijtté-

BATUllE - IlELIGION, SEITE.S, SUUEBSTI- TIOXS. — COMMERCE. — AOHICl LTURE.

K I. De la population el de l'orKanUatiaa sociale de rAXghaiiUtan.

La population qui habite aujourd'hui les montagnes et les vallées de i’Afshanistan n'appartient pas tout entière a la même race. Loin de là , il est peu de pays qui renferment autant de racesdiverses; et, pour la classerd'une manière à peu près fFénérale, quoique encore fort incomplète, nous devons dire que la population .se compose :

1“ D'une race victorieuse de tribus agricoles et nomades, qui ont réduit à l'ptat de servage les anciens propriétaires du sol;

2" D’une ponulation extraordinairement mélangée , sortie de presque toutes les r.nces asiatiques, composée d'hommes chassés des pays voisins par les révolutions incessantes dont l’.Asie a été l'eternel théâtre , ou d'aventuriers qui, après avoir longtemps erré au gre de cette humeur vagabonde qui tourmente les peuples mahométans, sont enfin venuss'établir dans le pays; ou encore de commerçants attirés ar le négoce sur les riches marchés U Caboul; ou enfin d'hommes ijui, au temps de la conquête , se sont réfugiés dans les villes pour se soustraire à l’esclavage. Cette seconde partie de la population est libre, et habite presoue exclusivement les villes abandonnées par la race victorieuse;

3° De la population vaincue et attaebéeà la glèbe, comme jadis les serfs de l'Europe au moyen âge.

Les tribus sont donc la véritable

aristocratie , la population importante du pays ; et c'est d’elles que nous noua occuperons d’abord. Mais, avant d’es* sayer d'en faire le dénombrement, nous allons décrire l'organisation sociale qui leur est commune à toutes; et on pourrait dire qui leur est commune avec toutes les tribus errantes de la Perse, de la Tartarie, de l’Arabie, du nord de l'Afrique, etc.

Les tribus de l’Afghanistan ont, comme celles del’Arabie, la prétention de descendre des fils d'un même patriarche. Au lieu d'Ismaïl, c'est Ka'ise, personnage héroïque, dont l'existence est sans doute fort contestable, qu'elles regardent comme leur aïeul.

Mais, malgré cette communauté d'origine, elles vivent fort distinctes les unes des autres, promenant leurs troupeaux sur un espace circonscrit et déterminé pour chacune, et vivant chacune sous un gouvernement particulier. Chaque tribu est elle-méine divisée en plusieurs branches. Dans les plus nombreuses, et qui occu|)Cnt p.ir conséquent un territoire plus étendu, ces branches sc sont séparées du tronc principal, au point d'avoir chacune un chef indépendant qui lu gouverne.

Cependant toutes ces branches conservent le nom générique, et un certain souvenir d’une communauté d’origine et d'intérêts.

Le nom qui désigne la société complète que nous appelons une tribu est oulous, et il s'applique aussi à ses branches indépendantes. L’oulous lui-même se subdivise en plusieurs branches gouvernées chacune par un chef, soumis lui-même au chef général de l'oulous. Ces branches se subdivisent à leur tour en plusieurs fractions, dont la dernière ne contient plus que quelques familles.

Chaque fraction , à son tour, a son chef subordonné au chef de la division à laquelle elle appartient.

Le chef d'un oulous porte le titre de khan. Il est toujours choisi dans la plus ancienne famille de l'oti ' lous. Dans un assez grand nombre de tribus, sa nomination appartient au souverain, qui peut ensuite le révoquer

-- CjOO^Ic

L'UNIVERS

à volonté, et nommer un de ses parents à sa place. Dans les autres tribus le khan est élu parle peuple. Quel que soit le mode de nomination, on a toujours égard au droit d’aînesse , mais surtout à l’ége , à l'esperience, au caractère. Aussi les successions sont-elles souvent la cause de discordes intestines. A la mort d'un khan , ses Ois ou ses neveux cherchent quelquefois à se faire des partis dans la tribu, à se concilier le souverain par des promesses de tribut, etàcorroni-

fre ses ministres à prix d’argent, .e concurrent désappointé continue presque toujours ses intrigues , même après la nomination de son rival.

Quelquefois, mais rarement, une partie de la tribu se retire avec lui. Plus souvent il continue scs intrigues à la cour, ou bien il allume au sein de la tribu une guerre, dans laquelle il se fait soutenir par une tribu hostile. En temps de guerre civile générale, le candidat malheureux se joint au prétendant au trône, et suit sa fortune.

Le chef d'une subdivision de la tribu est toujours élu par le peuple, dans la plus ancienne famille de cette subdivision. Dans la dernière fraction , il arrive souvent qu'il n'y a pas lieu à élection : c’est la nature qui décide , comme dans le cas où un vieillard se trouve le chef de huit ou dix familles composées de ses enfants, neveux, petits-enfants, etc.

