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Particularités relatives au cœur

Un cœur de grenouille séparé de l'animal continue à battre ; pour l'étudier comme un muscle ordinaire il faut d'abord l'amener au repos, cela se fait en séparant les oreillettes par une section faite un peu au-dessous du sillon auriculo-ventriculaire. La pointe du cœur est alors immobile et en la serrant dans une pince cardiaque on pourra prendre des tracés comme sur un autre muscle. Pour une onde unique on aura une secousse comme sur les autres muscles, avec un temps perdu. Cette secousse sera d'ailleurs plus ou moins haute suivant l'intensité de l'excitation, la température, etc., comme pour les autres muscles. Le passage d'un courant continu un peu intense donne, au lieu d'un raccourcissement permanent,une série de secousses analogues aux battements du cœur, dont la fréquence augmente avec l'intensité, mais qui ne se fusionnent pas peu à peu comme les secousses d'un muscle ordinaire. L'intensité augmentant encore, le cœur se contracte d'une façon permanente, mais d'après les divers auteurs qui ont étudié cette question ce ne serait pas une fusion de secousses.

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Après le passage du couranl le cœur se décontracté lentement sans revenir rcomplètemenl à sa position primitive. Lorsque l'on prend une excitation unique on a une secousse, si l'on prend une série d'excitations, la secousse va en

grandissante chaq excitation nouvelle; ainsi

il peut arriver qu'une excitation unique insufnV saule pour provoquer une contraction, la provoi(ue lorsqu'on la répète et que les diverses secousses aillent en augmentant à chaque excitation nouvelle; niais ce fait signalé comme une exception se produit aussi sur les muscles ordinaires comme nous l'avons dit plus haut.

Si au lieu d'opérer sur un cœur dont on a détruit les contractions propres on emploie un cœur non mutilé, on remarque un phénomène très curieux et très important au point de vue de la physiologie du cœur, c'est l'inexcitabilité de L'organe pendant une certaine période de sa révolution. Si l'on prend des excitations allant en croissant, on constate que pendant une période de sa contraction, le cœur n'est nullement influencé par l'excitation, cette période esl d'autant plus restreinte que l'excitation est plus forte et elle tinit par disparaître complètement (période diastolo-systolique de Marey); de" sorte que,

connue l'avait observé Bowditch, les excitations

très fortes sont seules infaillibles, les autres sont tantôt actives, tantôt inactives, suivant la période de la révolution cardiaque à laquelle elles sont faites. Ce phénomène a donné à M. Marey l'explication des contractions périodiques produites par un courant constant, les contractions créant un véritable état variable de l'excitation.

D'après M. Dastre, on peut reproduire le même phénomène sur la pointe du cœur battant sous l'influence d'excitations périodiques. Ce qui distingue surtout les battements de la pointe du cœur séparée des battements normaux, c'est qu'en lançant un courant périodique dans le premier cas on a autant de battements que d'ondes ; une onde supplémentaire donne un battement supplémentaire ; au contraire, sur le cœur normal on ne peut que hâter l'apparition du battement suivant, et le repos qui suit la systole s'allonge d'autant.

D'après ce que nous venons de voir, on comprend que le courant périodique, tétanisant pour les muscles ordinaires ne l'est pas pour le cœur ; il accélère le rythme surtout si on agit sur la pointe isolée, mais il est rare d'obtenir un tétanos à peu près complet, il faut pour cela des courants très intenses.

Une phase de moindre excitabilité a été signa-

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lée sur 1rs muscles volontaires : d'après Boudet de Paris, pu lançant deux excitations successif es,

le muscle répond moins à la seconde qu'à la

première.

92. Muscles lisses. — Les muscles lisses réagissent d'autant mieux à l'excitation électrique que cette excitation est moins brève, les courants continus sont les plus efficaces ; c'est ce qui a amené Boudet de Paris à les utiliser pour provoquer les mouvements de l'intestin dans les cas d'occlusion. Legros et Onimus ont pu prendre des traces des contractions provoquées sur les muscles lisses par l'excitation électrique en introduisant dans l'intestin d'un animal en expérience un petit ballon dont les modifications de volume étaient transmises à un tambour récepteur de Marey, mais les résultats qu'ils ont pu tirer de ces expériences ne sont pas très nets; la question serait à reprendre.

