‹ Technique de l'orchestre moderne, faisant suite au Traité d'instrumentation et d'orchestration de H. Berlioz;Chapitre 23 sur 80 · XE · texte numérisé non relu

XE

lE

efft't:

<ti>o<»

:©=ïï

XE

XT

;^:s:rF^

llTT-»-

Ainsi que nous Tavons déjà constaté (page 63) la notation du Cor se trouve une octave trop bas quand on écrit en clef de fa. Supposons par exemple, deux Cors à lunisson dans l'octave B C*, si le premier joue en clef de sol et le second en clef de /z, Tunisson pour notre oreille sera noté en octave pour notre œil! 0 triomphe de T Illogisme! Pourquoi ne pas faire de la clef de fa la suite naturelle de la clef de sol ?

Donc, dans cette étendue chromatique de quarante-trois notes, pas de notes défectueuses et, sauf le so/# (r/#+) manquant au Cor ascendant.

LE COR

pas de lacunes

Cor.

effet:

Reg-jstre du

fe=D=»f^

SHS1555SU

du second

premier Cor (ascendant)

fV; t>; !t> QyQ

ojti» QJfQ g

^^ ojfo o ^

iaJA» ^:l

Cor (descendant)

Trois Colorations.

5.§— Avec la riche et poétique sonorité des sons naturels du Cor, nous avons encore deux colorations très spéciales, très caractéristiques, celle des Sons Bouchés et celle des Sons Cuivrés.

Le Son Bouché est produit par une sourdine-, le Son Cuivré ^ViV la main dans le pavillon. L'un est fail)le, l'autre fort.

Le Son Bouché^ qu'on doit avoir soin de désigner par le mot: Sordini (gedampft), correspond à l'expression du pianissimo le plus absolu^ c'est l'écho du son ouvert. Rien de plus facile, de plus rapide que de glisser la sourdine dans le pavillon*, l'exécutant ne s'interrompt pas même pour cela: il tient l'instrument de la main gauche et place son appareil avec la droite:

XE

XE

ZS51

Moderato.

=^ PP (Sordini.) (Sordini.)

Rit.

pp

Moderato.

mf

cjN- r-Cj'ir

PP

(Sordini.)

(Thème populaire.)

LE COR

Flûtes & Clar.

J^ Anda7ite.

(j. Schubert 4 Cie, Editeurs-Propriétaires.) (Liszt, FaUSt.)

Délicieuse la sonorité à peine perceptible des Cors sous le dessin des Violons, sonorité de velours, vraie caresse pour l'oreille.

Quant aux Sons Cuivrés, résultat d'un effort, ils sont produits par la main oblitérant la moitié du tube: les lèvres donnent le demi-ton audessus, et le mouvement de la main fait redescendre d'autant le son émis. Si, par exemple, l'exécutant veut cuivrer le /•<?, il attaquera un mi\>^ en même temps que son poing abaissera d'un demi-ton la colonne d'air.

Le Compositeur a plusieurs manières de les indiquer.

Par une simple croix placé au-dessus de la note à cuivrer:

CorsE

IGT

^p (Wagner, Tristan)

(Breitkopf & Hiirtel, Editeurs-Proprie'taires.)

Par le mot enivré (gestopft f)

(Gestopft.)

CorsE

lâ

TT i i A i k i

Par la croix et le mot cuivré réunis:

+[Gpstopft )

k k k k k k (Wag-ner, Rheingold.)

(B.Schott's

Sohne, Editeurs- Proprie'taires.)

in E

(B. Schott's Sohne, Editeurs-Proprie'taires.)

fP

— • (Meistersing"er,

Il arrive parfois que le mot cuivré se trouve accompagné de l'indi-

(*) Gestopft veut dire Bouché, mais accompagné d'un accent =-, ou de /, ou dcf/jil est pris dans le sens de cuivré.

