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SOLUTIONS ANTISEPTIQUES

L’addition d’une petite quantité de borate de soude nous a été conseillée par le D‘ Pioux, comme prévenant la rouille des aiguilles et des autres instruments d’acier qu’on ne peut nickeler.

Pour le sublimé, nous faisons la solution sans alcool. On verse, après purification à l’eau bouillante, dans un récipient de 2 litres, 20 grammes de bicblorure de mercure en poudre fine ^et une égale quantité-dla^de tartrique. On remplit d’eau chaude. La dissoTution effectuée, oiTvërge-de'liquide dans une bonbonne de tôle émaillée de 20 litres et on la remplit d’eau bouillie encore chaude. Nous obtenons ainsi une solution à 1/1000®. L’addition d’acide tartrique rend plus stable la solution de sublimé et évite la formation dans les récipients d’un précipité blanchâtre et adhérent.

Outre l’appareil à gaz destiné à chauffer une centaine de litres d’eau et les accessoires que nous venons de décrire, le laboratoire annexé à la salle d’opérations contient l’étuve à vapeur et les bocaux de verre destinés à fournir au cours des opérations les solutions antiseptiques.

Cette installation, toute spéciale à nos cliniques de Paris et de Reims, mérite de nous arrêter quelques instants.

Nous avons fait fabriquer pour cet usage des récipients en verre d’un modèle particulier, faciles à nettoyer, et capables de supporter sans se briser une température de 50“ à 60“. Ces bocaux ou allonges, sur lesquels nous reviendrons plus loin, sont disposés de telle manière que leur remplissage s’effectue par la simple manœuvre de trois robinets, et sans jamais être ouverts, grâce au sectionnement d’une batterie de trompes à vide.

Ces bocaux sont, à Reims, dans la salle d’opérations (pl. IX) ; à Paris, nous les avons placés dans une pièce voisine, ce qui est préférable (pl. XII et XIY). Tout le service des antiseptiques se trouve ainsi en dehors de la salle d’opérations, dont les parois ne présentent comme saillies obligatoires que les quatre lampes à incandescence de 100 bougies.

Plusieurs de ces appareils méritent une description détaillée.

Stérilisation par la vapeur sous pression.

Étuve à vapeur. — I/étuve à vapeur, construite par M. Lequeux, sur nos indications, est de forme cylindrique et mesure intérieurement 54 centimètres de diamètre sur 60 centimètres de profondeur. A 8 centimètres du fond se trouve un disque de cuivre* percé de trous, de sorte qu’il reste toujours audessous des bocaux de compresses, sans cependant les mouiller, une certaine quantité d’eau.

Le couvercle porte un manomètre, une soupape à vis de rappel et un robinet d’échappement. Il est en outre muni d’un appareil de suspension avec contre-poids (pl. XIV).

Sur le côté gauche de l’étuve existe un tube plongeur qui descend intérieurement jusqu’au fond du cylindre (fig. 5).

Notre étuve, ainsi construite, permet de stériliser d’un seul coup six bocaux de compresses.

Ces bocaux, de nickel pur, ont un couvercle tournant qui permet d’ouvrir ou d’obturer à volonté trois orifices, destinés à l’entrée de la vapeur (fig. 5 et 27). On les superpose trois par trois, et leur couvercle est disposé de manière à ce que les trois orifices destinés à l’entrée de la vapeur soient ouverts.

L’étuve, munie de la quantité d’eau nécessaire, est portée à 2 kilogrammes de pression, soit vers 134®.

La température doit demeurer trois quarts d’heure au-dessus de 120®, ce qui est facile à obtenir grâce à la double couronne de brûleurs à gaz, dont on éteint la plus grande lorsque le chiffre maximum est atteint.

Nous nous sommes maintes fois assuré que la stérilisation des spores de charbon, du bacillus subtilis, etc., etc., était parfaite jusqu’au centre des boîtes de compresses. Lorsque l’on chauffe l’étuve, il est bon de laisser le robinet d’échappement ouvert

ÉTUIE A YAPEDR.

jusqu’à ce que la vapeur commence à sortir. On le ferme alors.

La stérilisation effectuée, on ouvi’e très légèrement ce même robinet. La vapeur en excès s’échappe des boîtes et l’on évite ainsi d’avoir des compresses humides.

