HISTOIRE
g I. Deouis les temps les plus recalés Jusqu'il la fondatioa Ua la mooarebie Dourdiiie.
L’origine du nom d’Afghan, qui s’applique maintenant à toute la nation, est complètement inconnue; mais, selon toute probabilité, ce nomest moderne. Les Afghans eux-mêmes ue le connaissent que par l'intermédiaire des Persans. Le nom qu’ils sedonnent eux-mêmes est Poushtaun , au pluriel Poushtâiieh. Les Berdourânis, ou Afghans de l’est, le prononcent Poukhtâneh, d'où vient peut-être le nom de Pàtan, sous lequel ils sont le plus ordinairement connus dans l'Inde.
Les Arabes appellent les Afghans Solimàni, soitparce que les Afghans habitent les monts i^liman, soit à cause de l'origine juive que les traditions du pays donnent au peuple qui l’habite. Ln effet, les Afghans prétendent descendre d’Afghan, fils d Irmia, ou Berkia, lils de Saùl, roi d'Israël; et toutes les histoires écrites par leurs auteurs commencent par raconter riiistoire des Juifs depuis Abraham jusqu'à la raptivité. Les traditions sur lesquelles ils s’appuient pour la relation de ces grands événements s'accordent complètement avec celles des musulmans, relativement à l'histoire des Juifs; et, quoiqu'on y trouve quelques fables, en somme cependant elles ue different pas beaucoup de l'ficriture. Après la captivité, les auteurs afghans prétendent que les enfants d'Afghan, divisés en deux parties, allèrent s'établir, les uns dans les montagnes de Ghore, les autres dans le voisinage de la .Mecque en Arabie. A tout prendre, cette hypothèse n’est pas ab-
AK'.IIAN ST\X.
soluiiientdépourvuede vraisemblance.
On sait, en effet, que dix des douze tribus restèrent dans l’est, ajirès le retour de leurs frères en Judee; et, l'hypothèsequi prétend que les A fiibans sont leurs descendants peut expliquer assez aisément et la disparition desuns et l'origine des autres. Le reste de la tradition se coiiGrine par ce fait, que les Juifs étaient très-nombreux en Arabie au temps de Mahomet. La tradition est donc à la rigueur plausible; mais cependant on doit reconnuitre qu’elle ne repose que sur des bases très-vagues, et que surtout elle laisse bien des objections sans réponse.
I.es Afghans n’ont pas de nom général pour leur pays; ils lui donnent souvent le nom persan d’Afghanistan. On se sert aussi quelquefois du mot Sirhid; mais celte désignation ne comprend pas les plaines situées a l'est des monts Soliman, et, en réalité, n'est pas autre chose que le mot par leqùel les Persans désignent un pays froid. Le nom le plus ordinairement appliqué ar les habitants à leur pavs est celui e Khorassan; mais cette désignation est très-peu exacte : d'abord, pareeque tout le pays habité par les Afghans n’est pas compris dans les limites rigoureuses du Khorassan, et ensuite, porce qu’une portion considérable du Khorassan lui-méme est habitée par une population qui n’a rien de commun avec les Afglians.
On connaît tres-peu de chose de l’histoire ancienne des Afghans.
Toutes les traditions s'accordent à dire que,dèsles temps les plus anciens, ils habitaient les montagnes de Gliore, etquedelàilss'établirent de très-bonne heure dans la chaîne des monts Soliman , désignation dont le sens est fort étendu et s’applique en réalité à toutes les montagnes du sud de l’Afghanistan.
Selon Férishta ils s'établirent, vers le neuvième siècle, dans les montagnes situées au nord-est de leur pays. A cette époque, la plus grande partie de la nation était, selon le même auteur, soumi.se aux souverains arabes de la dynastie .Saméni. Il est probable que les Afghans contribuaient pour une
large part , et peut-être pour la plus grande part, à recruter les armées de Mahmoud et des autres rois Gbaznévides; mais.cepenilant, ceux qui habitaient les montagnesde Ghore avaient alors conservé leur indépendance et étaient gouvernés par un prince de leurrace, qui prétendait descendre, par une longue suite de générations, deZobilk, l'un des premiers rois de la Perse. Celte généalogie, bien qu’afHrmée par Mirkbundi et conllrmée par Fiérishta, est au moins douteuse; mais cependant il est certain que les princes de Ghore appartenaient a la tribu afghane de Souri et que leur dynastie était, dès le onzième siècle, considérée déjà comme remontant à une trèshaute antiquité. Leurs principales villes étaient Ghore, Firouz-Coh et peut-être aussi Bamidn.
On ne sait pas exactement quelle était la religion des Afghansde Ghore.
Les uns disent qu'ils turent convertis de très-bonne heure à la religion de Mahomet, peu de temps même après la mort du prophète; d’autres prétendent qu'ils restèrent idolâtresjusqu'au dixième siècle. Les idoles et les cavernes de Bamiân sembleraient faire croire que les habitants de ces contrées ont été jadis sectateurs de Bouddha.
Sous le règne de Miihmoud le Ghaznévide, ils étaient gouvernés par un prince nommé Mohammed, qui fut vaincu et pris par ce conquérant. Ses descendants eurent beaucoup à souffrirdes princes de Ghazna ; mais, enlin, vers le milieu du douzième siècle, ils prirent les armes, battirent à leur tour et détrônèrent le roi de Ghazna, et brillèrent complètement cette magnillque capitale. Ensuite ils étendirent leur empire et soumirent successivement à leurs lois le royaume actuel de Caboul , l'Inde, le pays de Balk , le Badakchôn et une grande partie du Khorassan.
Depuis lors jusqu'à l'invasionde BÔber, c’est-à-dire pendant une période de presque trois siècles, diverses dynasties afghanes régnèrent sur rinde; mais les' autres pays de la
AFGIIAÎSISTAN.
domination de la mai.ion de Gtiore furent , de bonne heure , ronqiiis par les rois du Klioiinrisme et enlevés à ceux-ci par njenghiz Khan AujourdTiiii la tribu Je Souri est réduite à quelques (^milles , qui vivent dans le Unindn.
Sous le souvernemenl des descendants de Dienahizetde Tatnerlan.il semble probable t|ue les Aft;hans des montajtnrs conservèrent leur indépendaiice. Il parait, du moins, qu'au temps de Bâher il en était ainsi. Celui-ci , descendant de Timour et chef de la dynastie des Moaols dans l'Inde , commença sa carrière par la con(|uéte du Caboul, et, jusqu’à la lin de son rèqne, ut sa capitale de la ville de ce nom. A sa mort, le Caboul resta à l’nn de ses fils, tandis que l'autre fut expulsé de l’Inde par Shir Shah, qui fonda une autre dynastie afithane; mais elle ne fut pas de longue durée. A la fin, la maison de Tiinour s'établit solidement dans l’Inde, lacapitaledeson empirent transférée de Caboul a Delhi , et les plaines de l’AIghanistan furent parLigees entre I Indoustan et la Perse, mais les montagnards restèrent également indépendants de l’un et de l’au tre empi re.
Au commencement du dix-huitième siècle, la tribu afghane des Ghiidjis ronda un Etat, qui comprenait toute la Perse, et s'étendait à l’ouest jusqu aux frontières actuelles des empires turc et persan. Cependant, elle ne régnait que sur une partie de l’Afghanistan. Nadir Shah renversa cette dynastie et rattacha une partie de l’Afghanistan à son empire de Perse A M mort. Ahmed Shah Abdâli fonda la dynastie des Dourànis, qui, dans le plus brillant moment de sa puissance, setendait depuis la mer Caspienne jusqu’à la Djemna et depuis l’O.xus jusipi’à l'océan Indien.
Nous ne nous étendrons pas davantage sur cette partie de rbistoire ancienne des Afghans; d’abord, parce qu elle est très-peu connue et encore moins intéressante, et ensuite, parce que dans ses événements lesplus importants elle se trouve mêlée a l’iiistoire des pays voisins et a déjà été traitée
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ou le sera nécessairement dans les autres volumes de cette collection.
8 II. DepuI» la fonJ.atiun de la monarchie duurSnle Ju»|u’a nos Jours.
On connaît très-peu de chose de 1 histoire ancienne des Dourdnis. Ce qui semble le plus pro^ble c’est qu’établis dans les montagnes situées à 1 ouest d Hérat , iis restèrent , sous le nom d’Abdàlis, complètement indépendants et en état de guerre presque perpétuelle avec leurs voisins les Ghiidjis jusqu’au commencement du XVII* siècle, où les souverains de la Perse les forcèrent à payer un tribut.
