LE SANG
Nous étudierons dans ce chapitre :
1° Le sang défibriné, c'est-à-dire le sang débarrassé de sa tibrine, qui contient le pigment sanguin et les substances extraclives dissoutes (urée, sucre) ;
2° Les substances albuminoïdes, c'est-à-dire le sang coagulé :
a) La fibrine;
sérum-globuline (paraglobuline) ;
S) Le sérum
( sérum-albumine;
3° L'analyse quantitative du sang.
Matières colorantes du sang.
Le sang renferme de l'hémoglobine, soit libre, soit combinée à l'oxygène (oxyhémoglobine, méthémoglobine), soit combinée à des gaz étrangers, oxyde de carbone (carboxyhémoglobine). Cette matière colorante présente, par elle-même et par ses dérivés, une importance considérable en médecine générale et en médecine légale.
Owliéniogloliine. Owht'moglo-
bine.
Préparation de V oxyhémoglobine. — On soumet le sang défibriné à l'action de la force centrifuge pendant une heure ou
une heure et demie; au bout de ce temps, les hématies ont gagné le fond des cylindres, et le sérum clair s'est séparé. On décante celui-ci et on lave la masse globulaire à l'aide d'une solution de chlorure de sodium à 0,6 %• On centrifuge de nouveau pendant deux heures. Au bout de ce temps, on décante la couche limpide. Après plusieurs lavages, la masse globulaire est presque complètement privée d'albumine.
On mélange alors la masse des globules avec deux ou trois volumes d'eau saturée d ether sulfurique. L'éther doit être de réaction neutre et privé d'alcool. Les globules du sang se gonflent et deviennent invisibles, et la liqueur prend un aspect caractéristique de laque; on y ajoute prudemment, et goutte a goutte, en agitant fortement, une solution à 1 °/0 de sulfite de sodium, jusqu'au moment où le sang se trouble et reprend l'aspect du sang frais.
Sous l'influence de ce sel, les stromata des globules se rétractent, s'agglomèrent au fond du vase et la force centrifuge les sépare facilement du liquide.
On refroidit à 0° cette solution décantée et tout à fait claire; on y ajoute le quart de son volume d'alcool pur, préalablement refroidi à 0", ou mieux, à plusieurs degrés sous zéro; on agite à l'air et on laisse reposer pendant vingt-quatre à quarante-huit heures à — o° ou — 15°.
En général, tout le liquide se prend en une masse de cristaux brillants; on les broie, on les jette sur un filtre refroidi et on les lave avec de l'alcool à 25 °/0 refroidi. On redissout toute la masse dans une faible quantité d'eau à 30°; on refroidit à 0° et on fait recristalliser par l'alcool. On dessèche clans le vide sur de l'acide sulfurique.
L'oxyhémoglobine cristallise en formes variables, selon les
espèces animales. Ces cristaux se présentent sous la forme de tétraèdres (cobaye) ; sons celle de prismes rhombiques allongés (chien); de courts prismes orthorhombiques (cheval) ; parfois la cristallisation se t'ait difficilement (homme, porc).
Cristaux tl'oxyhémoglobine.
Elle est soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool qui l'altère ù la longue. Les acides et beaucoup de sels des métaux lourds la précipitent de ses solutions, mais en la décomposant.
Caractères sjieclroscopiijues de l'oxyliémoglobine. — En solution cencentrée, l'oxyhémoglobine détermine l'absorption de tout le spectre, excepté le rouge jusqu'à la raie C. En solution plus étendue (0,5 à G %„), les solutions montrent deux raies d'absorption caractéristiques, situées entre D et E ; elles sont d'inégale largeur : l'une (a), placée près de D, est étroite, nette;
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l'autre ({3), située plus près de E, est large, diffuse, mal délimitée. (Voir planche, spectre n° 1.)
L'oxyhémoglobine est réductible et l'addition de quelques gouttes d'une solution de sulfure d'ammonium réduit l'oxyhémoglobine à l'état d'hémoglobine et le spectre de celle ci remplace le spectre de celle-là.
Hémoglobine réduite. — Elle existe dans le sang veineux; on peut facilement la préparer extemporanément en faisant agir sur de l'oxyhémoglobine, ou sur une solution de ce corps, un réducteur puissant (sulfure d'ammonium). La solution d'oxyhémoglobine perd sa rutilance et prend une teinte violacée.
