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BOHEME

A. GÉOGUAPHIE PHYSIQUE.

La Bohême est le pays de l'Europe le mieux limité nalurellemenl. C'est un quadrilatère, silué au centre même du continent, et formé par quatre chaînes de montagnes assez élevées, d'une pente parfois rapide, surtout dans la partie septenirionale, l'Erz- (iebirge, au nord-ouest ; les Riesen-Gebir^'e, au nord-esl ; les MaM-isches-Gebirge, au sud-est; le Bœhmerwald, enfin, au sudouest.

Elle esl située entre 9" 45' 35' et 14° 31' 22' de longitude est de Paris, et entre 48" 33' 53' et 51° 3' 27' de latitude nord.

Sa superficie est de 51 ,800 kilomètres carrés environ.

Système des >Io?itagnes de l.\ Bohème. — On remarque en Bohême quatre systèmes de montagnes, dont le caractère répond exactement à la masse dont elles sont composées.

1** — Le premier système est celui des montagnes primitives. Elles sont formées de granit, de gneiss, de schiste, de granulith et d'amphibolite.

140 MOHAVIE ET BOHEME.

Elles présenteiU l'aspect d'îlots, s'ôlevanl au-dessus de la surface du pays, comme elles s'élevaient probablement dans les temps ant«'diluviens au-dessus de la surface des eaux de la mer ; et elles se partaj^enl en trois gioupes principaux qui sont :

1" Le hiiut plateau tchèque-morave (Bœhmerwald, Erz-Gebirge, Ficlitel-Gebirge) ;

2" Les chaînes de Luzicke Hory et de Kerkonosze (Lausitzer et Riesen-Gebirge) ;

3" La chaîne d'Orlicke Hory (Adler-Gebirge).

Premier groupe : Le haut plateau Ichèque-morave occupe toute la partie sud-est de la Bohême. C'est à la fois la contrée la moins fertile cl la plus riche en métaux de toutes sortes.

Le liœhmencald ou furet de Bohême, située toiit-à-fait au sud, se dirige au sud-est sur une longueur de 340 kilomètres, et avec une profondeur de 30 à 60, depuis le nœud du Fichtel-Gebirge, son point de départ, jusqu'au défilé de Freysladt, son point de jonction avec les Ma'risches-Gebirge, Pentes assez douces et prolongées, toutes rocheuses ou boisées, avec une hauteur moyenne de 800 mètres et une hauteur maximum de 1450 (le Haydelberg) ; — contre-forts nombreux et très-étendus, faciles à aborder an sud-ouest, du côté de la Bavière, plus âpres, plus sauvages et plus roides au sud-est, surtout dans la partie centrale de la chaîne, tels sont les principaux traits de cette architecture montagneuse.

La Bœhmerwald sépare le bassin de l'Elbe supérieur des affluents du Danube.

L'£/-z-(T<'/>?r//<? entoure, comme un i*empart uniforme, le nordouest de la Bohême. (À'tte chaîne se dirige du nord-est au sudouest, sur une longueur de 160 kilomètres et une largeur de oO environ, en séparant la Bohême de la Saxe. A mesure qu'elle s'avance vers le sud ouest, elle se développe en larges plateaux, couverts de forêts ou entrecoupés de marécages et dont les pentes sont cultivées. Ces pentes, qui descendent dans la Saxe en grandes terrasses ondulées, tombent dans la Bohême en rameaux courts, à marges très-roides, ne laissant guère entre leur pied et la crête qu'une distance de 5 à 15 kilomètres.

Les dépressions de cette chaîne sont assez fortes. A son point de départ, sur la rive gauche de l'Elbe, elle s'élève brusquement à 600 mètres de hauteur, atteint jusqu'à 1 ,258 mètres au Fichtel-

RENSEIGNEMENT COMPLÉMENTAIRES. lit

erge, el vient se souder à la Bœhmerwald par des plateaux d'une lévation de 850 à 1 ,000 mètres.

Enfin, la chaîne du Fichtel-Gebirge a un développement de GO à 70 kilomètres ; son élévation est de 8 à 900 mètres. Elle doit son nom aux pins qui couvrent de forêts épaisses presque toutes ses pentes.

Deuxièinr groupe : Ce sont des montagnes de formation essentiellement granitique. Leurs sommets les plus remarquables atteignent de 15 à 1,800 mètres. Elles n'offrent, d'ailleurs, aucune particularité.

Troisième groupe : C'est le plus petit. Il se compose d'une seule chaîne, l'Orlicke Uory (Adler-Gebirge), formée presque exclusivement de gneiss et de micaschiste. Sa plus grande élévation est de \ ,494 mètres : c'est leSchneeberg, point où le quadrilatère de la Bohème s'appuie aux monts Sudètes, qui le relie aux Carpathes,

2° — Le second système de montagnes est le système silurien. C'est, dans l'ordre d'ancienneté, le deuxième des terrains xédiment aires, qui se distinguent des terrains primitifs par les débris de corps organisés fossiles qu'on y rencontre. Et, de fait, la nature des coquillages, céphalopodes et zoolithes maritimes, renfermés dans ces montagnes, indique qu'elles remontent à l'époque la plus reculée de la vie animale. On y trouve, en outre, d'épaisses couches de grès, de schiste et de charbon.

