MONTAGNES ET COURS D’EAU
Environs de la capitale.
San-kio-chan. Cette montagne se trouve dans la province de King-ki-tao dans l’arrondissement de Yang-tcheou^. On l’appelle aussi Hoa-chan ou Foueur-yo Elle prend son origine au mont Fenn-chouiling^, dans la sous -préfecture de Ping- kang- bien de la province de Kiang-yuen-tao. Cette chaîne est couronnée de pics qui se succèdent en serpentant vers l’ouest jusqu’à Yang-tcheou; à partir de là elle se dirige vers le sud-ouest et prend le nom de Taofeung-chan^; on l’appelle aussi San-kio-chan. Elle domine la capitale.
Pe-yo chan. Cette montagne est située au nord de la capitale.
' ^ îl’d’ coréen Yang-tjyou « . . .ville à 6o lis de la capitale; 33 cantons; lat. 37“ 44 , long. i24” 37%. [Dict. des Miss. étr.).
^ ^ Si mont du portefaix».
3 ^ en coréen Poun-syou-ryeng , c’est-à-dire de col qui
divise les eaux». «Lat. 4i°4 long. 126° 2 2'». [Dict. des Miss. étr.).
4 ZJi en coréen Hpyeng-kang. « . . ville à 2 4o lis de la
capitale; 7 cantons; lat. 38" 27', long. i2Ô°i'». [Dict. des Miss. éti\).
® ^ iJj’ coi'éen To-pong-san, c’est-à-dire «la montagne
du pic de la raison ».
Jen-oaang-chan^. Cette montagne esta l’ouest de Pe-yo*chan.
Pé-yan-long Cette caverne est située sur le flanc de la montagne Jen-ouang-chan.
Moa-mi-chan^. Cette montagne est située au sud Fol. i v de la capitale, on l’appelle aussi Yng-king-chan^.
Un docteur, dont le nom était Tang ^ et le surnom Kao®, changea le caractère mi qui entre dans le nom de cette montagne en celui qui, représentant le même son , veut dire « miel »
Tsan-feoa-feung^, Ce pic s’appelle aussi Longt’eou-feung Le Ta-ming-y-tong-tche^'^ cite cette mon-
^ fil ï iJj’ coréen In-oang-san, c’est-à-dire «la montagne du prince rempli d’humanité».
^ 1^ ^ en coréen Paik-onn-tong , c’est-à-dire «la caverne du nuage blanc».
’ ilJ-
«la montagne de l’affection qui sert de guide».
’ C’est-à-dire qu’il changea le caractère ^ en celui-ci :
* ^ BM coréen San-to-pong , c’est-à-dire «le pic de la
tête de ver à sole».
® bI BM coréen Rjong-to-pong , c’est-à-dire «le pic de la
tête de dragon».
M ^ ou Description générale de l’empire des Ming. La Description de la Corée, que Klaproth a traduit dans son « Aperçu général des trois royaumes » , est extraite d’un ouvrage analogue à celui-ci et intitulé : Ta-tsing-y-tong-tche ^ ou Description générale de l’empire des Tsing, publiée sous le règne Kang-hi avec la collaboration des missionnaires jésuites, vil. i5
IMPRIMERIE NATIORÂLI.
FÉVRIER-MARS'-AVKIL 1886.
tagne sous le nom de Long-chan\ Elle est située à l’est du passage appelé Yang-hoa-tou^. Vue du fleuve^ elle offre, grâce à son isolement au milieu de la campagne et à son peu d’élévation, l’apparence d’une pyramide tronquée. C’est un site remarquable et renommé ajuste titre.
Han-kimg^. Ce fleuve coule au sud de la montagne Mou-mi-chan; on l’appelait autrefois Hanchan-ho^. Sous la domination des rois de Sin-lo, on l’appela Pci-tou^ et il fut placé dans la classe intermédiaire des fleuves auxquels on doit offrir des sacrifices Sous les rois de Rao-li on changea son nom en celui de Cha-ping-tou®. Sa source est située
* hE LÜ 0 montagne du dragon».
* ^ coréen Yang-hoa-to , c’est-à-dire «le passage aux
fleurs de saule». Voir dans Klaproth, p. 20, l’article réservé à ce passage , improprement appelé gué.
^ C’est-à-dire «vue du Han-yang».
* Voir Klaproth, p. 110.