Caractères sjiectroscojnques de /' hémoglobine réduite. — L'espace clair qui sépare l'une de l'autre les deux bandes d'absorption de l'oxyhémoglobine s'obscurcit dans le spectre. Les bandes d'absorption de l'oxyhémoglobine pâlissent et entre elles apparaît une bande unique, large, diffuse, qui est donc située entre D et E du spectre. (Voir planche, spectre n° 2.)
Combinaisons de l'hémoglobine avec des gaz.
a) MélliémogloJiine. — C'est une combinaison oxygénée de l'hémoglobine, qui se produit sous l'influence des agents oxydants sur l'hémoglobine (permanganate de potassium, nitritc d'amyle, etc.), et qui se distingue de l'hémoglobine en ce que dans le vide elle ne dégage pas d'oxygène libre.
Caractères speclroscopiques. — Les solutions neutres ou faiblement acides de méthémoglobine possèdent une large bande
d'absorption dans le rouge, entre <l et l>, plus près de C, et une bande mal délimitée entre D et F. (Voir planche, spectre m" :!, en solution alcaline; n° 4, solution acide.)
b) Carbaxvhémogloliine. — La préparation des cristaux est Carboivbémo*
globine.
tout à fait semblable à celle des cristaux d oxy hémoglobine ;
leurs formes cristallines sont comparables. Leurs solutions sont moins vivement colorées; elles possèdent plutôt une teinte carminée. Le vide mercuriel les décompose et dégage l'oxyde de carbone.
Caractères' speclroscopiqu&t. — A un degré suffisant de dilution, les solutions de carboxy hémoglobine montrent deux raies d'absorption situées entre D et E. Ces raies se différencient peu des raies de l'oxyhémoglobine ; plus déjetées vers E, elles se maintiennent malgré la conservation prolongée de la solution, ce qui constitue un caractère différentiel précieux; elles ne se modifient pas par l'addition de quelques gouttes d'une solution réductrice.
Outre ces propriétés spectroscopiques, la carboxyhémoglobine présente quelques réactions chimiques qui la caractérisent.
Caractères chimiques. — L'ébullition des solutions neutres de carboxy hémoglobine détermine la formation d'un coagulum d'un rouge vif.
On ajoute à 3 c. c. du sang suspect environ 100 c. c. d'eau distillée, on y ajoute quelques gouttes de soude caustique et une solution aqueuse d'acide pyrogallique, et l'on conservé a l'abri de l'air. Le sang normal prend dans ces conditions une
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couleur d'un brun sale; la carboxyhémoglobine donne un précipite d'un rouge vif.
L'hémoglobine et ses combinaisons avec les différents gaz sont instables; sous l'influence des acides et des alcalis, elle se décompose, se dissocie en une substance protéique et un pigment. Le pigment, en l'absence d'oxygène, est de l'hémochromogène; en présence d'oxygène libre, l'hémochromogène se transforme en hématine; en l'absence d'oxygène et dans un milieu acide, le fer de l'hémochromogène ou de l'hématine forme avec l'acide un sel ferreux et le pigment se transforme en hématoporphyrine.
Héniocliroiiiogène. — La grande instabilité de l'hémochromogène et l'action rapide qu'exercent sur lui les acides et l'oxygène n'ont pas permis jusqu'à présent d'en réaliser la préparation, celui-ci en donnant l'hématine, celui-là l'hématoporphyrine.
Hémaim?. Hématine.
Préparation de l'hématine. — On dissout, dans une solution très diluée de soude caustique pure, des cristaux d'hémine bien laves, à l'eau, à l'alcool, à l'éther; on filtre, on précipite par l'acide chlorhydrique dilué, on lave à l'eau chaude le précipité brun, on continue ce lavage jusqu'à ce que les eaux de lavage ne précipitent plus par l'addition de nitrate d'argent. On sèche d'abord à basse température, puis à 120°.
C'est un corps non cristallisé, qui brûle au delà de 180°, sans fusion préalable; il dégage de l'acide cyanhydrique et laisse un squelette d'oxyde de fer (12.6%).
Insoluble dans l'eau, l'alcool, l'éther, le chloroforme, un peu
soluble dans l'acide acétique glacial, surtout à chaud, elle se
dissout très bien dans tous 1rs liquides alcalins et reste insoluble dans tous les véhicules acides.
Caractères Spectroscopiques. — Ces caractères varient selon que l'on s'adresse à une solution acide ou alcaline.