Mais, dans les premières années du siecle suivant, les Ghiidjis ayant renversé la dynastie persane des SoQs, les Abddiis, au milieu du désordre qui suivit cet événement, rentrèrent en ^ssession île leur complète indépendance, et même engagés par l’exemple de leurs voisins, entreprirent de taire quelques conquêtes pour leur compte. Lorsqu’eu 1 728 Nadir Shah, ayant a son tour renversé l'empire des Ghiidjis, parut sur les frontières du Khorassan et força les Ahdàlis à lecoimaitre sa supréiiiatie, ils étaient inailres d’Hérat et d’uiie grande étendue de pays environnant. Révoltés sous la conduite de Zouifakar Khan (Irere aîné d’Ahiiied), ils battirent un trère de Nadir Shah , envahirent le territoire persan et ils faisaient le siege de Meched à l’extrémité N. E.
du Khorassan, lorsque NadirSh.ih vint les torcer à rentrer dans leur pays, rour aiftiiblir la tribu S6 conscrver en même temps des otages garants de sa fidélité, Nadir exila les principaux de Saddozys et força un certain iiuinhre d’Abditlisàprendre du service dans son armée.
Depuis lors les Ahdàlis ne se révoltèrent plus et restèrent attachés à Nadir et même, après sa mort, à sa lainille. Pour récompenser les brillants Mrvices que le contingent abdàli , sous a conduite de Zoiilfakar et d’Ahraed , lui avait rendus dans la guerre contre les Géorgiens, Nadir tira les Abdâlis de leurs montagnes et les
L’UNIVERS
établit aux dépens des Ghiidjis sur les terres qu'ils occupent aujourd'hui à l'ouest de Candaliar. Pendant toute la durée de son règne, il leurtêmoigna toujours une faveur si marquée, que certains auteurs la regardent comme la cause de son assassinat par les Persans à Meched, en juin 1747. Le lendemain de la mort de ce conquérant, les Afghans unisaux Usbecks livrèrent aux Persans une sanglante bataille, qui resta indécise, mais a la suite de laquelle Alimevl, avec ses cavaliers abdâlis, traversa à marches forcées tout le Khorassan et arriva à Candaliar juste à temps pour y mettre la main sur un convoi portant tous les tributs de l'Inde qu'on envoyait à Nadir.
En octobre 1747, Ahmed encore fort jeune ( car ou croit qu'il n'avait pas alors plus de vingt-trois ans), se lit couronner à Candaliar; il voulait fonder sur les débris de l’immense empire de Nadir Shah une royauté; il entreprenait de constituer une monarchie à laquelle il donnait pour base les tribus démocratiques et jusque-la désunies de l'Afghanistan.
Ahmed Shah dans les formes intérieures de sa royauté prit pour modèle la cour de Pcr.«e. L’etiquette, les grandes charges de la couronne, la constitution et l'administration de l’année, étaient exactement les mêmes qu'à la cour de Nadir Shah; mais, quant au gouvernement lui-méme, quant à la politique intérieure, ils durent différer.
Le premier soin d’ Ahmed Shah fut de chercher autour de lui un point d'appui immédiat et nermnnent, oui fdt assez fort pour lur permettre d écraser en détail chacun de ceux qui voudraient lutter contre lui. Cet appui, il le demanda naturellement à sa tnhu, qu’il essaya de s'attacher par tous les moyens imaginables. D’abord il confirma les Dourjnis dans la possession de leurs terres et ne leur ini|K)sa d’autre obligation que celle de lui fournir un contingent permanent de cavalerie.
Il distribua les grands offices de la couronne aux chefs dourâuis et les
rendit héréditaires dans leurs familles, comme il voulait que la couronne le fdt dans la sienne. Aux principaux chefs , il laissa tous leurs privilèges héréditaires et n’mlerviiit que trrs-rarement dans les querelles intestines des Uulüiisscs; encore ne fut-ce jamais que pour garantir la tranquillité du pays, qu’il maintint en effet avec vigueur pendant tout son règne.
Lorsque après viu^t-cinq ans de règne Ahmed .Shah mourut en 1773, il avait fait six campagnes dans l’Inde, trois dans le. Khorassan , deux dans le Béloutchistan; il avait vaincu les Mahratesdaus trois batailles, dont la dernière, celle de Panipat, arrêta pour quelques années la marche ascendante de ces barbares guerriers ; il avaitconquis le Cachemir, le Pendjab , le Moultan, le Sind; il avait forcé les princes du Béloutchistan, de Hérat, de Khouloum, du Kondouz et de la plus grande partie du Khorassan à lui payer tribut; en fait, son empire s'étendait du nord au sud depuis l'ouest jusqu'à la mer, et de l’est à l’oue.st depuis le Khorassan et le Béloutchistan jusqu’à laTarlarie chinoise et les cimes infranchissables de rilimalaya.
Le caractère de son successeur était malheureusement très-différent du sien, et c’est plus qu’à toute autre cause peut-être, à la politique de Timoiir Shah (iii’il faut attribuer la décadence de l'empire doiir.-ini.
Timmir .Shah, fils d’Ahnied Shah, était né à Meched au mois de décembre 1746. Élevé à la cour de son père, il l'avait accompagné dans la plupart de ses expéditions militaires, et il était âgé de vingt-sept ans quand il fut appelé au troue. Toute sa politique n’eut d’autre but que d'assurer sa tranquillité; il semble qu’il ne songea jamais à s’agrandir; et, toutes les fois qu'il prit les armes, ce fut seulement pour défendre scs (wssessions Sach.int qu’il s’était formé parmi les Doiirànis un parti considérable contre lui , il les prit en défiance. D'abord il transféra sa capitale de Caudahar située au milieu du pays des
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AFGHANISTAN
CO
Dourânis, ù Caboul, habité par les Tadjiks, les plus soumis de ses sujets. Ensuite le choix de scs ministres eon* lirina celle dis|iosition de sa part. Ses
firincipaux conseillers, pendant toute a duree de son rèttne, furent C:ldi> Fyxoulliib, mullab de la tribu obscure de Doiilet Sliahir, et Loutfetli Khan, natif du Khoiassan. Kn ftcnéral, il laissa les gtandes diÿtnités de l'État aux familles dourdiiies auxquelles Ahmed Shah les avait données; mais en créant de nouvelles di;;uités et mudiliant les jiréru;jatives des autres, il Unit par faire tomber tout le pouvoir aux mains de ses serviteurs.
Ses liiianees étaient en bon ordre , il était fort économe, et s'affranchissait par là de la nécessité de faire comme son père de grandes expéditions pour fournir aux besoins de son trésor; loin de la, il avait toujours une réserve Imite prèle pour faire face aux circonstances imprévues; mais ces qualités, qui eussent été si utiles à un prince européen, étaient loin d'étre une force dans sa position, bien au contraire.
Les seules troupes qu'il entretenait en permanence, c’étaient ses gardes, les Golàmi Shahs, assez nombreux pour assurer la tranquillité du pays, composés surtout de Persans et de Tadjiks, sans rapports avec les chefs afghans, et par conséquent tout dévoués au prince. Ces troupes étaient bien payées, recevaient de fréquentes faveurs', jouissaient de privilèges qui devaient tendre à les séparer du |>euple.
Cette politique réussit assez bien en tant qu'il s'agissait de conserver la paix publique. Les provinces restèrent le plus souvent tranquilles, et s'il y eut sous son règne quelques conspirations et deux insurrections de prétendants au trône, elles furent toutes déjouées par la vigilance du roi et la lidélité de ses troupes ; mais aussi les provinces éloignées tendirent à secouer l’influente immédiate du gouvernement, celui-ci perdit sa réputation et sa puissance a l'extérieur, et les princes ou les tribus qu'Alim^ Shah avait forcés
par la crainte à reconnaître son autorité, commencèrent à rêver aux moyens de s'agrandir aux dépens des Doùrdnis.
La décadence, qui eoinmenqa à se manifester sous le règne de Timour, ne cessa de faire des progrès sous ses faibles successeurs.