* ^ |Jj «le fleuve de la montagne Han».
® c’est-à-dire «le grand fleuve sacré du nord ».
’ Dans la liste des huit sacrifices qui doivent être offerts à la fin de l’année, on voit, à l’avant-dernier rang, les sacrifices aux grands cours d’eau ou Ton. Les Chinois en comptent quatre chez eux, à savoir : le Kiang ^ ou « fleuve par excellence», le Yang-tze ^ , le Hoei le Ho ou Hoang-ho ^ et le Tsi ^ dans le Chan-tong.
^ ^ en coréen Sa-hpyeng-to ^ c’est-à-dire «le passage de la plage sablonneuse».
MÉMOIRE SUR LA CORÉE, dans l’arrondissement de Kiang-ning, à Ou-taé-chan^ De là il se dirige au nord-ouest de Tchong-tcheou, où il se réunit à la rivière Ta-tchuen^; puis, coulant vers l’ouest de Yuen-tcheou, il reçoit les eaux du Ngan-tcliang-choui^; à l’ouest de Yang-kenn\ il se réunit au Long-tsin^. Arrivé dans l’arrondissement de Kouang-tcheou, il prend successivement les noms de Tou-mi-tsin®, de Kouang-tsin de San-tien-tsin^ et de Teou-mao-pou®. Au sud de la capitale, ce fleuve prend le nom de Han-kiang-tou puis, se dirigeant vers l’ouest, il est désigné sous les noms de Lou-leang^^ et de Long-chan-kiang Continuant
^ ÿ lil> coréen 0-tài-san, c’est-à-dire «la montagne aux cinq pics». « . . .lat. 37® 27', long. 126° 10'». Dict. des Miss. étr.
^ ^ Jn ® rivière de communication».
’ ^ 7]^, en coréen An-tchjang-sjon , c’est-à-dire «la rivière
du progrès de la paix».
* coréen Yang-keun. a . . .ville à 120 lis de la capitale; 9 cantons; lat. 87° 24’, long. 126® 8'». Dict. des Miss. étr.
® bI en coréen , c’est-à-dire « la rivière du dragon ».
* ^ ^ ^ «la rivière du passage de l’homme égaré».
’ en coréen Koang-tjin.
* ^ ^ en coréen Sam-tyen-tjin ^ c’est-à-dire «la rivière des trois champs».
^ S ^ en coréen Tou-mo-hpo. « . . .port près de la ville de. Tong-nai; lat. 34° 46', long. 126° i6'». Dict. des Miss. étr.
^ coréen Han-kang-to.
fl iij ac- en coréen Rjong-san-kang , c'est-à-dire «le fleuve de la montagne du dragon ».
son cours vers l’ouest, il devient le Si-kiang\ puis, se dirigeant au nord de Kin-tchuen^, c’est le Yanghoa-tou. Au nord de Yang-tchuen^ c’est le Kongyen-tsin^; à l’ouest de Kiao-ho il reçoit les eaux du Ling-tsin-kiang®. Au nord de Tong-tsin"^, il prend le nom de Tsou-kiang® et va se jeter dans la mer.
Long-chan-kiang. Ce fleuve® coule à lo lis au sud-ouest de la capitale. C’est là que mouillent les bateaux chargés de riz qui viennent des provinces de King-chang-tao, de Kiang-yuen-tao , de Tchongtsing-tao et de Ring-ki-tao; aussi existe-t-il un important mouvement de navigation sur ce point.
Si-kiang. C’est la partie du fleuve Han-kiang qui
1 en coréen Sje-hang, c’est-à-dire «le fleuve occidental».
2 Jlj, en coréen Kem-tchyen.
^ JH’ coréen Yang-tchjen.
* ÎL ^ coréen Kong-am-tjin, c’est-à-dire «la rivière de
la roche gigantesque».
5 ^ en coréen Kyo-ha, c’est-à-dire «la rivière des rapports». «Il existe une ville de ce nom à 8o lis de la capitale; 7 cantons; lat. 37“ 45', long. 124” 23'». Dict. des Miss. étr.
® ^ ^ coréen Rim-tjin-kang.
’ 3tS. coréen Htong-tjin, c’est-à-dire «le passage de com-
munication». « . . .ville à 100 lis de la capitale; lat. 37“ 43', long. ^24“l6^). Dict. des Miss. étr.