En solution alcaline, elle fournit un spectre caractérisé par une absorption complète jusqu'au rouge, puis une large bande mal délimitée, diffuse, située entre C et D, mais atteignant et dépassant I); tout le reste du spectre n'est pas influencé.
En solution acide, elle fournit une absorption beaucoup plus grande du spectre. Celui-ci est totalement absorbé jusqu'au rouge; puis, entre C et F, s'espacent une série de quatre bandes d'absorption dont la première, droite, située au milieu de l'espace qui sépare C et U dans l'orangé, est étroite et caractéristique; entre D et E, deux raies semblables à celles de la niétliémoglobine; enfin, une quatrième entre b et F, bien marquée et bien sombre; le bleu et le violet sont modérément absorbés.
Ilénune ou chlorhydrate d'hematine C^IL^N^FeO^HCl. — La Hémine. préparation de ce corps a acquis une grande valeur en médecine légale. La préparation des cristaux de Teichmann constitue en effet le meilleur moyen de déceler la présence du sang.
Préparation des crislaux (Chemine. — On chauffe dans un verre de montre et sur une petite flamme quelques gouttes de sang, ou de solution d'oxyhémoglobine, ou de matières suspectes, et très peu de chlorure de sodium et d'acide acétique glacial. On agite et l'on pousse la chauffe jusqu'à l'ébullition: puis on laisse refroidir la solution, on la réduit. On l'examine
au microscope cl l'on constate l'existence de cristaux caractéristiques, se présentant sous l'aspect de tables rhombiques obliques (cristaux de Teiclimann).
Insolubles dans l'eau; dans l'acide acétique glacial; soluble dans l'acide acétique bouillant.
Cristaux d'hémine.
Hémaio- Hématoporplrjiiiic. — Lorsqu'on fait agir d'une façon pro-
porpliyrine. .
longée un acide minerai sur une solution d nématine, le ter qu'elle contient forme avec l'acide un sel ferreux, et l'hématine se transforme en un composé nouveau, l'hématoporphyrine.
Préparation de l'hématoporphyrine. — Méthode de Nencki et Sieber. — On fait agir environ 75 grammes d'acide acétique glacial saturé d'acide brombydrique sur 5 grammes environ de cristaux d'hémine; on chauffe pendant vingt ou trente minutes le ballon au bain-marie, jusqu'au moment où il n'y a plus de dégagement d'acide bromliydrique; on verse cette liqueur dans une grande quantité d'eau distillée. Il se forme,
dans la liqueur colorée en rouge foncé, un précipité brunâtre, floconneux. On laisse reposer quelques heures, puis on filtre, on neutralise le filtratum par une solution de soude caustique; on refiltre pour recueillir le précipité; on sèche grossièrement, puis on fait digérer au bain-marie dans de la soude caustique, on sépare des résidus ferreux et l'on abandonne
la solution au repos.
Pendant le refroidissement, la paroi du vase se recouvre de cristaux d'hématoporphyrine associée à la soude. On décante et l'on dissout ces cristaux dans l'acide acétique; le pigment se précipite, on décante, on lave le précipité à l'eau; on le dissout prudemment dans de l'acide chlorhydrique et on laisse évaporer la solution rouge foncé dans le vide sur de l'acide sulfurique.
La majeure partie du chlorhydrate d'hématoporphyrine se prend en une masse de fines aiguilles. On lave celles-ci dans l'acide chlorhydrique a 10 %; on les redissout dans de l'eau tiède que l'on acidulé en quantité surlisante par l'acide chlorhydrique, on filtre, on ajoute de l'acide chlorhydrique de 1.12 et l'on évapore dans le vide.
Les solutions acides de ce chlorure d'hématoporphyrine, traitées par l'acétate de sodium, laissent précipiter l'hématoporphyrine libre, sous forme de flocons bruns.
L'hématoporphyrine (C1GH18N.20;3) est insoluble dans l'eau, peu soluble dans les acides dilués, plus soluble dans les acides concentrés; soluble dans les alcalis, très soluble dans l'alcool acidulé ou alcalinisé.
Caractères spectroscopiques. — En solution acide, l'hématoporphyrine présente deux raies d'absorption, l'une pâle et
étroite, à cheval sur la raie D, mais débordant celle-ci vers la gauche; l'autre large, plus foncée, située entre D et E, avec sa plus grande accentuation vers E.
En solution alcaline pas trop diluée, elle présente quatre raies : deux raies foncées, l'une étroite, entre D et E, plus près de D; l'autre large, entre b et F, débordant légèrement b, sans atteindre F; deux raies plus pâles, étroites : l'une entre C et D, l'autre entre D et E, plus près de E.
