‹ Technique de l'orchestre moderne, faisant suite au Traité d'instrumentation et d'orchestration de H. Berlioz;Chapitre 16 sur 80 · PIANO · texte numérisé non relu

PIANO

(Heupel & C'^, Editeurs-Propriétaires.)

Très souvent on voit les Clarinettes assimilées aux Flûtes et forcées d'articuler comme elles dans des mouvements très rapides, témoin

LA CLARINETTE

ce début de la Symphonie Romaine; AW* virace.

Flûtes.

Clarinettes en La.

Bassons.

Cors en La.

*fc

fp

fp'

fp

Les clarinettistes vous avoueront ici qu'ils s'efforcent d'être aussi agiles que leurs voisins d'en haut, mais que leur exécution manque de pureté'; et que, s'ils étaient au premier plan, ils se ferraient plutôt défavorablement remarquer.

9.§— La Clarinette n'est guère inférieure au Hautbois sous le rapport de la respiration. Les deux instruments peuvent être mis de pair. Exemple: la rentrée en /«b, après la phrase du Cor, dans l'Adagio du Septuor:

Adagio.

Clarinette

dolce.

n ^Mf ric/irur^Jl;

(Beethoven.)

Un bon clarinettiste ne respire pas après le crescendo + , mais seulement deux mesures plus loin, après le la. Autre exemple:

Moderato

Clarinette en5'ïk

dimin.ed agitato poco a poco.

Nous avons calculé avec M. Turban, professeur au Conservatoire de Paris, que la respiration (dans une tenue pîatio du médium) pouvait durer de 40 à 45 secondes.

LA CLARINETTE

Trilles et Batteries.

10. §— Depuis r application du système Boehin perfectionné par Buffet, au mécanisme de la Clarinette, tous les trilles majeurs et mineurs sont possibles du mi grave au sol\ suraigu :

-^ -^ tous possibles inclusivement.

Quelques-uns sont moins brillants, ou moins faciles c'est-à-dire plus lourds: les voici:

— • |?^peu brillant. [,^b^ un peu revêche.ij;^ ^difficile

possibles avec une clef spéciale.

\ë^^ (le ré% un peu bas.)

Nota: Le doigté de la Clarinette se reproduit .à la douzième^ aussi la clef spéciale qui permet maintenant le trille grave si rfo#,permet-€lle le trille /ff Jf .so/it.

m('diocres. (le sol% un peubas)

lourds..

Nota:

se trouve dans les Maître fi Chant enrfi.

ll.§— En réalité on peut écrire tous ces trilles, même les médiocres (surtout s'ils participent à un ensemble d'autres trilles) jusqu'à celui-ci:

Nota: Le so/ij(*)ect un peu bas, mais on pourrait encore l'employer pour renforcer les Flûtes, par exemple.

dangereux.

12. §— Voici maintenant la liste complète des trilles et batteries:

LA CLARINETTE

Liste complète des Trilles et Batteries.

Nota: Toutes les batteries deviennent lourdes, dès qu'elles ont dépassé la quinte.

-MMj^iir^jpiir

lourde.

-à^ 3M> "^ 3ry -ày -27

difficiles.

peu brillant.

etc.. Toutes les batteries possibles jusqu'à l'octave.

if

etc.. Toutes possibles jusqu'à l'octave.

un peu revêche.

e/<?.. Toutes possibles jusqu'à l'octave.

e/c. Toutes possibles jusqu'à l'octave.

lourd.

etc.. Toutes possibles jusqu'à l'octave.

etc..'^.''''^'^rf\^''' sauf: -^ jusqu'à l'octave, . 1

^^ Nota: Les trois no-

Tj tes /fl',sel:»,.«'lî, tou-

II y jours délicates à

Pl7>/ "î^X attaquer.

lourdes.

^^^ Toutes possibles ^^^^.

jusqu'à l'octave,

^f^^ Toutes possibles g^^^^.

jusqu'à l'octave.

un peu lourd.

