VII VI V IV III II I
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M<>oto->fr>igMoOJto^^^
(*) Ce si est très médiocre dans un passage rapide, mais bon quand on a le temps de le poser.
La VIP Position qui demande le maximum d'allongement de la Coulisse étant la plus difficile, quand on a le choix, on l'évite: les deux notes qui ne se peuvent produire qu'à cette Position, mï + et S2 + graves, sont les plus mauvaises de l'instrument.
4.§— Nous avons vu (page 65, paragr.S) que les Cors étaient forcés d'opter soit pour l'aigu, soit pour le grave, vu l'inaptitude des lèvres à pratiquer indifféremment les deux registres : il en est de même pour les Trombones qui, eux non plus, ne peuvent se trouver à l'aise sous des latitudes si différentes. Il est évident qu'après avoir produit les sons 8,9,10, l'exécutant sera fort gêné pour
faire sortir en toute franchise les basses sol fa mi: *^' J
En réalité le registre de la belle sonorité reste compris entre le
sol grave et le si \> 8
..•■•■■■ Aigu
Grave ..-•
Registre sonore.,
Dans ce registre tous les degrés sont également bons sauf deux:
assez délicats à attaquer; mais le Compositeur n'a point à tenir compte de cette légère imperfection que corrige le talent de l'interprète.
LES TROMBONES
Quant aux sons graves, il ne faudrait point trop s'appuyer sur eux, car ils manquent de solidité; l'artiste qui les produit se trouve très vite à court de souffle
Moderato.
5.§— Sons Pédales : On nomme ainsi les sons 1 de chaque Position. Théoriquement on devrait les obtenir tous les sept, y compris le Coniremi'^ en réalité les deux premiers seuls peuvent être pratiqués s/b, /<?, le la h devenant chanceux et le siol très dangereux.
Toutefois, ni ce s/b, ni ce la ne peuvent être attaqués n'importe comment: «la meilleure manière, dit Berlioz, est de procéder par saut de quinte ou d'octave » :
Orchestre:
Trombone- Te'nor.
Moderato.
mk
AndLc
ss
ti
wm
Très juste observation: ainsi émises, ces notes-pédales ne semblent pas différer des autres, ni plus faibles, ni plus lentes:
Moderato.
WW^A
Respiration.
6.§— La dépense de souffle est si considérable pour le Trombone que l'exécutant, dans le forte^ se trouve à peu près forcé de respirer à j chaque note:
Andi^ maestoso.
Ma
ff
(a. Durand & Fils, Editeurs-Propriétaires.) | A . A A A
r cJJir
(Wagner, Tannhàuser.)
LES TROMBONES
Wagner ne se donne pas ici la peine d'indiquer les respirations, parce qu'il sait que ses interprètes respireront partout: eu revanche, il marque soigneusement les points où il veut des liées ^ et, comme il craint qu'on n'écourte les dernières de chaque groupe de ces liées, il coiffe chaque note d'un accent.
"Rendez-moi ma monnaie, disait Gounod, si je vous donne un franc à changer, il me faut vingt sous-, si j'écris une noire^ ne me jouez pas une croche » .
Dans le thème du "Choeur des Pèlerins", les liées de la mesure B indiquent non pas une ponctuation, mais un sostemdo de la phrase: «ne raccourcissez pas mes valeurs, dit Wagner, donnez -les-moi tout entièresi' Au contraire, les coulées des mesures A et C signifient qu'il faut respirer après le second temps, mais (tel est d'ailleurs le sens du chapeau placé sur la note), en empiétant le moins possible sur la durée de la seconde liée.
Ce système d'articulation et de respiration simultanées (procédé spécial au Trombone) fait pendant au grand détaché du Violon.
Pour obtenir la pleine sonorité de l'instrument, le Compositeur demande un coup d'archet par note: il ne marque ni coulées ni liaisons; mais, pour éviter toute erreur, il inscrit sur son texte le mot sostemdo qui veut dire: «pas d'intermittence dans l'enchaînement des sons, le legato le plus absolu^'
Ainsi procède le Trombone: quand il peut faire économie de souffle (n'ayant pas à jouer trop fort), il peut lier aussi bien que n'importe quel instrument; de môme le violoniste donnant un coup d'archet par note, de même le tromboniste une articulation par mouvement de Coulisse, et cela Sostemdo assai .