^ jf[§. en coréen Tjyo-kang^ c’est-à-dire «le fleuve des ancêtres».
® Lire «cette portion du fleuve». On a vu que les Coréens font changer le nom de leurs fleuves ou rivières, suivant les diSerentes localités qu’ils traversent successivement.
coule à i5 lis de distance, à l’ouest, de la capitale. C’est là que mouillent les bateaux chargés de riz qui remontent le fleuve en venant des provinces de Houang-haé-tao , de Tshuen-lo-tao , de Tchong-tsingtao et de King-ki-tao.
Yang-hoa-toa, C’est un endroit du passage situé sur la partie inférieure du Si-kiang.
Tchou-tze-tao^. Cette île est située près du passage San-tien-tou, au milieu du Si-kiang, qui l’entoure en formant deux bras; cette île est couronnée d’une vaste forêt de pins et de bambous au vert feuillage. Elle contient au centre un terrain plat où l’on peut habiter; les rochers dont elle est hérissée et au milieu desquels jaillissent de nombreuses sources, contribuent à lui donner un aspect très pittoresque.
Li-tao^. Cette île est située au sud de Ma-tsiou^. On y cultive des plantes médicinales et on y récolte beaucoup de châtaignes.
Tsien-kiao Ce désert est situé à 7 ou 8 lis, à l’est, de la capitale. Il est entouré, sur trois de ses côtés, par des montagnes; par l’eau, sur le quatrième côté. C’est une vaste plaine couverte d’une herbe épaisse où l’on mène paître les chevaux du roi. On y voit
* ^ ^ «rîle de Tchou-tze».
- ^ en coréen Nyoul-to, c’est-à-dire »<rîle des châtaigniers».
’ fie il-
en coréen Tyen-kyo , c’esl-à-dire «esplanade du tir à
l’arc ».
Fol. 2 r*.
un kiosque, appelé Hoa-yang-ling^ en commémoration de la montagne Hoa-chan^ où, autrefois, furent lâchés les chevaux de fempereur On-ouang de la dynastie des Tcheou.
Province de King-ki-tao.
Koaan-yo-chan^, Cette montagne est située à 5 lis, à fouest, de Kouo-tchuen^ et domine le pays, avoisinant Tsing-ki-chan^. Cette montagne est située à 5 O lis de Kouang-tcheou.
Soncj-yo-clian. Cette montagne commande la ville de Kaé-tcheng-fou , dont elle est distante de 5 lis. On rappelle aussi Ho-ling.
Tze-hia-tong^. Cette grotte, située au pied de la montagne Song-yo-chan , est très vaste et fintérieur en est magnifique. L’eau qui y coule est remarquable par sa limpidité. C’est un lieu d’excursion très attrayant.
1 ^ en coréen Hoa-jang-tjeng , c’est-à-dire «le kiosque
au midi de la montagne Hoa-chan».
2 Nous avons vu plus haut qu’il existait une montagne de ce nom en Chine. Voir l’histoire des chevaux de Ou-ouang, dans le Chourking, kiv. 4, f. i3.
3 ^ ^ jjj, en coréen Koan-ak-san, c’est-à-dire «la montagne qui dépasse les plus hautes».
•m;n. en coréen Koa-tchyen, c’est-à-dire «la rivière aux
fruits». « ville à 3o lis de la capitale; i4 cantons; lat. 37° 26',
long. 12/4.® 3o'». Dict. des Miss. étr.
® ws m. en coréen Tchyeng-kyei-san, c’est-à-dire la «montagne de la gorge azurée ».
® ^ ^ «la caverne de l’aurore aux teintes de pourpre».
Kin-foung-chan^, Cette montagne, située au sud- Fol. 2 est de Kaé-tcheng-fou , est recouverte , ainsi que ses environs, d’une immense quantité d’azalées; aussi, depuis longtemps, désigne-t-on cette montagne sous le nom de Kin-foung-chan-tche-tchou^.
Tien-mo-clian^. Cette montagne, située au nord de Kaé-tcheng-fou, se termine par une série de vertes terrasses juxtaposées qui paraissent s’élever jusqu’au ciel; c’est à cette circonstance quelle doit son nom.