LA CLARINETTE

j/y "|JjJ

Toutes possibles , ^ P^ ^^ etc.. , ,, ,, , sauf: 1 r} -^\r} g

jusqu'à l'octave, ■■ 1 . | ff | ..

lourd.

lourdes.

Toutes possibles „ etc.. . ,, „ ^ sauf:

jusqu'à l'octave,

, Toutes possibles ^ etc.. . .,^, , sauf:

lourdi^s.

|,JtvJ J^^'~ '" jusqu'à l'octave, ' ^

lourdes.

^ , Toutes possibles , T I g^<^--- • ,; 1, . sauf:

u^ji jusqu'à l'octave,

lourdes.

i rfl Fu^= etc.. Toutespossibles ^^^^, -^— T -1^ ~~J^ jusqu'à l'octave, rJ J, a

lourdes.

f^ IL S II etc.. Toutespossibles ^^^^ ^S ^rTj^ ''jt^->3P " jusqu'à l'octave, f""^-^'

pos.-ible.

lourde.

l fU ih^ etc.. Toutespossibles ^^^^, jQ

l<p ^J^y ^Ji^^ jusqu'à l'octave, ^J},

lourde.

l ^f^ ?Ù\ etc.. Toutespossibles ^^^^, f^ ^ ff^ Jt " jusqu'à l'octave, fg^/

r^n.ciWû. lourde.

possibles.

JP 1^ ^ Il [^ ^ ^fi" ^°**"- ^P^^*^^ ^^' *■*'•

possibles. difficiles. "^^

ment difficiles.

i t>p> \h\^ ^^-- T-^«P;'f^f ^^ sauf: ^

^ Ugi '' t^J jusqu'à l'octave, ^^

et au-delà difficiles.

possible.

LA CLARINETTE

'j g,fr> etc.. Toutes possibles ^^^j. ^^ '^ jusqu à 1 octave, — ^ ^

i-Af fkf ^^,... Toutes possibles ^^^^^ ^ i~^=^ ""^^ jusqu a loctave, — •"

et au-delà difficile.

et au-delà difficile.

'^U'fUfk \\efe.. Toutes possibles ^ ^^ g ^ F^— H jusqu\~i Toctave, E

/fi>/f 4f

lourd

difficiles, i bonnes., i

tr (*) Cet ut est difficile ^ à faire sortir piano,

très délicat d'attaque.

Wfe^nzcfe

f^6'.. Toutes possibles jusqu'à ut.

\\rrf\\r^'^

etc.. Toutes possibles jusqu'à ut.

e/c?.. Toutes possibles jusqu'à ut.

iff ll^fff

lourd.

lourd.

e/i".. Toutes possibles jusqu'à m)'.

^/"r.. Toutes possibles jusqu'à nt.

e^fî.. Toutes possibles jusqu'à ut.

etc.. Toutes possibles jusqu'à ut.

LA CLARINETTE

difficiles au-dessus.

éviter les batteries au-dessus.

bon mais le ré h, , difficiles.

est un peu bas.

+ . r^''5bas.

ffp — • fff^jj — éviter les batteries au-dessus

presquMmpossible. possible, difficile.

difficile.

Iy->^p f^ I^P iiIy-^I

lourds I difficile.

éviter les batteries au-dessus.

éviter les batteries au-dessus.

C^ éviter les batteries au-dessus.

difficile.

éviter les batteries au-dessus.

Q îfj II

dangereux de monter plus haut. (Voir paragr. ll,page 31).

Transposition.

13.^— Nous avons \ti (paragraphe 4) que la Clarinette en nt était abandonnée de nos jours et qu'on n'écrivait plus que pour des Clarinettes en si\> et en la.

Tout ce qui a été dit pour Tune est vrai pour l'autre^ elles ont toutes deux le même mécanisme, les mêmes qualités, les mêmes petites défectuosités. La seule différence est dans le timbre, la noblesse du son, la doucpur, la plénitude de la Clarinette en la^ sans compter, je le répète, ce précieux nt^ que ne peut donner, dans le grave, la Clarinette en si k

LA CLARINETTE

Clarinette Alto.