Lorsqu'il mourut, au mois de mai (793, Timour Shah n’avait encore perdu do l'empire de son père que quelques districts au nord du Paropamisus, ou sur les bord de l'Indus, encore le prince de Bukhara et les émirs du Siud , qui avaient fait ces conquêtes à ses dépens , .s'etaient-ils reconnus ses vassaux. Rien n'avait été réglé par Timour relativement à sa succession , et les nombreux princes, ses fils, s'apprêtèrent à se disputer le |X)iivoir. Celui (|ui réussit, ce fut Shah Zemôn , grôce à l’adresse de sa mère, épouse favorite de Timour, (]uinarvint à rattacher à ses intérêts Sarafraz Khan, chef des Barakzys, et par lui tous les chefs doiirônis. I..es princes de la famille royale, présents a Oboul , Urent bien une tentative pour élever l'un d'eux, Abb.as, nu troue; mais on se saisit de leurs personnes par un stratagème ; on les emprisonna dans le Bala Hissar de Caboul, et Shah Zemân fut proclamé. Son règne ne devait être qu'une suite de roinbats.
Ceux des princes qui n’avaient pas d'abord été arrêtés à Caboul , devaient lui disputer la couronne, s’unir a ses ennemis extérieurs contre lui, et finir par le renverser. Au commencement cependant il sembla que la fortune lui resterait fidèle. L’un de ses frères, Humayoun , auquel il avait généreusement pardonne une première révolte, fut prisa la seconde, privé de la vue, et passa le reste de ses jours en prison. Un autre. Mahmoud, gouverneur de Hérat, après plusieurs tentatives de révolte, fut obligé de fuir en Perse. A l’extérieur Shah Zemân ne fut d’abord pas moins heureux. Le prince de Bokhara fut obligé de reconnaître le traité fait avec Timour Shah; au midi , les émirs du Sind lui payèrent l'arriéré de leur tribut, et les chefs siklis
L’UNIVKUS.
du Pendjab, parmi lesqueb était Bandjit Singh, le futur souverain de Lahore, furent contraints de prêter solennellement hommage à iCemâii Shah.
Cependant une con<:pirat ion, étouffée d'abord dans le sang des conjures, eut pour dernier résultat lu mine de Shan Zemâii et de la famille Saddozye.
Sarafraz Khan, chef des Barakzys, Mohammed Azim Khan, uhef îles Alekkozvs, l'émir ArsUn Khan, chef delà pm'ssante tribu persane de l)JeliÂnghir, complotaient la mort du vizir OuaffaJar Khan. Celui-ci, instruit à temps, fait arrêter les conjurés dans leurs maisons. L'officier chargé de sesaisirde la personne de Sarafraz Khan, est rei^u dans .son palais par Katleh Khan, fils du chef harakzy. Sans trahir aucune inquiétude, Falteh Khan, alors bienjeuneceiiendant, annonce qu'il va aller chercher sou père.
Il vient en effet lui dire qu'un officier du vizir demande à lui parler dans de mauvaises intentions sans doute, et, avec cette résolution dont il donna depuis des preuves si éclatantes, il propose d'assassiner l'émissaire de son ennemi et de quitter Candahar en toute hâte. Sarafraz Khan rejette ce hardi conseil et suit l'officier au palais du roi ; le lendemain il était décapité avec ses principaux complices.
Shah Zemân et son ministre ne jouirent pas longtemps de la sécurité qu'ils avaient espérée de ces exécutions sanglantes. Quelques mois après, le shah de Perse, Falli Ali .Shah, ravivant les prétentions que la Perse a toujours entretenues sur Hérat, envahit leKhorassan avec son armée, amenant à sa suite un prétendant au trône de Caboul, Mahmoud, qui était venu lui demander appui et protection. Shah Zemân fit d ahord bonne contenance ; il se porta rapidement avec son armée à liérat, et cette simple démonstration suffit pour décider la retraite des Persans. Slahmoud ainsi abandonné prit un parti désespéré . cédant aux conseils audacieux de Fatteh Khan, qui l'était venu rejoindre; il traverse le désert et vient à la tête de cinquante
cavaliers seulement se jeter au milieu des Duurânis qu'il appelle aux armes.
Cette tentative haruie lui réussit, il se trouve bientôt à la tête de forces assez consideraliles pour venir offrir la bataille uu gouverneur de la province de Candahar, qui, battu dans plusieurs rencontres, est réduit a s'enfermer dans les murs de sa capitale.
Mahmoud mit le siège deva.it la ville; mais, quoique chaque moment lui edt amené de nouveaux partisans, il y avait déjà quarante-deux jours qu'il assiégeait Candahar, lorsque l'audace de Fatteh Khan vint enfin décider les affaires. Une nuit, il s'introduit presque seul dans la place et va .se confier à l'honneur d'A hdoulla, l'un des chefs de la garnison. Mous avons dit ailleurs quelle devait cire dans les idées d'honneur des Afghans l'importance d'une pareille démarche. Abdoullase déclaré pour .Mahmoud; le gouverneur est obligé de fuir, et Candahar ouvre ses portes aux rebelles.
Tandis que ces événements se passaient dans l'ouest, Shah Zem, In était, à l'autre extrémité de son empire, occupé des préparatifs d'nne expédition dans l'Inde. La retraite des Persans lui avait donné toute sécurité sur scs frontières du Nord et il avait cru pouvoir ne pas prendre souci des nouvelles tentatives de Mahmoud. La prise de Candahar vint enfin l'éclairer sur sa situation ; mais il était trop tard. Cet événement avait déjà décidé la plupart des personnages importants du royaume àse déclarer pour Mahmoud, par haine pour Oiiaffadar. Lorsque Shah ZemAn quitta les bords de l'Inaus pour venir dans l'ouest combattre les révoltés, il fut abandonné de presque toute son armée. Arrivé dans le pays des Khyberis il y fut fait prisonnier par un chef des Chaiiiouaris, dans le cliAteaii duquel il était venu passer la nuit. Livré à .Mahmoud, celui-ci lui lit crever les yeux et enfermer dans le Bala-Hissar de Caboul. Il y resta pendant tout le règne de Mahmoud et ne fut remis eu liberté qu'à l'avéneinent de Shah Shoud ja. Lors des malheurs de ce prince. Shah Zemâii
AFGHANISTAN
s’enfuit avec lui d.ms l’Inde et il y vécut d’une [)en5ion que le gouvernement nnglaislui accorda. Il est mort, à I.ouillana, l'année dernière, respecté de tous i)oursa générosité et la grandeur d’ame avec laquelle il supportait sa mauvaise fortune.
L'avénement de Mahmoud fut d’abord salué par les espérances de la population, mais elle devait être bientôt détrotnpée. Ce prince sans moralité, indolent et timide, se perdit dans les plaisirs , laissant tout le soin des affaires a ses ministres, Akram Khan Alyzy et Fatteli Khan.
Mahmoud n’était cependant pas encore muîtredetoutrAfghanistan. Coin de là : son frère Firouz, a qui il avait donné le ç;ouvernement d'IIérat , agissait en prince indépendant; les provinces où il ne s’était pas encore montré ne donnaient aucun signe d’obéissance; et dans l’est. Shah Shoudja , alors .âgé de vingt ans, frère de père et de mère de Shah Zemôn, s’était fait proclamer roi et avait une armée assez nombreuse autour de lui. Cette armée fut d’abord battue, grôce à Fatteh Khan dont la valeur personnelle décida la victoirej; mais ,à peine Mahmoud était-il débarrassé de cet ennemi que la puissante tribu des Ghild jis se révolta contre son autorité. Vaincus dans une première campagne, les Ghildiis reprirent les armes au printemps de I802, et pendant qu’ils menaçaient Caboul, Shah ivhouaja reparaissait sur le champ de bataille, h la tète des Khvberis. D’un autre côté, le prince de Balk se déclarait en état de révolte ouverte. Toutefois, ces trois tentatives échouèrent à la fois, les trois armées furent défaites en trois batailles, qui furent, diton, livrées le même jour toutes les trois.
Après ces succès, qui furent contrebalancés p.ir la perte du Khnrassan, que les Persans cnn(piirent délinitivement pendant l’été de 1802, les ministres de Mahmoud songèrent à donner un peu de tranquillité au pays, en faisant reconnaître l’autorité’ de leur maître d.ms les provinces. Mais, tandis que Fatteh Khan était en campagne.
