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Les sujets et les conditions d’expériences

Le choix des sujets a une réelle Importance, mais il est souvent dilhcile, car on ne se procure pas de ceux-ci aussi aisément que des cobayes ou des chiens en physiologie.

Les sujets sont habituellement les expérimentateurs eux- mêmes, ou des étudiants, des élèves, et cela s’explique assez bien. Mais, s’il y a des avantages en certaines circonstances à avoir affaire à des gens avertis, comprenant ce qu’on attend d’eux, susceptibles de s’analyser avec assez de finesse, il y a aussi un réel danger souvent à faire appel à des personnes trop au courant du but des recberches, des théories dont on vise la vérification, des idées chères à l’expérimentateur et que le sujet par synq)athie désirera plus ou moins consciemment voir confirmées, ou, jiar malignité, voir démenties.

S’il y a intérêt, par conséquent, pour des recherches délicates, à utiliser des sujets intelligents et bons observateurs, il faut, dans tous les cas, éviter

riœttingen ; Ziinmennaim, à Leipzig ; l*eyer et Fnvarcjcr, à Neuchâtel (Clironoscope de llii*i>); Laboratoires des Universités Ca)- Itinibia (à New-\ ork) ; Clark (h \\ orecister, Mass.); Laboratoire de Chicago (3i, 45, Handol[tli Street, (diicago) ; Gomj)agni(î des intruments scientifiques de Cambridge (Stibb’s Row, Cambridge).

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le plus possible tout facteur d’autosuggestibilité, il faut laisser ignorer ce que l’on vise exactement à recbercber, et surtout ce que, plus ou moins nettement, l’on croit ou même l’on désire obtenir.

Pour l’établissement des moyennes, pour des mesures comparatives de groupes, les sujets sont indiqués par la nature même du travail, et il s’agit seulement de se procurer leur concours.

11 ne sullit [)as en elfet que le sujet consente à prêter passivement sa personne, comme un modèle à (pii il sullit de garder la pose ; .il faut, de la part du sujet, une collaboration active, il faut que ce dernier consente à particijier etïectivement aux expériences, et il n’est nul moyen de l’y obliger.

S’il n’y a pas à craindre que les sujets fassent croire à des capacités supérieures à celles qu’ils possèdent réellement, car la fraude est toujours facile à déceler, il peut fort bien arriver, en revanche, qu’ils paraissent inférieurs à ce qu’ils sont réellement, soit qu’ils subissent les elfets inhibiteurs d’une émotion, comme cela arrive si souvent à des candidats aux examens, soit qu’ils ne s’intéressent pas aux recherches et négligent de faire aucun elTort.

Il est bien certain que lorsque, par l’observation — • qui ne saurait faire défaut à l’expérimentateur — on constate une émotion déprimante ou une mauvaise volonté, et même une inditlérence réelle, il faut tâcher d’obtenir le calme, ou de relever l’intérêt, de faire appel à l’amour-propre. Si l’on échoue, il faut renoncer à l’emploi de ces sujets réfractaires, heureusement peu nombreux.

On doit aussi s’assurer qu’un sujet, bien dis-

INTRODUCTION

posé un jour, ne se trouve pas distrait, dans une séance ultérieure, par des préoccupations morales plus ou moins graves, qui lui ôteraient la liberté d’esprit qui lui est nécessaire.

De même encore, au cours des expériences, lorsque l’intérêt faiblit, que la bonne volonté se lasse, il faut s’arrêter alors même qu’il n’existe encore aucune véritable fatigue.

11 y a donc lieu de surveiller constamment le sujet, de l’observer sans cesse, lorqu’on n’a pas confiance dans son auto-observation ; c’est là une nécessité qui va de pair avec les exigences expérimentales.

Ainsi, lorsqu’en physiologie on étudie les effets d’excitations diverses sur la pression sanguine d’un chien chloroformé, on doit constamment surveiller l’anesthésie, pour éviter, aussi bien les perturbations du réveil que les dangers d’une anesthésie trop })rofonde.

Et les préoccupations pbyslologi([ues ne doivent pas non })lus rester étrangères au psychologue. Aj)rès une nuit d’insomnie, au cours d’une digestion dil1icile, dans une période de surmenage intellectuel ou après une fatigue pliyslcpie, un sujet ne fournira pas des résultats comparables à ceux qu’il donnerait dans un état d’équilibre satisfaisant.

Aussi les heures des exj)érlences doivent-elles être soigneusement choisies, et celles (jui peuvent être considérées comme préférables sont, ou bien la matinée vers 9 heures-midi, avant le repas, après le re[)os de la nuit, ou bien la fin de l’après-midi, vers 4 lieures- 7 heures, au moment où les processus physiologiques atteignent leur maximum nycthéméral d’activité,

Il faut aussi se défier des perturbations météorologiques aux(juelles certains individus sont si sensibles ; un excès d’buniidité, une dépression brusque, une tension électrique exagérée, signe précurseur d’un orage, peuvent être des facteurs importants et qu’il est impossible de négliger.

Tous ces conseils généraux ne peuvent constituer à vrai dire une technique, ils concernent l’application de la technique, qui est bien véritablement un art non susceptible de se traduire en recettes. 11 y a de bons et de mauvais expérimentateurs qui sauront ou ne sauront pas tirer d’une même technique des résultats satisfaisants. Il y a des aptitudes spéciales nécessaires à l’expérimentateur en tout ordre de science, en n’envisageant même que l’expérimentation proprement dite, et non la science, c’est-à-dire l’utilisation des expériences.

xMais nous ne pouvons entrer dans le détail des qualités professionnelles de l’expérimentateur, sujet général qui sort du cadre ce livre.

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