Le gouveruemeut intérieur des oulous se partage entre les khans et des assemblées composées des chefs de chaque subdivision. Ces assemblées s'appellent djirgas.

Le khan préside le principal djirga composé des chefs des grandes branches de l’oulous. Chacun de ces chefs consulte à son tour le djirga, composé des chefs des subdivisions qu'il gouverne, et ainsi de suite jusqu’à rassemblée des derniers de la tribu.

Dans les cas de peu d’importance ou de force majeure, le khan agit sans consulter le djirga; mais, dans les affaires importantes, tous les membres de la tribu sont appelés

à faire connaître leur opinion avant qu’il soit pris aucune résolution.

Telle est la theoriedu gouvernement des tribus; mais , comme on le pense bien, il arrive très-rarement d.ins la pratique que les clioses se passent conformément à la théorie. Quelquefois un khan réussit a établir une sorte de despotisme, et agit sans consulter le djirga ; plus souvent encore le pouvoir du khan et des chefs n’est guere que nominal; chaque branche, chaque fraction, chaque famille de la tribu agit à sa guise, et sans .s’embarrasser de ses cliefs. Pour remédier à ce fractionnement indéOui , il n’est pas très-rare de voir nommer dans la tribu un magistrat temporaire, que ses talents désignent au choix de la multitude. C'est une espèce de dictateur,

?ui a de très-grands pouvoirs pour aire la guerre ou atteindre le but que l’on s’est proposé par sa nomination; mais une fois ce but atteint ou la guerre finie , il reprend sa place dans la tribu.

Le pouvoir des khans est donc souvent fort peu de chose, et toujours il varie selon les circonstances , selon leur position personnelle, selon leurs talents. Dans les tribus soumises au roi, le khan a beaucoup d’influence, parce que c’est lui qui est chargé de percevoir les impôts pour le compte du souverain, de lever la milice, etc.; toutes fonctions d’où il tire un revenu personnel assez considérable. Ce revenu, en lui permettant d’entretenir une suite nombreuse et de rendre des services aux principaux personnages de l’oulous , contribue à l'affermissementdeson pouvoir. Parcontre,quand la tribu est peu nombreuse, le djirga, composé de tous les chefs inférieurs, a de fréquentes occasions de se réunir, et tient en échec le pouvoir du khan.

Cest à leur tribu bien plus qu’à leur chef que les Afghans sont attachés ; c’est envers elle bien plutôt qu’envers lui qu’ils se reconnaissent des devoirs : aussi , en réalité , ce pouvoir est-il bien peu de chose. Jamais, peut-être, on n’a vu un khan investi du droit de vie et de mort, ou assez puissant pour en*

AFGHANISTAN

traîner sa tribu à quelque démarche contraire à son honneur et à ses intérêts.

Les tribus de l’ouest n'ont que très-rarement des querelles avec leurs voisines; taudis qu’il n’est peut-être pas une tribu de l'est qui ne soit en état de guerre déclarée ou de trêve avec les autres. Un grand nombre ont entre elles des motifs de guerre éternelle; mais, cependant, ellesne recourentaux armes que lorsqu'une circonstance extraordinaire vient réveiller leur animosité. D'autres, comme les Yousoufzis , sont en état de guerre perpétuelle.

Les tribus qui ne font la guerre

3ue par accident concluent entre elles es alliances temporaires. Ce sont les djirgasdes tribus alliées qui décident des opérations , ou discutent les conditions de la paix. Celles qui sont souvent enguerresontquelqueldis en état d’alliance permanente avec d’autres tribus. D’ailleurs les opérations militaires ne sont la plupart du temps que des excursions de pillage, des razzias exécutées par un petit nombre d’hommes; mais, dans les grandes occasions, le khan et le djirga convoquent tous les hommes capables de porter les armes. Les tribus , qui font rarement la guerre, se contentent d'appeler les volontaires; celles qui la tont plus souvent forcent tous les hommes d'un certain âge à servir : mais les Yousoufzis, qu’un état de guerre incessant a forcés à l’adoption d’un certain système pour avoir constamment des hommes sous les armes, lèvent un fantassin par charrue et un cavalier par deux charrues. Fn général, la crainte de l’opinion publique suflit pour forcer tout le monde a remplir son devoir; mais cependant il y a aussi des amendes imposées aux réfractaires. On assemble ainsi des corps assez considérables, mais indisciplinés, et une mêlée tumultueuse s’engage avec l’ennemi.

Un parti est bientôt défait, et sans grande perte. Les vainqueurs pillent le territoire du vaincu ; et la guerre se trouve de fait suspendue jusqu’à ce que les battus se croient en état de

reprendre la campagne. Les soldats sont presque tous à pied. Le khan commande à la guerre, aussi bien qu’en temps de paix.