Akram Khan mourut à Caboul. Aussitôt une révolte éclata dans la capitale, et tandis que Malamoud, pour gagner du temps, négociait avec les insurgés, ils appellent .Shah .Shoudhja, qui met en déroute l’armée de Fatteh Khan.
Vainqueur Shah Shondjase contenta de tenir M.dimoud prisonnier dans le Bala-llissar sans lui faire crever les yeux. Kn même temps, il envoya son neveu Kaiser Khan prendre le gouvernement deCandahar, qui se rendit sans difficulté, et il reçut la soumission de Fatteh Khan; mais il eut le tort de ne point savoir attacher ce dangereux
frersonuage à sa fortune. Il demandait a survivance des charges occupées Jadis par son perc. Shah Soiidja la lui refusa et eut bientôt occasion de s’en repentir. Poussé par lui, le prince Camr.àn, fils du prisonnier Mahmoud et gouverneur d’Hérat, entre en campagne avec Fatteh Khan et s’empare de Candahar. Toutefois ce succès n’anralt pas eu de conséquences fâcheuses pour .Shah Shoudja, car il battit à son tour les rebelles et rentra vainqueur dans Candahar, s’il ne se fiU alors brouillé avec son vizir, qui proclama le prince K.a’iser et s’empara de Pèchaver. De Candahar Shah Shoudja se porta aussitôt sur cette ville avec ses troupes et battit l'armée du vizir, qui fut mis à mort, tandis que le prince Kaiser, fait prisv)nmer, reçut un généreux pardon.
Forcé d’évacuer Gaboiil devant l’armée victorieuse du roi , MirOuaiz, l’ami du vizir battu , ne le fit pas sans mettre en liberté tous les princes captifs dans le Bala-llissar.
Mahmoud et son ancien ministre Fatteh Khan n’eurent rien de plus
Îiresséque de se rejoindre et d’appeler eurs partisans aux armes. Battus une première fois, ils obtiennent à une seconde rencontre, une victoire définitive dans la plainede Nimia. C’était au mois de juin 1809 : .Shah Shoudja vaincu se réfugia dans l’Inde anglaise, à Coudiana, où il vécut avec son frère Shah Zemôn jusqu'en 1889, d’une
fiension que le gouvernement angl.iis ui accorda.
Fatteh Khan fut élevé, en récom*
L’UNIVERS
pensu de scs services , au poste éminent de vizir, et bientôt, à l'exception du Cacliemir, tout ce qui restait encore de l’empire afghan se soumit à l’autorité de Mahmoud. Comme il l’avait déjà fait dans son premier règne, il laissa emièremcnt les rôties du gouvernement dans les mains de son niinistre. La conduite de celui-ci et le goilt immodéré du prince pour les plaisirs ne permettaient pas despérer une bonne administration et encore moins la tranquillité. Des factions s’élevèrent à la cour; elles avaient pour chef le prince Camrân, Jaloux de l’ascendant du vizir sur son père.
Pendant quelques années cependant l’influence de Fatteh Khan sembla inébranlable et de plus justiliée par les succès qu’il obtint. S’il perdit l'importante forteresse d’Attock sur l’Indus nui lui fut enlevée par le Maharadja Kandjit Singh , dont la puissance était alors en voie ascendante, de l’autre côté il soumit l'importante vallée de Cachemir, dont les riches revenus étaient si utiles à la cour nécessiteuse de Caboul, et il força les Persans à lever le siège qu'ils étaient venus mettre devant Itérât.
Ainsi Jusqu’en 1818 le règne de Mahmoud avait été plus heureux peut-être que ses plus sincères amis n’avaient osé d’abord l’espérer. A la vérité, il n’était que spectateur muet des événements; il devait tout a sou ministre , qui, de son côté, profitait de sa position pour donner toutes les positions importantes de l'Ftat aux gens de sa nombreuse famille. Il avait dix-huit frères. Il conservait tous les dehors de l’obéissance et du respect pour le souverain; mais il n'était pas parvenu à désarmer la jalousiedeCamrân. Celui-ci réussit à |>ersuaderà son ère qu'il fallait se débarrasser de cet oinme, dont la puissance devenait inuiétante; et en effet, avec l’assentiment U roi, il s’empara à Hérat de la personne de Fatteh Khan, auquel il lit crever les yeux, puis il l'envoya à Caboul. Aveugle et enchaîné, l’ex-vizirfut amené en présence de Mahmoud, qui le fit mettre à mort.
Aussitôt que la nouvelle de ce forfait se répandit, les frères de Fatteh Khan levèrent l'étendanl de la révolte, et le lâche Mahmoud s’enfuit inimédiament a Hérat sans même essayer de se defendre. Des lors il resta dans cette ville, où ses ennemis, occupés de leurs divisions intérieures, ne songèrent pas a le poursuivre. Il y mourut en 1829, lais.sant son petit empire à son fils Camrôn, qui y règne encore aujourd'hui.
L’atué des survivants de la famille de Fatteh Khan était Mohammed Aziin Khan, gouverneur du Cachemir. Dès qu'il apprit la mort de son frère, il se mit aussitôt en campagne; mais, arrivé a Caboul il trouva Mahmoud en fuite. En quittant le Cachemir Azim Khan avait laissé sans défense cette belle province, qui tomba dans les mains des Sikhs; car le Maharadja était un homme trop guerrier et trop peu scrupuleux à 1a fois pour ne p<as profiter de l'étnt de faible.sse où toutes ces guerres civiles avaient réduit l'Afghanistan. En quelques eampagnes le Moultan , le Leia, le territoire ue Dera Ghazi-Khan furent ajoutés à son royaume. En 1822, la bataille de Nouchéro, où la victoire fut décidée par la valeur personnelle de Randji’. Singh , lui livra la province de Pécliaver, qui depuis lors lui a toujours payré tribut Jusqu'au moment ( 18.19) ou il s’en empara définitivement.
La défaite de Nouclicro fit mourir Azim Khan de chagrin. Ases derniers moments, il appela ses femmes, leur ôta leurs bijoux et les donna avec tout ce qu’il possédait a Habib Oullah Khan , son fils aîné. Ce trésor se montait a environ trois crores de roupies ou soixante-quinze millions de francs, et il aurait peut-être pu servir à réparer les désastres du pays, si les chefs dourûnis se fussent entendus. Mais la mort d'Azim Khan donna le signal de dissensions horribles dans sa famille. Après d’affreuses scènes de cruauté, Habib Oullah Khan, son fils, fut privé de sa fortune et de sa puissance. ChirDil Khan , l’un de ses oncles, emporta environ douze
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millions de francs et se déclara chef indépendant de Candohar. Un autre Mohammed Khan devintà Pechaverle vassal des Sikhs, et Caboul, après avoir obéi à plusieurs maîtres , liiiit par tomber entre les mains de Dost Mohammed, également frère d’Azim Khan.
Ainsi s'évanouit l'empire fondé par Ahmed Shah. Depuis lors jusqu’en 1838 nous voyonsles divers princes afghans , qui se sont partagé scs débris, vivre oocurs, dans I urs petites principautés, plongés dans les plus Ignobles plaisirs, comme Camrén à Hérat; divisés par de misérables intrigues, comme ceux qui étaient venus s'établir à Candahar; ou bien humiliés et payant un tribut à l'étranger, comme Mohammed Khan à Pechaier. Il n’y a d’exception à faire que pour Dost Mohammed, à qui sa bravoure, ses talents, sa popularité chez les siens, et son désir sincère d'établir un gouvernement quelque peu régulier, auraient peut-être permis de s'agrandir et de fairedeCaboulqui lui était échu en p.artage , le centre d’une puissance réelle, si malheureusement i'iniluence envahissante de la politique européenne ne fût pas venue l'attaquer au milieu de ses montagnes.
Tandis que, depuis le commencement du siècle, la puissance anglaise s’étendait dans l’Inde, de son côté la Russie s’agrandissait au sud et à l'est aux dépens de la Perse , qui semble aujourd'hui ne plus exister que par la bonne volonté du cabinet de Saint- Pétersbourg. Cemouvemeut simultané des deux puissances, en les portant l’une vers l'autre, en les rapprochant, a fini par faire rencontrer sur le même terrain le rayonnement de leur influence réciproque. Il était dans la nature des choses que cette rencontre eût un caractère hostile, aussi ne doiton pas s’étonner d’avoir vu le gouvernement russe chercher à inquiéter l’Angleterredu côté de ses possessions des Indes, comme il l’a fait avec un remarquable succès.
