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Théories de l'électricité animale

Dubois- Reymond a donné une théorie des phénomènes que nous venons d'étudier, elle est du même genre que celle qu'il a imaginée au sujet de la torpille et n'avance nullement la question ; cependant il est indispensable de la citer par suite du crédit qu'elle a auprès d'un certain nombre de physiologistes et de la situation scientifique de son auteur. Pour l'organe de la torpille nous avions des molécules bipolaires, dans le muscle elles seraient péripolaires, chacune d'elles aurait deux pôles négatifs et un équateur positif. La juxtaposition d'un grand nombre de pareilles molécules, l'axe polaire étant orienté dans le sens de la fibre musculaire donnerait un prisme figuré ci-contre dont toute

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Fig. 22 P

la surface latérale serait (''gaiement positive et les bases également négatives. Supposons maintenant le prisme recouvert d'un enduit plus ou moins conducteur, il s'établira des courants allant de l'équateur AB aux pôles P et P', la distribution des potentiels dans cette couche superficiellesera

changée et analogue à celle que donne l'expérience. On arrive de même à expliquer plus ou moins la distribution sur un cylindre à bases obliques.

Quanta l'oscillation négative, les partisans de celte théorie se contentent de dire qu'au moment de la contraction il y a une rotation des particules les plus fines des éléments et par suite un changement dans la distribution des potentiels à la surface.

On peut faire beaucoup d'objections à cette théorie qui ne repose que sur des hypothèses; il suffira de faire remarquer ici qu'elle est en op-

position absolue avec l'oscillation positive de Meissner au moment de l'allongement.

Fig. 23

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35. M. d'Arsonval explique l'oscillation négative par une action électrocapillaire. Cette théorie est beaucoup plus satisfaisante, elle s'accorde avec l'oscillation positive et a au moins le mérite de ne pas exiger des phénomènes absolument inverses lorsque l'on passe de l'organe de la torpille au muscle, dont l'analogie paraît de jour en jour plus grande.

M. d'Arsonval a construit des muscles artificiels avec lesquels on peut reproduire un certain nombre de faits observés sur les muscles vivants. Voici comment on peut facilement en faire de très longs.

On prend un tube de caoutchouc aussi mince que possible et, à l'aide d'une tige, on y enfonce des bouts de jonc d'environ un centimètre de long ; chacun d'eux est assujetti à l'aide d'une forte ligature de fil de fer. Dans chaque intervalle on injecte, avec une seringue de Pravaz, moitié mercure et moitié eau acidulée ou eau salée et on bouche la petite piqûre avec de la gutta-percha.

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