I./5 v-TU
2. §— Aujourd'hui tous les Hautbois Français vont du si\> grave au sol sur aigu:
c'est-à-dire, nous donnent trente-quatre notes d'une très satisfaisante homogénéité de timbre, les sons graves d'une intensité admirable, tout le registre moyen se prêtant aux manifestations les plus diverses du sentiment humain, tristesse ou gaîté == drame ou idylle = seuls les deux derniers degrés de l'échelle s' amincissant à l'aigu et perdant un peu de leur timbre :
LE HAUTBOIS
aigu.
grave.
moyen.
suraigu.
Toutes les notes (sauf deux: 2//f et ré aigus) très justes, très malléables, très franches, très sûres, aussi faciles à attaquer qu'à soutenir soit dans le piano, soit dans le forte.
Remarque: Les deux degrés: w^|, re, n'ont pas d'infériorité sonore relativement aux autres, mais ils sont assez délicats à attaquer dans un trait rapide, comme par ex- J emple dans ces deux batteries réellement très difficiles: ■^
îJr O
Va éviter.)
Articulation.
3. §— Au contraire de la Flûte, nous n'avons plus affaire ici à un instrument d'agilité. Tanche étant toujours moins rapide que Femhouchure, mais à un moyen d'expression, à un instrument chanteur; lisez plutôt dans la ^Tristesse de Roméo», la très caractéristique, très pathétique plainte qui monte peu à peu et finit par atteindre son maximum d'intensité sur le mi suraigu, très sonore, très vibrant.
Larghetto espressivo.
^ r^^ f ir^cirir^rjir*r V ir frr-;ifnp i^p j
. Cresp.
Pffrf^lf ffgfVfa
['■ If rTlf \,rrr \fîfi
zc
(C.Joubert, Editeur- Propriétaire.) i^(tX\\0%. Roméo et Juliette p.36)
4. §— L'articulation du Hautbois est simple:, elle se fait en prononçant la syllabe tu { je, tu, il ^{q...)-. le double coup de langue lui est interdit (c'est-à-dire toute répétition rapide d'un même son) et par consé-
LE HAUTBOIS
quent et à bien plus forte raison, le triple coup de langue,
5,^ Quant à la vitesse de cette articulation, il est bon de ne point dépasser 130 à la noire, aussi bien dans le grave que dans le médium et à Taigu.
Vitesse maximum.
Voici quelques exemples tirés des études de W. Ferling, avec les mouvements métronomiques réglés, à l'usage du Conservatoire, par M^ le professeur Georges Gillet :
(j.=7.) ^'ki ri^
(j=so) yihi [gr/'^'M^i^ '"[[ËfflMîi ^=
(j=io8) ^^'i ^^
'i'rrflil#fffirifrl
6 (Costallat & Cl^, Editeurs-Propriétaires,)
Et voici trois exemples de vitesses supérieures à 130, mais possibles à réaliser grâce aux alternatives de liées qui reposent les lèvres, les difficultés d'une mesure étant compensées par les facilités de l'autre, (la mesure en écarts du dernier de ces exemples, très difficile.)
LE HAUTBOIS
(très difficile.)
Coulées.
6.§— Les intervalles ascendants peuvent en général se lier plus facilement que ceux qui descendent, les lèvres se contractant plus facilement qu'elles ne se desserrent.
On peut lier ainsi par deux toutes les octaves d'?// grave au mi (la dixième au-dessus):
Les mêmes coulées seraient plus gauches en descendant; tel, le trait suivant dangereux au-delà de 130:
(J=iso) (lu ry T"-?^
-xy
Et celui-ci impossible au-delà de US:
(J = il2) -^TT^
JL *, m.
ËSi
très difficile.
En revanche, voici un trait très pratique, très expressif dans sa cadence finale, et peu difficile précisément parce que, malgré la vitesse du mouvement, cette cadence laisse aux lèvres la possibilité de poser le son :
LE HAUTBOIS
Longueur de la respiration.
7.§— Très supérieur par Tintensité et le timbre aux autres instruments à vent (je ne parle pas des cuivres, bien entendu)-, d'une portée si puissante que, jadis, il constituait l'élément principal des musiques militaires, et que, si dans nos orchestres d'aujourd'hui Tattention se porte sur lui, nous finissons par n'entendre que lui; doué d'une aptitude sans pareille à enfler et diminuer le son, le Hautbois est encore supérieur à tous par la longueur du souffle. Malgré la force de ses vibrations il consomme beaucoup moins d'air que la douce Flûte, par exemple. Mettez aux prises hautboïstes et flûtistes, ces derniers auront depuis longtemps lâché pied, quand les autres tiendront encore.
Peu d'exemples plus concluants, à ce sujet, que le Largo du second Concerto de Haendel, et le Prélude du 3® Acte de Tannhauser^ si durs à l'instrumentiste de par la longueur de la phrase et l'impossibilité de respirer. Seul le Hautbois peut faire preuve de poumons pareils.
Trilles et Batteries.
8.§— Aujourd'hui sont possibles sur les hautbois français tous les trilles majeurs et mineurs depuis le s? 1? grave jusqu'au fa suraigu :
tous faciles.
Aujourd'hui ils permettent tous de boucler ainsi les deux trilles si do%^ et do ré\>^ chose impossible jadis:
très faciles.
