Raccourcissement galvanotonique
Prenons une grenouille immobilisée par destruction du cerveau et de la moelle et fixons-la au myographe, puis plaçons deux électrodes aux extrémités du gastrocnémien, lançons un courant continu que nous romprons au bout d'un'ins-
tant ; la forme la plus générale du tracé que nous obtenons est représentée ci-contre ; on voit les contractions dues à la fermeture et à la rupture du courant, entre les deux, un raccourcissement permanent pendant la période constante. C'est ce raccourcissement qui porte le nom de raccourcissement ou contraction galvanotonique. On remarque aussi qu'après que toute action a cessé,
BACC0DRCIS8B1IBN1 BALVANOTOMIQUe NT
le muscle ne revient que très lentement h m longueur primitive, il persiste pendanl longtemps ce que l'on peut appeler pour an le langage un résida de contraction.
Si l'on opérail sur une grenouille curarisée, le résultai sérail absolument le même.
Fi::. 33
Hais, sur la première grenouille* découvrons le
nerf, isolons-le avec soin et appliquons-lui directemenl deux électrodes ; noua aurons souvent une courbe analogue à la précédente, parfois cependant une des contractions initiale ou finale manquera, en6n la contraction pendant le passage du courant sera beaucoup plus faible par rapport à celles dues aux ondes variables de
rupture ou de fermeture. Ce résultat est représenté sur la deuxième figure : immédiatement on est amené à se demander si la contraction permanente pendant le passage du courant n'est pas un simple résidu de contraction. Pour vérifier ce fait, il faut chercher à faire passer le courant permanent en supprimant la contraction de fermeture. On y arrive en ne lançant pas brusquement le courant, mais en le faisant croître peu à peu, par exemple en intercalant dans le môme circuit un rhéostat très considérable, puis en introduisant à l'aide d'un commutateur les divers éléments dont on veut faire usage ; finalement en ramenant le rhéostat au zéro. On peut aussi fermer la pile sur elle-même et relier les électrodes à deux points A et B du circuit, puis on fait croître peu à peu la résistance qui se trouve entre A et B ; plus elle augmente plus le courant traversant les tissus est fort.
En employant un de ces deux procédés, voici ce que l'on constate ; si l'on agit directement sur le muscle comme dans la première des expériences précédentes ou si l'on opère sur une grenouille curarisée, le raccourcissement galvanotonique augmente et diminue peu à peu avec l'intensité du courant. Si au contraire on opère avec le même courant en plaçant les électrodes
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directement sur le nerf comme dans le deuxième cis, le raccourcissement ue se produit pas. Il est donc démontré que le courant continu agil directemenl sur le
, • Fis. ::i
muscle, mais m>
provoque pas de
contraction par /
excitation du
nerf. Ces effets sont d'ailleurs les mêmes, que le courant soit ascendant ou descendant, sauf une légère prédominance en faveur du premier. 11 est bien évidenl qu'il ne faut pas dans ces expériences employer dos courants par trop énergiques, sans cela on produirait des effets chimiques OU thermiques qui fausseraient les résultats; on est du reste dans de bonnes limites si l'on se conforme à la règle suivante qui s'applique à tous les cas où l'on prend dos tracés musculaires: Il ne faut jamais dans une série de tracés avoir la contraction maxima ; on effet, si l'on se trouve dans ces conditions, il peut arriver que Ton prenne comme excitations égales, doux excitations donnant la inruio contraction ; cependant il n'en sera rien, la plus faible des deux donnant la contraction maxima, la plus forte donnera forcément la môme chose; aussi osl-il bon, dans les études do ce genre, dr provoquer une contraction assez
forte que L'on inscrira et au-dessous de laquelle on se tiendra toujours notablement.
50. — Si l'on fait croître régulièrement l'intensité du courant, on voit qu'au début la contraction croit proportionnellement à cette intensité, puis moins rapidement jusqu'au maximum; le début de la courbe qu'on en déduit semble indiquer que l'excitation est proportionnelle à l'intensité du courant.
Eu tin il y a un fait remarquable : En conservant une intensité constante et en produisant une série d'excitations avec des poids tenseurs différents le raccourcissement est toujours le même tant que l'on reste dans certaines limites, ainsi en prenant pour un gastrocnémien de grenouille successivement 5, 10 et 3o grammes, on aura trois courbes représentées ci-contre. L'axe des abcisses sera déplacé, mais le raccourcissement sera le même.
Fi-- 35 En terminant, di-
sons que ce que l'on ap- /^ pelle dans les livres « té-
; , tanos d'ouverture ou de
- y Ritter », c'est un rac-
courcissement consécutif au passage d'un courant très intense à tra-