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L'URINE NORMALE

L'étude chimique de la sécrétion urinaire est des plus importantes. C'est elle qui fournit les renseignements les plus précis sur la nutrition d'un organisme; c'est, en effet, par l'urine que s'élimine la totalité des dérivés oxydés des substances albumi- DOÏdes; il s'ensuit qu'elle reflète d'une façon presque mathématique l'état de la nutrition.

Elle renseigne aussi l'existence de certains états pathologiques avant même qu'aucun symptôme objectif ne se soit manifesté.

Les moindres détails de cette analyse acquièrent de l'importance et permettent au médecin de s'orienter dans sa recherche clinique.

Nous étudierons :

1° Les caractères physiques de l'urine ;

2° Les caractères chimiques généraux ;

3° Les caractères chimiques des principaux éléments constitutifs de l'urine et les méthodes qui permettent d'en déterminer la quantité.

§ 1. — Caractères physiques.

4. Couleur. — La couleur de l'urine peut, dans certains cas, Couleur fournir des renseignements précieux à l'analyse.

On peut distinguer pour l'urine une couleur normale et une couleur anormale.

a) La couleur normale varie du jaune au rouge brunâtre. On admet des degrés divers de coloration : les urines pâles, c'est-à-dire les urines jaune-paille ; les urines normalement colorées, variant du jaune d'or au jaune d'ambre; les urines concentrées, allant du jaune rougeâtre au rouge ; les urines sombres, du rouge brunâtre au brum noirâtre. Vogel a classifié ces différentes teintes en une échelle de coloration croissante.

On comprend qu'à ces variations de couleur correspondent vraisemblablement des variations dans la composition chimique, et avec un peu d'habitude, l'inspection de l'urine permet de présumer dans quelle voie l'analyse doit être conduite.

b) Couleur anormale. — L'urine peut aussi présenter une couleur anormale. On donne ce nom aux urines colorées par des substances étrangères, soit que celles-ci proviennent directement de l'organisme, soit qu'elles dépendent de l'ingestion de certains mets ou de certains médicaments.

Les principaux pigments étrangers qui peuvent se rencontrer sont les matières colorantes du sang, les pigments biliaires, etc. Les médicaments qui peuvent influencer la couleur de l'urine sont : le phénol, l'acide chrysophannique, la santonine, etc.

Nous reviendrons plus tard sur l'étude de ces pigments étrangers (voir chapitre IX).

Odeur. 2. Odeur. — L'odeur de l'urine n'est pas sans importance.

Elle peut, par elle-même, renseigner sur l'existence de cer-

tains états pathologiques, voire même révéler certaines simulations.

Uui o*a été frappé de l'odeur urineuse ou ammoniacale que dégagent certains malades atteints de cystite? Il nous est arrivé d'avoir décelé dans l'urine d'une hystérique la présein le de lait fermenté, parce que l'odeur spéciale de l'urine nous avait mis en défiance.

5. Poids spécifique. — Il y a, en général, des rapports étroits Densité, entre la couleur de l'urine et son poids spécifique. Ce n'est guère que dans le diabète qu'il n'en est pas ainsi ; une urine claire et pâle renferme généralement peu d'éléments dissous ; par contre, si l'urine est foncée, on peut admettre a priori qu'elle est riche en matières dissoutes.

Le poids spécifique de l'urine varie de 1002 à 1040.

On apprécie le poids spécifique soit à l'aide du densimètre, soit à l'aide du pycnomètre.

Le densimètre-uromètre devra renseigner les densités de Densimètre, 1000 à 1040. Il est bon d'avoir deux densimètres, l'un allant de 1000 à 1020, l'autre de 1020 à 1040, afin d'apprécier avec plus de précision la densité du liquide soumis à l'analyse.

Pour mesurer la densité de l'urine par le densimètre, on la verse dans un cylindre en verre, en ayant soin d'éviter la formation de mousse, et l'on y plonge lentement l'instrument.

Le cylindre doit avoir une largeur suffisante pour que le densimètre flotte librement, sans adhérer aux parois du vase.

On attend, pour faire la lecture, que l'instrument ait pris une position d'équilibre et on lit sur l'échelle graduée le point d'affleurement du sommet du ménisque.

Pycnomètre. L'appréciation de la densité au moyen du pycnomètre repose sur le principe suivant : on pèse un même volume d'eau distillée et d'urine, et l'on divise le poids de l'urine par celui de l'eau.

