CHAPITRE III
68. Temps perdu de Helmholtz. — Dans l'étude du courant continu nous n'envisagions que la période où le régime est établi et ne nous occupions pas du tout du début et de la fin de l'excitation. Avant d'entreprendre l'étude des ondes uniques il faut faire celle de la période latente d'excitation, appelée aussi « temps perdu de Helmholtz » , car nous avons vu que la contraction ne suit pas immédiatement la cause qui la provoque. La durée de ce temps perdu a mené certains observateurs à des conclusions très importantes, aussi devons-nous voir les divers procédés employés pour le mesurer.
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Si l'on se contente d'inscrire Bur un cylindre tournant le moment de L'excitation et la contraction musculaire, <»n s'expose à de grandes erreurs; car, ou bien le cylindre tourne lentement et alors l'erreur relative est grande, ou bien il tourne vite et la courbe de contraction venant tangente à l'axe des abcisses on ne peut déterminer où elle commence.
Fis. 41
64. Procédé employé par Helmholtz pour éluder cette difficulté. — Le muscle fixé à sa partie supérieure est relié à un levier tournant autour du point 0 et reposant par deux pointes sur deux contacts ; le muscle est excité par le courant induit d'une bobine de RubmkorlT, et le courant inducteur passe par les deux contacts et un galvanomètre p balistique. Si le muscle se raccourcit, le contact est rompu par
suite du soulèvement du levier. Si donc on
lance le courant en fermant le commutateur C, le courant inducteur ne passera que pendant le temps de l'excitation latente et le galvanomètre G aura une élongation dépendant du temps pendant lequel le passage a eu lieu, temps que l'on peut par suite en déduire. Pour éviter que le levier en retombant après l'excitation, ne referme le circuit, un des contacts est une pointe de cuivre trempant par son extrémité dans le mercure qui la mouille ; en la relevant peu à peu, le mercure est soulevé par capillarité et le contact est fait quoique la pointe soit au-dessus du niveau du mercure; si le contact se rompt il ne se refait pas. Ce procédé serait excellent si le courant prenait instantanément toute sa valeur, mais il y a une période variable de début par suite de la self-induction du circuit, qui fait que les temps ne sont pas proportionnels aux élongations du galvanomètre, ce qui rend la méthode d'une application difficile.
65. Autre procédé. — Le membre étant fixé à sa partie supérieure, on suspend à sa partie inférieure une aiguille en platine venant toucher la surface d'une masse de mercure ; le muscle peut ainsi être excité à l'aide de la bobine d'induction B par la fermeture ou l'ouverture de C,