Cheng-lia-chan^. Cette montagne, située au nordouest de Kaé-tcheng-fou, dans la sous-préfecture de Niou-feung-hien de la province de Houang-haé-tao , est reliée au mont Tien-mo-chan ; on l’appelle encore Kiou-long-chan ® ou encore Ping-na-chan’^. Cette montagne est couronnée de cinq pics, sur chacun desquels on a élevé une petite pagode; ces pagodes sont désignées sous le nom de Ou-cheng^. On ra-
* ^ [Jj «la montagne de la venue du Foung-hoang ».
’ ü a iii ®i Si ou r Azalée, montagne de la venue de Founghoang.
3 ola montagne de la meule qui s’élève jusqu’au
ciel ».
‘ ^ dj «la montagne de la demeure du génie».
* ^ ^ district du pic qui ressemble à un bœuf».
' II lll. en coréen Kou-ryong-san , c’est-à-dire «la montagne aux neuf dragons ».
’ 2pa5iu «la montagne de Ping-na». Ping-na est l’ancien nom de la principauté où était située Kaé-lcheng.
* 5^ ^ saints » , en coréen 0-syeng.
conte qu autrefois ie maréclial Cheng-kou ^ habitait dans une gorge située à droite de ia montagne Fousou-chan. Un jour qu’il était allé à la chasse au faucon avec neuf compagnons, il fiit surpris par la nuit et forcé de se réfugier avec sa suite dans une anfractuosité de la montagne, lorsque, à l’orifice, apparut un tigre qui se mit à rugir ; les dix chasseurs crurent qu’ils allaient être dévorés. «Jetons, dirent- ils, nos bonnets au tigre et celui dont il prendra la coiffure devra sortir pour le combattre.» Ainsi firent-ils, et le tigre se jeta sur le bonnet de Cheng-kou. Qe dernier s’avança , prêt à la lutte; mais le tigre disparut et au même moment l’entrée de la caverne s’effondra en enfermant les neuf individus qui s’y étaient réfugiés. Cheng-kou vint à Kaé-tcheng raconter cet événement aux habitants de la principauté de Ping-na qui se disposèrent à rendre les derniers devoirs aux neuf chasseurs engloutis; auparavant ils offrirent des sacrifices au génie de la montagne qui leur apparut et leur dit : «Je suis la souveraine de cette montagne, et comme je suis veuve, j’avais grande envie de voir le maréchal Cheng-kou, de l’épouser et de partager avec lui le pouvoir que j’exerce ; aussi, viensje vous prier d’en faire le grand roi de cette montagne ». A peine ces mots furent-ils prononcés que Cheng-kou disparut. Les gens de Ping-na-kun, frappés par ces paroles, proclamèrent roi le maréchal Cheng-kou et lui donnèrent un fils adoptif, qui put
MÉMOIRE SUR LA CORÉE, sacrifier à sa mémoire. Le nom de Kieon-longchan donné à la montagne est une allusion aux neuf chasseurs qui y furent ensevelis vivants. Cheng-kou eut un petit-fils nommé Ghe-yo \ qui se fit bonze, se voua à l’entretien des routes des montagnes Tchey-chan, et vint plus tard habiter dans un défilé, au nord de la montagne Rieou-long-chan.
Ta-hing-tong^^. Cette caverne se trouve au milieu des montagnes Tien-mo-chan et Gheng-ku-chan.
Les arbres et les arbustes y atteignent un grand développement. On y voit une cascade dont feau limpide rebondit sur des cailloux polis ; en été , sous le feuillage ombreux, s’ouvrent les fleurs du camélia, et la grotte est remplie de senteurs embaumées; en automne les feuilles des arbres prennent des teintes jaunes ou rouges qui , se reflétant dans feau , donnent à ce site un aspect des plus pittoresques.
Poa-yuen^. Get étang est situé entre les deux Fol. 3r montagnes de Tien-mo-chan et de Cheng-ku-chan.
Il est au fond d’une espèce de jarre gigantesque, creusée dans le rocher, dont l’intérieur est complètement sombre. A forifice de ce gouffre on voit une pierre en forme de table, sur laquelle s’écoule feau d’un torrent qui tombe , en mugissant comme le tonnerre , d’une hauteur de plus de cent pieds, avec une vitesse
^ ^ en coréen Tài-heung-tong , c’est-à-dire «la caverne
de la grande prospérité ».
en coréen Pak-jen, c’est-à-dire «la grotte de Pou».
comparable à celle de leclair. Ce torrent s’étale en une nappe aux reflets irisés qui se résoud bientôt en une -pluie de gouttelettes semblables à des flocons de neige. On raconte qu’autrefois un docteur nommé Pou jouait de la flûte à cet endroit, lorsqu’une femme dragon le séduisit et en fit son mari; de là vient le nom de Pou-yuen donné à cet étang. La mère du docteur Pou vint en ce lieu pleurer la disparition de son fils et se jeta ensuite dans l’étang, que l’on appelait aussi Kou-mou-tanL II existe sur ce rocher un temple où Ton va prier, dans les temps de grande sécheresse , dans le but d’obtenir la pluie.