Dès que tout sifflement a cessé, le couvercle èst soulevé et les

Fig. o. — Coupe de l’étuve à vapeur.

T. PL. Tube plongeur pour l’aspiration de l’eau stérilisée. — E. Récipient à eau. C. Boîte à compresses.

boîtes à compresses sont enlevées une à une. On ne doit fermer qu’au bout d’une heure ou deux, en imprimant à la poignée du couvercle le mouvement de rotation nécessaire, les trois orifices laissés béants pendant la stérilisation. Les compresses sont ainsi

à peu près sèches. Nous les séchons tout à fait, si nous devons les conserver plusieurs jours, dans l’étage supérieur de l’étuve à air chaud qui sert à la stérilisation des instruments.

Notre étuve à vapeur est également employée à la préparation de l’eau stérilisée. Nous possédons à cet effet un double fond de cuivre, qui se place à 30 centimètres au-dessus du premier (fîg. 5).

Nous pouvons ainsi remplir d’eau tout l’étage inférieur, et stériliser en même temps que cette eau trois boîtes de compresses. C’est ainsi que nous stérilisons l’eau qui sert à étendre dans les bocaux de verre notre solution mère de phénol à 5 0/0. Cette eau stérilisée est dirigée directement de l’étuve vers les bocaux par le dispositif que nous décrirons plus loin.

L’eau stérilisée qui nous sert, soit à la purification des mains, soit au lavage du péritoine au cours des opérations, est chauffée, en même temps que les boîtes de compresses, dans des récipients cylindriques de nickel de mêmes dimensions et munis d’un robinet à leur partie inférieure (fig. 5 et 27).

Le bouchon à vis du couvercle de ces récipients, enlevé pendant la stérilisation, est refermé dès que l’étuve vient d’être ouverte, et l’eau stérilisée peut être ainsi conservée quelque temps sans danger de contamination.

Pour le transport de ces boîtes, on fixe à l’aide d’un fil de soie, de manière à l’empêcher de s’ouvrir accidentellement, le robinet inférieur. On peut ainsi faire à distance, et sans danger d’infection, un lavage péritonéal urgent avec de l’eau stérilisée, que l’on obtient chaude en plongeant quelque temps auparavant le récipient dans un seau d’eau bouillante.

Nous employons sans inconvénient pour cet usage l’eau stérilisée pure, sans addition de chlorure de sodium.

C’est dans la même étuve que nous préparons, par flacons de .50, de 100 ou de 250 grammes, notre sérum artificiel, qui contient 7 0/00 de chlorure de sodium. Ce sérum, stérilisé

]>), xiY. Le couvercle de l’éluve à va])eur est soulevé. Les liihes (raspiralion pour 1(' suldiuuï (>t le |)li(‘iiol

sont en rai)i)ort avec leur lioubonue respe(;live.

à 150°, peut être injecte, à la dose de 50 à 200 grammes, deux ou trois fois par~jTT[ir'^t’tnêm'e,^dHîrs les cas graves, plus abondamment, dans le tissu cellulaire sous-cutané. Ces injections stimulent admirablement les sujets faibles et déprimés.

Au voisinage de l’étuve à vapeur sont fixés au mur, à 2 m. 50 de hauteur environ, trois bocaux de verre de 10 litres de contc-

a. Trompe d’Alvcrgniat. — Aa, Arrivée de l’eau. — b, Robinet d’aspiration. — c, Coupe du double cône d’aspiration (grandeur naturelle).

nance (pl. XIV et fig. 7). Ces bocaux ou allonges, fournis par M. Chabaud, sont en verre soufflé.

L’orifice supérieur permet l’introduction de la main. On peut en chauffer le contenu jusqu’à 50 ou 60°, sans les voir se fendre.

Chaque bocal possède un bouchon de caoutchouc massif, capable de supporter le vide. Ces allonges sont appareillées comme l’indique la figure 7. A chacune d’elles est adapté, dans le bouchon supérieur, un tube d’étain pour la raréfaction de fair. Ces tubes d’étain présentent, à hauteur de la main, des

MANŒUVRE DES TROMPES D’ALVER GNIAT.

robinets horizontaux de rentrée d’air (fig. 7, FOO), et se trouvent en communication, par l’intermédiaire de 5 robinets verticaux, avec un ajutage commun FOFF auquel sont adjoints un

Fig. 7. — Manœuvre des trompes d’Alvergniat.

