Tribus des monts Siiliinan
Les tribus qui habitent cette partie de r.Afgbauistau sont très-peu connues et nous ne parlerons que des deux principales, lesSbirêniset les Viziris.
Les Shinluis, qui occupent les dernières ramilicatious méridionales des monts Soliman en descendant vers rindus, habitent de petits villages de trente ou quarante maisons. Ils creusent ces maisons dans la terre au pied des élévations du terrain, de telle sorte que sur trois côtés c’est la terre même qui sert de murs à leurs habitations. Chacune deces maisons ne contient qu'une chambre fermée, seulement pendant la nuit, par un treillage de bois. Même pendant l'hiver ils ne défendent pas mieux leurs maisons contre le froid; ils couchent alors autourdu feu sur des tapis de feutre, enveloppés dans leurs manteaux de peaux de moutons. Les forêts leur fournissent en abondance le bois à brûler, et ils s’éclairent avec des torches en bois de pin.
Ce sont des hommes de moyenne taille , maigres mais vigoureux , braves et actifs. Ils s’habillent avec deux couvertures de feutre noir et grossier; l’une enveloppe le corps, et l’autre est jetée en arrière sur les épaules. Ils portent des sandales en cuir de bœuf, et complètent leur costume avec quelques aunes de toile de coton blanche , ’ roulée autour de la tête en turban.
Ils se marient tard , et se distinguent des autres Afghans sous ce rapport que chez eux cest le père qui Joniie une dot à sa Allé, au heu de recevoir
L’UMVERS.
'le l’argedtrfesml géntfre. Leâ femmes ne sont emplovées qu’aux travaux domestiques et à ceux de la moisson.
Ils ii’out ni domestiques, ni esclaves. Le chef appelé le Hika, c’est-àdire, dans le dialecte de l’Afghanistan, grand-père, jouit d'une très-grande autorité oanssatribu ; on lui payecomnie redevance un mouton ou uii bœut par troupeau. C'est lui qui commande a la guerre et rend la Justice.
On trouve dans chaque village un mollah, qui reçoit la dtmeduprMult de la terre et des troupeaux. La plupart des Shirànis apprennent à lire le koran, et sont en général très-exacts à remplir leurs devoirs religieux.
Ils sont en guerre avec toutes les tribus qui traversent leur pays dans leurs migrations annuelles; on peut même dire nu’ils sont eu guerre avec tout le monae, car ils pillent impitoyablement tous les voyageurs, et ne cessent de faire des incursions sur leurs voisins du Damàn. On s’accorde cependant à dire qu’ils sont extrêmement 0dèles à la parole qu'ils ont une fois donnée, et qu’un voyageur sous l'escorte d'un ^iràni peut traverser tout le pays dans la plus parfaite sécurité.
Le pays très-etendu des Viziris est au nord de celui des .Shirànis, au milien des plus hautes montagnesde la chaîne des monts Soliman, lusqu’au SeAdkoti. Le pays des Vit^ia est à peu près inconnu , et ils ne sortent pmqoe jamais de leurs montagnes. I^oiei le compte qu'en rendent les Afghans :
Les Tiztris ne sont pas organisés en corps obéissant à on chef, commun ; ils vivent par petites associations, les unes obéissant à an chef et les autres gouvernées par les principes de la plus pure démocratie ; cependant toutes ees petites sociétés se distinguent par raccord qui règne entre elles. Pillards détermines, il gufflt cependant de la protection de l'un d’eux pour assurar au voyageur une réception hospitalière dans toute la tribu. Mais ils refusent toute escorte aux tribus nomades qui traversent leur territoire, et chaqueannéeellesdoivent livrer un combat pour aller retrouver au sud leurs pâturages
d’hiver. Dans ees nerres ils ne font aucun quartier auxhommes, maii d'un autre côté ils respectent toqjours les femnoes ; et si l’une d’elles vient à tomber dans leurs mains , ils la reçoivent avec respect et lui donnent une escorte pour retouruerà sa tribu. Ceux des Viziris qui sont fixés habitent de petits villages a maisons en terrasse, ou bien des cavernes creusées de mains d'hommes dans les mont^nes. Mais la plus grande partie de la tribu vit sous des tentes, habite les inontagnes avec ses troupeaux pendant l'été , et vient passer l'biver dans les vallées.
Leur costume est le même que celui des Slli r Anis. Leurs armes sont le sabre, le bouclier, et un fusil à inèchedoiu ils se servent, dit-on, avec beaucoup d'adresse. Ils font ces armes eiix-memes, car leur pays est très-riche en minerai de fer, qu'ils savent fondre et forger. Leurs manières sont hautaines et Hères, Riais Us sont remarquablement polis entre eux et avec leurs hûtes. Telle est leur réputation de véracité, que si l'un d'eux affirme quelquecliose en touchant sa barbe, tous lesautres le croient sans discussion. Ils ont , dit-on , un usage fort singulier, an moins pour PAsie :
les femmes ont le droit de choisir leur mari. La femme qui veut épouser un homme qui lui plaît charge le tambour du camp d’attaclier un mouoliotr au bonnet de celui qu’elle aime, avec une des aiguilles qui servent à retenir ses cheveux. Le tambour choisit son monient, s'acquitte de son message en publie, nomme la personne qui l'a chargé de la commission ; et celui qui a reçu la déclaration est obligé depouser.