‹ Technique de l'orchestre moderne, faisant suite au Traité d'instrumentation et d'orchestration de H. Berlioz;Chapitre 5 sur 80 · Ces notes défectueuses sont au nombre de huit · texte numérisé non relu

Ces notes défectueuses sont au nombre de huit

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Et d'ahord les trois iit (N°^ 3,6,8) sont trop hauts: quant au 7ni\> (N°l), il est au contraire un peu bas. Le ré\> (N° 3) exige un soin particulier d'émission, et les N°s 4,5,7 sont difficiles d'attaque.

Mais encore une fois, ces défectuosités ne regardent guère que l'exécutant 5 c'est à lui de les corriger.

4. § — Quoique la Flûte, instrument agile entre tous, affectionne pour briller plus à l'aise, les tonalités peu chargées d'accidents, (à éviter toutefois les toniques de ré, mi, mi\> comme pivots d'arpèges rapides,

les intervalles:

Vm. "£

r f r iiT r f

étant difficiles surtout en descendant), quand elle doit soupirer une tendre Cantilène, rien ne lui sied mieux que le tonde ré\>. Plusieurs charmantes compositions modernes en témoignent. Excellent encore le ton de la\>.

Et à ce propos je citerai cet Andante finissant sur un ut pianissimo, d'une sonorité si pure, que cet ut semble l'une des meilleures notes de l'échelle, contrairement à la remarque faite au paragraphe 3:

Andante. k

H.h, F iffrf-ï

Éi

M ff^rr^

ir^

ifr^

ffi

B|tJl» ,f3|~ rg=

PP (Conte d^Ayril)

(Heufrel & ci.?, Editeurs- Propriétaire»;.)

La raison en est que cet ut final ne résulte point du procédé ordinaire. Pour le donner, l'instrumentiste se sert du doigté de fa (douzième inférieure) pendant que la pression des lèvres produit Tharmoiiique du son fondamental, tel le doigt sur la corde d'un violon.

5.§--Les seuls sons harmoniques usités ont pour fondamentales les quatorze premiers degrés de l'échelle : d'w/ (^) à uf^i^)-.

Ce qui nous donne comme résultantes:

Il n'est pas possible de monter plus haut.

6. §— Ainsi que le fait très judicieusement remarquer Gevaert dans son Traité d'Insfriimenfoh'on, '< lorsque la Flûte aura à soutenir une Cantilène de soprano, sa place naturelle sera à l'octave supérieure du chant; il en sera de même lorsqu'elle doublera un instrument à vent situé dans la même région que la voix féminine.»

Quand un organiste veut éclaircir une sonorité de jeux de 8 pieds, il leur adjoint une flûte de 4 pieds, qui ne fait que renforcer les harmoniques de ces registres, sans donner aucunement la sensation d'une transposition à l'octave.

Le rôle de la Flûte, à Torchestre, est donc assez souvent de réaliser le premier harmonique du hautbois ou de la clarinette . Essayez de supprimer, dans un groupe d'instruments à vent, les flûtes doublant à l'octave les parties supérieures, votre ensemble deviendra gris et triste, d'une désespérante pauvreté; et cependant à la lecture de la partition, ces flûtes paraissaient luxe inutile, simple remplissage.

Articulation de la Flûte.

7.§— Le coup de langue est aux instruments à vent, ce qu'est le coup d'archet au quatuor.

Les flûtistes pratiquent trois sortes de coups de langue, qu'ils nomment: Articnlatio7i simple^ double, triple.

L' Articulation simple se produit en prononçant la consonne t (prononcez te^ comme dans'<bronchi/<?>»): c'est celle qui donne le maximum de sonorité et de coloration; un peu comme le grand «détaché» du violon:

And a nt? no

Articulation simple:

Mais ce n'est point ainsi que l'on peut aller vite. Dans les traits d'agilité, l'exécutant doit recourir à d'autres moyens, moyens mécaniques, pour ainsi dire, ne permettant ni la même intensité de son, ni la même liberté expressive.

