TABLES ET LAVABOS
5" Lavabos roulants. — Les deux lavabos roulants et le support pour les tubes qui amènent près du lit d’opérations les liquides antiseptiques sont suffisamment représentés par la figure 29 .
Fig. 30. — Appareil élévateur de Reverdin. — L’érigne hélicoïde implantée dans la tumeur, est saisie avec le mousqueton. — Notre modèle (fig. 23), présente pour l’élévation des tumeurs dans la position de Trendelenbourg un second orifice de traction, plus excentrique, dont la disposition spéciale facilite beaucoup le mouvement d’arrêt automatique de la chaîne.
4° Appareil élévateur de Reverdin. — L’appareil élévateur de Reverdin, construit par M. Collin, est indispensable toutes les fois qu’il s’agit d’extirper une tumeur d’un poids considérable de 10 à 20 kilogrammes par exemple, e*t par là même difficile à manier. Cet appareil possède un support spécial, représenté figure 25, qui permet de le disposer à des hauteurs
9(i technique chirurgicale générale.
différentes et en un point quelconque de la salle d’opérations. M. Collin a annexé, sur notre demande, à son premier modèle^
un second arrêt (fig. 23), qui permet de pratiquer les tractions, soit verticalement en plaçant la chaîne comme elle est représentée figure 30, soit en la portant un peu plus en arrière comme sur la figure 23, de manière à pratiquer la traction sous
— Chariot roulant pour les pansements, nouveau modèle (vu de face).
Fig. ol.
CHARIOT A PAASEMEATS.
un angle de 25° à 50®. Cette disposition est nécessaire si l’on veut pratiquer l’élévation à l’aide de cet appareil des gros fibromes dans la situation déclive dite de Trendelenbourg.
Fig. 52. — Chariot roulant pour les pansements, nouveau modèle (vu de face).
5° Chariot à pansements. — Notre chariot à pansements a été construit d’après nos dessins par M. Gudendag (fig. 51 et 52). Ce chariot, qui mesure 1 mètre de longueur sur 65 centimètres
TECHNIQCE CHlfiCRGÏCALE.
de largeur, est en tôle peinte et vernie; il porte un double réservoir d’eau froide et chaude et trois récipients pour le phénol à 5 0/0, le sublimé à 1 0/00 et l’eau stérilisée. Des coussinets
F[G. 53. — Chariot roulant à table de marbre pour les pansements, ancien modèle (yu de face).
de caoutchouc et des flotteurs de liège empêchent les liquides de clapoter. Nous y avons annexé un injecteur de tôle émaillée. A l’une des extrémités se trouve un lavabo avec écoulement d’eau, à l’autre une boîte à pansements de cuivre nickelé, et latéralement deux tiroirs. Sur le reste de la table, sur la tablette
IVAMAGES D’ü-XE INSTALLATION ANTISEPTIQUE PARFAITE. 99
inférieure et dans les tiroirs, des drains de verre et de caoutchouc, un rasoir, quelques instruments, des ciseaux, des pinces, des sondes, des épingles, de la gutta-percha, du linge, des compresses stérilisées, etc., etc.
Ce chariot à pansements comporte ainsi, avec des dimensions extérieures aussi restreintes que possible, tous les avantages
exigibles d’un tel appareil. Notre premier chariot à pansements, muni d’une table de marbre blanc (fig. 55), était beaucoup plus lourd et moins maniable.
6“ Tabourets à hauteur variable. — Nos tabourets métalliques à hauteur variable sont représentés figure 54.
Avantages d’une installation antiseptique parfaite.
Notre organisation est de la sorte aussi complète que possible.
Fig. 54. — Tabourets métalliques à hauteur variable.
100 TECHNIQUE ClfiRURGICALE GÉNÉRALE.
La désinfection la plus rigoureuse des instruments, des matériaux à pansements et des liquides (eau stérilisée, phénol, sublimé), est assurée par l’action de la chaleur sèche ou humide.
Notre lit d’opérations et ses annexes, lavabos roulants, tables à instruments, etc., etc., sont construits et disposés de manière à nous permettre d’exécuter, avec un chloroformisateur et un seul aide pour l’opération proprement dite, les interventions les plus sérieuses.
Bien des collègues nous ont vu pratiquer à Reims, dans une seule séance, 8, 10, 12 et jusqu’à 14 opérations, de 6 ou de 8 heures du matin à 1 ou 2 heures de l’après-midi. Il nous est arrivé d’opérer dans la même matinée 3 estomacs (pylorectomie et gastro-entérostomies); fréquemment nous avons 3, 4 ou 5 laparotomies et autant d’hystérectomies vaginales, puis 1 ou 2 opérations sur les os (craniectomie à lambeau, résections articulaires ou ostéotomies). Un jour, nous avons fait consécutivement 9 hystérectomies totales, dont 2 abdominales.
Nous n avons jamais observé, au cours de ces longues séances opératoires, que les derniers opérés pâtissent, ni au point de vue de 1 infection, ni pour le manuel opératoire, des cas opérés avant eux. Bien souvent même il nous est arrivé de pratiquer, à la fin de ces matinées opératoires, et avec toute la légèreté de main désirable, une craniectomie ou une ablation de cataracte.
