PRÉFACE
vient des profondeurs populaires^ et qui se traduit par un mouvement intellectuel d^origine prolétarienne d^une puissance encore insoupçonnée du grand public.
Les deux mouvements se sont produits parallèlement. Tandis que la masse socialiste s’ébranlait et cherchait avec passion à se placer sur la voie révolutionnaire, des groupements de techniciens prolétariens se constituaient en marge ou au sein des partis officiels. De nouvelles techniques de la révolution y sont élaborées. Elles ne sont pas encore arrivées à la perfection. Mais elles sont déjà assez précises^ assez riches, pour donner, à un immense auditoire (qui les connaît encore fort mal), le sentiment que le grand travail de révision technique du socialisme est en cours.
Non point le prétendu travail de révision des néo-réformistes qui n’était, comme le néo-socialisme et comme le Demanisme, qu’une démarche inavouée pour l’abandon du socialisme, et une préparation au fascisme. Mais le nécessaire travail de révision de la technique révolutionnaire par lequel, sans rien changer aux objectifs ni aux principes fondamentaux de la révolution, on lui donne l’aimement et V outillage nécessaire au combat et à la construction dans un monde qui a fait, en vingt ans, des progrès techniques qui modifient complètement les données du problème social et qui rendent possibles des solutions inimaginables avant la guerre de 1914.
•îî
Les études que je présente dans le recueil que je publie aujourd’hui appartiennent à cet immense travail de révision des techniciens révolutionnaires.
Elles ont été écrites en pleine action et selon les nécessités du moment ; elles ont « collé » au mouvement, C’est leur caractéristique ^ leur faiblesse et leur force. Elles ne sont point des théorèmes abstraits comme ceux que fai présentés dans Economique ; elles sont en liaison directe avec les événements où Von peut suivre les étapes de la grande renaissance socialiste.
Elles montrent comment et pourquoi^ devant la première tentative de dislocation du socialisme par l’opération des néo-socialistes, — on a réagi en découvrant, dans la réalité du moment, les raisons profondes qui faisaient prévoir l’échec certain du mouvement, — ce qui s’est produit.
Comment et pourquoi on a osé dénoncer en 1934 les puissances organisatrices du mouvement fasciste, — impunément, parce que Von pouvait prévoir la décadence rapide de ces puissances.
Comment et pourquoi on a pu exposer à la //® et à la ///® Internationales une technique nouvelle de la gestion de l’économie par la démocratie prolétarienne, qui la cherche.
Comment et pourquoi enfin, on a pu extraire, des recherches de tous, une sorte de tableau où Von projette des images de la révolution à réaliser, telles qu’elles se forment dans l’esprit des ouvriers de l’événement.
En ceci, le recueil que je publie aujourd’hui appartient à Ioa vie plus qu’à la science.
Si dès septembre 1933, je pouvais opposer à Déat une certitude que j’exprimais ainsi « je crois que, de ce pays, le socialisme va prendre son élan pour entraîner les peuples européens dans le nouvel âge », —