La colonne mercurielle du mauomôtre est à 60 ceutimètres de hauteur. La solutiou pliéuiquée du récipieut Ph est aspirée dans le récipient 1, qui commuuique seul avec l’ajutage d’aspiratiou FOFF et la batterie de trompes. — Le bocal 3 préseute uue conduite spéciale de verre garnie de caoutchouc, pour l’aspiration du sublimé dans la bonbonne S. — Les robinets de rentrée d’air FOO, disposés horizontalement au-dessus de l’ajutage FOFF sur les tubes verticaux d’aspiration. — Les 3 récipients sont le 1*'’ fermé (F), les deux autres ouverts (0), de telle sorte que le contenu des bocaux 2 et 3 peut être dirigé vers la salle d’opérations pendant le remplissage du bocal 1. F, robinet fermé. O, robinet ouvert.

tube manométrique un robinet de rentrée d’air. L’ajutage commun communique avec le tube d’aspiration d’une batterie de deux trompes d’Alvergniat.

n TECHNIQUE CHIRURGICALE GÉNÉRALE.

Cette disposition permet de faire le vide soit dans Tun des trois récipients isolément, soit dans deux d’entre eux, ou dans les trois simultanément.

Les robinets de rentrée d’air permettent d’évacuer vers la salle d’opérations le liquide de n’importe lequel de ces récipients pendant que l’on remplit les autres.

Les robinets de rentrée d’air peuvent être munis par surcroît de prudence d’un filtre de coton; l’air extérieur ne pénètre d’ailleurs dans les allonges que par l’intermédiaire d’un long tube ascendant et coudé, c’est-à-dire dans toutes les conditions requises de purification.

Chacun des trois récipients 1,2 et 3 communique à son extrémité supérieure, également par l’intermédiaire d’un tube d’étain muni d’un robinet de commande, avec un ajutage de plus gros diamètre OOFFF, qui aboutit à droite au tube plongeur de l’étuve à vapeur. Cet ajutage étant muni à son extrémité gauche d’un second robinet O, on peut à volonté, suivant que l’on a ouvert le robinet de communication avec l’étuve d’eau stérilisée, ou bien adapté à l’autre extrémité de l’ajutage un tube de caoutchouc que l’on plonge dans une bonbonne de phénol à 5 0/0, remplir l’un des bocaux supérieurs de phénol à 5 0/0, ou d’eau stérilisée.

Les hocaux 1 et 2 sont généralement emplis à moitié de phénol à 5 0/0, et peu de temps avant l’heure des opérations on achève de les remplir d’eau stérilisée bouillante. Les allonges se trouvent ainsi contenir une solution phéniquée faible de Lister à 2,5 0/0 et à la température approximative de 50“ .

Le bocal destiné à contenir le sublimé porte à son extrémité supérieure, outre le tube à vide et le tube d’arrivée de l’eau stérilisée, tous deux en étain, un tube de verre, auquel fait suite une canalisation verticale de verre ou de cristal recouverte d’un tube de caoutchouc, qui aboutit inférieurement à un robinet de cristal. Cette canalisation sert à remplir l’allonge de la solu-

THERMO-SiPHOXS.

tion de bichlorure de mercure préparée à l’avance dans un récipient de tôle émaillée de 20 litres.

La canalisation qui sert à conduire le liquide des allonges à la salle d’opérations est en étain pour le phénol, en tubes de cristal

Fig. 8. — Thermo-siphon destiné à chauffer à 50° le contenu des allonges.

La flèche centrale indique le tuyau d’échappement des gaz de combustion, les deux autres flèches montrent le sens de la ch’culation du liquide à l’intérieur du thermo-siphon.

recouverts de caoutchouc pour le sublimé. Les allonges de verre, si les solutions sont préparées avec soin, ne se recouvrent intérieurement d’aucun précipité et demeurent en place plusieurs mois et même plusieurs années sans avoir besoin d’être nettoyées.