Le sang tient en solution des bases azotées, des hydrates de carbone et des sels dont l'extraction et le dosage présentent un grand intérêt. Tels sont l'urée et le sucre.
Les procédés d'extraction de ces corps présentent un point commun : la précipitation des albumines du sang. 11 existe de nombreuses méthodes qui réalisent ce desideratum.
Recherche Recherche du sucre dans le sang. — Dans ce cas, la précipitadu sucre. tion des albumines s'obtient de la façon la plus favorable par
la méthode de Schmidt-Mulheim-Hofmeister.
On prélève 50 grammes de sang au moins, on dilue de dix fois le volume d'eau et l'on chauffe dans une capsule; lorsque les premières vapeurs apparaissent, on ajoute 4 à 5 c. c. d'une solution à 18 °/0 de perchlorure de fer et 15 c. c. d'une solution à 60 % d'acétate de sodium, et l'on porte à l'ébullition. La liqueur prend alors une coloration chocolat, et entre les flocons du précipité le liquide apparaît limpide. On neutralise prudemment à l'aide de carbonate de soude en cristaux, jusqu'à ce que la réaction ne soit plus que faiblement acide; une réaction faiblement alcaline n'entrave point l'opération. On filtre, on presse le précipité à la main d'abord, puis à la
DK CHIMIE l'MYSlOLOCIQUK. 99
presse; on le reprend par l'eau acidulée; on répète l'extraction à plusieurs reprises; on réunit, on concentre les différente extraits aqueux a un volume déterminé, et l'on y recherche la présence du sucre, soit qualitativement par la phénylhydrazine, soit quantitativement par la liqueur titrée de Fehling. (Voir chap. VIII : Dosage du sucre.)
Recherche de l'urée dans le sang. — On mesure un volume Recherche
de déterminé de sang (50 c. c), on coagule l'albumine par addi- l'urée.
tion d'un volume suffisant d'alcool; on laisse sédimenter pendant douze heures, on filtre et on évapore, à une température inférieure à 75°, le filtratum a consistance sirupeuse.
On reprend le résidu de cette évaporation dans l'eau chaude et l'on traite par un excès d'acétate basique de plomb. On obtient une masse épaisse, filtrant difficilement; pour faciliter le passage à travers le filtre, on ajoute à la liqueur un peu de sulfate d'alumine, puis de l'eau de baryte, jusqu'au moment où il ne se forme plus de précipité; on fait passer un courant d'acide carbonique et l'on filtre. On précipite le plomb par un courant d'hydrogène sulfuré, on filtre, on chauffé pour chasser l'excès d'hydrogène sulfuré.
La liqueur étant ainsi préparée, on précipite l'urée par le nitrate mercurique (voir chap. VIII : Méthode de dosage de l'urée. Solution de Liebig) et l'on neutralise l'acide libéré par de l'hydrate de baryte. On lave soigneusement le précipité, on le débarrasse des graisses par lavage a l'éther de pétrole, on suspend le précipité dans l'eau chaude; on précipite le mercure par un courant d'hydrogène sulfuré et l'on évapore prudemment le filtratum à une température inférieure a 78°.
On caractérise les cristaux obtenus par les réactions suivantes :
1° On dissout quelques cristaux dans une goutte d'eau distillée, que l'on place sous le microscope : sur le bord de la lamelle on fait arriver une goutte d'acide nitrique concentré ou de solution d'acide oxalique qui pénètre sous la lamelle par capillarité. Il se produit un précipité cristallisé caractéristique de nitrate ou d'oxalate d'urée. (Voir chap. VIII.)
2° On place sous le microscope quelques cristaux non dissous et recouverts d'une lamelle ; sur le bord de celle-ci on dépose une gouttelette de solution d'hypobromite ou d'hypochlorite de soude. On observe la production d'un dégagement gazeux.
§ 2. — Albumines du sang.
Le sang, dès sa sortie des vaisseaux, se coagule, c'est-àdire que, dès ce moment, de la fibrine se précipite, entraînant dans ses mailles les éléments figurés du sang. Après quelques heures, lorsque les conditions de température et de repos sont favorables, le caillot se rétracte en expulsant de son réseau un liquide jaune citrin, albumineux : le sérum.
Sang coagulé
Caillot, Sérum
fibrine liquide et facilement et pigments. séparable.