Le service est gratuit; mais, dans quelques tribus, la perte d’un cheval se paye au propriétaire sur le fonds des amendes imposées à divers titres aux membres de la tribu , ou même sur le produit d’une taxe spéciale.

(>t usage est particufieraux tribusdu nord-est, qui seules ont un revenu public ; encore ne consentent-elles à payer l’impôt que quand il faut de l’argent pour un objet d'utilité publique. Il y a très-peu d’exemples d’un khan ayant assez de pouvoir pour oser lever des impôtsàson profit ; mais assez ordinairement le khan s’approprie le produit de la taxe sur les Humsayéhs et les Hindous, ainsi que celui des droits levés sur les marchandises qui traversent le territoire de l’oulous. Il n'y a peut-être pas de fraction de tribu qui ne s'impose elle-même pour entretenir des mollahs, et subvenir aux frais de l'hospitalité qu’elle doit exercer.

La loi générale du royaume est celle du Koran, suivie par les tribus mêmes pour les actions civiles; mais, en outre, elles ont pour l'administration de la justice criminelle un code particulier connu sous le nom de Poushtounwalli, ou usage des Afghans ; c’est un droit coutumier fondé sur des principes si étranges, qu’on le croirait antérieur à l’organisation de tout gouvernement civil.

De même que chez les Circassiens, dontles idées ont, sous ce rapport, une analogie extraordinaire avec celles des Afj^ns, ceux-ci admettent que tout homme a le droit de se faire justice par lui-même; et, malgré tous les efforts des mollahs pour changer leurs idées sur ce point, il est toujours légal, et même impérieusement commandé par l’honneur, de venger ses injures soi-même. C’est la loi du talion qui s'applique, œil pour œil, dent pour dent, etc. Si l'offenseur est trop puissant , l’offensé peut se venger sur quelqu’un de ses parents, et en certains cas sur toute personne de sa tribu.

L’UNIVERS

S'il ne trouve pas l'occasion d'exercer son droit, l'offensii peutdifférer sa vengeance pendant des années; mais ce serait une honte pour lui d'y manquer, et c'est le devoir de ses parents et même de sa tribu de l’aider daus son entreprise.

La vengeance ainsi exercée produit , comme on le pense bien, de nouvelles querelles : eel les-ci se prolongent alors pendant des époques indéterminées, et souvent elles se transmettent des pères aux enfants pendant plusieurs générations.

Cependant on a senti les inconvénients de ce cruel système; et, dans chaque tribu , il y a des mesures prises pour en atténuer les effets. Dans quelques tribus l'arrangement des querelles particulières estconlié à la médiation des chefs et des anciens , qui y emploient tout leur crédit; mais si leur autorité est insufGsante, s'ils ne peuvent déterminer l'offenseur à oftiir une compensation suffisante, ou l’offensé à l’accepter, on laisse ce dernier poursuivre sa vengeance. Daus d'autres tribus, et, à vrai dire, dans la plupart, la société s’interpose entre les parties, et va jusqu’à forcer celle qui ne veut pas accepter de méiliation à quitter l'oulous. D’autres fois le khan ou le djirga non-seulement force l’offenseur à réparer ses torts, mais, de plus, il lui impose une amende.

Malheureusement ces coutumes ne s’appliquent que dans l'intérieur des tribus; et quant aux querelles des tribus entre elles , c’est toujours la force seule qui en décide.

Tous les procès criminels sont soumis a un djirga composé du khan , des mallekf ou anciens, assistés par les mollahs, et souvent par des personnes d’un rang inférieur, mais d’un âge respectable et d’une expérience reconnue. l.>es petits délits sont jugés par le djirga du village ou de la subdivision auxquels appartiennent les parties; mais les affaires importantes sont jugées par le khan ou les princi-

Îiaux personnages de la tribu, suivant eur gravité.

Le djirga s'assemble ordinairement

sur l'ordre du chef local; mais, dans beaucoup de tribus, tout membre a le droit de le convoquer, et souvent l’absence est punie d une amende.

Quand les membres sont assemblés, ils s’asseyent sur la terre nue, et, après une courte prière, le principal personnage présent ouvre la séance par un dicton dont voici le sens : « Les événements appartiennent à Dieu, mais l’homme en délibère >. Puis le plaignant expose son grief; et si la partie adverse oppose des dénégations ou appelle des témoins; si , ce qui arrive le

filus ordinairement , l’accusé admet e fait, mais cherche à le justifier, le djirga décide selon sa sagesse. La coutume a fixé des peines |K>ur chaque délit; mais chez les Berdourânis le djirga décide souverainement.