Il se sert alors de V Articulation doiiUe en prononçant alternativement les deux consonnes tk (prononcez qne)^ ou de V Articulation triple avec ces trois lettres tkt.

%,%—\i Articulation simple ne permettrait pas de faire sortir dans la rapidité du mouvement, par exemple, les notes graves du Scherzo du Songe d''une Nuit d^Eté. Aussi les exécute-t-on ainsi :

Articulation double:

t k t k t k t k etc.

De même, le Solo de Namouna (Lalo):

Articulation double:

(j. Hamelle, Editeur- Propriétaire.)

t k t k t k t k etc.

Remarque: Ces deux exemples sont très périlleux pour les instrumentistes, le staccato dans le grave étant difficile à exécuter: mais qu'importe, puisqu'ils sont possibles et que l'effet en est charmant?

L' Articulation double permet encore d'exécuter très aisément et rapidement toutes notes répétées:

Presto

Andantino

(A.Durand & Fils, Editeurs-Propriétaires.) Saiut-SaënS (Ascanio)

9. §— Quand il s'agit de groupes ternaires, on emploie V Articulation triple., presque aussi rapide que la double., mais présentant un petit danger d'inégalité dans la succession des trois consonnes à prononcer tkt^ étant donnée la tendance qu'on' a d'appuyer la dernière.

Des traits comme celui-ci sont très faciles, vu l'uniformité du texte

et Taljsence de tout sentiment mélodique-, on les joue mécaniquement:

Vivo.

f j^^ t k t t k t efc

Mais Yoici un thème plus délicat d'interprétation et demandant toute l'attention de l'exécutant:

fnmmmîm

LiiJIé^l Cî

Gounod (Ballet de Faust.)

(Choudens, EdHeur-Propriétaire.)

Vitesses de l'Articulation.

10.§— Dans le grave de la Flûte, le maximum de vitesse ne peut dépasser (Articulation simple) 113 à la noire, et encore faut-il que le trait ne dure pas longtemps, étant donnée la fatigue d'émission et l'allourdissement, conséquence de cette fatigue :

Allegro. (J = 112)

Articulation simple: ^i) F 1 j 1 1 1 Xf~]^n^~TTTT

En allant à l'aigu, la vitesse peut s'accroître naturellement 5 toutefois le si\> suraigu ne pourra guère dépasser 130:

Articulation simple-.

Mais il n'en est plus de même avec V Artimlatio?i double qui permet d'atteindre facilement 144 à la noire*, il est vrai qu'alors l'intensité et la netteté de son diminuent quelque peu:

Allegro.

Articulation simple: jjî|^ff tj

(Difficile de dépasser 116 par temps)

Avec r Articulation double, on irait facilement à 160.

11. §— Dans le registre moyen, on arrive, grâce à cette Articulation, dovblc à lutter de vitesse avec les cordes et à produire un véritable trémolo^ témoin La Grande Pûqne Busse de Rimsky-Korsakow:

fJ=138)

S f mile.

Petite i Flûte.

Flûtes'

^K^ti i^rij i^liii ^f^aUJ^ JJJ^^ JJ'^JJé

^nf

.p. Belaieff, Editeur-Propriétaire.

Le poignet d'un violoniste ne serait pa« plus agile et ne pourrait fournir un trémolo plus serré.

Respiration.

12.^— L'embouchure de la Flûte exigeant une dépense de souffle plus considérable que celle du hautbois ou de la clarinette, il faudra se méfier de la durée du son dans les mouvements lents. La facilité de la respiration n'a pas toujours préoccupé le compositeur, même dans certaines oeuvres célèbres, témoin le Trio des «Jeunes Ismaélites», de V Enfance du Christ dont l'Andante demande des durées qui font la terreur des interprètes.

Trilles et Batteries.

13. §— Tous les trilles sont excellents du r/ grave au mi suraigu.

Excellents.

"^"^ Tons,

majeurs ou mineurs excellents.

impossible.

(le dernier possible dans la force.*)

impossible.

^jb^ "frO^^ " p^si

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