CHAPITRE II
48. — Quelle que soit la manière d'agir du courant continu sur l'organisme, il est représenté graphiquement par une droite parallèle à l'axe des abcisses, que l'excitation soit bipolaire ou unipolaire. On porte d'ailleurs les ordonnées audessus de l'axe ou au-dessous, suivant le sens du courant, et leur hauteur est proportionnelle à l'intensité du courant. Pour obtenir ces courants continus, on fait usage de piles; ce sont les seuls appareils à employer dans ce but en électrophysiologie, les machines à courant soi-disant con-
tiini ne le sont que plus ou moins approximativement. Le courant produit par les iules n'est même pas d'ordinaire absolument constant, il suffit pour s'en assurer d'intercaler un téléphone dans le circuit ; Fréquemment on entend un crépitement dénotant des variations qui, du reste, ne soûl gênantes que dans des cas tirs particuliers d'expériences délicates.
lue précaution indispensable est d'isoler soigneusement la pile en l;i plaçant sur un tabouret à pieds de verre, ou mieux sur des gâteaux de paraffine; il se produit sans cela le long des vases de pile des dérivations conduisant à des erreurs invraisemblables. Quant au choix de la pile, il est indifférent d'employer tel ou tel modèle, ce n'est qu'une question de commodité, une pile Leclanché ou Daniell montée avec soin rend d'excellents services; il est bon seulement d'avoir un commutateur permettant d'introduire un à un les divers éléments. Il faut de plus mettre un rhéostat dans le circuit et y laisser à poste fixe un galvanomètre, qui donnera tous les renseignements nécessaires sur la valeur du courant. Ce fait a été contredit par divers observateurs. M. Onimus proscrit les piles Bunsen comme donnant des courants à forte ac-
ti ihimique ce qui, à intensité égale, n'arrive-
rait pas avec les piles Daniell ; il suffit de se rappeler les lois de Faraday pour voir combien cette erreur est grande. M. d'Arsonval se basant sur les observations des médecins électriciens parmi lesquels M. Tripier, un des fondateurs de l'électrotbérapie, dit qu'à intensité égalé marquée au galvanomètre un courant est d'autant plus douloureux que la force électromotrice de la pile qui l'a produit est plus grande. Voici du reste l'expérience qu'il apporte à l'appui. On plonge les mains dans deux vases pleins d'eau mis en communication avec les deux pôles d'une pile et on introduit successivement des éléments jusqu'à ce que le courant soit de 10 milliampères par exemple, on éprouve la sensation du passage du courant, nullement douloureuse, le nombre de Leclancbés étant de 12 a i5 environ. On recommence en intercalant une forte résistance de manière à nécessiter 60 éléments pour arriver à la même intensité de 10 milliampères, et le courant devientincomparablement plus douloureux. Cette expérience serait très probante et le fait serait à notre avis absolument incompréhensible, car l'explication donnée par M. d'Arsonval qui trouve le fait très simple, ne nous satisfait pas. Nous avons répété l'expérience avec MM. Gariel et Broca en poussant jusqu'à 120 éléments et
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nous avons constaté qu'à un même efTcl correepondail toujours une même intensité.
L'expérience était faite de la manière la plus concluante, la personne sur laquelle on opérait m1 voyait pas le galvanomètre, ce n'est qu'au moment où elle disait éprouver la même sensation dans les divers cas, qu'on allait vérifier l'intensité <Iu courant, ce procédé seul exclut toute idée préconçue à laquelle il est si difficile de se soustraire en pareille matière. La période variable de fermeture ou celle de rupture ne sont pas les mêmes à intensité égale, elles dépendent de diverses conditions comme nous le verrons plus loin.
Quant aux arguments tirés par M. Tripier de sa grande expérience chimique, ils n'ont peutêtre pas toute la valeur qu'on a voulu leur accorder, du fait même des malades ; une observation de laboratoire bien faite sur uni1 personne habituée aux expériences, vaut mieux: que mille aul ivs prises sur les premiers venus toujours enclins à se plaindre de la douleur.
Voyons maintenant ce qui se passe pendant
le passage du courant continu en écartant les périodes variables de fermeture et de rupture qui rentrent dans L'étude des ondes unique-.