Lisfraxc. Précis de Médecine opératoire, p
TECHSIQrE CHIRERGICALE. 11
« et si le sang gêne peu les manœuvres, on ne s’occupe pas de l’hé- « morragie avant que l’ablation de la maladie soit terminée »
Cette pratique parut même la plus sûre dans certains cas difficiles, et fut appliquée avec succès par quelques chirurgiens à l’extirpation rapide d’énormes néoplasmes devant lesquels avaient reculé de moins hardis :
J.-L, Petit, dans un cas où l’ablation d’une énorme tumeur semblait exposer à une hémorragie redoutable, réunit plusieurs confrères et les pria de comprimer les vaisseaux avec les doigts à mesure qu’ils seraient ouverts. La tumeur fut enlevée très rapidement et sans perte' de sang inquiétante. Les vaisseaux furent ensuite pincés et liés.
Les manœuvres d’hémostase étaient donc considérées par les chirurgiens les plus habiles, dans certaines opérations exceptionnelles, comme plus dangereuses que l’énucléation rapide.
J.-L. Petit avait ainsi mis en pratique bien avant nous cet axiome, que le meilleur moyen d’éviter une perte de sang inquiétante était d’opérer vite et de mépriser toute application préventive de pinces ou de ligatures. Les doigts, des compresses, suffisent au cours de l’intervention. Si l’extirpation de la tumeur dure très peu de temps, l’hémorragie immédiate est insignifiante. L’hémostase définitive est faite à loisir dès que le néoplasme est extirpé.
Multiplication des modèles de pinces hémostatiques.
Les modèles de pinces hémostatiques se multiplièrent et aboutirent à l’adoption presque générale, jusque vers 1860, des pinces à verrou, qui servaient en même temps, grâce à une cannelure spéciale de leurs mors, de porte-épingle pour la suture entortillée.
1. Bébard et Dexosvillees, Compendium de Chir. Prat., t. I, liv. I, p. 72. 1840.
HÉMOSTASE.
Emploi des pinces à anneau, au xtiW siècle, comme pinces à pansement et à esquilles, puis, avec laddition dun arrêt, comme pinces hémostatiques (Heister) . — Les pinces à anneaux, construites dès le xviii® siècle sur le modèle
Fig. 72. Fig. 75. Fig. 74.
Pinces à pansement figurées par J.-J. Perret.
des ciseaux, se trouvèrent d’abord destinées « aux pansements ou à l’extraction des petits os ou des esquilles du fond des plaies ». Le modèle dit de pince à drains employé par Lister est exactement le modèle de pince à pansement de J.-J. Perret (pl. 84, de Perret, fig. 5, 4, 5 et page 280).
16i TECHNIQUE CHIRURGICALE GÉNÉRALE.
Cet auteur fait ressortir dans son livre les avantages du nouvel instrument articulé « à jonction passée », qui se tient « avec le pouce dans un anneau et le doigt du milieu ou l’index dans l’autre », et la supériorité de ce mode de préhension sur celui des modèles antérieurs de pinces à pansement (pinces à ressort ou pinces à branches élastiques), analogues aux pinces à disséquer (fig. 75 et 74).
Nous avons vu que Heister appliqua le premier les pinces à anneaux, en les additionnant d’un ressort pour les tenir ouvertes et d’une glissière annulaire pour les fermer, à la préhension et à la ligature des vaisseaux.
La pince à pression continue et à anneaux de Heister est d’autant plus remarquable que son extrémité se trouve disposée, comme nous l’avons déjà signalée, de manière à chasser au delà d’elle la ligature, et à porter directement le nœud sur le vaisseau saisi (pl. XIX, fig. 20).
Abandon des pinces hémostatiques à anneaux et à branches croisées pour les pinces à verrou. — Nul ne pourra dire pourquoi cet instrument est tombé momentanément dans un oubli presque complet.
Les pinces à verrou, dites aussi pinces à torsion et pinces porte aiguilles, étaient l’instrument d’hémostase favori de Maisonneuve et demeurèrent généralement en usage, jusqu’à l’adoption par Spencer Wells et Kœberlé de nouveaux modèles, beaucoup plus avantageux en chirurgie abdominale, de pinces à anneaux et à crémaillère.
Application d’un arrêt facultatif à crémaillère aux pinces à anneaux.
L’application aux pinces à anneaux et à branches croisées d’un arrêt à crémaillère est, comme nous l’avons vu, d’origine très ancienne (ïïildan). Charrière, vers 1855, eut l’idée de rendre cet
HÉMOSTASE.
arrêt facultatif et adopta une crémaillère à bascule, susceptible de s’engrener ou de demeurer libre suivant la volonté du chirur-
Fig. 75. — Pinces à crémaillère de Charrière.
gien (fig. 75, D, F, H, J et fig. 76) « à tous les instruments de pression qui s’articulaient par deux tiges opposées ou croisées ‘ ».
Charrière construisit ensuite, pour l’abandonner momentanément, le modèle le plus généralement adopté aujourd'hui, decré-