TEMPS PERDU DE HELMHOLTZ
A ce moment le muscle se contractant rompt le contact au mercure, es qui est indiqué par le si*
gnal S, la fermeture de (^ est indiquée par le signal S'. Un diapason D inscrit le temps; les (Iimix signaux de Deprez S et S' peuvent d'ailleurs être réglés de façon à fonctionner rigoureusement en même temps; il suffit, pour vérifier leur accord ou tenir compte de la différence, d'intercaler dans le circuit induit de la bobine le signal S au lieu du muselé et de faire des fermetures et ruptures en C pendant la rotation
du cylindre,
On a trouvé par ces procédés des retards à l'excitation variant de ^ de seconde à y^ •
66. Ces retards ne concernent que l'apparition des phénomènes extérieurs du raccourcissement du muscle, car d'Arsonval a fait voir que le muscle pouvait répondre à un nombre extrêmement considérable d'excitations à la seconde, incompatible avec un temps perdu aussi grand.
Voici en quoi consiste l'expérience :
Un muscle fixé solidement à une extrémité est
Fig. 43
attaché par l'autre bout au centre d'une membrane. On excite lenerf au moyen d'un téléphone : si l'on vient à parler devant cet appareil on entend la parole reproduite par la membrane vibrante
DIVKIISKS ONDBS III DIKKS lit
on appliquant l'oreille au cornet acoustique C. Comme le nombre moyen de vibrations de la parole est d'environ 5ooo par seconde, il esl démontre que le muscle répond à un pareil nombre d'excitations sans qu'il en paraisse rien à l'extérieur. M. le Professeur Oariel m'a fait observer que le nombre 5ooo est exagéré et qu'il faut le réduire au moins au g de cette valeur.
Si dans les procédés employés plus haut pour mesurer le temps perdu nous excitons le muscle par l'intermédiaire du nerf, nous pouvons mesurer la vitesse de transmission d'une excitation dans le nerf en excitant deux points différents. La dilférence de temps perdu donnera le temps mis par l'excitation pour se propager d'un de ces points à l'autre.
67. Diverses ondes étudiées. — L'étude des ondes uniques est encore entourée de beaucoup d'obscurité ; il est impossible de donner des résultats s'appliquant à tous les cas ; pour la facilité de l'exposition il faut encore faire une division :
i° L'organe soumis à l'expérience ne se trouve pas dans les mêmes conditions avant et après l'excitation ; nous avons affaire aux ondes de fermeture ou de rupture des courants;
2° L'organe est dans les mêmes conditions avant et après l'excitation ; c'est ce qui se produit pour les ondes induites de rupture ou de fermeture, et les décharges de condensateur.
68. Ondes de fermeture et de rupture des courants. — L'excitation produite par la fermeture et la rupture des courants est certainement le phénomène le plus étudié par les divers expérimentateurs qui ont abordé l'électricité biologique ; c'est une onde pareille qui a attiré l'attention de Galvani ; depuis lui, que de travaux ! et cependant nous allons voir combien la question est encore obscure. De nos jours, elle a pris une importance nouvelle en électrodiagnostique par suite des travaux de Erb qui a montré que la contraction musculaire provoquée par les ondes de fermeture et de rupture des courants subit des modifications profondes dans certains cas pathologiques. Voici, du reste, la définition donnée par Erb de ce qu'il appelle la réaction de dégénérescence et qu'il désigne par DR :
« La dégénérescence se caractérise en fait par la diminution et la perte de l'excitabilité faradique et galvanique des nerfs et de l'excitabilité faradique des muscles, tandis que l'excitabilité galvanique de ces derniers reste stationnaire et
ONDES DE rKHMi.niii: RI DE RUPTURE 151
qu'elle esl augmentée parfois notablement et varie toujours qualitativement d'une façon déterminée ».
69. — Pour faire cette exploratioo Erbemploie la méthode unipolaire, et voici la manière dont
il note les résultats de l'excitation galvanique.
La formule contient trois termes ; le premier donne le nom de l'électrode différente, c'est-àdire de la petite électrode avec laquelle on excite un muscle ou un nerf déterminé.
An, pôle positif ou Anode Ka, pôle négatif ou Kathode.
Le second terme dit si c'est une fermeture de courant, une ouverture ou un passage constant.
F, 0 ou D
Le troisième terme donne le résultat, secousse musculaire ou tétanos. Des accents ou des répétitions de lettres indiquent la grandeur de cet effet.
S, S', S" Té S, SS, SSS(').
(i) Dans les ouvrages allemands, F est remplacé par S <-l, S par Z, initiales des mots allemands correspondants.
Ainsi, par exemple, pour deux intensités de courant différentes on aura
KaFS
et
KaFS' AnFS AnOS
ce qui veut dire que pour la première intensité on n'a qu'une secousse à la fermeture, IaKathode étant appliquée sur l'organe. Pour la seconde intensité, la secousse est plus forte et on en a deux autres à la fermeture et à l'ouverture de l'Anode.
KaFS > AnFS
Cette formule signifie que la fermeture du courant produit une secousse plus forte quand l'électrode différente est négative que lorsqu'elle est positive.
Il ne manque qu'une indication, c'est celle de l'intensité du courant employé, Erb ne donne que le nombre d'éléments dont il se sert, ou écrit à côté de la formule l'angle de déviation produite à son galvanomètre, ce qui ne renseigne nullement le lecteur, et est fort étonnant de la part d'un homme qui proclame hautement qu'il n'y a que les Allemands qui aient fait quelque
ONDBS F>K FKH.MKTI1RK N DK RUPTURE 159
chose pour l'électricité biologique ; il vaudrait mieux donner l'intensité en unités adoptées depuis 1 8H i au congrès de Paris.
Quant aux ondes induites et aux décharges de
condensateurs, Krlt admet comme évident qu'elles ont le même elTet que des ondes de fermeture de courant ; la comparaison n'a pas encore été assez bien faite pour que L'on puisse se prononcer.
70. — Lorsque Ton agit directement sur le muscle, avec des ondes de fermeture ou des ondes de rupture les résultats se présentent sous une forme très simple, que l'on ait recours à L'excitatiou bipolaire ou unipolaire. Dans tous les cas, on a une secousse de fermeture plus grande que celle d'ouverture et naturellement cette dernière vient à manquer la première si l'on diminue peu à peu l'intensité du courant.
Si l'on agit par l'intermédiaire du nerf moteur, il n'en est plus de même ; les lois de l'excitation sont encore trop peu connues pour que l'on puisse comparer les expériences de la méthode bipolaire avec celles de la méthode unipolaire. Bien plus, les expérimentateurs qui ont employé l'une d'elles ne sont pas toujours d'accord ; cela tient à <■<- que par suite du défaut d'indications précises ils n'étaient pas dans les mêmes condi-
tions;nous avons vu que le nerf n'était pas également excitable en tous ses points, et que, suivant la période de son dépérissement, l'excitabilité était augmentée ou diminuée : que de causes d'erreur !
71. — Prenons d'abord la méthode bipolaire. Les faits qui se présentent avec le plus de régularité dans les diverses observations correspondent à ce que l'on a appelé la loi des secousses de Pflùger.
Voici quelles sont les trois périodes établies par cet expérimentateur lorsque le courant va en croissant :
Courant c
escendant
Courant
iscendant
Périodes
Fermeture
Ouverture
Fermeture
Ouverture
Nous ne pouvons malheureusement pas donner, dans ce tableau, une valeur numérique pour