LA RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE
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Mai 1935.
Après une longue hésitation en Occident ^ le mouvement historique prend nettement sa direction.
De 1929 au 6 février 1934, on pouvait penser qu’il y avait en Occident, et surtout en France, autant de chances pour la révolution nationale que pour la révolution sociale. Il était même permis de penser que le destin penchait pour la première. Au cours de ces quinze années en effet, le socialisme n’a connu en Europe que des échecs, et les dernières années ont été des effondrements. La Révolution russe, au lieu de déterminer une montée du socialisme européen, avait donné aux forces conservatrices un ascendant social sans précédent dans l’histoire.
Il est vrai que cet ascendant n’est pas le fait de meneurs conservateurs. Et, à regarder de près, on s’aperçoit que les succès du mouvement fasciste sont la négation même de ce qu’ils défendent. Si le fascisme fait revivre le capitalisme, le militarisme et lé cléricalisme, c’est avec des hommes qui sont athées, qui sont étrangers à toute formation militaire et qui sont d’origine prolétarienne. En sorte que l’Eglise, l’Armée et la Bourgeoisie capitaliste ne prolongent leur règne économique et social que par personnes politiquement interposées et dont le triomphe personnel annonce qu’il n’y a de succès possible, dans le
monde moderne, que sous un masque socialiste et par des auteurs prolétariens.
Ce sont là des faits qui inclinent à penser que le fascisme n’est qu’un phénomène passager, venu d’une insuffisance temporaire du socialisme, et qui doit s’effondrer d’un coup dès que le socialisme aura pu se renouveler et se forger une doctrine constructive répondant à la nécessité du moment.
L’année 1935 nous donne une réponse décisive. Alors que, en 1934, on aurait pu croire à une poussée fasciste en France (ce qui aurait eu pour conséquence un demi-siècle de fascisme en Europe, en 1935, le doute n’est plus permis sur le recul du fascisme.
A vrai dire, dès le premier semestre de 1934, il n’y avait pas à douter de la renaissance socialiste en France, — mais cette renaissance était masquée par certains aspects de la vie intellectuelle apparente du socialisme.
En 1935, les signes de cette renaissance sont éclatants aussi bien dans la masse que parmi les groupes animateurs du mouvement. Les semaines d’avril et mai ont été à cet égard des semaines de révélations pour le grand public qui n’avait pu observer l’étonnant travail ceïlullaire qui s’accomplit depuis plusieurs années, et qui s’est étendu, depuis février 1934, à tout le corps du socialisme.
D’un seul coup, par les élections municipales, accusant un profond travail politique et social au sein des masses, — par la réaction spontanée de tout le socialisme après la déclaration de l’acte Staline- Laval, — par la prodigieuse manifestation du Mur du 15 Mai, la France et le monde entier ont découvert l’élan socialiste qui soulève tout le pays, élan qui