INTRODUCTION
La gastropexie, connue cependant depuis longtemps, compte encore aujourd’hui de très nombreux adversaires.
Beaucoup de médecins en disent le plus grand mal ou affectent de l’ignorer, beaucoup de chirurgiens ne la pratiquent jamais.
[Il faut, en effet, reconnaître que dans les conditions habituelles, la ptose n’est qu’un élément dans un syndrome complexe qui trouve son expression la plus nette lorsque à l’abaissement de l’estomac s’ajoutent la ptose du rein droit, la rétroversion utérine, l’insuffisance de la paroi abdominale.
[Il est certain que la déchéance physique est toujours considérable en pareil cas; elle est fonction de troubles variés et profonds, portant sur la tonicité et la cinésie du tractus digestif : troubles endocriniens, et que surtout, il faut tenir compte du psychisme de tels malades dont l’état d’anxiété habituel entretient les moindres malaises et rend le traitement des plus difficiles.
Mais il ne faut pas non plus exagérer et être, par
exemple, aussi absolu que GLENARD qui, admettant que les ptoses avaient une cause d’ordre général, prétendait qu’elles échappaient complètement à l’action du chirurgien.
La gastropexie est un traitement, suivant le mot de M. PaucHer, « d’orthopédie abdominale », c’est un traitement conservateur; l’acte opératoire n’est souvent qu’un élément de thérapeutique, un élément utile, indispensable, mais qui doit être patiemment aidé.
Aïnsi, à un syndrome souvent complexe, s’adressera un traitement également complexe, maïs il est indispensable qu’il soit complet. Il faut done d’abord porter un diagnostic précis, et reconnaître les autres affections qui peuvent accompagner la gastroptose pour pouvoir établir un traitement « médico-chirurgical ».
C’est, d’autre part, un des mérites de M. le Professeur LAMBRET d’avoir bien vu toute une catégorie de faits dans lesquels la ptose de l’estomac semble être une « véritable malformation congénitale », justiciable de l'intervention chirurgicale.
Nous pensons aussi que la très pauvre qualité des résultats obtenus, pendant de nombreuses années, par le traitement chirurgical, était dû à une mauvaise technique me respectant pas la physiologie de l’organe. Un perfectionnement de la technique n’a pas manqué d'entraîner des résultats bien meilleurs.
I faut, avant tout, appliquer une opération simple,
SEP fes
logique, facile, offrant le maximum de chance de succès. Pour remplir ces conditions, une technique doit surtout fenir compte des données physiologiques.
La technique employée par M. le Professeur Lam- BRET, Qui consiste à suspendre l’estomac au niveau de la grande courbure au moyen d’une languette aponévrotique, répond à ces conditions. Elle paraît actuellement de beaucoup la meilleure et donne d'excellents résultats.
Au cours de notre internat, nous avons eu l’occasion de voir et de suivre dans le service de notre maître le Docteur Leurer, chirurgien de l'Hôpital Saint-Joseph, plusieurs cas de gastroptose, traitées par le procédé de LamBrer : les résultats ont été des plus satisfaisants. Nous pensons donc que c’est là une intervention que l’on peut exécuter sans arrièrepensée et en toute conscience.
Dans ce travail, laissant de côté la pathogénie et l’étiologie, encore obscures et discutées, la clinique bien connue et maintes fois décrites, passant rapidement en revue l’historique et les différents procédés chirurgicaux emplovés, nous insisterons surtout sur la partie technique et sur les suites opératoires. C’est par là, nous l’espérons, que ce travail peut avoir quelque utilité.
Enfin, nous terminerons par les observations dues à notre maître le Docteur LeureT, auquel nous exprimons encore toute notre gratitude. Nous remercions M. le Professeur Lamerer et son chef de clinique, M. le Docteur RazeMow», pour les détails qu’ils ont bien voulu nous fournir et pour la cordialité de
Ce LE
l’accueil qu’ils nous ont fait dans leur service de l'Hôpital Saint-Sauveur.
Ces observations constitueront un modeste plaidoyer en faveur d’une opération qui doit reprendre la place qui lui revient dans le domaine chirurgical.