Ouen-tsong-ouang2, roi de Kao-li, faisait des excursions fréquentes à cet endroit. Un jour qu’il se trouvait tout à fait au sommet du rocher, vint à sévir une tempête, accompagnée de pluie, et si violente que les roches en étaient ébranlées. Le roi éprouvait une frayeur extrême, lorsqu’un des gardes du corps, nommé Li-ling-kan écrivit une lettre de reproches au dragon génie tutélaire du lieu, et la jeta dans l’étang. On vit aussitôt sortir de l’eau le dos du dragon, sur lequel on frappa à coups de bâton, à un tel point que l’eau devint toute rouge.
Oa-foang-feung^. Ce pic se trouve dans la ville
^ ^ c’est-à-dire «l’étang de la vieille mère».
' ^ tt #•
en coréen 0-pong-pong, c’est-à-dire «le pic des cinq foung-hoang ».
MÉMOIRE SUR LA CORÉE, de Kaé-tcheng. Au pied de cette montagne on voit le temple Kan-lou-sse^ Li-tze-yuen^, fonctionnaire du royaume de Kao-li, s’étant rendu à la cour des Yuen, fut frappé par la situation pittoresque du temple Kan-lou-sse, situé à Yun-tcheou^. Il engagea les trois vieillards qui l’accompagnaient à graver dans leur mémoire le souvenir de ce site. Au retour, il s’adressa én ces termes à ses trois compagnons de route : a Puisqu’au ciel , aussi bien que sur la terre , il existe des objets qui se ressemblent, pourquoi, dans notre patrie, n’y aurait-il pas des montagnes et des eaux qui soient en tous points comparables à celles de King-keou^.^ Vous allez donc vous embarquer, explorer notre contrée, et je vous donne dix ans pour trouver un site aussi beau que celui que vous avez vu. » Les trois vieillards consentirent et après six ans de recherches ils trouvèrent le lac situé à l’ouest de Kaé-tcheng-fou. Le temple Kan-lou-sse de Yun-tcheou n’était pas seulement admirable au point de vue de sa construction, mais sa beauté était encore rehaussée par la profusion des ornements et l’éclat des peintures. Cependant il dut céder le pre-
^ ^ «le temple de la rosée sucrée». Il existe une pa-
gode de ce nom à Han-keou , ^ P .
^ Ipi îH'b actuellement la préfecture de Tchen-kiang dans la province de Kiang-nan.
^ ^ P ; c’est encore un des noms sous lesquels on désignait Tchen-kiang, mot à mot «le port de la capitale»; la capitale dont il est question ici , est Nan-king.
mier rang au temple nouveau dont l’emplacement était l’œuvre de la nature, alors que seulement les pavillons, terrasses et bassins avaient été édifiés sur les plans de ceux du temple de Yun-tcheou.
Li-tcheng-kiang b C’est la portion du delta du Hankiang, qui coule à 3o lis à l’ouest de Kaé-tcheng-fou ; c’est de ce point que partent les bateaux qui transportent le tribut à la capitale, ce qui explique le nom de Li-tcbeng.
Fol. 3v\ Pi-lan-toa '^. C’est une rivière qui coule à 36 lis à l’ouest de Kaé-tcbeng-fou. Les cl ironiques de la dynastie des Soung^ disent : « à trois jours de
Ki-cboui-men , on trouve sur le bord du fleuve une barrière appelée Pi-lan-ting^. En partant de Pi-lanting, en suivant par terre une route difficile, on arrive, après ko lis, à la capitale de la Corée »
Actuellement cet endroit s’appelle Si-po-ting^.
Tien-pao-chan^. Cette montagne est située à 26 lis à l’est de Yang-tcheou; on y voit le temple Hoei-josse"^. Sous la domination des Kao-li, un bonze venu
^ la coréen Ryei-syeng-kang , c’est-à-dire «le fleuve de
l’accomplissement des rites».