14.§— Une quarte au dessous de T instrument type: en fa (en prenant 8i\> comme ton-type). Elle est peu pratiquée aujourd'hui. Voici son étendue:

Eé

effet:

Elle ne peut monter plus haut.

Mendelssohn a écrit deux Duos pour Clarinette Alto et Clarinette

en si\>. I

Petite Clarinette.

15. §— Elle, non plus, n'est pas d'usage fréquent, sauf dans les musiques militaires où on la joue accordée en mi)}: le son réel donne la tierce mineure au-dessus de la note écrite.

Berlioz s'en est servi dans la nuit de Sabbat de la Symphonie Fantastique: Wagner dans le Final de la Walkyrie: (alors elle est accordée en ré^ mais souvent l'exécutant transpose et se sert du type ordinaire en mi\> .)

fesi

um

fJ(B.

Schott's Sohne à Mayence, Editeurs-Propriétaires.) (/iff Walkyrie^ p. 442.)

Clarinette Basse.

16. §— S'écrit comme la Clarinette en .9/I? ou la Clarinette en la et donne l'octave inférieure.

Elle va du mi grave à Viit aigu. (Les sons ne sortent plus au-dessus

de cet lit.)

JL

effet en Si

effet en La

LA CLARINETTE

Naturellement, on remploie surtout dans le grave où se trouvent ses plus belles notes. Son mécanisme est le même que celui de Tinstrument type.

C'est une admirable voix chantante-, Meyerbeer, le premier, l'a mise en relief dans les Htigîienots et le Prophète. Wagner ensuite Ta adoptée comme basse presque constante de la masse des instruments à vent, comme renfort des Bassons, ce qui ne l'empêche pas de la faire aussi chanter ça et là... (Lisez le 3® Acte du Tannhavser^ le 3® de Lohengrùi^ Dante -Symphonie {h^ Purgatoire), de Liszt, le S^Acte de Samson et Dalila etc..

Ecoutez l'effet des tenues des Clarinettes, Clarinettes-Basses et Bassons accompagnant la prière d'Elisabeth...

17.§— La Clarinette basse peut passer du forte au pianissimo aussi facilement que Finstrument type lui-même. Si Ton voulait dégrader une phrase en échos, par Topposition de trois instruments à vent, je crois qu'on pourrait obtenir ainsi l'effet cherché:

■■ " Basson. Cor. Clar. basse.

(Notes réelles.)

.rVoici d'ailleurs un exemple tiré de la Légende de Lorelcy \

Moderato.

Clar. basse B.

Cor F.

pp

(A.Bertelin.)

La Clarinette obtiendrait certainement dans ce concours de sonorités comparatives, le prix àe pianissimo, à Tunanimité.

18.§— Meyerbeer et Wagner ont écrit la Clarinette-Basse comme si c'était Finstrument type lui-même (en le considérant comme un jeu de 16 pieds). C'est la notation française.

A partir de Lohengrin, Wagner récrit en clef de fa:

Clar. basse en Lu.

effet:

(\. Durand & Fils, Editeurs-Propriétaires.)

38 LA CLARINETTE

Il y a là une cause sérieuse de confusion-, il s'agirait de s'entendre. Les Cors, les Violoncelles réclament une réforme à ce sujet: ils restent à chaque instant incertains sur l'octave voulue par le compositeur, troublés qu'ils sont par les divers systèmes. Cela ne vaut-il pas la peine d'un congrès?

A mon avis, la notation en clef de fa se rapproche plus de la réalité. Ecrire en clef de sol une Clarinette qui joue à l'unisson d'un Basson en clef de /?, me semble d'une incohérence égale à Ibrthographe des doux mots Harpe et arpèges!

Votons pour la clef de /«.