Liste complète des Trilles et Batteries.
LE HAUTBOIS
jV \\f}\
etc.. Toutes les batteries possibles jusqu'à Poctave.
e/c Toutes possibles jusqu'à Poctave,
e/c. Toutes possibles jusqu'à Poctave.
fjK v\f --— — \\ ^f^" Toutes possibles jusqu'à Poctave, sauf :
difficile.
f/fr" ^ ^ R^ — ^^1 e/'c?.. Toutes possibles jusqu'à Poctave.
p T^ — ikiëiii e/<?.. Toutes possibles jusqu'à Poctave.
'iV r.i l'ii ...^
.Toutes possibles jusqu'à Poctave.
(a) Trille excellent mijonrd'hvi.
i* J^ Jh^ etc.. Toutespossibles ^^^^^^ ^^ yff) "^^ '^1 2/ — jusqu'à l'octave Q—^^
délicat, possible dans un mouvem* très modéré .
<?/<?.. Toutes possibles jusqu'à Poctave.
(b) Trille excellerû avjnnrd'hui.
LE HAUTBOIS
fi^^^
etc.. Toutes possibles jusqtfù l'octave.
Q iK 'XI, ""Ti^. Toutes possibles
(S) H gj^ ^=^etc... jusqu'à Poctave,S''^"f ••
difficiles. très difficile.
jg^^'' ff|{t (g W p-^fl^ e/c... Toutes possibles jusq^à l'octave.
Cette batterie
/^ Pp fi* "P e/c... Toutes possibles jusqu'à l'octave, se fait facilement \ — gruce à une fourche. "
(•a) Trille excellent
e/c.Toutes possibles jusqu'à l'octave. aujourd'hui.
(*) et
|u ryt^iv g br-^ . Toutes possibles „ p T H ^'7- ^'r- e/c... j^jgq^,.^ roctave,«''^"f= ^^
li^ délicate.
r^ t|p Toutes possibles &*
=^^^- jusqu'à l'octave, «'"^"^^^^
^^ i*)Note • — délicate.
et
excellent sur le H* moderne français.
unpeu lourd, difficile.
^ f^ ' \- {*) Notes délicates. e/'c'... jusqu'à: L^
très difficiles, ainsi que toutes les autres au-dessus. (*) {*)
g Pjg .g ILS
e/c... jusqu' à ;
très difficiles, etc.
etc.. jusqu' à:
(b) Trille excellent avjourd^hvi.
très difficiles, etc.
très difficiles, e/c.
LE HAUTBOIS
Très difficile ainsi que toutes les autres au-dessus.
difficile, très difficiles ainsi que toutes les autres au-dessus.
Très difficiles ensuite.
Très difficiles ^nsuito.
(*•) Ce trille se fait avec une clef spéciale.
Impossibles au-dessus.
Impossibles au-dessus.
possible avec un doigté exeeptionel.
possible avec un doigté exeeptionel.
/fk tf -J rjj impossibles au-dessus.
b> ]■• |^ Impossible au-destus.
iff :^gt4 Impossibl
e au-dessus.
9.§— Il y a quelques soixante ans, le Hautbois fut ingénieusement perfectionné par Triébert (à Paris) sur les indications de Barret, soliste à Torchestre de Covent Garden; toutefois ces perfectionnements ne permettaient encore ni la possibilité ni la justesse de tous les trilles. L'instrument d'aujourd'hui (construit d'après les conseils de Georges Gillet )
LE HAUTBOIS
nous donne une absolue justesse et tous les trilles majeurs et mineurs du grave à l'aigu, piano ou forte, jusqu'au fa\ , ainsi que nous venons de le voir. (Lorée, constructeur).
10.§— Auteurs et Œuvres à étudieîî: B^chfCa /dates); Mozart(QNatuor); Evendol (Concertos, Trios, Sonate)-, Beethoyeii (Trzo, j^uinfet^e); Picces de Schumann, Dvorak, Théodore Dubois (Pièces en canon, hautbois 2;?È>/o;2^^//^j-, Paladilhe, De Grandval, Busser, Gillet, Sellner, Ferling, Vogt etc..
Hautbois transpositeurs.
11. §^ Dans la famille des Hautbois, nous trouvons trois instruments transpositeurs: Le Hautbois d'amour, le Cor Anglais, le Hautbois baryton.
Hautbois d'amour.
12.§— Une tierce mineure au-dessous de l'instrument type, accordé en la, allant du si\ grave au mi^ aigu (il n'a pas le si\> grave):
éM
effet:
Remarquable de timbre, de souplesse et d'homogénéité de son: pourquoi n'est-il pas habituellement pratiqué dans nos orchestres, on ne le comprend vraiment pas. C'est à lui que Bach confie les plus pathétiques de ses Cantilènes; rien n'égale, dans la demi-teinte, le charme du registre supérieur:
(Notes réelles.)
Lento.
i-uUJ'riioJ"^^
(Qui sedes. Mei<He en H moll)
Les trois temps forts marqués dune croix fa, sol, la, de sonorité délicieuse. A lire d'ailleurs, dans la môme Messe, l'air de Basse, et in spiritum sanctum, accompagné par deux Hautbois d'amour. A étudier encore, à ce point de vue; la Passion S* Matthieu, M Oratorio de Noël, les Cantates, le Magnificat etc.