2 ^ c’est-à-dire «le passage des flots d’un vert de jade».
^ Les Soungs régnèrent de 960 à 1127.
* ^ ^ «le kiosque des flots d’un vert de jade». Voir la
traduction déjà citée de Ma-touan-lin , p. 2 55.
® ^ ^ «le kiosque des vagues apaisées».
® [1] «la montagne du joyau céleste». Voir Klaproth,
’ ^ ^ ^ temple de Hoei-jo».
de Si-yu ^ et appelé Tche-tche^ constata, dès son arrivée à cet endroit, la ressemblance de ce paysage avec ceux de Tien-tchou ^ et de Ha-lan-to ^ ; plus tard , un bonze nommé Lan-ong^ y posa les fondations d’un temple, mais mourut avant son complet achèvement. Kio-tien® et plusieurs autres de ses disciples terminèrent les travaux de cette construction , qui contenait deux cent soixante-deux pièces. La charpente était de toute beauté ainsi que les idoles et les objets destinés au culte. C’est le plus beau monument qui existe à l’est de la Corée.
Li-kiang'^. Cette rivière vient se jeter dans le Hankiangaunord de l’hotel® de Li-tcheou^. Un pavillon ,
^ W î ^ rinde.
^ ^ encore un des noms sous lesquels l’Inde est dé-
signée dans les recueils de géographie chinois.
* c’est la même contrée que Si-lan-tao ^ ^ ,
c’est-à-dire « Ceylan »,
‘ «ffl.
’ ^ îi. en coréen Nye~hang, c’est-à-dire «le fleuve du cheval noir».
® ^ ^]| « auberge » , par opposition à Kong-kouan ^ expression qui signifie l’hôtei où sont hébergés, aux frais de l’Etat, les officiers en voyage de service. Cet établissement est généralement voisin de la station de poste Y où sont disposés les relais nécessaires à la transmission des dépêches et au transport des voyageurs officiels.
® ^ jib en coréen Nye-tjyou. « , . .ville à 170 lis de la capitale; i3 cantons; lat. Sy® l4^ long. i25" 19'». Dlct. des Miss. étr.
appelé Tsing-sin-leou \ est situé sur les bords de cette rivière; on y voit aussi une forêt, appelée Pa-tacheou^, qui a plus de lo lis de tour. Du haut du pavillon Tsing-sin-leou, le spectateur voit un splendide panorama se dérouler sous ses yeux.
Long-men-chan^. Cette montagne est à 33 lis à l’est de Yang-kenn-kun. On l’appelle aussi Mi-tchechan^.
Yiié-ki-tsien^. C’est un chemin en corniche, à 3 O lis à l’ouest de Yang-kenn, qui serpente sur le flanc de la montagne et au-dessous duquel coule l’eau du Li-kiang. En Corée, on désigne communément sous le nom de Tsien les chemins suspendus appelés Tchan-tao®.
Oa-kouan-chan'^ . Cette montagne est à 3o lis de distance, à l’ouest, de Tchang-touan-fou®. Elle est
en coréen Tchyeng-sin-rou, c’est-à-dire «le pavillon du cœur pur».
2 ^ ^ c’est-à-dire «les huit grands bois».
’ Il PI ili. en coréen Rjong-moun-san , c’est-à-dire «la montagne de la porte du dragon».
4 ^ llj “la montagne grandiose».
5 ^ ^ “1® passage de la gorge en forme de demi-lune».
® S ^ d’après Wills Williams « a plank road , a corduroy
way». Vocabvdajj, p. 12.
7 ^ ^ |Jj, en coréen 0-koan-san, c’est-à-dire «la montagne des cinq chapeaux».
en coréen Tjang-tan. « . . .ville à 120 lis de la capitale; 24 cantons; lat. Sy® 53', long. 124“ 20'». Dict. des Miss, étr.
couronnée de cinq pics qui ressemblent à autant de chapeaux; de là vient son nom. Un sujet du royaume de Kao-li, qui avait voué à sa mère la plus profonde affection habitait a utrefois au pied de cette montagne ; tous les jours il se rendait à la capitale, distante de 3o lis, pour y remplir les devoirs de sa charge et gagner de quoi subvenir aux besoins de sa mère. Avant de partir, le matin, il prenait congé d’elle, et, à son retour, le soir, il venait prendre de ses nouvelles; jamais il ne manqua de se conformer à cette règle. Désolé de voir sa mère vieillir, il composa le chant Mou-ki-koh qui fut plus tard appelé le chant de Ou-kouan-chan et qui figure encore dans nos recueils de musique.