3° — Le troisième système occupe l'espace compris entre les chaînes de montagnes primitives et les collines de formation silurienne. Il contient des couches de charbon, des veines de fer et des formations crétacées.

4° — Quant au quatrième et dernier système, il est formé des collines d'origine éruptive. Son plus haut sommet atteint 880 mètres.

Système des Eaux. — Au point de vue hydraulique, la Bohême n'est qu'un bassin de l'Elbe (Laba). Elle en est, d'ailleurs, le berceau. C'est sur les contins de la Silésie, dans le Ki«;sen-(iebirge, que l'Elbe prend sa source pour traverser ensuite la partie septentrionale du pays, en se grossissant de tous les cours d'eau qui descendent des montagnes, el qui se jettent suit dans son lii, soit dans celui de la Moldau (Vltava), son principal affluent.

142 MOHAVJE ET BOHÊME.

Les autres aflliients de l'Elbe sont :

A droite, — les rivières Cydiina, Medlina, Doiibrava, Ploucznic; — et à gauche, — les rivièresOupa, Mfiuise.Oilicze, Louczna, Chriidinika, lîultabjcs pour la |)lupart.

La Moldau, qui prend sa source au fond des forrts de la BœhmerNvald, reçoit, à droite et à gauche, les eaux de ses affluentsqui la rendent flottable sur toute sa longueur, et navigable sur un parcours de 240 kilomètres environ.

Un autre affluent considérable de l'Elbe, toujours sur la rive gauche, est l'Eger (Ohrze), qui traverse le territoire bohème de l'ouest au nord-est, parallèlement à la chaîne de i'Erz-Gebirge, sur une étendue de 200 kilomètres.

A ces fleuves naturels, il faut joindre six canaux, dont la longueur est ensemble de 2ii kilomètres, et plus de 8,000 lacs ou étangs.

En somme, les eaux de la Bohôme, toutes ensemble, couvrent une superficie de 1 ,159 milles carrés, soit 1 ,2/100" du pays tout entier.

Climat. — Le climat de la Bohème n'est pas le même sur toute l'étendue du territoire. Jl est d'autant plus varié que ce pays est couvert de montagnes élevées, de larges plaines et de profondes vallées.

Au midi, dans la zone de la Bœhmerwald, le climat est caractérisé par une abondance de pluies tropicales, avec des tempêtes et des grêles fréquentes. La température moyenne y est de o" centigrades, de — 29° au minimum, de -f- 34° au maximum.

A l'est, se trouve la zone la plus froide de la Bohême, grâce aux vents du nord, ^ui traversent la chaîne des Riesen-Gebirge et font descendre la température au-dessous de 33° centigrades. Les cimes des montagnes restent couvertes de neige jusqu'au mois de mai, et souvent même jusqu'à la fin de juin. L'été y est humide et frais, comme le printemps ou l'automne-.

A l'ouest le climat est plus tempéré. Le thermomètre n'y descend pas au-dessous de 3° centigrades en hiver, et il s'élève en été jusqu'à 17°.

Mais c'est au nord que se trouve la zone fortunée de la Bohème. La température moyenne y est de 9°, et, l'été, elle atteint 21°. A

RE-NSEIGNEMEÎSTS COMPLÉMENTAIKES. 143

Prague, OÙ le temps est le plus chaud, la moyenne est de 10° centigrades. Les vents du nord et du nord-ouest y dominent ; ils sont généralement un signe de sécheresse pour le pays.

Floue. — A chacune de ces zones correspond une culture différenie. Dans celle du nord, la plus chaude, la vigne est cultivée sur une assez grande échelle ; néanmoins, on n'estime pas à plus de 30,000 hectolitres la quantité de vin que produit le pays, mais ce vin est de bonne qualité. Les plants sont ceux de France, et, dans les bonnes anaées, on peut comparer les vins de Bohême aux premiers crus de notre Bourgogne.

Dans la seconde zone, celle de l'ouest, c'est la culture des arbres fruitiers qui domine principalement, les poiriers, pommiers, pruniers et cerisiers. Le froment, le lin, et surtout le houblon y mûrissent parfaitement.

La troisi«ime zone ne permet de cultiver que l'avoine, le seigle et la pomme de terre ; mais elle se compose principalement des contrées boisées et montagneuses de la Bohême. Aussi trouvé-telle dans l'exploitation de ses forêts une compensation suffisante à son inliriilité. Les coupes réglées produisent annuellement 7,000,000 de stères, quantité plus que suffisante pour les besoins de la population.

La quatrième zone enfin, qui comprend les hauts plateaux des Riesen-Oebirge, ne renferme que des pâturages.

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