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Sensations de puession

Ces scnsalions doivent être étudiées non pasd’aiirès

l’appréciation de l’unité ou de la dualité de contacts exercés par deux pointes à intervalles plus ou moins rapprochés, appréciation qui est complexe et que nous envisagerons ultérieurement, mais d’après l’appréciation de l’existence d’un contact provoqué par une pression de valeur connue sur une surface constante du tégument, surface suffisamment petite.

Un esthésiomètre souvent employé dans ce but est celui de Fret, composé de cheveux ou crins plus ou moins lins montés dans un tube capillaire d’oii ils peuvent sortir sur une plus ou moins grande longueur, de pointe mesurée, s’il y a lieu après affinage et qui, au moment où ils plient, exercent une pression empiriquement mesurable.

Des conditions de mesure plus rigoureuses sont assurées par l’emploi des aiguilles haphiestbésimétriques de Toulouse et Vaschide, qui ne sont pas sou-

E,,ihésiomètre "''*68, Comme les cheveux, à des variade Von Frey. tions d’origiiie hygrométrique, dont la composition est définie, et qui ne sont pas altérables comme la matière organique capillaire :

Le principe de notre méthode est de mesurer le mode de sensibilité avec des corps pointus et rigides qui n’exercent qu’une pression égale à leur propre poids.

Ces corps sont des aiguilles en acier trempé, dont les extrémités sont des surfaces circulaires ayant o'"*",! de diamètre’ et dont les poids difl'érents, donnés par

Fig, 2.

I . Il faut clioisir une suface arbitraire, parce qu’il est impossible

le diamètre et la longueur, sont parfaitement déterminés ; quelques aiguilles, pour les poids les plus légers, ont dû être faites en aluminium.

Les aiguilles, dont la tête est en aluminium ou en cuivre, traversent un trou percé dans une [)etite bande d’aluminium et plus grand que leur diamètre. Lorsqu’on dépose, sans vitesse aj)préciahle, la pointe d’une aiguille tenue verticalement sur un point cutané et que l’on abaisse la plaque d’aluminium jusqu’à ce que l’aiguille soit maintenue dans son milieu, cette dernière n’exerce qu’une pression très sensiblement égale à son

Les aiguilles sont divisées en trois séries. Dans la première, elles croissent de o'-''’,ooo5, en partant de o^'’,ooo5 jusqu’à o'f'’,o i ; dans la deuxième, elles croissent par centigrammes, de

Aiguille lia- [)hicstliésiin é t ricjue (le Toui.ou- SK et Vas-

CIIIUE.

de déterminer Tine surface en rapport avec les zones anatonii([ues innervées par des terminaisons sensorielles isolées, ces zones étant éminemment variables d’un individu à l’autre. ( )n pourrait, avec des aiguilles de surface d’a{)plication croissante, étudier l’inlluence de la surface.

A cet égard. Von Fkky a établi (pie la pression ne devait jias être divisée par la surface d’a[)pllcalion pour permettre de déterminer son etbcacité, rapport simple (pii n’est vrai que pour les excitations algi([ues. La pression doit être divisée par Uî rayon de section de la surface. Aussi, lorscpie la surface augmente, le poids a besoin de croître bien moins vite [lour continuer à exercer la môme action (déterminée par le seuil). Cette

loi, — - est celle de la [iression en milieu visipieux une certaine profondeur, d’où on conclut (pie les terminaisons pour la pression sont assez profondes.

I. Cette pression se mesure, ce qui permet une vérification très précise, sur le plateau d’une balance très sensible.

O® ,01 a o*’,io et dans la troisième, elles croissent par décigrainmes, deo*-''’, i juscjirà i gramme,

1 our les cas pathologiques, on peut employer des aiguilles plus lourdes.

L’acuité de la sensibilité à la pression est donc mesurée par le poids de la plus petite aiguille en acier, dont la pointe a un diamètre de i/io de millimètre, et qui, préalablement chaullée à la température delà surface cutanée ou muqueuse du sujet et déposée ver-

tlcalement, sans vitesse appréciable sur cette surface, au 1110} en d’un tuteur métallique qui permet à l’aiguille de n’exercer qu’une pression égale à son propre poids, éveille une sensation de contact.

Un principe très analogue avait été utilisé par Beaunis pour la construction d’une aiguille unique, suspendue par un fd et qu’on pouvait faire descendre sur la peau, en la maintenant en équilibre au moyen d’un tube vertical dans lequel elle glissait ; on graduait sa pression en mettant des poids sur un plateau. Mais l’appareil était assez peu maniable, les poids déplaçaient le centre de gravité de l’aiguille, et il se produisait des frottements et des coinçages dans le tube de glissement. Enfin pour les mesures de seuil absolu les poids les plus petits étaient encore tro|) élevés pour certaines régions. Il n’a guère été employé.

Technujae. — • Voici quelques conseils sur la technique à suivre; leur précision pourra paraître parfois exagérée ; mais il faut toujours s’efforcer d’atteindre une précision extrême, car en pratique on n’y arrive jamais absolument, et d’autant moins qu’on se contente d’un idéal moins strict. Si l’on veut obtenir une mesure unique, telle qu’elle soit comparable chez tous les sujets étudiés, on procédera ainsi :

Le sujet étant commodément installé dans une position définie, on marque sur une partie de la peau (la main chez tous les sujets), de préférence sur la face antérieure du [loignet^, dont la jieau est line et

I. Il faut, pour les expériences employant une main du sujet, choisir la gauche chez les droitiers, la droihs pour les gauchers, l’une ou l’autre, de préférence la gauche, pour les andhdextres vrais, si l’on en rencontre. Mais dans les moyennes do séries, il ne serait pas légitime de rap[)rocher les gauchers et les droitiers.

dépourvue de poils, un cercle avec un timbre en caoutchouc qu’il est facile de faire faire des dimensions voulues : ce cercle doit être de 2 millimètres de diamètre au maximum et ne comprendre aucun poil. Dans le cas où des poils des régions avoisinantes seraient assez fournis pour couvrir la zone en question, il faut les couper tout autour.