Le pycnomètre le plus employé consiste en un petit ballon en verre mince, d'une contenance de 25 ou 50 c. c, bouché à l'émeri et portant au col un trait de jauge.

Le col est étroit, afin de réduire au minimum les erreurs de lecture.

On détermine une fois pour toutes le poids de l'instrument vide et sec, puis on remplit jusqu'au trait avec de l'eau distillée et l'on attend pour déterminer le poids que le ballon ait pris la température du milieu ambiant. On vide, on rince, on dessèche l'instrument et l'on procède de même pour déterminer le poids de l'urine.

§ 2. — Caractères chimiques généraux.

liéactiou Réaction. — La réaction de l'urine est ordinairement acide,

de l'urine.

c'est-à-dire qu'elle rougit le papier de tournesol bleu; elle peut cependant, dans certains états physiologiques et surtout dans certaines maladies, prendre une réaction alcaline, c'està-dire bleuir le papier de tournesol rouge. Enfin, il est des cas peu déterminés où la réaction est amphotérique, où l'urine réagit à la fois comme un liquide acide, c'est-à-dire rougit le papier de tournesol bleu, et comme un liquide alcalin, bleuissant le papier de tournesol rouge.

Ordinairement, l'urine normale présente une réaction acide, dont les éléments sont restés jusqu'à présent indéterminés; il est rare cependant qu'un acide libre y prenne une part quel-

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conque, et l'on peut admettre que généralement l'acidité est sous la dépendance de sels acides (phosphate acide de soudr, lactates, urates, hippurates).

L'acidité de l'urine est un élément permanent, c'est-à-dire Urines acides, qu'une urine à réaction acide conserve assez facilement son degré d'acidité.

Parfois cependant il n'en est pas ainsi, et l'acidité augmente par la conservation de l'urine; il s'agit vraisemblablement, dans ce cas, d'une décomposition du sucre qui existe, d'une façon normale, dans un nombre relativement élevé d'urines.

Le plus ordinairement l'acidité de l'urine diminue.

Ce changement de réaction dépend, en tout premier lieu, de la formation de carbonate d'ammoniaque. Celui-ci se forme facilement aux dépens de l'urée, sous l'influence d'un ferment; mais, tandis que cette fermentation ne s'accomplit que tardivement dans une urine normale, elle se produit facilement et rapidement quand les conditions sont favorables à la fermentation ammoniacale.

On peut facilement s'assurer que l'élément neutralisant est le carbonate d'ammoniaque; l'urine bleuit légèrement le papier de tournesol rouge, mais ce virage ne résiste ni à la dessiccation ni à la chaleur.

Si l'urine est neutre ou alcaline, l'alcalinité peut dépendre : Urinesalcalinea

ou neutres.

a) De la fermentation ammoniacale de l'urine, soit après l'émission, soit déjà dans le réservoir urinaire;

b) De la présence d'un excès de bases fixes, dépendant soit de l'ingestion de certaines substances salines (carbonates alca- ' lins), soit d'une nourriture riche en sels, soit de troubles peu déterminés du métabolisme.

Proportion Détermination de la proportion de résidu solide et de résidu lixc. —

de résidu solide

ei de L'urine renferme un grand nombre de corps dissous ; ceux-ci

résidu lixc.

s'y trouvent en forte proportion. Le montant du résidu s'élève dans la moyenne des cas à 4.5 °/0 de matières solides.

Les unes, organiques, sont constituées principalement par les dérivés azotés des substances albuminoïdes (l'urée, l'acide urique, etc.) ; portées au rouge, elles brûlent sans laisser de résidu fixe, c'est-à-dire qu'elles dégagent tous leurs composants sous forme de gaz (acide carbonique, azote, vapeur d'eau).

Les autres sont les sels inorganiques, dont les principaux sont les chlorures. Ces sels constituent le résidu fixe, c'est-àdire la portion du résidu qui ne se décompose pas au rouge.

Si donc on évapore à siccité, à une température de 75°, une quantité pesée ou mesurée d'urine, on pourra, par la pesée du résidu solide, déterminer à peu près la quantité de substances dissoutes (décomposition de l'urée). La calcination de ce résidu, puis la pesée des parties non brûlées donnent la proportion de résidu fixe.

Caractères des principaux composés organiques.

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