Fibrine. Fibrine. — La fibrine se présente sous l'aspect de longs fila-
ments blancs, élastiques; insoluble dans l'eau, elle se dissout
lentement, si elle esl fraîche, c'est-à-dire non coagulée chaleur, alcool), dans des solutions pas trop concentrées de
substances alcalines (NaCI; NO;iK; NO»Na, etc.); des solutions faibles a 0.2°/» d'acide chlorhydrique agissanl à une température de il)1, la gonflent d'abord, la rendent plus transparent'' et finissent par la dissoudre en la transformant en syntonine. (Voir chapitre : Digestion.)
En présence d'eau oxygénée (H^O2), elle produit un dégagement de fines bulles de gaz.
Sérum. — Liquide jaune citrin, de coloration plus ou moins Sérum sanguin. foncée, parfois opalescente (graisse et albumines), de réaction alcaline.
Le sérum sanguin renferme deux substances albuminoïdes : la sérum-albumine (serine de Denis) et la sérum -globuli ne (paraglobuline), dans la proportion de 22 à 15 °/0; par sa richesse en albumines, il est justiciable de toutes les réactions générales des substances albuminoïdes.
Préparation du sérum. — On prépare le sérum sanguin en abandonnant à la coagulation, dans des vases de forme cylindrique, le sang qui sort des vaisseaux. Après quelques heures, le caillot se rétracte, expulse le sérum du réseau de fibrine.
On peut aussi déiibriner le sang par le battage : on filtre le sang défibriné à travers une toile d'étamine, puis on laisse sédimenter; les éléments ligures gagnent le fond du vase et le sérum, assez coloré, s'amasse dans les couches les plus superticielles; ou bien on soumet à l'action de la force centrifuge pendant quelques heures. On décante, dans ces conditions.
un sérum non complètement dépourvu d'éléments figurés; on soumet de nouveau à la centrifugation, et l'on obtient alors un sérum bien clair et limpide. On recueille le sérum à l'aide de la pipette.
Albumines Séparation de la sérum-albumine et de la sérum-globuline. —
>du
sérum. 1" On dilue le sérum de cinq fois son volume d'eau et l'on fait barboter pendant plusieurs heures dans un courant d'acide carbonique; la globuline se précipite, l'albumine reste en solution. Ce procédé ne permet pas la séparation complète des deux substances.
2° Procédé de Hamuiarsteii. — Ce procédé est plutôt un procédé de préparation de la globuline à l'état de pureté.
On dilue le sérum dans vingt fois son volume d'eau, puis on y ajoute du sulfate de magnésie en cristaux jusqu'à saturation. La globuline se précipite, l'albumine reste dissoute. On filtre, on lave le précipité sur le filtre au moyen d'une solution saturée de sulfate de magnésie. 11 est utile de renouveler à plusieurs reprises la dissolution et la précipitation de la substance.
3° Procédé de Drechsel. — On étend le sérum de trois fois son volume d'une solution saturée de sulfate d'ammoniaque; puis on ajoute, en agitant continuellement le mélange, de nouvelles quantités du même sel en cristaux, jusqu'à sursaturation. Les deux substances albuminoïdes se précipitent; on filtre, on lave le précipité sur le filtre à l'aide d'une solution saturée de sulfate d'ammoniaque; on peut aussi reprendre le précipité dans un peu d'eau et précipiter de nouveau les deux substances protéiques.
On dissout le précipite'' lavé dans le moins d'eau possible et l'on élimine les sels par une dialyse énergique. La globuline se précipite peu à peu, à mesure de l'appauvrissement de la solution en sels; l'albumine reste dissoute. Lorsque la dialyse est terminée, c'est-à-dire lorsqu'il ne passe plus de sulfate d'ammoniaque à travers la membrane, on filtre, on lave le précipité sur le tiltre. On neutralise exactement le filtratum, on le soumet de nouveau à la dialyse, on tiltre, et on l'évaporé à basse température, 40° environ. Lorsque la liqueur est refroidie, on précipite l'albumine à l'aide d'alcool fort, on tiltre immédiatement, on presse le précipité, on le lave à l'éther pour chasser l'alcool qui altère les propriétés de la substance et l'on dessèche sur acide sulfurique.
Propriétés de In sérum-albumine. — La sérum-albumine se Sérum -
albumine.
dissout dans l'eau dans toutes les proportions et donne une liqueur claire.