93. Nerfs centrifuges autres que les nerfs moteurs. — L'excitation électrique des nerfs < cntrifuges, autres que les nerfs moteurs est très mal connue. Donders dit avoir pu vérifier la loi des secousses de Pflûger sur le pneumogastrique. Il produisait L'arrêt du cœur à L'aide de ferme-

tures ou de ruptures du courant descendant ou ascendant. L'arrêt se produit d'abord à la fermeture du courant ascendant, puis à celle du courant descendant, puis à l'ouverture du courant descendant et enfin à l'ouverture du courant ascendant. Quand le courant augmente beaucoup, la fermeture du courant ascendant et l'ouverture du courant descendant cessent de produire leur effet.

On a aussi étudié l'action de l'excitation électrique des nerfs vaso-moteurs,soit par l'observation des variations de calibre des vaisseaux, soit en enregistrant des variations de pression ou de vitesse du sang. Suivant certains auteurs, les courants ascendantet descendant produisent le même effet ; suivant Legros et Onimus, le courant ascendant produit une constriction, le courant descendant une dilatation.

94. Nerfs centripètes. — Outre les diverses actions de l'électricité sur les tissus que nous avons vues, il y en a d'autres beaucoup plus difficiles à étudier car on ne peut observer directement leurs effets; c'est l'excitation des nerfs sensitifs et l'excitation des nerfs de sensations spéciales. Ces nerfs sont comme les nerfs moteurs excités par la variation d'intensité des courants. Un des rares

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résultats qui paraisse à peu près net, c'eal l'exei» tation unipolaire des nerfsè travers la peau sur L'homme; nous avons déjà signalé le fail plus haut; ce phénomène esl absolument inverse de

col ni que l'on rencontre quand on provoqué la contraction musculaire, o'est-a-dire que pour des actions faibles le pôle positif est plus actif (pie le pôle négatif, puis au boni d'un certain temps il y a inversion. On conçoit que ces expériences soient encore bien moins précises que celles où la méthode graphique permet d'enregistrer l'effet produit, quant à opérer sur les animaux il n'y faut pas songer, ou ne peut se guider sur la douleur qu'ils manifestent. On a voulu étudier les réflexes produits, mais ce moyen est très infidèle ; à une même excitation ne correspondent pas des réponses égales.

95. — Pour les nerfs de sensation spéciale, on a étudié les phénomènes visuels, olfactifs, auditifs et gustatifs. C'est l'excitation du nerf optique qui adonné les résultats les plus nels, et encore les auteurs sont-ils loin d'être d'accord sur les couleurs observées puisqu'il y a une question d'appréciation. Los phénomènes olfactifs n'ont pas encore été signalés. Pour exciter le nerf auditif, il faut prendre quelques précautions, et ne

pas introduire dans l'oreille des liquides pouvant donner lieu à des sons perturbateurs; il suffit de placer une éponge imbibée d'eau salée et servant d'électrode sur le pavillon de l'oreille en exerçant une légère pression, l'autre électrode est placée sur la nuque, on arrive à produire de cette façon des sensations de sons plus ou moins vifs. Pour éprouver des sensations de goût on met un pôle d'une pile sur la langue, on touche l'autre de la main et suivant que le pôle positif ou négatif est sur la langue, on éprouve un goût acide ou alcalin, il est fort probable qu'il ne s'agit ici que d'actions chimiques.

96- Action sur les animaux unicellulaires. — On sait que certains animaux unicellulaires sont doués de mouvements consistant en variations de forme ; il était important de rechercher l'action de l'excitation électrique sur ces cellules. Les expériences les plus intéressantes ont été faites par Engelmann sur YAmœba difftuens. Voici les principaux résultats obtenus :

Les courants induits sont plus excitants que les courants continus. L'effet se produit après un certain temps perdu, d'autant plus long que l'excitation est plus faible. Si le courant d'excitation est très faible, après un court temps perdu,

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il y a arrél <l«is mouvements amiboïdes, puis après une ou deux secondes, les choses reviennent à leur étal primitif. Si l'excitation est plus forte, les mouvements s'arrêtent aussitôt, et ranimai tend vers la Forme sphérique, et au IkmiI d'un certain temps, il reprend sa forme allongée. Enfin, plus l'excitation est forte, plus rapidement l'Amœba tend vers la forme sphérique.

Engelmann a aussi fait quelques remarques intéressantes sur l' Arcella vulgaris, eu utilisant les bulles d'air qui se trouvent au milieu du protoplasma et qui lui ont permis de voir comment se distribuaient les tensions dans l'intérieur de la cellule au moment de la variation de forme. Au moment de l'excitation, les bulles d'air qui avaient des formes variées devinrent spbériques, ce qui donne à croire que l'intérieur des cellules se comporte à ce moment comme un liquide.

Si l'on observe des cils vibralils l'excitation électrique semble produire un changement dans la fréquence et dans l'amplitude des vibrations.

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