Amusement. CA. Tartuffe, V, vi
Le moindre amusement tous peut itre fatal. 2 Touchez-lui. Métaph. : parler d'une chose. Cf. Tartuffe, IV, t; Au moins, je vais toucher une étrange matière.
4 8 LIMl'OSTEUR.
La campagne à présent n'est pas beaucoup fleurie '.
OHGON.
(A Clcantc.) Dorine... Mon beau-frère, attendez, je vous prie. Vous voulez bien soulTrir, pour m'ôier de souci, Que je niinforme un peu des nouvelles d'ici.
lA Donne.) Tout s'est-il, ces deux jours, passé de bonne sorte? Qu'est-ce qu'on fait céans? Comme* est-ce qu'on s'y porte?
DORlNE.
Madame eut avant-hier la fièvre jusqu'au soir, Avec un mal de tête étrange à concevoir.
ORGON
Et Tartuffe?
DORlNE.
Tartuffe ! il se porte à merveille.
Gros et gras, le teint frais et la bouche vermeille '.
ORGON
Le pauvre homme *!
1. Fleurie. Théopli. Gautier reproclip à notre théâtre du dix-septième siècle de manquer de vers pittoresques. Danstout notre répertoire classique il prétend n'en rencontrer que deux. Le premier est celui qui se trouve dans le récit du Cid: Cette obscure clarté qui tombe des étoiles ;
le second est celui qui nous occupe. » Placé dans la bouche d'Orgon, qui se chauffa les mains devant le feu, il respire un sentiment de bien-être bourgeois et de ne plus être exposé aux intempéries de l'air, mais qui ccpemlant fait penser, dans cette noire maison du vieux Paris, où s'enchevêtrent comme d. s reptiles les tortuosités de l'intrigue, qu'il y a encore à la campagne quelque chose de vert et que l'homme, quoiqu'il ne la regarde guère, est toujours enveloppé dans la nature. » Voilà qui est fort ingénieux : par malheur, ce ver.«, où Gautier voit tant de choses, n'est pas prononcé par Orgon, tt ainsi ne saurait avoir le sens que lui prête le critique. J'y vois mieux qu'un vers pittoresque, — un trait de naturel. Cléante a beaucoup à dire à son frère ; il éprouve quelque embarras et, comme il arrive, débute par une banalité pour engager la conversation. i. Comme. Cf. Afisauth., I, i :
Et quand je vous demande après quel est cet homme, A peine puuvet-vous dire comme il se nomme.
3. Bouche vermeille. .Molière a pris soin en un ou deux passages de bien faire connaître la physionomie de son imposleur. Dorine dira ailleurs :
Il a l'oreille rouge et le teint bien fleuri.
Il n'a point une face de carême; son embonpoint dément sa préli'uduc austérité et il faut être aveugle comme Orgon pour s'y laisser pren.lre. C'est en ces passages qu'on reconnaît le soin qu'avait mis Molière à « distinguer son personnage du vrai dévot » . Ajoutons que du Croi>sy, qui créa le rôle du Tartuffe, était o gros, bel homme » d'après un contemporain. Or Molière faisait souvent allusion au physique de ses acteurs. Dans l'Avare, Harpagon appelle la Flèche « ce chien de boiteux ». Béjart cadet, qui tenait le rôle du valet, était en effet boiteux.
4. Le pauvre homme. Ce mot fameux a été signalé par les commentateurs