On sait les prétentions que la Perse a toujours eues sur Hérat. La Russie poussa le Shalià venir faire le siège de
îS
cette ville, et si l’on jette les yeux sur la carte, si l’on y remarque la position d’Hérat entre le grand désert Salé de la Perse à l'ouest et les cinies infranchissables de l'Hymalaya à l'est, on 'aperçoit à première vue que cette ville est véritablement la riet de la route qui conduit du nord et de l’ouest sur les bords de l’Indus. Prendre Hérat pour le compte de la Perse, c'était en réalité le prendre pour le compte de la Russie; c'était ouvrira l'armée russe le chemin de la péninsule indienne.
Ce n'était pas tout encore. Tandis que le Shah poussait le siège d'Herat de tous ses moyens, une nuée d'agents russes se répandaient sur l'Asie centrale et essayaient , chose singulière! d'y former sous la prépondérance de la Perse une vaste confédération offensive et défensive contre un ennemi commun qui ne pouvait être que l’Angleterre. Quelques-uns de ces agents pénétrèrent jn.-que dans le Sind et le Pendjab, il en vint dans l’A^anistan, a la cour de Dost Mohammed, qui semble les avoir accuellis d’abord assez froidement et n'avoir ensuite prêté l'oreille à leurs propositions que quand il lui fut démontré qu’il ne pouvait s'entendre avec le gouvernement anglais.
Le gouverneur général de l’Inde , lord Auckland, et lecabinetde Londres en Europe, ne restèrentpas longtemps dans l'ignorance de ces menées de la Russie, et ils ripostèrent aussitôt avec cette énergie qui caractérise la politique anglaise. Des officiers anglais, conduits par le major Eldred Pottin-
?;er, se jetèrent dans Hérat pour le déendre et de plus pour s'assurer la fidélité du prince Camrôn : un subside assez considérable et payable de mois en mois lui fut accorde.
Après dix mois d’efforts infructueux , le siège d'Hérat fut levé par les Persans.
Mais ce succès négatif ne pouvait suffire à la politique anglaise. Pour rendre désormais inutiles les tentatives qui pourraient être faites sur l'Asie centrale, on entreprit de substituer à la confédération qu'on es-
L’UNIVERS
•avait de former soos l'induence nominale de la Perse, une autre confédération placée sous le patronage de l'Angleterre et dans son intérêt exclusif. I.e colonel A. Bornes, qui venait de s'illustrer par son voyage à Bokhara et qui devait à ce voyage l’avantage de connaître personnellement la plupart des princes qu'il s’agissait de concilier à l'intérêt anglais, fut chargé de préparer cette alliance.
Malgré les talents incontestables du négociateur, cette mission ne réussit pas auprès de Dost Mohammed. Quel que fût en réalité son bon vouloir pour les Anglais, il y eut une question sur laquelle il ne voulut jamais céder. Il refusa toujours de valider par un traité l'acquisition de toutes les conquêtes faite.s par Randjit .Singh aux dépens de l'empire afglian. Peut-être eilt il faibli sur le Moultan, sur le territoire de Déra Ghazi Khan; mais il ne voulut pas céder sur le Cacliemir et principalement sur la province de Péchaver.
Le refus de Dost Mohammed renversait tous les plans qu'on avait formés.
Il fallait trouver un autre moyen d'arriver au but, c'est-à-dire le sacrifier lui ou le roi de Lahore. Lord Auckland sedécida naturellement pourledernier.
Tout d’un coup il se prit d’une belle passion pour la légitimité de Shah Shoudja , dont les droits s'étendaient à tous les pays que l'un voulait unir oontre la Perse ou plutôt contre la Russie. Shah Shoudja se orut trop heureux de signer tout ce qu on voulut.
Un traité fut donc conclu entre la Grande-Bretagne, le Maharadja Randjid Singh et Sitsh Shoudja, qui assurait à FAngleterre plus encore qu’elle n’avait jamais espéré obtenir oe ses négociations avec les princes de la famille Barnkzy; mais, pour que ce traité fdt autre chose qu'une lettre morte, il fallait prendre les armes.
Le 1" octobre 1838, lord Auckland fit publier par l’organe officiel du gouvernement la pièce suivante.
• Le inVhiinorsbl» , le gouverneur neoé- ■ r«i(le rinde, ayniit, avec ra.swnlliiieol ilu « CiHwil suprême, oniitnnê l.v rêuniuii il'uiie « armée aii;;l.ii!,ê pour a;;lr au üt'l.â fie i'Inadus, ta aeiKneurie croit convenable depu-
• blier rexpotlIloD tuivante d« raitoiu qui « ont mulivê celle mesure.
« C’est un fait de notoriété pohllqoe qne < les traités signé» par le gouveriiewpl »v« s les émirs du Sinu . le Nabul) de Dahaoual.
« pore et leMabarailla Randjil Singh, aï»leni s pour objel d'ouvrir la R.ivlg:ition île I In-
• du», de faclliler l’eileusion du c mimerce rt « d'acrjuérir S ia naliuii aiigluUe, d.iits l Asie « cenlMle, celle Ju»le part d’inlluence qu elle « retirerait d'un commerce égalemfUt avsns tageus a tout le monde.
« Dans le buld'oMenirdugomernement n dt /ail de |■Argllalll.^l.nl l.icmipi rallon n^
« Cé*»snir** pour noîînPf* a luiir pIvJo
« el eiiliur t frH . capMaiue Buni»*» fui eo- « vové, vers lu lin d** 18'ift, missloi» auprès « tle Dosl MohiimintMlKh in. cht fdu OiboUl.
« Ijf premier tfbjel dr la ml»lo» de «I oflV- « cler était de nature purement rominercials.
« MuIb. laiidis uuelecapilaine Burnes pour* m guivall hi\ roule sur le Caboul , le poum- « neiir pi'néra! fut iiiforniê «lUe le» Iroiipet « de Oosi MohiiomietI Khau venolenl tout à « TAjiip et sans prt>voc.ilion siucuiie d*all<utuef *• celles de noire ancien aillé le Maharadja « Randjit Sinph. Il élall nalurvi de penser « que S. A., le Maharailja ne larlerail pas è « lir«*r vengeance de celle aprfS>iun. et il «élidl âcraindregue lev Oamme» delapuerre H une fols allumt es dans cc> mêmes répions , «ou nous tentions aUirs dVU'Odre notro n commerce t le» pacill>|ue» et bieofals.'uiles « inlenüons fin Rüiivernemcnl nn;;iai» ne « pussent allelmlre leur objel. Alln de dé- « tourner un résultat li c.ilainll«ii » kgou* « verneur pénéral crut devoir autoriser le « capiUine Burnesa f»ilre savoir a Dost Mo* « hammefi Khan que . s’il voulail enlendir a « de» coiMjitions juste» et raisonnables avec « S. A. le Maharadja, »a seipneurie einploie- « rail ses Imus uflice.’i aupre> de S. A pour « rélahllr I • iKinne Intelllpenee entre «ix. Le « Maharadja, plein de cette conüance carac*
« térisHgne qu il a toujours eue d ms la bonne « foi el rmiiilié du peuple anpinis, CnnNentil « tout d’alKinl à la proposition quMui fut « faite par le couveriietir générai de sus* n peiulre au&silfn le> hostlMlés.
« Plus tard il vtnl à la conDaIs.sanre du « pntiTerneur général qu’une nrroee persane « raUall le sJé«e d'Hérni; que de» Inlrlaue» « ae poursuivaient activement dan» l’Afpha- « nislan pour étendre riofluence el l’aulorilé « de la perse Jusque sur et même par delà « les bords de rinüus, el enfin que la cour « de Perse n tdail pas seulement coupable « d’insultes envers les ofllciers de r.aïuhas- « sadede S M . Britannique . mais que même « elle avait fait preuve de desseins lort conit Irnires aux principes el a l’objet de sou « alliAiiee avec ia Grande Brel.icne.