Le cercle sera placé au niveau du semi-lunaire du poignet, sur la ligne ([ui va du scaphoïde au pyramidal.

On bande les yeux du sujet, on immobilise sa main sur une table recouverte d’un feutre (éviter les corps qui, bon conducteurs, refroidissent la main) et on lui adresse des paroles déterminées :

« Faites attention, on vous touchera de temps en temps le dos du poignet avec (juelcjue chose de très léger ; il est facile de se tromper ; prenez garde de répondre : Oui, toutes les fois que vous croirez sentir que Von vous touche ; vous navez qu 'à vous laisser aller à vos impressions immédiates. »

On observe un ordre d’expériences préalablement établi et constant pour tous les sujets. Toutes les 10 secondes, sauf une fois sur trois ou quatre, on exerce un attouchement, en commençant par les aiguilles les plus légères et en remontant au fur et à mesure.

Chaque fois, on dit : « attention » au sujet, et, aussitôt après on demande : « Avez-vous senti? », et lorsque l’on n’exerce pas d’attouchement, au bout de deux ou trois fois, on pose la même question pour déceler les erreurs de suggestibilité ou la fraude. Si le sujet répondait toujours : oui, on le préviendrait que de temps

à autre la question serait posée en l’absence de tout contact.

Lorsque le sujet répond : oui pour une aiguille donnée, on reprend les attouchements avec cette aiguille en posant fréquemment la question en l’absence d’attouchement, suivant une périodicité irrégulière*, cinq fois sur dix environ. Si les réponses sont constamment correctes, on a atteint, sinon dépassé, le seuil de la sensation tactile. On peut alors redescendre à l’aiguille précédente pour déterminer si l’on n’avait pas dépassé le seuil, qui sera mesuré par le poids de la plus petite aiguille ayant provoqué la sensation de contact, soit de lagon constante (seuil de certitude), soit dans trois quarts au moins des cas.

Il ne faut pas oublier qu’au cours de ces expériences l’attention du sujet se fatigue. Aussi est-il nécessaire de ne pas faire plus d’une minute ou deux d’attouchements consécutifs, et de donner de temps à autre quelques minutes de repos. Ces repos devront être d’autant plus fré(pients et d’autant plus longs qu’on aura aifaire à des sujets plus instables (enfants, certains malades en particulier).

Ln outre, avant de commencer les expériences, on doit s’assurer, avec des aiguilles assez lourdes et très légères, que le sujet répond correctement et qu’il a compris

1. Par exemple en désignant par a raUouclieinent et par n l’absenced’altuucliemenl : a — n — ii — a — ii — a — a — a — n — a.

‘i. Ces conseils technicpies sont valables ponr toutes les autres expériences, toul(;s analogues et parallèles. Aussi no les répéterons-nous pas.

Le maniement des aiguilles baphiesthésimétriques est assez délicat et il faut faire la plus grande attention à certaines causes d’erreur.

On prend l’aiguille par son support, souvent très petit, entre le pouce et l’index, on appuie son bras et, en ju-enant bien garde de n’avertir le sujet par aucun contact ni aucun bruit de ses mouvements, on approche très lentement l’aiguille ', au moment indiqué par le cbronomètre. Si l’on ])osait l’aiguille brus- (piement, on exercerait une pression plus grande, par suito de la vitesse de chute, et l’on appliquerait mal l’aiguille.

Lu approchant, on lient l’aiguille perpendiculairement à la peau : si l’aiguille devient oblique, elle trotte contre les parois du trou de glissement et exerce une pression supérieure de ce chef. L aiguille bien posee doit remonter légèrement au-dessus du trou et rester perpendiculaire ; il faut prendre bien garde qu elle ne heurte pas le plafond qui surplombe la télé de l’aiguille, car alors on exercerait avec la main une pression nouvelle; le regard doit donc toujours suivre l’aiguille sous l’incidence rasante, de côté. La position la meilleure consiste à se tenir assis en contrebas, ou a mettie un genou en terre, le coude appuyé sur la table où la main du sujet est posée ; pour s assurer de la perpendicularité, il faut regarder la tête de l’aiguille et, par des directions diverses du regard, se rendre bien compte que la descente n’est pas oblique.

I . tt est bien entendu ([u’on doit absolument n elTleurer aucun poil. Nous avons déjà dit cpi’il fallait, s’d y avait beu, en débarrasser les environs de la zone d expérience.

L’aiguille doit être maintenue un temps déterminé et toujours identique sur la peau : une seconde environ.

Une précaution que l’on peut prendre, c’est de maintenir les aiguilles dans une étuve sèche à 38*^ durant tout le temps de l’expérience ; de cette manière, au moment de l’attouchement, l’aiguille se trouve cire h une température voisine de celle de la peau h

13ans ce cas, 1 expérimentateur, bien qu’il puisse s’en passer à la rigueur, a besoin d’un aide qui lui prépare et lui passe les aiguilles dans l’ordre déterminé par l’expérience.

Alais, dans les cas ordinaires, on ne constate pas de production de sensation tbermique de froid précédant ou accompagnant la sensation de contact, sauf lorsqu’on exjdore les muqueuses.

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