LE COR

cation piano. En ce cas Tattaque seule du son peut être cuivrée; immédiatement après cette attaque, le son devient très doux, comme c«lui de la sourdine.

Cors(E)

P (Gestopft)

SU

( Gestopft.)

Le Cor, dans toute son étendue, peut être joué en sourdine. Quant aux sons bouchés produits par la main, ils ne sortent plus guère audessous du son 3: fe

Dans son Requiem^ Berlioz fait cuivrer par deux Cornistes à l'unisson le fa I (un demi-ton plus bas) fjsant, mais c'est l'extrême limite.

dont l'effet est encore suf-

A l'époque où les Cors à pistons commençaient à être pratiqués, on les admettait au second pupitre, tandis qu'au premier, les Cors ordinaires continuaient à régner sur le groupe.

Si l'on donnait à ces derniers, accompagné de l'indication forte ou sforzando un son n'appartenant pas à l'Echelle naturelle, comme il ne pouvait y avoir d'erreur, le Compositeur n'avait pas de précautions à prendre; ces sons bouchés forte devaient fatalement produire un son cuivré .

Alors on négligeait tout commentaire, comme dans Faust'.

Mi\>.

Cors simples

Ut.

Mephisto.

Quatuor.

Vi' 1

gg

tt

T mî>

dieu.

ïà

-fi-

les nuits d'amour

~jp^ « «

iS

(Choudens, Editeur- Propriétaire.) (Gounod . )

LE COR

Parfois, comme dans la Damnation^ l'Auteur croyait bon de préciser sa volonté entre parenthèses, quoique cela ne fût pas nécessaire:

(Sons bouchés.)

Cors simples

Mephisto

Rienqu'u ne si gna tu re

(Costallat & cl*, Editeurs-Propriétaires.

En résumé pour éviter tout malentendu, il faut dorénavant s'en tenir à ces deux formules:

Con Sordini pour toutes les sonorités pianissimo . Cuivré (surmonté d'une croix +) pour les autres.

Il est quelquefois nécessaire, après ces effets spéciaux, d'indiquer le moment exact où le Cor doit revenir au son naturel. (Voyez Rheingold^ page 181). Alors, cet instant précis, on l'indique par le mot Ouvert (offen).

Articulation.

6. §— Malgré la longueur du tube de l'instrument, les Cornistes articulent très rapidement, se servant exclusivement de l'Articulation simple dans le grave; mais vers l'aigu, a partir du son 3, ils peuvent employer l'Articulation double, voire même triple, ce qui leur permet de lutter d'agilité avec les Flûtes.

Ainsi le début du 2^ Acte du Tannhattser serait impossible, avec l'Articulation simple, étant donnée sa vitesse.

Voici le maximum à exiger dans le grave:

jajffljffljjg

JJJJJJJJJJJJJJJâ

Dans le médium (Articulation simple) (J= 120)

Registre des Articulations, double et triple, où l'on peut obtenir

LE COR

des vitesses presque illimitées:

Remarque: L'effort de lèvres nécessité parles sons aigus devient un obstacle à la rapidité d'émission, n est prudent de ne pas dépasser les 9® ou 10® harmoniques, en articulant ainsi.

Longueur de Respiration.

7. §— Voici le résultat d'expériences faites avec M. Pénable, Soliste des Concerts Colonne:

5 mesures forte.

7 mesures mezzo forte.

mf

:,du 4^ au 8^ harmonique,

Dans le registre moyen: i^ •'■•' "" -^^^

en conservant le même mouvement métronomique (^ = 130), le poumon

humain permet jusqu'à onze mesures forte ^ quatorze mezzo ^ et vingtcinq fiano .

Hâtons-nous de remarquer qu'il s'agit ici d'un maximum d'effort, dangereux à exploiter à l'orchestre.

Remarquons encore, comme nous venons de le faire ( paragraphe 6) , que la pression nécessaire aux sons aigus est une cause de dépense de souffle, et que pour ces longues tenues il ne faut guère dépasser les harmoniques 8,9 etc..