19.§— Auteurs et Œuvres à étudier: Mozart {Concerto)\ Weber (2 Concertos^ 1 Concert ino, Varia fions, Quintette., Sonate) ^ Spohr (Concerto)'^ Schumann (Pièces)-^ '^YVih.ms (2 Sonates, Trio, Quintette) '^ Morceaux-Etudes pour rinstrument, de Kalliwoda, Frédéric Béer, Klosé, Morceaux de Concours de Messager, Marty, Rabaud etc..

Ecouter (pour remploi de la Clarinette en si\>)^ dans le Tamihauser, la Scène de Vénus et Tannhauser au l'^^'Acte, l'Entrée de Tannhâuser et de Wolfram au 3«, la Prière d'Elisabeth au 3®*, = (pour celui de la Clarinette en /ff), dans la Prise de Troie toute la belle scène d'Andromaque au tombeau d'Hector.

20. § — Remarque: Une des erreurs les plus fréquentes quand on commence à orc"hestrer, consiste à prendre les Flûtes, Clarinettes ou Bassons comme fond sur lequel se développe la trame des instruments du premier plan en ne s' inquiétant guère du niveau où on les écrit. En somme on veut un fond neutre, c'est-à-dire des sonorités qui se fassent oublier, un simple appui, une façon d'orgue doux et lointain. Si vous écrivez des tenues de Clarinettes dans le grave, il en résulte aussitôt l'effet dramatique de Freischiitz, et la couleur de votre fond devient agressive et lugubre -, vers l'aigu, votre fond arrive tout-à-coup et malgré vous au tout premier plan où il crie...

Le vrai registre neutre de l;i Clarinette, celui qui semble continuer, la Flûte et qui

sert d'intermédiaire entre elle et le Basson, c'est le médium de mi à si\>: ffe ^' t'o j)

registre neutre.

(Déjà Vnt -^ " est plus sonore.)

Quand Robert Franz a cherché à réduire (pour les salles de Concert n'ayant pas d'orgue) la partie d'Orgue des Cantates de Bach, c'est aux Bassons et aux Clarinettes qu'il s'est adressé, en ayant soin d'écrire ces dernières dans leur registre moyen, de façon à se rapprocher autant que possible du son, pour ainsi dire anonyme, du médium d'un Bourdon ou d'une Flûte d'orgue. Il ne pouvait faire autrement. Rien de triste comme une tenue de Clarinette écrite trop bas.

Le Basson.

l.§-- Etendue de trente-sept notes du si\> grave au si\> aigu;

Il est dangereux, à Torchestre, de dépasser cette limite; mais dans un morceau de virtuosité, on peut monter une tierce au-dessus et écrire

le ré

Si Wagner n'a pas craint, une fois, d'aller jusqu'au îm\ c'est d'aljord parce que son thème l'exigait, et qu'ensuite l'intensité des Violoncelles et des Altos jouant à l'unisson devait rendre sans conséquence tout accident possible à pareille altitude:

Allegro.

(Tannhauser, Onvertme, p. 25.)

(A.Durand & Fils, Editeurs-Propriétaires.)

L'ancien Basson ne se pratiquait guère au-dessous du sol 8 pieds.

Puis on le fit descendre jusqu'au S2'i>, mais sans pouvoir obtenir le s/t] et l'w/l; de telle sorte qu'il était, dans le bas, diatonique, puis (à partir du mz\>) chromatique:

Ancien Basson.

etc.

. chromatique.

I diatonique

Mozart,qui écrit merveilleusement pour Tinstrument, le maintient d'ordinaire dans ses anciennes limites, du so/ grave au so/ aigu 5 très rarement il le fait descendre, comme par exemple dans TOuverture de Bon Giovanni (ou il donne le ré grave) ou dans l'Andante du Concerto en ui mineur {ut grave).

2.§— Dans le ^r/«?, toutes les ti'ente-sept notes du Basson peuvent être considérées comme également bonnes : il n'en est pas de même dans le piano^ le si^ et le r^',en bas de Téchelle, étant difficiles à attaquer, le miV

40 LE BASSON

du médium un peu haut, les quatre notes suivantes, mi\^fa^fa%^ sol^ étriquées-, le la\> aigu assez mauvais et enfin le ré suraigu exigeant quelque préparation:

\Ky o fo " lit

ÏE

un peu haut, u

étriquées.

j mauvaise, a préparer.