Elle est insoluble dans l'alcool qui la précipite et en altère rapidement les caractères; elle est peu ditTusible; elle dévie la lumière polarisée vers la gauche [a]D = — 62°. 6 à — 64°. 59.
En présence d'une quantité suffisante d'acide acétique, la chaleur la coagule; la coagulation se produit d'une façon progressive; vers 60° à 65°, le liquide albumincux se trouble et la précipitation en flocons se produit vers 7U2" à 73°. La richesse de la solution en sels influence beaucoup la température de coagulation.
Le sulfate d'ammoniaque en cristaux, en excès, la précipite de sa solution sans l'altérer; le sulfate de magnésie ne l'influence pas; par contre, si on sature de sulfate de soude la solution albumineuse déjà saturée de sulfate de magnésie,
l'albumine se précipite; le chlorure de sodium à saturation n'entraîne pas la précipitation de la sérum-albumine.
En résumé :
Solubilité dans l'eau;
Indifférence en présence de la saturation par le sulfate de magnésie, le chlorure de sodium;
Précipitation par la saturation de cristaux de sulfate d'ammoniaque ;
Coagulation de 72° à 73° ;
Rotation — 62°.6 à — 64°.59.
Sérum- Caractères de la sérum-gloliuline. — La sérum-globuline est
globuline.
insoluble dans l'eau, dans l'alcool qui la précipite en l'altérant
et en en modifiant les propriétés ; elle se dissout dans l'eau
salée (5 à 10 °/0); elle se dissout moins bien si la solution est
plus riche et aussi plus pauvre en sel.
Les solutions légèrement alcalines précipitent par l'addition d'acides, même d'acide carbonique; la sérum-globuline n'est point altérée par cette action. Les solutions légèrement alcalines, saturées d'acide carbonique, laissent précipiter la globuline sans l'altérer; l'excès d'acide carbonique redissout une partie du précipité; l'expulsion de cet excès entraine la précipitation de la globuline.
Les cristaux de sulfate d'ammoniaque en excès la précipitent complètement ; le sulfate de magnésie agit de même (Hammarslen); le chlorure de sodium la précipite complètement, mais seulement si la globuline est pure.
La sérum-globuline coagule à 75°; elle dévie la lumière polarisée [a]D = — 47°. 8 à - 48°. 2.
DE CHIMIE PHYSI0L0GIQ1 i 108
Eo résumé :
[nfolubilité dans l'eau; solubilité dans l'eau salée à 10%;
Précipitation par ta saturation au moyen de cristaux de sulfate de magnésie;
Précipitation par la saturation au moyen de chlorure de sodium en cristaux, niais seulement à l'état de pureté;
Coagulation à 7o°;
Déviation [a]„ = — 47°.8 à — 48°.2.
Le fibrinogène qui se rencontre dans le plasma sanguin fait Fibrinogènek généralement défaut dans le sérum; cependant, dans des conditions indéterminées, il peut se faire qu'il en reste un excès libre après la coagulation du sang.
Il possède la plupart des propriétés de la paraglobuline et s'en différencie par son point de coagulation : 52" à ;>5°.
S 3. — Analyse quantitative du sang.
I. Réaction du sang. — Il est assez difficile de rechercher la Réaction
du réaction du sang; le pigment sanguin reste fixé sur le papier sang.
de tournesol qu'il colore et peut facilement faire admettre une
donnée erronée.
Aussi a-t-on jugé utile de modifier les méthodes d'essai.
Liebreich arrose de teinture bleue ou de teinture rouge de tournesol des plaques de plâtre ou de terre poreuse. Sur ces plaques préparées d'avance et desséchées, on laisse s'écouler quelques gouttes de sang; puis on lave à grande eau. Si le sang est alcalin, la place où s'est écoulée la goutte de sang se marque sur le fond rouge général de la plaquette par une tache bleue; dans le cas où le sang est acide, la place de contact se marque par une tache rouge sur fond bleu.
Zuntz recommande l'emploi de bandelettes de papier glacé et imprégné de teinture de tournesol. On humecte le papier à l'aide d'une solution de chlorure de sodium ou de sulfate de soude, puis on le plonge à plusieurs reprises dans le sang; on relave le papier à l'eau chlorurée ou dans la solution de sulfate de soude.
On a préconisé même des méthodes permettant d'apprécier en chiffres l'alcalinité du sang.
Von Jaksch établit une échelle de dix-huit solutions différentes, composées :
I. 1 c. c. de solution renferme 0.9 c. c. d'acide tartrique, Viooo N;