ACTE V, SCENE II
Dans la droite raison jamais n'entre la vôtre; El tonjours d'un excès vous vous jetez dans l'autre. Vous voyez votre erreur, et vous avez connu Que par un zèle Ceint vous étiez prévenu. Mais, pour vous corriger, quelle raison demande Que vous alliez passer dans une erreur plus grande, Et qu'avecque le cœur d'un perfide vaurien Vous confondiez les cœurs de tous les gens de bien? Quoi! parce qu'un fripon vous dupe avec audace, Sous le pompeux éclat d'une austère grimace, Vous voulez que partout on soit fait comme lui, Et qu'aucun vrai dévot ne se trouve aujourd'hui? Laissez aux libertins ces sottes conséquences : Démêlez ' la vertu d'avec ses apparences, Ne hasardez jamais votre estime trop tôt. Et soyez, pour cela, dans le milieu ^ qu'il faut. Gardez-vous, s'il se peut, d'honorer l'imposture: Mais au vrai zèle aussi n'allez pas faire injure ; Et, s'il vous faut tomber dans une extrémité, Péchez plutôt encor de cet autre côté ^.