« Après h’Mtiroiin de temps dépensé h Ci- « b«Mil par le caplllne B^iriieh en pure perle B dans fies ne}»(K-i.ili<m.s »ans réMihai, Il de- « vînl èviflenl qut^ Dost Miîltainnied Klians O encouragé par les promes>es «le la Per>e. « iM‘rsislail dans «m Inimitié contre ■ Sikht el prétendait vis a-vis d'eux h di*» « cIiOM-sl •heinenl déraisomialile.*, que le^ioa- « veriu’ur {général ne jxMïvaH plus, s.’ifi'^ niau* « quer a la justice el araiiiiUc qu'il devait aa
AFGHANISTAN
« Maturadta . wn porter comme m^iateur aa- « nré* de S. À. I>plas,oii sut i|ue DoAt Mo- '« nnmmei] eD(ri'ten,«j| , avou;ii( «les projeit « d'aRraniliiseiTienl et (rainbition üaiiijenniK « pour la sécurllt' et la paix «im rntiiliéres « de riiide , l't (}u’il lD<*ü;tç^ut ouverleinenl , n pour soutf'iilr ct-s pnijeia, d'apprlt-r a 9on « aide UiuU piiisnnneretraityere qnrileqa eiU dutU tl croyait ohleair Voppni. KhUii, n il appuv.i ouvertement les de!<>eii)s de la « Perse i)ans rAf;{h.TnUlati , üi‘s*«ins dont il H connaKsail fort bien la nalure habille, en n ce (]ul concernait la pui>»ance de TAngle- « terre dans Tlnde, et par son inimitié dé- « cUirée ûinlre le gouvrr(»ement an;il.*iis, Il « contraignit lec.ipitaine Burnes a (juiller N Caboul sans avoir rempli aucun des objets *• de sa mission.
" Il était «loue devenu évident que le gou- « veniemenl anglais ne pouvait plus Inler- « venir pour retaldir ta Umne inleiligenoe n entre le prince sikh l'I Mohammed
« Khan ; et la politique hostile de celui-ci n ne montra que lrt)p clairement qu'aussl « longtemps que Caboul sérail gouverne par n luit nous ne p«iuvions pas esptirer nue la « tranquillité serait assurée aux pays voisins, « ni nue inléréU de Hiide aerai'enteii parti faite sécurité.
« Le gouverneur général croit maintenant «devoir revenir au siège d'Hérat et a la « conduite suivie par les Persans. Voici mainn tenant bien des tnuis qu'ils tont le siège de « celle ville. Olle attaque, aussi injU'teque « cruelle, a été faite et continuée malgré Ira « solennelles et itératives prnleslalious de
• l'envoyé anglais à la cour de Perse et sans A avoir voulu entendre a aucune des propo- A sillons Justes et honorables qui ont elé faiil les. Les as.dégéa se sont oinduiU avec une « bravoure et un courage dignes de la Jtislioe A de leur cause, et le gouverneur général es- « père que leur hérnfstne leur fournira les « moyens de se maintenir Jtisifu'au moment il ou les semurs qui leur seront dirigi^s de « l'Inde leur arriveront En même temps, les « autres desseins de la Perse, toujours hosU- A les au gouvernement hrilaimique. ironl cessé « de se manifester plus cUirement avec le « «Mirsdesévénemens. Le gouverneur géi*eral A vient d'apprendre récemment par une dé- « p^lie ofiiclelle de M. Mac Neil, envoyé U de S. M. B. . que 5. E. a été contrainte par A les refus répétés de satisfaire a ses Justes A demandes et par tes mauvais procèdes emu ployés systématiquement a son égard , de A quitter la cour uu Shah et de nenuncer A publiquement i'Hilerruptiun de tous rap- « porU dip'omaliqm's entre les deux gouvep- « nemenis La n«*c»*s?>Hé ou la (irandé-Brela- « gne se trouve placée de regarder comme m un acte d'hustihté ouverte lu marche «le « Parmée persane mit l’Afghanlîslan a elé of- A üciellcroent déclarée au Shah par ordre « exprès du gouvernement «le S. M. B.
■ l^s chefs de Candahar, frèri'S «le Dost «Mohammed Khan de Caboul, ont aussi A maiiih'hté haiilemenl leur adhésion a la m nolitiqtm de la Pei-se, MchanI aussi très- A nien eux-rnémes que cidie politique était A hostile aux droits et ativ intérêts «le la na-
• Uua anglaise dans l'iudu, et ont aidé ou-
« Tertemeol aux opérations dirigées oootre Ué- « rat.
t Dans l'état critique oii la retraite forcée A de notre envoyé u Caboul laissait les af- A faire», le gouvt rmmr général a dd prendre A d«‘s mesure» iin>né<tiates pour arrêter lev A progfv> rapide» de* intrifjuf» ètnngrres et A i'agre»sion «mire noire territoire.
A Sun alU'nlion sVst naturelleinenl portée A sur la imsilion et les droits de Shah Shou- A dJa-oul-Moiilk , inonar«|ue qui sur le tr«^ne « avait conlialement acctHjé a tous les pro- « jets d'alliance avec le gfiuvernement an-
• ^\à\iiContre CcHHemi étronyer, cl qui, apr«s A avoir vu sa couronne usurpée par le chef A actuel du CalK)ul, avait trouvé un asile A Jionorable s«ir le territoire hnlatmlque.
A 11 avait d’ailU'ur» été cl dremenl prtMlvé A par les n*n»eig leini'Ols recueillis par les A divers ofdcier» «lui ont visité rAfghanls- A Lan, «|ue le« chels b;trak/.ys, parleur im- A pupulai'itc et leur» üivAM^ion'», ne pour- A raient jamais «lev enir des allies ufih^spmr A le gouvernement anglais, ni nous aider & A défendre le natiuiial. Opendant, aussi A iongb-mps qu'ils m* sont uhst« nus d'aclea A imsliii^ a no-* intérêts et a imire sèriirllé, A le gouvernement britannique reconnut et A respecta leur aulorttl^ S'il change mijonr- A d'hui de politique, il i-sl puisque jusIUÎé A par la couduile «te ces chefs et par la né- A cessité de pourvoir il sa propre sérurllé. A lai prospérité de no» possessionx asiali- A qu(‘.s exige (|ue nous avons sur notre fron- « lli*reocci«ientale un allié Intéressé a la paix A et a repousser rallaciiie èlrangèrc, au lieu A d’y V oir de» chefs ooeissant en esclaves à A une puissance ennemte et ne songeant •I eux-mèmes qu’a «l«*s conquèti*R.
A AprèH une sérieuse delinération, le gou- A verneur général a été convaincu qirune A pressante iié«>»sité. aussi bien quedescun- A sidérations de pohlniuert d'é'juité, nous a faisaient un devoir il' é|H>u.ser U cause de A Shah Slioiidja-oul-Monlk, dont (apopulaa rite daHM C ^dJ'jhnnisttm a èle itrouveeh sa A seiynenrie par l'irrtcnaiiOle rt UHiiHime m. (emoiymiyc des nvittenres nutoritèa. SV- A tant arri'teacelte détermination, le gmiver- A neur général a pen.%é « qu'il croit ju.sle et A convruahic. autant h c.ujs«‘ iK* la |MKilion A du MaharadJ) Randjit Singh que «te >on A invanabtc attactiemenl au gouvernement A britannique, d'orfrir k 9. A. de prendre A part aux opéraiions qui se préparent, iài A conséquence, M Mactxaghtenaéte envoyé,
A en juin dernier, a la cour du Maliaradja, A et le ré-HUllat «le sa mission a été la cntiHii- A sion d’un traité, .signé a la luis pnr le g«ni- A Vernemi'iil bnlaiinique, par le Matiar.id- A ja. et par Shali SlHnKlj.i-oul-Minltk . b (juel « (rade giraiilil a S. \. la cnnservnlion de A toute» S'i poMessions actuelh-s el promet A eu retour S4i t'ooperjtion pour la re.'tlaiira- A lion du Shah toir le Irène d > s(*s ancêtres.
