CHAPITRE IV
Col ItANTS PÉRIODIQUES
Supposons qu'une onde électrique déterminée produise une secousse musculaire, si nous lançons périodiquement une onde par seconde, nous aurons une secousse par seconde.
En augmentant le nombre d'excitations nous voyons non seulement le nombre de secousses aller augmentant, mais les diverses contractions se fusionner de plus en plus jusqu'à un raccourcissement permanent, correspondant à environ une vingtaine d'excilalions par seconde;
on dit alors que le muscle est tétanisé. Il peut arriver qu'une onde ne produisant pas de secousse musculaire agisse alors qu'elle se répète périodiquement, il suffit parfois de la lancer à des intervalles d'une seconde ou d'une demiseconde pour qu'à chaque excitation corresponde une contraction.
A partir du moment où le muscle est tétanisé, les phénomènes d'excitation vont encore en augmentant avec le nombre des ondes, mais pas indéfiniment. Elihu Thompson a fait voir que lorsque le nombre des ondulations est très considérable, les phénomènes d'excitation ne se produisent plus. M. d'Arsonval a repris cette étude et est arrivé aux mêmes résultats. D'après ce dernier, l'action va en croissant jusqu'à 25oo ou 3ooo excitations par seconde, elle reste stationnaire jusqu'à environ 5ooo et de là va en décroissant jusqu'à 10000 où elle est nulle. Il n'y aurait au delà de 10000 excitations plus de contraction ni de sensation, mais le muscle téléphonique, décrit à propos du temps perdu, continuerait à reproduire exactement le nombre de vibrations.
M. d'Arsonval a fait ces expériences en se servant d'une machine dynamo à courants alternatifs dont l'onde passait par le circuit primaire
nisrosiTIFS POUR LES ORTKMR [89
d'une bobine d'induction ; le couranl Becondaire obtenu servail à l'excitation. Pour expérimenter .ivre mi nombre d'ondes par Beconde très consù dcr.ililc. If. d'Arsonval employa un résormateur de Hertz donnant 20 à a5 lui lions de vibrations a la seconde et il constata que les étincelles obtenues n'excitaient pas la grenouille et ne produisaient aucun phénomène sensitif; M. Joubert était arrivé aux mêmes résultats.
Si, au lieu de prendre un courant périodique lus rapide, on le prend assez lent, on arrive à ne plus provoquer la contraction musculaire, mais il y a alors, d'après M. d'Arsonval, augmentation des pbénomènes d'écbange se traduisant par une absorption plus grande d'oxygène et une élimination plus considérable d'acide carbonique :
85. Dispositifs divers donnant des courants périodiques. — Etudions maintenant 1rs divers dispositifs donnant des courants périodiques; cette récapitulation est des plus importantes) car dans l'état peu avancé de nos connaissances, sur l'effet des courants périodiques, on s'expose souvent à mettre en regard des expériences non comparables, d'où des confusions et des discussions interminables.
Un des appareils les plus employés par les
physiologistes dans leurs expériences d'électricité est la bobine d'induction, généralement sous la forme dite « Chariot de Dubois-Reymond ». Si la bobine d'induction peut être employée dans la pratique médicale ; si même un expérimentateur habile peut en tirer de bons résultats dans les expériences de laboratoire, il n'y a pas cependant d'appareil plus dangereux au point de vue des erreurs que l'on peut commettre.
Comme on sait, la bobine de Ruhmkorff et ses dérivés donnent des courants alternatifs ; or, un premier défaut au point de vue des applications à l'électro physiologie réside dans l'inégalité de l'onde directe et de l'onde inverse, non pas comme quantité d'électricité mise en jeu, mais comme forme d'onde, cela est souvent désavantageux et Helmholtz a cherché à y remédier au moyen du dispositif suivant : Au lieu d'interrompre complètement le courant inducteur, il fait simplement varier son intensité à l'aide d'une dérivation. Dans la disposition indiquée sur la fîg. 5o le courant, après avoir passé dans la bobine B, traverse un électro-aimant A et retourne à la pile, A attire le fer doux F et produit un contact en C, une partie du courant est dérivée à travers la résistance R. En disposant convenablement les résistances des di-
DISPOSITIFS POUR LF.S OllTKMIt
verses branches, Oïl arrive à rendre les < mirants
direct et inverse sensiblement égaux, si l'on
Fig. M)
veut que l'interrupteur fonctionne comme d'habitude, il suffit de rompre le circuit en D et d'abaisser la vis V au contact de la lame vibrante; on enfoncera aussi la vis V pour éviter les contacts.
Un autre inconvénient de l'interrupteur, plus grave que le précédent, est la modification que subit sa marche quand pour uni» raison quelconque le courant induit varie d'intensité; le
fait est facile à mettre en évidence. Lors^ qu'une bobine marche, il suffit de fermer ou d'ouvrir le circuit induit, ou de faire varier les résistances intercalées, pour entendre aussitôt changer le son du trembleur. Dans un chariot de Dubois-Reymond, sans rien modifier aux résistances, la bobine induite étant reliée aux corps sur lesquels on veut opérer, tout déplacement de la bobine modifie la marche du trembleur.
Enfin, ajoutons que nous n'avons aucun moyen de mesure; les diverses bobines ne sont pas comparables entre elles par suite du grand nombre d'éléments dont dépend l'onde induite. Parmi ces éléments il n'y en a guère qu'un sur lequel on ait quelques renseignements, je veux parler du fil de la bobine induite. Je ne m'arrêterai pas à l'opinion de M. Onimus qui attache la plus grande importance à la nature du métal dont est fait le fil et recommande spécialement l'argent allemand ; ce qui paraît établi c'est que pour produire la môme contraction, toutes choses égales d'ailleurs, les phénomènes douloureux sont d'autant plus intenses que le fil induit est plus fin ; cependant on peut modifier cet effet, comme l'a fait voir M. d'Arsonval en étalant l'onde induite, il suffitpour cela de relier aux extrémités du fil induit les deux armatures d'un