CHAPITRE
7, — ( > 1 1 m* peut considérer le potentiel en valeur absolue, mais seulement la différence entre la valeur du potentiel d'un certain corps et celui d'un autre. De même dans l'étude expérimentale de la chaleur on ne mesure pas des températures absolues, mais avec la convention faite, des différences entre la température des corps étudiés et la température de la glace fondante. On adopte en général comme zéro des potentiels, le potentiel de la terreau point où l'on se trouve: si ce potentiel reste constant, en mesurant une série
de potentiels par rapport à celui-là, on aura leurs différences d'une façon exacte, et ces différences seules sont intéressantes. Dans un laboratoire, on prend le potentiel de la terre en attachant un conducteur à un tuyau de gaz où à une conduite d'eau ; il est certain que de cette façon on n'a pas un potentiel constant et qu'il peut s'introduire des erreurs de ce fait ; il faudra y songer lorsque l'on fera des expériences sur ce sujet. Une autre cause d'erreur provient de l'influence que peuvent avoir sur le corps étudié ou sur l'appareil des corps voisins, entre autres les murs du laboratoire. Ces raisons et les difficultés que l'on rencontre dans le maniement des électromètres, instruments bien plus délicats que les galvanomètres, ont restreint les mesures de potentiel en électrophysiologie; avec du soin on peut cependant en faire de très convenables.
8. — Comme premier appareil nous rencontrons le voltmètre, excellent dans le cas où l'on veut mesurer la différence de potentiel entre deux points dont la différence de potentiel se régénère sans cesse et qui n'ont pas entre eux de résistance pas trop grande, par exemple la différence de potentiel produite par une pile. On
VOLTMÈTRE
peut aussi employer la méthode balistique, consistant à charger à L'aide de la source que l'on étudie, un condensateur de capacité connue ; on mesure La quantité d'électricité qu'il prend par la méthode balistique, et la formule Q — li€ donne la différence de potentiel entre les armatures et par suite entre les corps avec lesquels elles étaient en communication.
Enfin, il y a une méthode extrêmement sensible :
Soient A et B les deux points dont on veut étudier la différence de potentiel, on les place dans le circuit d'une pile.
P en opposition et on établit une déviation CD.
On ajuste la résistance de la boîte R, de façon à ce que le galvanomètre sensible G' reste au zéro ; à \ce moment, le courant
Fie. 3
dans CABD étant nul ; la différence de potentiel de A et Best la même que celle de C et D, or celle-là est aisée à connaître. En effet, G donne l'intensité i du courant parcourant le fil CD; soit r la résistance de ce fil et de la boîte R, la différence de potentiel entre
C et D est donnée par £ = ir d'après la formule de Ohm.
Les électromètres dont on fait usage sont de deux types : le type Thomson, et l'électromètre capillaire.
9. Électromètre Thomson. — L'électromètre Thomson, bien monté, est d'une grande sensibilité; le seul défaut qu'on lui reproche en général est de ne pas revenir au zéro. En prenant les précautions que je vais indiquer, on évitera cet inconvénient ; il ne subsistera que des déplacements inférieurs à un millimètre sur la règle placée à un mètre, alors qu'un volt donnera une déviation de 20 centimètres ; l'erreur sera donc négligeable pour des expériences d'électrophysiologie.
On doit absolument rejeter les fils de cocon et les contacts de l'aiguille avec un liquide. Il faut se servir d'un fil de platine très fin, recuit avec soin, comme nous l'avons dit pour le galvanomètre ; mais, comme les couples auxquels on a à faire sont extrêmement faibles et que la résistance des fils à la torsion croît extrêmement rapidement avec le diamètre (en doublant le diamètre d'un fil un même couple de torsion donne une déviation seize fois plus petite), il faut arri-
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r%r à des finesses extrêmes. M. Gaine m'a procuré des lil> étirés ■ Is filière jusqu'à .0 de millimètre de diamètre. L'aignille devra être extre» memenl légère; plus elle esl lourde, moins le /ém est stable. J'ajoute que pour ne pas avoir ans série interminable d'oscillations nn amortissement *s iiiv. h. ma le modèle de M. Carie, i et t'ilVi se produil par l'action de quadrants en acier aimanté; il Fonctionne très bien ; on peut rapprocher la face supérieure de la face inférieure de ces quadrants et faire ainsi varier l'amortissemenl el la sensibilité de l'appareil.
Enfin, il y a la question delà pile de charge. Si l'on tient à la symétrie absolue, il faut employer la méthode de M. Gouy ; malheureusement elle exige une résistance extrêmement considérable et par suite fort onéreuse. Les erreurs que l'on commel en chargeant t'aiguille Boni si faillies qu'il n'y a pas lieu d'en tenir compte, et Ton a ainsi un séro stable malgré les variations de la pile de charge.
10. Électromètres capillaires. — Les électromètres capillaires onl sur le système précédent l'avantage considérable d'éviter la pile de charge. Il y en a plusieurs modèles. Apres divers essais c'esl encore celui de M. Lippmann que je
préfère; dans les débuts on s'en sert avec peine, mais une fois qu'il est bien installé et qu'on en a quelque habitude, on en tire d'excellents résultats. Je renvoie aux traités d'électricité pour la description de cet appareil, je ferai seulement quelques recommandations aux physiologistes qui voudront en faire usage. Plus encore que tout autre instrument un électromètre capillaire doit rester en place, rien ne lui est aussi nuisible que le transport. Pour le mettre en train il faut d'abord faire couler un peu de mercure en augmentant la pression au-dessus de la colonne et en maintenant les deux côtés du ménisque aune différence de potentiel d'environ un dixième de volt ; cela fait, en variant la pression, on promène le ménisque dans le tube pour produire une sorte de polissage des parois. Au bout d'un certain temps l'appareil est prêt à fonctionner. Il est à remarquer que si le ménisque est resté un certain temps fixe en un point du tube, il aura toujours une tendance à s'arrêter en ce point; le polissage sous différence de potentiel d'un dixième de volt fait disparaître cet inconvénient. Il faudra toujours, lorsque l'appareil ne sera pas en usage, maintenir ses deux pôles à la différence de potentiel d'un dixième de volt ; le ménisque remonte dans le tube capillaire et reste en bon
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état. Dana le modèle de M. Lippmann il faut faire une petite opération pour avoir des mesures dans celui de M. Debrun on lit directement les différences de potentiel. Chaque expérimentateur peut du reste modifier ces appareils a son idée, el , avec un peu d'adresse, on se fait soi-même d'excellents électromètres capillaires.
Chacune de ces méthodes a ses avant aires et ses inconvénients dépendant de trop de fadeurs pour qu'il suit possible de les indiquer tous ; je dirai seulement que dans les expériences de physiologie le type Thomson convient très bien à tous les cas ; malheureusement le montage en est coûteux et un peu délicat. L'électromètre capillaire fait par soi-même serait très bon, mais il exige de mettre toujours le coté mercure du ménisque au potentiel le plus bas, or dans beaucoup de cas on ne sait pas quel est le sens de la dilîérence de potentiel. Le voltmètre et la méthode balistique ne peuvent servir dans la plupart des études sur l'électricité animale.