On peut adapter au bouchon inférieur des allonges de verre un thermo-siphon du modèle représenté figure 8. L’adjonction

li TECHNIQUE CHIRURGICALE GÉNÉRALE.

de cet appareil permet de porter les liquides en 30 minutes à la température de 50 ou de 55“. Ce thermo-siphon, qui est en cuhre nickelé, ne peut être utilisé pour chauffer le sublimé, qu’il est préférable de préparer, l’hiver, à 1/500® et d’additionner ensuite d’un volume égal d’eau stérilisée chaude.

Il suffit d’avoir vu fonctionner une seule fois cette installation pour se rendre compte de la simplicité des manœuvres de remplissage des bocaux et en même temps de la sécurité parfaite que nous avons réalisée pour le transvasement et l’écoulement soit de l’eau stérilisée, soit de la solution de phénol ou de sublimé.

Une fois que la canalisation et les bocaux ont été désinfectés à l’eau phéniquée chaude à 5 0/0, toute contamination intérieure devient impossible, les tuyaux d’étain ou de verre n’étant jamais en contact qu’avec de l’eau stérilisée ou des solutions antiseptiques, préparées elles-mêmes avec de l’eau bouillante.

Solution de phénol k 5 7o à 2,5 Solution de sublimé à 1 “/oo,

Eau stérilisée,

Compresses stérilisées,

Serviettes, tabliers, vestes de toile stérilisés,

tels sont les matériaux antiseptiques préparés dans le laboratoire.

Stérilisation par la chaleur sèche.

Étuve sèche. Stérilisation des instruments. — L’étuve sèche destinée à la stérilisation des instruments est encastrée dans le mur de la salle d’opérations.

Cette étuve, construite, comme l’étuve à vapeur, sur nos indications, par jNI. Lequeux, comporte deux étages : un étage

ÉTDVE SÈCHE.

inférieur pour la stéiilisation des instruments ; un étage supérieur pour le séchage des compresses, la stérilisation du coton, des Testes de toile, des tabliers (fîg. 11 et 12).

Cet étage peut également servir de chauffe-linge.

L’étuve est portée en 30 minutes environ à la température de 160® par une double couronne de becs Bunsen.

Fig. 9.

Coupe transversale de l’étuve sèche.

Fig. 10.

Coupe antéro-postérieure.

ü, Orifice d’entrée du gaz de combustion de la double rampe de becs Bunsen. — Pp, Plaques de surebauffe destinées à protéger le fond de la caisse I, où se fait la stérilisation des instruments. — AA’, Cloison borizontale disposée entre les deux caisses i et 2, et percée tout près de la paroi antérieure de l’étuve d’un orifice médian a pour le passage des gaz surebautfés. — 8, Clieminée d’échappement. — G, Tuyau d’évaporation de la caisse 2, ou chauffe-linge.

Les figures 9 et 10 indiquent le trajet des gaz surchauffés qui circulent dans l’étuve. Ces gaz pénètrent en O (fîg. 9 et 10), passent au-dessous, en arrière et sur les parties latérales, puis le long de la paroi supérieure de la caisse 1 et se réunissent au niveau de l’orifice unique a de la cloison totale A A', orifice situé, comme l’indique la fig. 10, tout près de la paroi anté-

7ü TECHNIQUE CIIIRURGIGACE GÉNÉRALE.

rieurc de l étuve. Ils cheminent ensuite latéralement et en arrière de la caisse 2 vers la cheminée qui les porte au dehors. Nous avons assuré par cette disposition Tutilisation et l’évacuation aussi complètes que possible des produits de combustion des becs Bunsen.

Le compartiment des instruments est entièrement clos. Le chauffe-linge présente une cheminée d’évaporation. La porte

Fig. il- — Étuve sèche fermée.

La caisse inférieure est destinée à la stérilisation des instruments. - La caisse supérieure sert de cbaune-linge.

métallique est munie d’un thermomètre marquant jusqu’à 200". Il est inutile de se servir d’un régulateur, le brûleur présentant deux couronnes. La plus large est fermée quand la température est suffisante; les instruments sont laissés 1/4 d’heure au moins entre 150“ et 160“.

Un thermomètre est placé dans l’une des boîtes d’instruments et surveillé en entr’ ouvrant de temps en temps la porte de 1 étuve. Deux plaques métalliques superposées B et P' sont disposées

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