A Le» amis ou ennemis d * l'nne des parties A coalraclante.> «Icvifimcnl le» améi on les A ennemis des deux auln'». Uiver-' p<dnls,
A qui n’avaieid pa.s etu-ure été régl«>» «‘idre
• le gonvernemcid anglais <*t H. If Maha- A rndja, Imtl été a la Mali^faction de.» deux A purtle» et uni montre a tous le» Etats v«>i-
L’UNIVERS
' >in> ridrnlilé dn inlér^ti dc $. A. rt de ■I d’Ui de l'Hunurable Cum|vignir. Une iii- « depend.mce garaiilie >era ulferle a dn « cuixlltioui ralMiimabIn. ai» Kinin du n Sbid, rl HérdI nera de m£me maiiilenu au a prince (lulleguuieriii* aclui'llrmeiit. Eidiii, a a\ec Ira eaèneiue dsgui »e prt‘^farenl. tout N dumie le drult d'eapérrr que la lilierlé gea nerale rt la necurllê du conimerce eu rella reruiit de gr.iiiiU avantage»; que aa part a d'inllueuci* légitime aéra aci)uiae au guua vmiemeiit brilaiiiiique »ur le» peiiiile» de a l'Asie ceiilrair; que la Iraiiqiilllltè >era a élab.ie sur laiplu» impurlaiile IruiiUerede a riiide et qu'une bairlere durable v sera a élever ciinire le» intrigues et l'amblÛuii de a l'etranger
a S. M. Shah ShuudJaHnil-Moulk entrera a dans r\rgli.inl»lan, eniuurv de m*» truiipe», a et sera Mnileiiiicuntreriniererffiina e/Aiaa gère on In rebi'llioninlêrleure|Mr une armée a aiigtaUe. loi guuverneur general e.pere a fermenieiil que le Shah ser.i pminplrnieiit a rephice sur son trdne par le ilevoiieiiient a de ses sujets; el. lursipie riiidepend.ince et a 1 Intégrité île l'Atglianivlan reiHMernnl sur a de» b^s solide». rarnii'‘e anglaise se relia rera. Le gouverneur général a été ivindult a à prendre ce» mesures par le devoir qui a lui est imposé de pourvoir a la sécurité a des pus.v'ssiun» anglaises; mal» Il si* fella elle de ce qu'en acromplissniil iv devoir a il aura euiitribué à rrUiMir t'union et ta a pru^prrite tla fn-uptr q^yAoa. Pend.m! tout a le cours des owratioiis qui vont suiv n-, a riiinuence anglaise sera soigneu-enH'iit a eiiipluvée au béiielice général , a coMcilirr a tes dtj/frrHttx^ a ubUttir Voiibti de» ÎH~ » Jures, à éteindre tes dissension» qui, pena dant si tonqtemp», ont arrêté Ut prospérité a et troublé ta patx de C.ifqhaHistau. Aux a ciiefs même dont la conduite ajustement a offensé l’Angleterre, le gouvernement a britannique cherchera a assurer un Iraitea ment liia-ral et honorable, s'ils font leur a soumission a lem|u, s'ils cessent biuté opa posilion aux efforts qui sont faits dans a l'interét général de leur pavs.
a Paronlredu Irés hanorable, le gouvera ncur général de l’Inde,
a W. H. Mse NxnnTxa,
a Secrétaire dugouvememeut do l'iodé près a le gouverneur geuéral. »
Les parts étaient faites, le Maliaradja gardait tout ce qu'il avait pu arracher des débris de rcmjiire afghan. Les princes barakzys étaient expulsés en masse de l'Arghanistan pour faire place à une créaturede l’Aiigleterrr; et leSind, que .Shah Shoudja abandonnait, tombait dans les mains de rette puissance.
Une armée de vingt-cinq mille hommes fut réunie ; et, comme son premier objet devait être de faire lever le siège d'ilerat, on la dirigea par le
Sind , le Cotch Gondava et Candahar sur cette ville, dont le siège fut levé avant même que les troupes anglaises eussent quitte les bords de l'indus.
Vers la Un d'avril 1831), l'avantgarde de l’armée anglaise arrivait sous les murs de Candaiiar, sans avoir rencontre, d'autres ennemis que des maraudeurs dans les solitudes qu'elle venait de traverser. Les portes lui furent ouiertes sans que les princes barak/.ys, qui occupaient cette ville, semblent avoir senleineiit songé à faire acheter leur soumi-sion. Ils s'enfuirent sans attendre l'ennemi , et depuis on n'a plus eu de leurs nouvelles.
L'armée anglaise s’arrêta deux mois à (iandahar. Malgré l’incroyable quantité de bagages qu’elle traînait aprèselle, toutes ses provisions étaient épuisées, lorsqu'elle arriva devant cette ville. Il fallait les refaire et attendre que 1a moisson fût sur pied avant de s’engager dans le haut pays, où l'un s'al tendait de la part de UÛst Moh.nr.med.iunere.'istanceassezvive.
Knlin, dans les derniers jours de Juin , une colonne de huit mille combalLants, qui, an dire de M. Kennedy, médecin attaché à l’expédition, ne comptait pas moins de quatre-vingt mille serviteurs rt de trente mille chameaux, employés,! porterses bagages, se mit en marche pour Gliazna, devant lequel elle arriva sans coup férir le 21 juillet. Un llls de Dost Mohammed s était enfermé dans la place et voulait la défendre; onallaitenlin se battre. La Journéedu 22 fut employée par les Afghans à d'insigniriantes escarmouches contre les détachements que le général anglais envoyait pour reconnaître la place. Elle n'était pasrapahle de soutenir un siège. Ce lendemain 23, avant la (ininte du jour, un sac de poudre faisait sauter une des |>ortes, etune colonne d'assaut, conduite par le brave colonel Dennie, qui vient d'être tué sous les murs de Djellalabad, s’emparait de la ville après un combat insignillnnt.
Ce fut le seul événement militaire de la campagne. Le 6 août, l'armée anglaise entrait victorieuse à Caboul ;
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Sliah SliouHja y était proclamé souverain léjtitiiiie de l'Afghanistan; et, quelques jours après, Dust Moliainiiied, abandonné de tous les siens, qui s'étaient vendus pour la plupart , était obligéde venir seul se rendre prisonnier à M. Mac Naghten. On l'envoya dans l'Inde, où, après une visite à Calcutta, on lui assigna une pension de eini| cent mille francs et pour retraite cette même ville de Loudiana , où Shah Shoudja avait passé tant d'années dans l'esil.
L'Angleterre triomphait , en apparence du moins, mais avec une apparence fort éclatante. Le général Keane fut nommé lord du rovaume uni de la Grande-Bretagne et d'frlande et baron de Ghazna, avec une pension de cinquante mille francs, réversible sur sa veuve et ses enfants pendant deux générations. .M.MacNaghten fut nommé baronnet, et le colonel Burnes chevalier du royaume uni. A l'extérieur, l'impression produite par ces succès fut considérable; l'Kuropeadmira l'audace et l’énergie de la poli tique anglaise; la Perse se h.lta de faire sa paix avec l'Angleterre; et la Russie, h laquelle desexplications furent demandées, tout en maintenant en termes généraux son droit à une in/l'fence légitime sur l’Asie centrale, désavoua ses agents et rappela sou ambassadeur, le comte Simonitch, qui s’était aventureusement compromis par l’ardeur avec laquelle il avait poussé à l’expcdition d'IIérat et par la visite solennelle qu'il avait faite au camp du .Shah , devant cette ville. Le plus actif des agents russes, celui dont les conseils avaient déterminé Dost Mohammed à rompre avec le colonel Burnes, Yickievit/., rappelé en Russie, disparut d'une façon assez singulière : on assura qu'il s'était brillé la cervelle, après avoir eu soin de faire disparaître ses papiers.
Mais ces succès étaient plus apparents que réels. Toutes ces tribus, tous ces chefs, qui s'étaient soumis sans coup férir quand on leur versiiit à pleines mains les trésors de l’Inde anglaise, commencèrent à remuer et à s'agiter dès qu’on n'eut plus rien à leur donner, ou même dès qu'on me-
naça de diminuer les magniflqnes subsides uu'on leur avait promis. Il était cependant absolument impossible de continuer comme on avait commencé. La première ex|iédition avait cmlté des sommesénormes, deux cents millions de francs, disent les calculs les plus modérés: trois cent vingtcinq millions, ont dit quelques personnes dont l'autorité neiloit pas être rejetée à la légère. Dans l’état le plus prospère, l'Inde n'aurait pu suffire à de pareilles dépenses ; c'était un fardeau intolérable, nu moment où elle voyait la guerre de Chine porter un coup si funeste à ses revenus.