Au pied de la même montagne se trouve le temple Ling-tong-sse^. On y voit une grotte vaste comme un palais et qui s’étend à perte de vue. La montagne entoure complètement le temple, qui est aussi environné par l’eau des torrents. Les arhres et les plantes y déploient une végétation extraordinaire. A l’ouest, on remarque un pavillon très pittoresque, qui passe pour le plus beau des environs de Song-tou *\
Tso-je-yen^. Ce précipice est situé au pied de la
‘ chant du coq maigre » , mot à mot « du coq de
bois».
* @ «ia pagode des esprits clairvoyants».
^ ^ en coréen Sjong-to, c’est-à-dire «la capitale des pins»; c’est un des noms anciens de Kaé-tcheng.
‘ Ü H «la roche qui intercepte les rayons du soleil».
Fol. 4 r®.
montagne Ou-kouan-chan. A l’entrée de la caverne Mien-tcheou-tong^ se détache un rocher, en forme de large table , sur lequel on peut s’asseoir et où l’on voit des traces de trous. L’on raconte qu’autrefois un individu dressa une tente sur ce rocher et que ces trous furent creusés pour’ en recevoir les montants : les uns disent que c’était un génie, enfin d’autres prétendent que c’était le roi. Au-dessous de ce précipice court, en serpentant, un ruisseau qui vient se jeter dans un bassin creusé dans le roc. Ce bassin contient un grand nombre de poissons dont on peut suivre les évolutions, tant est limpide l’eau dans laquelle ils vivent.
Hoa-yen^. Ce précipice est situé au pied de la montagne Ou-kouan-cban , en dessous de l’orifice de la caverne Ling-tong-tong^. On l’appelle aussi Hoatan^. A gauche de l’entrée de la caverne, la montagne , taillée à pic, offre l’apparence d’un rideau azuré. Dans les crevasses de la paroi rocheuse croissent des rhododendrons, dont les fleurs s’épanouissent au printemps et reflètent leurs teintes rouges sur la surface de l’eau. A droite de l’étang est une petite corniche, dont les parois paraissent avoir été taillées au ciseau. Aux quatre angles de sa surface supérieure se trouvent
‘ ^ grotte des flocons de soie».
, en coréen Hoa-am, c’est-à-dire «la roche du précipice
fleuri».
2 ^ «la caverne des esprits clairvoyants».
^ ^ coréen Hoa-tam, c’est-à-dire «le bassin fleuri».
aussi quatre trous destinés à recevoir les montants d’une tente.
Yong-yen-chan ^ Cette montagne est située au nordest de Ou-kouan-chan et est reliée aux montagnes Tien-mo-chan et Gheng-ku-chan. Le précipice de Yong-yen est creusé h pic dans une roche qui, sur trois de ses faces, offre une surface lisse. Au centre se trouve la pagode Lo-chan-sse^. La quatrième face, qui est située au midi , est dégagée de telle sorte que l’on croit être en présence d’un ouvrage surnaturel. A fest du temple se trouve un pic qui s’élève vers les nues et qui est couronné à son sommet par une pierre en forme de plateau. Ce pic s’appelle Tchenping-taé^. Au sud de la pagode est un autre pic appelé Siang-lou-feung^. Dans la première année du règne Tcheng-hoa^, pendant une nuit de printemps, un bruit formidable comme le tonnerre se fit entendre. Le temple fut ébranlé et les bonzes saisis d’épouvante purent s’assurer, le lendemain, qu’un rocher autrefois situé derrière le temple s’était détaché de la montagtie et était venu se planter tout droit à l’ex-
^ ^ LÜ’ coréen Yong-am-san, c’est-à-dire «la montagne
du précipice bouillonnant ».
^ ÜJ coréen Nak-san-sa, c’est-à-dire «le temple de la
montagne Lo ».
^ JE ^ S terrasse du vase à fleurs central».
* ^ ^ ^ «le pic du brule-parfums ».
® C’est-à-dire en i465. Le mémoire que nous traduisons est donc postérieur à cette date.