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DRAINAGE

Le crin de Florence est, de toutes les matières employées pour la suture de la peau, la plus avantageuse, en raison de sa solidité et de la manière dont il est toléré par les tissus vivants.

Drainage.

Le drainage, défectueux pour les séreuses, quand le champ opératoire est aseptique, doit être, au contraire, pratiqué toutes les fois qu’il existe une plaie cruentée étendue, où ne manquerait pas de se faire, après l’opération, un suintement séro-sanguinolent d’une certaine abondance.

Inutile pour les plaies superficielles sans larges décollements, où la compression assure une parfaite coaptation des tissus, pour les opérations aseptiques de laparotomie et pour les cures radicales de hernie, le drainage est, au contraire, indispensable après l’ablation du goitre, des tumeurs du sein compliquées d’adénopathie axillaire, et après les grandes amputations.

Pour le goitre, nous plaçons deux drains aux extrémités de l’incision, qui est horizontale et légèrement curviligne, ou bien à sa partie moyenne.

Pour le sein, les drains sont placés aux points déclives, dans le sinus pectoro-cutané. La suture de la peau est d’abord presque complètement terminée. On reconnaît alors, à l’aide d’une longue pince courbe, le cul-de-sac inférieur de la plaie, et l’on y pratique pour les di-ains, suivant son étendue, deux ou trois orifices.

Nous employons presque sans exception, sauf lorsque le drain est exposé à être serré entre des fragments osseux, des tubes de verre (fig. 109 et 110*), qui sont mieux tolérés que tous les autres.

Pour les résections du coude, du poignet, du genou et du pied, nous ne drainons qu’exceptionnellement.

1. Les figures 109 et 110 représentent également une bobine de verre, dont Taxe est percé d’orifices, et une bobine de métal à baguettes, toutes deux destinées à la désinfection des fils de soie, au-desous de^uek peut ainsi pénétrer le liquide antiseptique.

L’opération est, en effet, pratiquée à blanc avec l’aide de la bande élastique. Si l’on connaît bien la région, il est facile d’éviter la blessure de tout vaisseau de quelque importance.

La plaie lavée et réunie, la bande d’Esmarch n’est enlevée qu’après l’application d’un pansement compressif. Les tissus profonds se trouvant de ce fait étroitement en contact, les quelques grammes de sang qui s’extravasent viennent en occuper les

Fig. 109. — Bobine de verre percée de trous pour les fils de soie et drain vaginal pour le cul-de-sac de Douglas.

interstices et concourent eux-mêmes aux phénomènes de réparation. S’accumule-t-il une quantité appréciable de sérosité sérosanguinolente, nous l’évacuons le lendemain ou le surlendemain à l’aide d’une sonde cannelée, entre deux points de suture. Cette petite opération est répétée aussi souvent qu’il y a lieu, et la plaie demeure aseptique. Nous agissons de même dans la plupart de nos hémicraniectomies. Pour les foyers purulents, nous avons, en général, substitué au drainage avec des gros tubes de caoutchouc le tamponnement antiseptique.

TAMPO>'>’EMEXT DES PLAIES.

2^ Le Tamponnement des plaies.

La réunion immédiate doit être proscrite comme dangereuse chaque fois que les tissus sont contus et infectés.

Le moindre caillot sanguin, retenu dans les anfractuosités de

Fig. 110. - — Drains de verre et bobines à baguettes pour les fils de soie.

la plaie, est alors la proie rapide des bactéries et devient le point de départ d’une septicémie d’autant plus grave que les tissus voisins, écrasés et dilacérés, sont dépourMis de vitalité.

Les foyers purulents étendus, les poches hydatiques viscérales

TECHXIQTJE CHmntGICALE.

OU rétro-péritonéales qu’il est impossible d’extirper en totalité doivent être traités par le tamponnement Il en est de même, à part de rares exceptions, dés évidements osseux pour tuberculose ou ostéomyélite, etc., etc.

Nous pratiquons le tamponnement avec de simples compresses stérilisées, que nous employons soit sèches, soit imbibées d’une solution de phénol à 2,5 0/0 ou de sublimé à 1 0/00.

Tout antiseptique pulvérulent est, en pareil cas, inutile, et se montre en outre le plus souvent nuisible. Nous proscrivons absolument l’emploi de l’iodoforme, du salol, etc.

Le tamponnement agit en isolant les tissus atteints ou menacés d’infection, et en assurant par capillarité l’écoulement des liquides de la plaie.

Cliniquement on tamponne, tantôt des plaies aseptiques, tantôt des plaies infectées. La conduite à tenir varie suivant les différents cas.

1° La plaie est aseptique. Le tamponnement, qui se fait, en pareil cas, avec de la gaze stérilisée simple, est le plus souvent destiné à éviter l’infection secondaire d’une séreuse ouverte en un point de la plaie, et que des sutures seraient impuissantes à protéger (ouverture du genou au niveau du plateau tibial au cours d’un évidement osseux, cholécystotomie à suture perdue, etc.).

Les compresses restent en pareil cas sans odeur. Elles sont retirées au bout de 5 à 4 jours. La plaie se réunit secondairement 2 ou 3 jours après, sans suppuration.

2“ La plaie est infectée. Quand la plaie est infectée, ou bien dans les cavités naturelles (vagin, rectum), le tampon exhale le plus souvent, dès le 2® ou le 5® jour, une odeur fétide.

Ces plaies ne pouvant guérir que par réunion secondaire et après suppuration, qu’importe cette odeur désagréable, si la pré-

1. Communication au Congrès pour rAvancement des Sciences. 13 août 1889.

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