Tromb ones-Ténor s .
Trombone-Basse.
PP
WW^
PP
Tromb.
LES TROMBONES
Tromb.
Tromb.
jl'iJ-'-.fa^ I.-J
PP
N'avons-nous pas toujours entendu hermétiquement lier cette transition placée par Schumann à la fin de son Larghetto :
Trombones.
Bassons.
(Symphonie en Si\>.)
Remarque: Schumann so sert encore de la clef d'Alto pour ses deux premiers Trombones-, il les écrit d'ailleurs comnie si c'étaient des Trombones- Altos, témoin l'exemple suivant tiré de sa III^ Symphonie:
in Es
Cors
in Es
Tromb.
Bassons
^ff^frr^T^WF^*^f^'^^Tf
Est-il nécessaire de faire remarquer T extrême tension des lovres nécessitée par ce mi\> aigu + du Cor et du Trombone? C'est là, cer-
LES TROMBONES
tainemeiit, un exemple d'écriture dangereuse.
Eh bien! Nous avons dans nos orchestres des artistes assez habiles, aujourd'hui, pour nous donner harmonieusement ce mi\> sur leur Trombone-Ténor, sans que nul en puisse soupçonner la difficulté: seuls, les gens de métier, conscients du péril, sentent un frisson leur courir le long de l'échiné au début du morceau, et respirent plus à l'aise, le mauvais pas franchi.
Soyons sages, n'écrivons pas si haut.
7.§— Je n'ai parlé, dans le paragraphe précédent, que des liées entre notes provenant de Positions différentes: est-il nécessaire d'assurer ici que, à l'instar du Cor, de la Trompette, du Cornet etc., le Trombone peut réunir dans une seule articulation les degrés dune même série harmonique. Non, n'est-ce pas? Cela va de soi.
F^Position:
VP Position:
Longueur de Respiration.
8.§— Cet instrument que nous venons de voir à court de souffle dans la force, obligé de respirer à chaque note, est capable de durées invraisemblables dans la douceur:
Violons.
Tromb.
ylle C.-Basse.
un peu marqué
a LJf r '^i^'- ( Par si f al)
(B. Schott's SiJhne,Editeurs-Propriétaires.).
102 LES TROMBONES
Pendant huit grandes mesures les Trombones soutiennent le son tranquillement, sans fatigue aucune^ et puis le son diminue comme une vapeur: on ne s'est aperçu de rien; il s'est effacé dans une lente et fluide dégradation.
Articulation.
9.§— Plus on descend, plus il est naturel que l'émission s'allourdisse. Comment, en effet, mettre facilement en vibration la fondamentale dmi tube de 2 mètres 75 (s? bl du Trombone-Ténor), de S'" 43 {fa 1 du Trombone -Basse) ?
Non-seulement les classiques se sont privés de ces notes graves, mais ils se sont gardés de tout ce qui ressemblait à de la virtuosité. Aujourd'hui, grâce à l'habileté des instrumentistes on se permet bien des choses. Alors que Beethoven et Weber n'écrivent jamais que par Bo/fdfs^ Blanches, Noires, Berlioz et les contemporains ne craignent pas des mouvements plus vifs, des traits même rapides, qui sortent très bien, à condition d'appartenir au registre de la bonne sonorité, au médium de l'instrument:
(Mophisto
apparaissant
brusquement.)
P-tï=aE
ff^^-
^rji^rrpricr^iJ'^^icJ^'.
^Më^
tl
.>:,. , f f r |f f rf itri[^
(Marche Honf^roise.)
(Costallat 4 C'^.Editeurs-Propriétaires.)
Voici, dans Gotterdammerung des articulations qu'on n'eût point osées jadis :
Tromb .
Allegro.
ffl-^^-ffl
PP
Or
(B. Schott's Sohne, Editeurs-Propriétaires.)
LES TROMBONES
Et celle-ci, dans Parsifal -.
