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ET DU GRAND TOURISME. PUBLICITÉ RÉGIONALE

La langueur économique du Midi a fait que les stations thermales des Pyrénées sont loin, et très loin, du développement où elles peuvent prétendre. L’élan économique de la région va changer cela. Il faut donc prévoir un développement des stations thermales. Mais il faut l'organiser rationnellement.

Vous pourrez faire vous-même cette observation, en

TOULOUSE

interrogeant les Français nés au-dessus de la Garonne, que la région pyrénéenne est fort peu connue dans toute la France. C’est à croire que les Français ont pris au sérieux la parole de Louis XIV : il n’y a plus de Pyrénées.

Les Français un peu cultivés savent en gros que les Pyrénées sont riches en eaux de qualité ; mais leur science s’arrête là. Une publicité intelligente a commencé de lancer les Pyrénées, et les noms de Font-Romeu, Super-Bagnères, route des Pyrénées sont devenus familiers à beaucoup de Français. On connaît en outre l’existence de Luchon et de Cauterets. Mais que sait-on, dans toute la France, des stations qui pourraient rivaliser avec les plus grandes villes d’eaux pour le foie, les bronches, l’estomac, l’intestin : Salies-de-Salat est dans l’enfance, Capvern est inconnue, la réputation de Barbazan est à faire, Ax-les-Thermes est à lancer, Aulus, c’est im monde presque inconnu. Qui sait que l’eau d’Encausse guérit le paludisme ? Et pour Luchon, croyez-vous que sa réputation soit digne de ses mérites ?

Affaire de publicité ? Nous le pensons. Vous direz que c’est sans liens avec l’électrification ?

Vous vous trompez. Ce merveilleux ensemble de stations thermales des Pyrénées, unique au monde, a souffert d’appartenir à ime région qui vivait, économiquement, au ralenti. Il ne s’est point trouvé d’hommes d’affaires pour lancer ces stations parce que les hommes d’affaires ne s’occupaient pas du Midi. Il s’en trouvera désormais. H s’en trouve dès aujourd’hui parce qu’une vie nouvelle commence dans toute le bassin de la Garonne.

Il reste qu’il faudra lancer les Pyrénées. Et ce n’est point l’affaire de Luchon seule, ou de telle autre station C’est une tâche fédérale, régionale. Il faut un lancement général par les stations fédérées pour leur publicité. A Toulouse de réaliser cette fédération. Que Toulouse crée un conseil fédéral des stations thermales pyrénéennes, avec un lancement mondial.

Ce qui vient d’être dit s’applique au grand tourisme auquel le bassin de la Garonne se prête d’une manière admirable. Encore faut-il l’organiser. Encore faut-il guider le public, n ne suffit pas de lancer les touristes sur les Pyrénées. H est entendu qu’il y a des « guides », et qui sont fort bien faits. Mais ils sont trop bien faits, offrent beaucoup trop d’excursions et de circuits où se noient les nouveau-venus. Il faut qu’il y ait quelques ascensions, quelques grandes excursions, quelques grands circuits classés, lancés, limitant le choix du débutant et lui évitant les déceptions.

Une organisation du grand tourisme devra prévoir l’utilisation du tourisme pour la publicité : un des circuits devra comporter l’accès de l’un des plus grands réservoirs de haute altitude, avec visite d’une des plus belles installations, et remise aux visiteurs d’ime notice exposant La transformation de la région grâce aux « mines célestes ». Ce sera rni des moyens par lesquels la région se fera une nouvelle réputation et recrutera des hommes et des capitaux pour son développement.

F. — Usages industriels de l^électricité G. — Mines et carrières.

L’immense force disponible dans le bassin de la Garonne va chercher à s’employer industriellement. Elle appelle un large développement industriel. Naturellement, ce développement peut se ^aire par morceaux, au petit bonheur. Il se fera bien plus heureusement selon un plan très étudié.

Il faut que des groupes se constituent et se fédèrent pour la mise en valeur industrielle de toute la région, et que cette mise en valeur soit faite rationnellement, en évitant les doubles emplois ou les réalisations hâtives ou superflues.

L’étude générale ne sera bien faite, et utilement, que par une ou plusieurs fédérations de groupes d’études qui

TOULOUSE

feront un inventaire des ressources et des possibilités de tout le bassin, en hommes, matières premières ou produits à transformer.

On classera les opérations à réaliser en trois grandes catégories : industries à développer ; industries à faire naître ; industries saisonnières à organiser dans les montagnes pour les montagnards bloqués en hiver et à qui l’électricité apportera des moyens de production dont ils étaient tout à fait dépourvus.

Il y aura le plus grand intérêt à faire constituer quelques groupes financiers patronnant ces réalisations industrielles et leur donnant une sorte de garantie, après étude très serrée, de telle manière que la région ne soit pas exploitée et mise en défiance par des pirates d’affaires, ou même simplement par des financiers ou des industriels inexpérimentés.

L’exploitation des mines et carrières va être renouvelée par l’usage des forces hydro-électriques, en particulier la fabrication des ciments.

Il n’y a pas à s’étendre longuement sur ce chapitre qui est pourtant l’un des plus importants. Mais il suffit d’énoncer ici quelques principes : nécessité d’un inventaire ; d’un plan de réalisation ; d’un développement méthodique, raisonné, à quoi il faut ajouter que, dans les conditions présentes, on n’aboutira vite et heureusement que par une collaboration des producteurs d’électricité et des syndicats et groupes d’industriels. En effet, partout sera posée la question des installations de transport de force à amortir et de prix de courant. Une trop grande dispersion des installations industrielles rendrait les deux problèmes insolubles.

H. — Irrigation : machinerie spéciale :

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