ÉTUDE BIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE. V
1662). « Ces deux amusants chefs-d'œuvre ne furenf, séparés que par la légère mais ingénieuse comédie-impromptu de Fâcheux, apprise et représentée en quinze jours pour les fêtes de Vaux, k
Molière est dès lors en pleine possession de son génie. Les meilleurs juges lui rendent hommage. Quand La Fontaine, comprenant toute la valeur de cette révolution, qui substituait la comédie de mœurs à la comédie de fantaisie, écrit à M. de Maucroix :
Maintenant il ne faut pas Quitter la nature d'un pas,
et ailleurs :
Nous avons conclu d'une voix
Qu'il (Molière) allait ramener en France
Le bon goût et î'air de Térence,
il ne fait que traduire le sentiment général. C'est un honneur pour Louis XIV d'avoir encouragé l'admiration du public pour Molière par la protection qu'il accordait au poète. Il le faisait inscrire pour mille livres sur la liste des pensions accordées aux littérateurs, à titre «d'excellent poète comique. » Il marquait son mécontentement au duc de La Feuillade, qui, se croyant joué sous les tiaits du marquis de la CrUique de V École des Femmes, avait sottement brutalisé Molière . D'après une légende, le roi aurait même infligé un blâme public aux stupides dédains de ses courtisans plus le valet de ciiambre auteur, en le faisant asseoir à sa table. Aimé du public, soutenu par la confiance que donne l'aisance acquise (il avait alors trois parts dans les bénéfices de sa troupe), favorisé parla tolérance que Louis XIV accorda au bon sens et au génie à cette heure trop courte de son règne, Molière voulait appliquer son observation à des objets plus hauts. Mais, avant d'entreprendre cette œuvre, il se retourna vers ses ennemis, et dans deux pièces, qui sont comme des examens dialogues, il répondit à leurs attaques ou les prévint. Précieuses et prudes, faux savants, faux dévots et marquis, sont jugés et condamnés dans la Critique de l'École des Femmes (26 décembre 1662j et dans Vlmvromptu de Versailles (24 octobre 1663).