^ difficiles à attaquer piano.

3.§— En réalité cette basse du groupe des "Bois" est un instrument de

sonorité très inégale, passant d'une admirable quinte grave : ^ï' ^^

à un assez bon médium: V'i ^,^-^^^^^°^ puis, après quatre notes faibles, à une

septième de sonorité délicieuse, très voisine de celle du Cor: |ln t>o-^'^

ensuite, après un mauvais la b, à une quarte suraigue d'un timbre éteint, produit par un tube dont le diamètre s'amincit de plus en plus.

in ~a~

suporbes

iE

satisfaisantes assez bonnes.

étriquées.

délicieuses.

amincies.

a préparer.

La quinte grave est assez sonore pour lutter de puissance avec les cuivres: le si\> pourrait servir de basse à des Trombones. Toutefois il faudra tenir compte, le cas échéant, de la vigueur de poumons nécessaire à des sons de telle intensité, et craindre d'essoufler l'exécutant.

4.§— Depuis Wagner, on fait souvent descendre le Basson jusqu'au /«; on pourrait aussi bien le faire descendre plus bas encore en augmentant la longueur du tube... Sans doute dans quelques années, tous les Bassons devront-ils nous donner ce /<?, mais il est prudent aujourd'hui de ne pas dépasser le s/b, la grande majorité des instruments n'allant pas au-dessous.

Articulation.

5.§— Comme le Hautbois et la Clarinette, 4e Basson se sert de l'Articulation simple. Du si\> grave au si\> aigu, sur une étendue de trois octaves, il peut détacher ou répéter tous les sons, soit forte soit piano^ presqu'aussi aisément que le ferait l'archet d'un violoncelliste.

LE BASSON

Ainsi dans le grave :

m^mimm^'

Dans le registre moyen et à Paigu:

(J=i38) "^ i' rr^f''^ ''" " 11111// // //

Naturellement, dans des effets de ce genre, il faut éviter les difficultés de trop longue durée, la langue s'embarrassant assez vite: il faut non moins soigneusement éviter de laisser l'exécutant trop à découvert .

6. §— C'est avec une surprise mêlée d'admiration que Ton constate la légèreté d'une masse d'instruments à vent aux prises avec des articulations rapides: feuilletez les partitions de Wagner, de Liszt, de Berlioz, de Brahms, de Tschaikowsky, de Glazounow, de Borodine 5 les exemples abondent: depuis Beethoven, pas un compositeur qui n'ait ainsi, dans Fextrême vitesse, opposé ce groupe des "Vents" à celui du Quatuor.

Si, par hasard, vous prenez à part chaque membre du g roupe,(à l'exception des Flûtes, bien entendu) vous serez étonné de la timidité, de la lourdeur, de Tincorrection même de quelques-uns. Isolés, ils prennent peur^ mais ensemble, c'est la perfection, la sécurité même.

7.§— Le Basson, comme on l'a vu plus haut (paragraphe 3), a des notes d'une justesse relative que l'exécutant met toute son habileté à dissimuler; f'.iites doubler ces notes douteuses par les Violoncelles, elles paraissent alors excellentes.

Voici quatre mesures dont la basse avait été confiée par un compositeur inexpérimenté à un Basson solo.

Andantint

Plûtes,

Basson.

"\:ffr^À^\\Jh

Or cette basse, se trouvant dans le registre de X assez bon mrdium et des 7iotes étriquées (paragraphe 3), semblait maigre et fausse, non certes par la faute de Texécutant, mais parce que, alors, c'était le timbre même de Tinstrument qui laissait à désirer.

LE BASSON

Aussitôt que le compositeur eût dissimulé ces notes défectueuses sous le pizzicato des Violoncelles, les choses prirent une autre tournure:

Basson.

Violoncelle.

Pizzicato.

