MESURE DES QUANTITÉS D'ÉLECTRICITÉ
6. — Pour mesurer les quantités d'électricité, on peut s'adresser à une action chimique. En faisant passer la décharge ou le courant à travers une solution électrolytique on aura, par une pesée avant et après l'expérience, ou par une mesure de volume de gaz, la quantité de matière décomposée et par suite la quantité d'électricité qui a passé. Mais, dans un grand nombre d'expériences d'électrophysiologie, les quantités d'électricité en jeu sont trop faibles pour donner une électrolyse appréciable, le procédé le plus com
MKSIUK llKS or.VMITKS Ii'kLFXTIUCITK 33
modo est alors l'emploi du galvanomètre balistique. Si on lance une décharge électrique à travers le circuit d'un galvanomètre et que le passage soit terminé avant que l'équipage mobile se soit déplacé, l'amplitude de la première oscillation ou élongation est proportionnelle à la quantité d'électricité qui a passé. Pour rendre un galvanomètre balistique, il faut augmenter le moment d'inertie de l'équipage mobile. On y arrive en le surchargeant, aussi loin que possible de l'axe de rotation, de petites masses de plomb. Je me sers souvent du galvanomètre à circuit mobile décrit plus haut, dans le cas où j'emploie des décharges de condensateur. En surchargeant trop le cadre on réduit la sensibilité de l'instrument; en ne le chargeant pas assez les déviations ne sont pas proportionnelles aux quantités d'électricité. Voici comment il faut opérer. On charge le cadre jusqu'à avoir la sensibilité désirée, puis on lance dans le circuit une décharge de condensateur et on vérifie : i° Que la déviation est toujours la même pour une même décharge quelle que soit la résistance intercalée, dans certaines limites, bien entendu : en la portant par exemple, de o à cent mille ohms. 20 Que si l'on fait varier la self-induction du circuit en y intercalant une bobine, on n'observe pas de diile-
34 MESURE DES QUANTITES d'ÉLECTRICITE
rence. 3° Que si l'on prend un condensateur que l'on porte à des potentiels variables, ou dont on fait varier la capacité, on a des déviations proportionnelles aux quantités d'électricité mises en jeu. Dans ces conditions on a un excellent appareil ; il est bien évident qu'il ne faut lancer la décharge que lorsque l'appareil est ramené au zéro à l'aide du court circuit décrit plus haut. Le galvanomètre à circuit mobile ne peut servir comme balistique que dans le cas où le circuit extérieur est rompu lors de la décharge, par exemple dans le cas des décharges de condensateur, sans cela l'amortissement fausse complètement les résultats. Si, par exemple, on voulait étudier des ondes induites, on ne pourrait plus en faire usage, le circuit extérieur étant alors forcément fermé pendant la décharge ; on prend alors un galvanomètre à aimant mobile dont on charge l'aiguille, faisant les mêmes vérifications que dans le cas précédent. Il est bien évident qu'il faut aussi dans ce cas éviter tout amortissement ; ainsi, dans le cas de la boussole de Wiedemann, on doit retirer la sphère de cuivre.