Nos opérations sont d’ailleurs classées en général d’après leur giavité et par ordre d’asepsie : ovariotomie, hystérectomie abdominale, craniectomie, pleurotomie aseptique, cure radicale de hernie, ostéotomie, opérations sur le foie, l’estomac ou l’intestin, enfin les hystérectomies vaginales (fibromes, salpingites simples, carcinomes et suppurations pelviennes), et en dernier leu es opéiations d ostéomyélite, d’arthrite tuberculeuse, de resection des mâchoires, de cancer du rectum, de fistules à 1 anus, etc., etc.
Nos précautions antiseptiques sont d’ailleurs sufüsantes pour
SERYICES ACCESSOIRES.
que nous ayons pu bien souvent, dans la même séance opératoire et sans avoir à relever le moindre accident consécutif, après avoir opéré des cas de salpingite purulente ou de cholécystite suppurée, ouvrir largement chez d’autres malades le péritoine ou les méninges.
Nous pouvons ainsi affirmer qu’un malade non infecté avant l’opération doit demeurer aseptique, si l’organisation de la salle d’opérations et les précautions de rigueur sont suffisantes.
S’agil-il d’interventions sur des patients déjà gravement infectés et atteints de suppurations antérieures étendues, de cancers viscéraux, de pyélonéphrite infectieuse, etc., etc., la guérison n’est plus aussi directement entre les mains du chirurgien.
L’opérateur, en présence de ces organismes épuisés et débilités par une septicémie chronique, peut se trouver impuissant à obtenir la guérison.
Le succès dépend en pareil cas de la résistance vitale de l’opéré, souvent très compromise, et qu’il peut être difficile de relever.
Services accessoires.
En outre du laboratoire de micrographie et de bactériologie, la salle d’opérations doit avoir comme annexe une chambre noire pour la photographie et la radiographie.
a). Photographie.
La photographie nous a rendu les plus grands services non seulement pour fixer l’aspect, avant et après l’opération, de certains cas intéressants, mais plus encore pour la démonstration de nos procédés opératoires.
La prise d’un certain nombre de clichés, au cours des opérations, avec les appareils ordinaires, exige une perte de
TECHNfQUE CHIRURGICALE GÉNÉRALE.
temps assez considérable, si l’on yeut obtenir des épreuves d’un format suffisant et d’une mise au point rigoureuse. Nous avons imaginé, pour obvier aces inconvénients, un appareil portatif qui réunit aux avantages des appareils instantanés le plus en usage, où la mise au point n’est qu’approximative, la possibilité de régler avec une perfection absolue, sur un verre dépoli, et sans
déplacer le rouleau de pellicules ou le châssis à remplacement de plaques, la netteté de l’image.
Nous axmns obtenu ce résultat en interposant entre l’objectif (Kraus-Zeiss — Série TII a, f : 6,3 ou bien, plus nouvellement, f : 5,8), qui est d’une luminosité remarquable, et l’obturateur de plaque destiné aux instantanés extra-rapides, un obturateur oblique muni d’un petit miroir plan. Ce miroir, lorsque le volet est fermé, reçoit les rayons émanant de l’objectif, et les dirige, par l’intermédiaire d’une seconde glace, sur un verre dépoli
Pi,. XV, — Salle tic radiographie,
10/t TECILMQUE CHIRURGICALE GÉNÉRALE.
situé au-dessus de la chambre noire {v. d.), où se produit une image renversée, égale et identique à celle qui viendra impressionner la surface sensible (fig. 55).
On peut à volonté faire, avec cet appareil, des clichés posés, des instantanés lents (1/5® à 1/10® de seconde), ou très rapides , (1/100® à 1/1000® de seconde).
b). Radiographie.
Nous possédons près de notre salle d’opérations une installation spéciale pour la radiographie, établie d’après les conseils de notre ami le D* Oudin (pl. XV).
La bobine, construite par Radiguet, donne des étincelles de 50 centimètres et permet, en la combinant à un interrupteur à grande vitesse, devoir nettement à l’écran une balle dans les régions jusqu’alors inaccessibles du cerveau (lobe occipital).
La poitrine, l’abdomen, le bassin peuvent être suffisamment explorés pour que l’on puisse distinguer de gros calculs rénaux et l’état des articulations coxo-fémorales.
La photographie antéro-postérieure et latérale de la boîte crânienne est obtenue en 25 à 30 minutes.
Les applications de la radiographie à la science médicale se multiplient de jour en jour : recherche des corps étrangers opaques pour les rayons X; étude des lésions osseuses (ostéites, luxations, pseudarthroses) ; recherche des anévrismes thoraciques, des épanchements pleuraux, des calculs du rein et de l’uretère, etc., etc.).
Xous représentons, planche XYI, une épreuve obtenue avec cet appareil et qui est destinée à démontrer l’opacité relative aux rayons X de divers corps organiques ou inorganiques : B, calculs biliaires. Ch, calcul du canal cholédoque. G, corps étrangers fibro-cartilagineux du genou. C. corne du creux poplité. V, calculs vésicaux; l’un d’eux est développé autour d’un fragment d’échalas, qui est demeuré 14 mois dans la vessie d’un jeune homme. li, calculs de l’uretère. R, calculs rénaux. Œ, Capsule de fulminate ayant pénétré dans le globe oculaire. M, Ostéo-sarcum du maxillaire ayant dévié les dents voisines et suture osseuse du maxillaire inférieur. C, fragment de la boîte crânienne réséquée sur le vivant. H, fracture de l’extrémité inférieure de l’humérus vicieusement consolidée.