Tout se fondit dans un très sympathique unisson, dans un ensemble d'une justesse absolue.

7.§— Ainsi que les Hautbois et les Clarinettes, quand il s'ai^-it d'articulations liées, le Basson aime mieux monter que descendre:

AlleQ:ro.

AUes;ro. ■ |z z^^f^

Allro-ro.

Toutefois, lorsque l'écart entre les notes liées n'est point trop considérable, ou le mouvement trop rapide, les liées descendantes ^ sont praticables:

Moderato. ^ £:J\ a tempo.

Ci-^ 1^ '^

Notes détachées, sauts d'octaves, de dixièmes, de douzièmes, de dou-

LE BASSON. 43

ble octave etc. le Basson les exécute avec une invraisemblable agilité: Allegro. T ^ '

Vira. îi îi ii t± ïi

as

^ 'CJ CJ

^,\— Jrtindations descendantes a éviter:

% Or II& ifQr

Toutes les liées descendantes partant de sot\?^ mi\>^ /-<?, iit%^ut\'.

Mauvaises:

"^tr^'^-'Uijrj^ff

Mauvaises:

■' il 43 y j 4J ' w

9.§— Dans un mouvement tent {<in exceptant bien entendu les articulations ci-dessus) les articulations descendantes sont possibles à condition qu'on les emploie dans l'ensemble, non dans un Solo:

Lent mT:^ aT# f>^ f^

JfX *X .^X *x #x *x M:\. *X Jt.\ M.

^lA

LSTLari^^^^^

*^d — *Ni^

#\ *\ *\ Jt\ M.\ ÉL\ Ax JLx #\ A. *\ 4»

En prenant pour point d appui n'importe quelle note de récholle, on peut descendre ainsi la gamme chromatique ^ mais, encore une fois, c'est assez dangereux, et il ne faut pas aller vite.

LE BASSON

10. §— N'est-il pas extraordinaire qu'un instrument qui descend plus bas que le Cor, et qui émet des sous graves si intenses, puisse se livrer à des acrol3aties, à des souplesses interdites à tous ses voisins? Quels services ne rend-il pas à Torchestre? Il se prête à toutes les combinaisons, se fond avec tous les groupes. Bois, Cuivres, Cordes : on le met à toutes sauces.

Il renforce un accent du quatuor, sans qu'on soupçonne sa présence:

AUcirro nioUo

yons

Alt.

yeUes

(J. Hamelle, Editeur-Propriétaire.) (ChrM.W. 2^ SyJnphOTlie^ p. 130.)

Il complète le groupe des Cors, s' assimilant à leur timbre avec assez d'homogénéité pour se confondre avec eux: And^'' tranquillo.

Clarinpt in A.

Bassons.

Cors inE.

Basses.

^te

pp

zz:

(Mendelssohn, Sommernachtstraum.)

11 peut porter sur les épaules, sans faiblesse aucune, toute la masse harmonique •.

LE BASSON

Flûte.

Hautbois.

Clar. in B.

Cors

in F.

in F.

Bassons.

I Hi,! ! I I 1 1

■^■(Wifi-nor,

(B. Schott's Sohne, Editeurs-Propriétaires.) — ^ ^:r= — Meîstersinger, p.354.)

Son appoint dans les dessins des Violoncelles et des Contrebasses, voire même dans Fensemble du Quatuor, contribue puissamment à en augmenter l'énergie et l'intensité:

Flûtes.

Hautbois.

Cors inB.

Tromp. in B.

Bassons.

Timbales.

Violons.

Altos.

Ba.'^ses.

(Beethoven, Symphonie JV)

LE BASSON

Il sait, au besoin, se faire aussi léger que le pizzicato dos instruments à cordes:

Fliltes &

Hautbois.

Bassons.

Violons.

Basses.

^'"" "i ''lii'i

PZ±Z

¥HMrjj:

Pizz

TT

( Mo yerbr'cr, Sfnff'?ispe.) (Benoit Aine, Editeur-Propriétaire.)

