‹ Tartuffe; ou, L'imposteur; comédie en cinq actes. Ed. nouv. à l'usage des classesChapitre 88 sur 122 · ACTE IV. SCÈXE V · texte numérisé non relu

ACTE IV. SCÈXE V

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Mon Dieu, que voire amour en vrai tyran agit !

El qu'en un (rouble étrange il me jelle l'esprit!

Cj<'e sur les cœurs il prend un furieux empire!

El qu'avec violence il veut ce qu'il désire*!

Quoi! de votre poursuite on ne peut se parer 2,

Et vous ne donnez pas le temps de respirer!

Sied-il bien de tenir une rigueur si grande,

Ue vouloir sans quartier les choses qu'on demande,

Et d'abuser ainsi, par vos efforts pressants,

Du faible que pour vous vous voyez qu'ont les gens^?

TARTQFFE.

Mais, si d'un œil bénin vous voyez mes hommages, Pourquoi m'en refuser d'assurés témoignages?

ELMIRE

Mais comment consentir à ce que vous voulez Sans offenser le Ciel dont toujours vous parlez ?

TARTU FFE.

Si ce n'est que le Ciel qu'à mes vœux on oppose*, Lever un tel obstacle est à moi peu de chose ; Et cela ne doit point retenir votre cœur.

ELMIRE

Mais des arrêts du Ciel on nous fait tant de peurl

Je puis vous dissiper ces craintes ridicules. Madame, et je sais lart de lever les scrupules. Le Ciel défend, de vrai^, certains contentem-ents : Mais on trouve avec lui des accommodemenls.

{C'est un scélérat qui parle.)

1. Il désire. Cf, Fem. sav. II, i. Ariste dit en parlant d'un amant :

Et qu'impatiemment il veut ce qu'il désire.

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