Deux ans se passèrent en soulèvements partiels comprimés à grande peine, en combats dans lest^uels les Anglais n'eurent pas toujours I avantage, dans ce pays si favorablement disposé par la nature pour y faire la guerre de partisans. F.nfin, lorsque les Anglais ne voulurent plus rien donner, une insurrection générale éclata. Les combats commencèrent dans la capitale même, où le gros des troupes anglaises était rassemblé, par l'assassinat du colonel Biiruesetde son frère, le 2 novembre 1841. Assiégé dans ses cantonnements, manquant de vivres et de munitions, le général Flphinstone, après soixante-sept jours de combats, conclut avec les insurgés une capitulation , par laquelle il s'engageait au nom de l'Angleterre à évacuer complètement le pays avec toutes ses troupes. On sait que , malgré la capitulation, son armée fut détruite dans sa retraite , ou faite prisonnière parles Afghans, et qu'il n'en échappa qu’un seul homme, le médecin Brydon, pour venir porter la nouvelle de ce désastre au brave général Sale à Djellalab.ad. Au mois de janvier 1842, il ne restait plus aux Anglais que deux postes dans l'Afghanistan, Candahar et Djellalabad.
Mais tandis que ces événements s'accomplissaient en Asie, une révolution ministérielle avait fait tomber les whigs du pouvoir en Europe. Lestorys leur succédaient; les torys qui n'avaient cessé, pendant dix ans d'op-
L’ÜNIVERS.
position, (Je critiquer de la manière la plus vive rhmiietir fiiiernnantB de lord Palinerston ; les torys qui avaient tourné en riiliciile ses trininplies dans l’Asie centrale, qui les avaient représentés comme une cause de ruine sans eoinpeusation possible, qui avaient déclaré que le meilleur parti à prendre, c’était, malitréla victoire, d’évacuer l’Afithanistan au plus vite et d'ubandonnerà elles-mêmes res populations désunies, mais belliqueuses et braves.
Kn débarquant à Calcutta , la première nouvelle qu’y reçut le nouveau gouverneur général de l'Inde, nommé par les torys, lord Ellenborouuh, (!e fut celle des revers qui venaient (je frapper les ar(nes anglaises dans l’Afglianistan. Il n'hésita pas, et décida que le pays seraitévacué, non toutefois sans inllicer un rude cbétiinent aux Afghans Deux divisions, parlant l'une de bjcllaiabad et I autre de t'amlabar, reçurent l’ordre d'aller délivrer les prisonniers érhappés aux derniers di^ sastres, de se reunir à Caboul en brillant ou détruisant tout ce qu’elles rencontreraient sur leur passage, et de rentrer ensuite dans l’Iiide par le Pendjab. Aujourd’hui res ordres sont accomplis. I.e général Nott, après avoir détruit la ville de (’iha/un , qui n’avait cependant offert aiiruiir résistance, s’est réuni à (^boul au général Polloek qui, de son côté, a recouvré tous les prisonniers faits sur l’armée du général KIphinstone. A la date des dernières nouvelles, les deux généraux, après avoir brillé les villes de Caboul , d'Istalif et de DJellalahad, opéraient tranquillement leur retour dans l’Inde.
Dès (lue ces nouvelles sont parvenues .1 lord Ellenborough, il a fait paraître la proclamation suivante qui annonce la lin de cette guerre.
Siinla , le 1" octobre isl2.
« ta) gouvernement de l'Inde avait or- « donné a son armée île franchir l'Indu.v « pourexpiilwrde l'Vfslianislan un chef qui " p.i5,alt pour hostile aux lnlér*l« de l'Xn- « glelerre el pour replacer sur le trône un « souverain t|u'on disait ami (je ces intérêU n et populaire parmi ses aneieus sujets.
«Lechefsiul passait pour hostile a été fait
« prisonnier rt le souverain (ju’on disait " èire populaire a élé replacé sur le trône ; « mais aujourd'hui, après des eiênemenUquj a d'innenl le dniit de mellre en (lui-stlon sa • fidelilé au gonvernement qui ravall reaa laurè, il a perdu par la main d'un (Lssas- « sin un trrine qu’tl n'aeaù occupé gtt'au s milieu des insurreettous. Sa mort a été ■ precédix' et suivie par l’anarchie qui existe « encore dans te pays.
" Des désastres (|ui n'oni d'égaux ([ue les « fautes el la trahison d'ou ils sont sortis « ont été réparés dans une courte campaa gue , el des vicloires rénélé»s , la prise « des villes el riladelles de l,liazna el Cahoul, « ont relevé l'honneur des armes anidaises.
a L’armée anglaise, aujourd'hui majlresse a de l’Xfghanlstan, peut donc se replier .sur a le SatleUje.
a la- gouierneiir général laissera aux Afa ghans le soin de cr» cr etix-méines un gmia vrrnemenl au milieu de ruunrchic qui a est ht cunsèqucuce de leurs crimes.
a Imposer un souverain par lu force à ua a peuple semit une entreprise aussi cona traire à ta putitiqne qiraiix priiiripes du a goiMcrnemeiit hrilannique, el qui mir.xtt a pour resull.il de mellre les armes el les a resssiorces de l’inrie au servire du premier O avenliirier, el de lui imposer le fardeau Je a tooh-iiir un souverain sans être assuré de a tirer aucun iH-m-hce de son alliance.
a Ij- goiiserneur général recuonallr.x voa lontiers loiil gonvernemeni arc-plé par a les Afghans pux-mémes cl qui panllra a dé.sireux aussi hieii que r-ipahle de vivre aen elal de paix avec les Etais ses voisins.
a .Saiisfait de.s limiles rpie la nature ellea même semhle avoir imposées à son empire, a le gtmverneim-nl de l'Inde coosarrer.i tous a ses efforts .à relahlissement et au inaiolieii a de la paix generale , |.i proleclioii des
a souverains et chefs ses alliés , à la prospéa rilé el au hooheur ile ses lideles sujets.
a las-s nenv(*s du PeitdJ.ah et rindiisav(*cles a montagm-s et les trihns liarhires de l'.\f- « ghanlslao seront placés entre l’armée a augl.dse el loul ennemi qui viendrait de a I ouesi , si loulefnU II pciil s’eii présenter, a el ils ne seront pins plan^ comme une hara plére eolre i’armee et ses magasins, a l.es énormes dépensés iiiées-il, -es par l'ona trelien d’un (Xirps d'armee conslileralilc et a plaai dans une fausse posiiiun inililairc a loin de la frootlépe el de ses appmvisioiia neinenis. n’arréleroni plus désormais l'exe- « colion di-s nii-siires avantageuses au pays.
a L’armée coinhimé de l’Anglrlerre et de a t'jnde , supérieure p.sr son organisation , sa a diio-ipline et son cour.ige, ainsi (pie par le a ineriie de ses ofliciers. a toutes cx'tles qu'un a m-ol loi opposi’p en Asie, se relranciiera, a inallaqiiatde dans sa forre.siirson lerrl- « loire, el avec l'aide de la Prosiihsice cona sers cru ensecuriU' et en honneur le glurievtx O empire qu'elle a conquis.
a Iji gunveriiiHir génér.il ne peut p.as rrain- " dre (prou se méprenne sur ses mo* a tifs lorsqu'il expixse avec t.vnl de sincérité a aux Etats voisins la poliliiiue pacitique et a couservalricédeson gouveriiemi-nt.
AFGHANISTAN
ra
A L*Ar^*hani>tiin el la Chine ont \«i tous les « deux ce (|u'il peut faire de» forces dont « il ilUpiise.
A Sincèrement ami de la paix , en vue de la « pni&périlé du pi’uple, le gouvern^Jir « nernl cm rêiuiiu n in.ilnlenlr IVial <le paix ■ et emploTeran au Iwstnn toute la pnksance « Ou guu\cn»emenl an;{lais a comprimer la w pul.^ncequi pourrait songer a le troubler.
A Par onlre du tr^ honorable , le gou* « vernuur général (le rinüe,
A C. H. Mvddock,
A Secrétaire du piouveruemcutde Hude près A tè goavèrnèuf fiëngrarnï —
Ti'l est le résumé des derniers évenpiiipnt.s.
Maintenant que va-t-il arriver de ce mallipureiix pays? ti'est ce qn'il est impossible de |irèvQlï\
En se retirant, les Anglais laissent le pays dans la plus profonde anarchie. pl Il i-st mallieiirpiisement à croire qiiVlle ctmtiniiera pendant longtemps à décliirer l'Atshanistan.