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Mesure de la suggestibilité

A. — Suggestibilité dans le témoignage.

Au cours des expériences précédentes, il est possible d’insérer une série de questions à poser au cours de l'interrogatoire (on peut en ajouter 5 aux i5 autres, comme par exemple dans le questionnaire précédent), questions portant sur des détails relatifs à des éléments faisant défaut dans le test, éléments dont certains tiendraient une place apparente, d’autres une place peu évidente, et d’autres enfin une place insignifiante dans la scène représentée.

Le sujet pourra, soit déclarer que la question est sans objet, soit que ses souvenirs ne lui permettent pas de répondre à la question, s’il n’est pas docile à la suggestion. Sinon, il pourra faire une réponse indécise ou une réponse précise, et dans ce dernier cas on lui demandera s’il se porterait garant de l’exactitude de sa réponse. On aura ainsi trois degrés de suggestibilité, que l’on pourra exprimer par les coefficients 1, 2 et 3. Si l’on fait le total, pour les questions, des coefficients obtenus de suggestibilité et si l’on rapporte le nombre résultant au total des questions multiplié par 3, on aura une fraction qui se rapprochera d’autant plus de l’unité que la sug-

l’objectivation AFFIRMATIVE 7

gestibilité sera plus grande, et atteindra ce maximum lorsque le sujet se déclarera prêt à certifier l’exactitude de toutes les réponses imaginaires suggérées.

B. — Suggestibilité sensorielle.

Il est possible, chez la majorité des sujets normaux, comme de nombreuses expériences, celles de Binet, celles de Yung en particulier, l’ont démontré, de provoquer des sensations imaginaires, en faisant appel à des suggestions efficaces.

Cette suggestibilité pourra être appréciée chez différents sujets en faisant appel à une sensation pour laquelle la suggestion peut être assez facilement efficace, la sensation de chaleur.

Voici une méthode susceptible de donner de bons résultats \

On prend une caisse métallique ayant l’aspect d’une étuve, et où une ouverture assez large dans une paroi latérale permet d’introduire le doigt sans qu’il y ait contact de la peau avec le métal. Un écran percé d’une ouverture correspondante sera placé contre la paroi pour éviter, dira-t-on au sujet, la diffusion des radiations thermiques.

Il s’agira d’une étuve à chauffage électrique ou qui sera dite telle, cela étant sans importance parce qu’il est impossible au sujet de savoir si on la chauffe réellement, les 1 ils conducteurs disparaissant au-des-

i . Cette méthode est analogue à celle de Seàshorf. qui donnait à tenir au sujet un fil métallique qui était censé chauffé par une pile.

sous de l'appareil et rien n’indiquant si le circuit est fermé.

Le dispositif étant prêt, on prévient le sujet qu’on va procéder avec lui à une expérience sur sa sensibilité thermique : 11 devra, lui dit-on, introduire l’index de la main droite dans l’ouverture de l’écran,

aussitôt qu’il sentira une impression de chaleur ; pour cela on lui confiera la manette d’un rhéostat censé commander l’intensité du courant chauffant 1 étuve ; il fera la manœuvre borne par borne, attendant une demi-minute environ à chaque étape ; si une sensation de chaleur est notée à un moment donné, on demandera au sujet de continuer la manœuvre du rhéostat, pour chercher si, dans la limite de la manœuvre, et au cours de l’augmentation de la chaleur perçue, il atteint à un moment donné le seuil de l’impression douloureuse ; il devra prévenir s’il atteint ce moment pour que l’on note la position de la manette correspondant à ce nouveau seuil.

Le sujet pourra, dans cette expérience, ou bien n’accuser aucune augmentation thermique, ou accuser une augmentation de température mais jamais de douleur, ou enfin accuser successivement une sensation de chaleur et une impression douloureuse.

On aura ainsi la catégorie des sujets non suggestibles, suggestibles, et très suggestibles. Dans chacune des deux dernières classes, le degré de suggestibilité s’appréciera aux nombres de bornes parcourues par la manette du rhéostat au moment de l’impression de chaleur pour les suggestibles, de chaleur et de douleur pour les très suggestibles.

l’objectivation affirmative

Si le sujet déclare en effet une impression de chaleur dès la première position de la manette, la suggestibilité pourra être considérée comme maxima dans la catégorie où rentre le sujet, s’il n’accuse jamais ensuite de sensation douloureuse. Si une sensation douloureuse est accusée, c’est alors par la position établie au moment où l’impression de douleur est déclarée que se classent les sujets.

Tl est naturellement tout à fait nécessaire que le sujet soit seul avec l’expérimentateur au moment de l’expérience, et surtout que d’autres sujets n’assistent pas aux ess'ais faits avec l’un d’entre eux.

À la rigueur pourtant, l’intervention d’un pseudosujet, servant en somme de compère, et effectuant l’expérience avant le véritable sujet, pourrait être considérée comme un puissant adjuvant de la suggestion ; mais cet adjuvant pourrait avoir une influence assez variable, viciant la comparaison des di vers sujets, et, d’autre part, les résultats seraient en partie uniformisés, les sujets adoptant des déplacements delà manette très voisins de ceux du compère, d’autant plus voisins qu’ils seraient plus suggestibles, et ainsi la position de la manette correspondant au pseudo-seuil n’aurait plus de valeur pour la mesure de la suggestibilité. Il y a donc là des inconvénients trop supérieurs aux avantages pour qu’on fasse appel à ce procédé.

11 serait utile, en revanche, de faire passer effectivement par le rhéostat, dont les contacts ne se feraient pas très bien, un courant à assez haute tension (i io volts par exemple), pour que les étincelles, se produisant alors à chaque changement de bornedela manette,

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