Trilles.

8.§— On ne se sert jamais du piston pour les Trilles 5 dans ce tube trop mince relativement à sa longueur, l'air n'atteint pas assez rapidement le point d'arrivée pour produire l'effet voulu-, le mouvement n'aboutit pas: l'intention s'use en route.

Les Cornistes ne se servent donc que des lèvres.

Les Trilles majeurs sortent bien (ils ne sont possibles que du son 5

aux sons 13,13,14,15):

Registre des Trilles, i

LE COR

Et voici la meilleure partie de ce registre

Quant

aux trilles compris entre les sons 13 et 15, mieux vaut ne pas s'en servir à l'orchestre; ce sont des moyens de virtuoses, agréments réservés aux Solistes, périlleux pour la plupart des exécutants.

Les Trilles mineurs sortent moins bien-, ils ne sont possibles qu'avec la main dans le pavillon; très médiocres, en réalité.

Tons Rallonges.

9.§— Le Cor à pistons change de tonalité aussi facilement que le Cor ordinaire, quand le diapason du morceau Texige.

Chaque ton est représenté par un anneau creux (le creux se nomme la Perce) que Ton glisse tout contre l'embouchure. Plus l'anneau est court, plus l'Echelle monte, et plus on sent le son se rapprocher des lèvres : il semble qu'on en vient à le serrer entre les dents et qu'il ne peut échapper. On en est sûr, comme da crayon qu'on tient tout près de la mine, pour dessiner très fin.

Donc, s'il s'agit de jouer très haut, pour plus de sûreté, on prend les rallonges de yàj, sol., la., la\>., si\>:

Cor (la \')

Cor (la \)

Presto

;tt

(Costallat & cl*, Editeurs-Propriétaires.)

PP

Très difficile.

^(Berlioz, La reine Mab)

fz^f' H

ff

fe:

(Beethoven, VIF Symphonie.)

L'aimeau correspondant au ton de/ff s'enroule deux fois sur lui-même avec 0^20 de diamètre; au ton de la\>\m seul tour et O-^IS; au ton de /«t], 0ijl4.

Comment Schumann a-t-il écrit à ces hauteurs vertigineuses, entre le son 8 et le son 20, le premier des quatre Cors de son très intéressant Concerto ?

AUeg-ro.

Cor (Fa)

Allegro. ^ -A ^ ..cc.g,^. -r-

(Concerto pour quatre Cors.)

(id. Final.) i

LE COR. 73

Les virtuoses en ont une telle peur, qu'ils veulent bien le répéter à l'orchestre, mais Poser en publie, jamais, si grand le danger!

Le Cor de Siegfried qui monte au son 16, s'en va imperturbablement devant lui, sans hésitation ni crainte, parce qu'il procède par degrés réguliers, efforts progressifs, et qu'il se sent atteindre peu à peu le point terminus où il donnera son maximum d'effort:

Cor {Fa)

errtcriftrflrif-

aempre accel. e cresc

(B. Schott's Sohne, Editeurs-Propriétaires.)

Mais le Co?icerto de Schumann est autrement périlleux: pas une page qui ne contienne un casse-cou.

10.§— Je mentionnais (paragraphe 1) les indications que l'on trouve dans les partitions modernes (Muta in D, E, F, G etc.), qui sont là bien plus pour la commodité du Compositeur que dans l'intérêt de l'exécutant, lequel transpose ordinairement en fa.

Oui, il joue tout en fa^ sauf dans les cas exceptionnels que nous venons de voir ci-dessus (paragraphe 9).

Si donc, dans le courant du morceau vous jugez nécessaire, pour éviter de trop nombreux bémols ou dièses, de changer vos tonalités des Cors, faites-le sans préoccupation ni souci quelconques du moyen d'opérer le changement.

Je suppose ce trait partant de fa pour se fixer en mi:

'V^^èH^^

JIVJ^HJJJhjiM

Page 1