Et d'ailleurs n'est-il pas aussi souple qu'un pizzicato^ ce «détaché»» du Basson dans la Sérénade de Mépliistophélès:

Hautbois

Basson.

Violons.

Altos.

Méphist.

Basses.

ùk

i ff •> ii^

Pizz.

Pizz.

t>'Li'') r r

Pizz.

Ainsi ton salant t'a

* — il-*

pel le

(Choudens, Editeur-Propriétaire.) (GrOUnod, Faust.)

En rassociant à la Flûte à deux octaves de distance, Mozart a tiré du Basson le timbre le plus doux, le plus gras de rorchestre. Parfois même encore il le fait jouer ainsi à deux octaves du Violon:

Flûte.

Basson.

tih,.,VffrffJ'|fft^te

'Hr^^Uf.

{Il Flauto Magiro, Ouverture.)

LE BASSON

Violons.

Basson.

(iXozze di Figaro.)

Il suffit d'ouvrir au hasard une partition quelconque pour trouver des exemples de cette singulière faculté qu'a le Basson de se prêter à tout, discrètement, avec une efficacité et une opportunité sans égales.

Respiration.

11.^— Règle générale: Plus on descend, dans Péchelle des instruments, plus il faut dépenser de soiiffle.

Or, voici le maximum que peuvent donner les poumons d'un Bassoniste dans le grave, le médium ou Taigu, d'après expérience faite avec M. Eugène Bourdeau, professeur au Conservatoire.

Dun'e de 4 mesures.

Durée de 9 mesures.

En montant plus haut, on ne dépasse guère ce maximum-, et, bien entendu, s'il s'agit de jouer forf, ces durées se trouvent assez sensiblement diminuées, la longueur du son étant en raison inverse de son intensité.

Trilles et Batteries.

12. §— Depuis le sïh jusqu'au fa grave, tous les trilles sont impossibles, sauf deux:

Depuis le fa grave jusqu'au .s/b suraigu, presque tous sont possibles,

LE BASSON

t impossibles i i tn"'s mauvais j ' médiocrps 1 i diffieilos

Voici, d'ailleurs, le tableau complet de ces trilles:

, mf'diocres mais possibles..

Possibles.

Impossibles.

5fc

ir.^ir^^ in^ tr^

JP hr^ ^

bon, mais lourd, trop haut

Possibles.

Impossibles.

(Impossible, ainsi qu'à l'octave au-dessus.)

Bons.

Mauvais.

-^ ii.g3 .^\>'^ ^\^ ^w^ ^ypD

(mauvais, ainsi qu'à Toctave au-dessus.)

!>'bg^r^ ^Xc^iffJ^ Il l|l;r^7' r#^pT^ f^'iff' Il \\^^\'l

g II \\U^ [J

^lEff

(possible médiocre.)

(Iinpossible,ainsi qifà l'octave au-dessous.)

(mauvais, ainsi qu''à Toctave au-dessous.)

(possible, mais peu juste.)

LE BASSON

Il est dangereux de monter plus haut à r orchestre.

tous

^•) Remarque: Ce trille mi fa\ était jadis classé parmi les plus gauches: aujourd'hui lUS les virtuoses, Payant travaillé, depuis Bizet, le font sortir brillamment.

Moderato. , ^t ^^^fj^^r^

Basson.

Orchestre.

ïf^

(Choudens, Editeur- Propriétai re.) (CarZKfW, p. 177)

13. §— Quant aux Batteries, elles deviennent à peu près impraticables sur les instruments graves comme le Basson ou le Cor. Il serait d'ailleurs, bien difficile de trouver dans les oeuvres des maîtres, quelque exemple à citer.

Au-dessous de Vut du médium, l'effet produit serait plutôt malheureux: à partir de cet ut^ on dépasse quelquefois la tierce, mais cette tierce même est le plus souvent impraticable sinon en montant, au moins en descendant.

P^^ "^^ "^^ miiuvais.

Impossibles au-dessus.

Impossibles au-dessus.

ëT ëJ i g;

Impossibles' au-dessus.

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