Le sol + grave difficile à
t)' f • • ' ^ ropctpr
■^ + rf (b. Schott's Sohne, Editeurs-Propriétaires.)
fcï
Propriétaires.
ff^ ' (A. Durand & Fils, Editeurs-Propriétaïres.) (Saint- Sai'nS, 3^ Symph.)
Violons.
Tromb.
lï P
cresc.
il * *
:^t: ^itf r-l^r r r ;
îfirË
(Heugel 4 Ci?, Editeurs-Propriétaires.) (La Korrigane.)
Et ce ne sont point ces traits qui peuvent effrayer les interprètes d'aujourd'hui, pour eux, simples jeux d'enfants.
Mais, mettez -les aux prises avec la Scène du Commandeur et demandez leur les longues sonorités de Mozart: alors vous les verrez devenir sérieux et se recueillir pour faire provision de forces, car il en faut 1 At
Violons.
Trombones.
Violoncelles
Andafite. l J)
{LlA
LES TROMBONES
{Bon Giovanni. )
Toute la Scène est à étudier note par note. Est-il rien de plus dramatique que la montée des Trombones en octaves sous le chromatisme de l'orchestre, rien de plus saisissant que le crescendo
LES TROMBONES
de ces sous de Cuivre:
Allegro.
Orchestre.
fp
Trombones.
"Violoncelles.
Contrebasse.
Ife
jp
i:^j»iii i
/jP
#PW
'ji i^J: f
i:rii;b'iit>
fp
THr"
fp
rt
15» Hi?
fp
Vp
//'Ta)
Remarque: Le mi^ grave (A) est possible sur le Trombone- Basse, et c'est d'ailleurs pour cet instrument que Mozart a e'crit.
LES TROMBONES
Trilles.
10.^— Impossibles avec la Coulisse, les lèvres seules peuvent les faire sortir: et les seuls praticables se trouvent sur les degrés de FEchelle distants d'un ton du voisin, c'est-à-dire sur les Harmoniques 7, 8, 9 :
\.a. ta ^ =
(l^e Position.)
En réalité, voici les seuls trilles possibles, avec indication de chaque Position:
Yjjme Yjme
jYnie IIIi"^
IP
jre
Dernièrement, passant à côté d'un Bal Public, j'entendis, s'échappant des Trombones, des rugissements si étranges que j'entrai demander aux exécutants, la danse finie, de vouloir bien me montrer leur musique. Et voici ce qu'ils venaient de jouer :
Tempo di marcia.
Et pour finir
3 Tromb,
it\ o f K
^rr^r^rrrrr¥Hryr'"P^r
Effet stupéfiant! C'était la Bête de l'Apocalypse, un pétard à la queue, criant «au feu» dans un Porte -Voix. Il est peu probable qu'on l'emploie jamais dans une Symphonie, pas
LES TROMBONES. 107
plus que le Trille, d'ailleurs; et si je le montioniie ici, c'est pour la rareté de T exemple.
Or, ce hurlement fantastique est produit tout à la fois par la coulisse et par les lèvres, comme le glissando du doigt sur une corde: et il est très facile d'exécution, bon pour un ballet nègre»
11. §— AUTEURS ET Œuvres à consulter-. Je répéterai ici ce qui a été dit pour la Trompette : " Lhez toutes les partitions 'publiées depuis Bach et Hœndcl». La bibliothèque spéciale des Trombones est aussi vide que celle des Trompettes, mais tous les Maîtres ont écrit pour les deux instruments, en les traitant chacun à sa manière, et ce sont ces différentes manières qu'il faut étudier.
Très haut sont écrits les Cuivres do Bach et de Hîiendel; dans leur vrai registre, ceux de Mozart, Beethoven et Weber; tantôt trop haut, tantôt trop bas ceux de Schumann; ordinairement dans le riche médium de r instrument ceux de Wagner et non sans une secrète prédilection pour le grave (Trompettes-basses, Tuben, Trombones-basses, Trombones- contrebasses); avec la tendance contraire, ceux de la jeune école contemporaine, surtout en ce qui concerne les Trompettes, tendance de plus en plus fâcheuse, de plus en plus anti-instrumentale.
Lisons, comparons, profitons de Texpérience des Anciens.
Le Trombone -Basse.