‹ Technique chirurgicaleChapitre 1 sur 72 · Technique chirurgicale · texte numérisé non relu

Technique chirurgicale

2" La description des opérations et de tout ce qui s’y rattache : installation antiseptique, instrumentation, soins à donner aux malades avant et après l’intervention du chirurgien, etc., etc.

La première partie constitue la pathologie chirurgicale.

La seconde, la technique chirurgicale, ou la pratique de l’art de la chirurgie.

Le nombre croissant des traités de pathologie externe contrastant singulièrement avec la pénurie des livres destinés à la description des opérations proprement dites, nous voulons combler cette lacune.

Notre Technique chirurgicale comprend l’ensemble des connaissances indispensables pour l’exercice de la chirurgie.

Ce livre est le complément du « Précis de manuel opératoire » de Farabeuf.

Le livre de Farabeuf est en eflet, pour employer les expressions du maître, « un traité d’enseignement professionnel manuel » destiné « à l’éducation de la main ».

Farabeuf s’est volontairement limité « à la description des

TECH^IQCE CHIRURGIC-VUl.

l^iTRODUCTtON.

opérations réglées, qui doivent être enseignées et répétées sur le cadavre avant d’être abordées sur le vivant ». Anatomiste passionné, Farabeuf n’a jamais pratiqué la chirurgie, et « n’a pas voulu aborder les opérations spéciales, parce qu’il n’en avait pas l’expérience ».

Les opérations spéciales méritent à leur tour d’être soumises à une technique bien déterminée, et assez parfaite pour ne comporter, dans les cas particüliers, que des modifications de détail. Les ligatures et les amputations, qui seules ont été jusqu’ici considérées comme des « opérations réglées », ne sont-elles pas soumises, lorsqu’on les pratique sur le vivant, à des modifications de technique très analogues?

On opère sur le cadavre pour « se faire la main » ; on ne doit opérer sur le vivant que lorsqu’on possède déjà l’habileté manuelle exigible de tout chirurgien.

Ce livre est donc destiné non plus à l’élève, mais aux praticiens, et les opérations qu’il renferme ne sauraient être tentées sur le cadavre.

« On répète sur le cadavre, disait Chassaignac*, une ligature d’artère, une amputation; on ne répète pas une opération de hernie étranglée, une ablation de tumeur. »

Pour les mêmes raisons, on ne peut s’exercer utilement sur un sujet d’amphithéâtre ni à l’ hystérectomie vaginale, ni à la craniectomie.

Vérifiez, si vous en sentez le besoin, avant de tenter votre première hystérectomie, les rapports de l’utérus normal avec la vessie et les uretères. Mais à quoi bon extirper sur le cadavre un utérus qui ne vous donnera aucune des sensations visuelles ni tactiles que vous éprouverez ensuite sur le vivant? Débutez par un cas facile, et vous éviterez à la fois de perdre votre temps et de vous salir inutilement les mains.

i. Farabeuf. Préface de la P' édition des Amputations, 1881.

NÉCESSITÉ D’OPÉRER YITE ET BIEX. 5

Voulez-vous vous familiariser avec le maniement de mes instruments pour la chirurgie des os? Il est inutile de tenter une craniectomie sur le cadavre, où vous ne pourrez vous faire aucune idée, ni de la vascularisation de la couche sous-cutanée, ni du peu d’adhérence du péricrâne à l’os.

Celui qui ahorde de telles opérations doit posséder déjà une certaine expérience de la chirurgie générale. Il lui suffira donc de s’exercer au maniement, tout spécial, des fraises, des mortaiseuses et des scies : le moindre fragment d’os desséché suffit à cet effet.

Faites macérer quelques heures dans de l’eau phéniquée un crâne humain, des fémurs et des tibias, fixez dans un étau l’os que vous voulez attaquer et vous réunirez à peu de frais, dans votre salle d’opérations elle-mcme, tout le matériel d’étude nécessaire.

Je vais plus loin : l’exercice de la médecine opératoire sur le cadavre est insuffisant pour permettre d’opérer comme il faut sur le vivant, s’agirait-il d’une opération dite réglée.

La chirurgie des morts « est nécessaire pour exercer la main et acquérir l’habitude des instruments; mais celui qui ne possède que la pratique de l’amphithéâtre risque fort, quand il sera devenu praticien, de ne pas savoir pratiquer convenablement, dans certains cas, une simple amputation.

Il ne suffit plus, sur le vivant, d’amputer le membre, il faut savoir le faire dans les conditions requises pour obtenir la guérison.

On entendait dire communément dans ces dernières années : « L’opération a bien réussi, mais le patient est mort ».

Une opération ne doit être considérée comme réussie qu’autant qu’elle est suivie de guérison.

La pratique des opérations sur le vivant est donc avant tout subordonnée à des considérations cliniques : amputez la cuisse au-dessus du milieu pour une tumeur blanche du genou; vous pourrez adopter le procédé de choix de Farabeuf, amputation à grand lambeau antérieur et à petit lambeau postérieur.

INTRODUCTION

Suivez en tout point Texcellente description du maître. Drainez la plaie et suturez la peau. Si vous savez pratiquer l’antisepsie, vous obtiendrez en 8 jours une réunion immédiate et vous aurez un moignon parfait.

Employez le même procédé dans un cas de gangrène gazeuse traumatique ou d’infection grave à streptocoques : le moignon, inconsidérément suturé, s’infectera, et le malade succombera.

Une amputation circulaire avec résection rigoureuse de tous les tissus morbides, traitée par le tamponnement antiseptique humide, est en effet, en pareil cas, le procédé de choix et permet seule d’obtenir presque à coup sûr la guérison, même chez les albuminuriques et les diabétiques.

Nous négligerons donc de décrire dans ce livre les nombreuses opérations d’amphithéâtre qui ne se pratiquent guère sur le vivant. Nous ne nous étendrons pas plus sur la technique des ligatures et des opérations qui se font, dès qu’on a l’hahitude du sang, sur le vivant comme sur le cadavre (ligature de la linguale, de la carotide, de l’iliaque externe, etc.). Le praticien i-ompu à l’étude du manuel opératoire peut suivre de point en point, pour les mener à bien, les descriptions de Farabeuf. Nous envisagerons au contraire en détail les particularités cliniques qui doivent déterminer le chirurgien à adopter, dans des cas précis, une conduite bien déterminée et à préférer bien souvent, pour les opérations réglées elles-mêmes, comme procédé de choix, celui qui peut ne pas sembler le meilleur sur le cadavre.

Ce livre sera divisé en deux parties. La première comprendra tout ce qui se rapporte à la pratique de la chirurgie envisagée d’une manière générale; la deuxième, la description des opérations spéciales.

Page 1