Le jugement impose toujours au condamné des excuses publiques, et, dans les cas graves, un certain nombre de jeunes femmes de la famille du coupable sont données en mariage à la partie plaignante et à ses parents.

On fait toujours le semblant d’abandonner le coupable à la merci de l’offensé, pourque celui-ci lui applique la loi du talion; mais la coutume exige qu’il s’en tienne à la decision du djirga, et accepte la compensation réglée par le tribunal. Ensuite les deux parties doivent, en guise de réconciliation , se saluer mutuellement du Salamakikom, est. presque toujours, cette réconciliation est sincère. St l’accusé refuse de comuar.altre, quelquefois on le jugepar defaut, ou bien on le fait comparaître par la force, ou bien encore on charge les mollahs de le maudire, de livrer ses biens au pillage et de l’expulser de la tribu, il en est de même pour le condamné qui refuse de se soumettre au jugement : mais souvent aussi le djirga, après avoir prononcé sa sentence, intercède auprès du plaignant pour qu’il en remette une partie au condamné.

Dans les cas très-graves, comme, par exemple, dans celui d'un homicide, le coupable prend ordinairement la fuite et quitte sa tribu. Mais s'il ne peut se résoudre à ce parti vio-

AFGHANISTAN. 16

lentT il lui faut obtenir son pardon des parents delà victime. Dans ce cas il va trouver Quelque personnaj^e oonsidérable de la tribu , et le prie d'intercéder pour avoir son pardon.

Dans les coutumes des Afghans, il est presque impossible de repousser un suppliant, et la personne à laquelle il s'estadressé est obligée de devenir son intercesseur. Il rassembledoocd'autres personnes respectables , des mollahs , des séides , et il se rend avec le coupable à la maison de la personne chargée de poursuivre la veitgeance.

Gomme on ne peut pas refuser tous ces suppliants, la partie offensée, si elle ne veut pas transiger, n'a d’autre ressource que de s’enfuir avant qu'ils n'arrivent , ou de se cacher. Si on la trouve , le coupable se montre tout couvert de haillons; et, mettant une épée nue dans la main de son ennemi, il lui dit de disposer de sa vie comme il l’eotendra. F.n même temps les chefs et les mollahs se jettent à terre dans l'attitude de suppliants, et interoèdent pour le coupable. La partie offensée doit alors pardonner le crime, et recevoir une indemnité.

La branche d'une tribu qui quitte l’oulous peut être adoptée par une autre. Les mœurs hospitalières des Afghans leur font, dans cette circonstance, une loi de traiter les nouveaux arrivants avec des égards tout particuliers. La tribu à laquelle ils viennent se réunir leur donne des terres pour leur subsistance, leurchef siège dansle principal djirga , et ils sont en tous points traités comme les autres membres de l’oulous, associés à sa fortune.

Toutefois il y a peu d’exemplas de cette séparation.

Les individus qui abandonnent leur tribu par suite de querelles et sans vendre leurs terres, en obtiennent de nouvelles de la tribu à laquelle ils vont demander a.sile, et sont associés à ses privilèges. Ceux qui quittent leur tribu pour cause de pauvreté, et après avoir vendu leurs terres, peuvent être requs dans d’autres tribus; mais ils n’y jouissent pas de tous les droits appartenant aux membres de la com-

munauté; ils sont assimilés anxllutnsayéhs.

Tous les oulous ont attaché à eux un certain nombre de gens qui ne sont pas Afglians de naissance, et qu’on appelle pour cette raison Ilum- »yéhs , c'est-a dire voisins. Ils sont à peu prés dans la position où se trouvaient les affranchis dans fantiquité; et si dans l’Lurope moderne uq devait trouver une position analogue à la leur, ce serait celle des individus qui ne jouissent encore que des avantages de la petite naturalisation.

Ils n’ont pas de place au djirga; mais la garde de leurs intérêts est conliée à la division qui les a adoptés, et particulièrement aux individus auxquels ils se sont attachés.

C’est un point d’honneur pour tout homme de protéger ses Ilumsayélis; aussi leur condition est-elle en réalité peu différente de celle des autres membres de l’oulous.

Les Afghans qui se joignent à un oulous après avoir quitté le leur par rai.son de pauvreté, sont assimilés aux Humsayélis. mais ils sont mieux traités que les gens de cette classe.

Telle est, dans ses traits généraux, l’organisatioa de la tribu dans l’Afglianistan.

g II. Des principala trUias.

Avant d’entreprendre la description particulièredes principales tribus, nous rappellerons au lecteur que, malgré toutes lee différences qu’il pourra remarquer entre elles, elles sont cependant toutes de la même race, parlent le même langage, et qe forment qu’une nation.

Notre description commencera par les tribus de l’est, et, suivant la frontière jusqu’à l’ouest , viendra finir au centre.

Page 1