Sensations électriques
Lorsqu’il passe, sur la peau ou à travers l’organisme, un flux électrique suffisamment intense, on en est averti par une sensation spéciale, mais dont la spécificité est très douteuse, et qui semble bien due à l’irritation complexe de diverses terminaisons sensorielles.
Cette sensibilité électrique doit, en tout cas, être examinée à part, car ses variations individuelles ne peuvent être à l’heure actuelle déduites avec certitude d’aucune autre mesure de sensations cutanées.
Deux méthodes peuvent être employées pour cet examen, ainsi que pour la mesure de la douleur élec-
triqiienient provoquée. L’une est fondée sur l’emploi des chocs d’induclion, l’autre sur celui des décharges de condensateur. La seconde méthode est la plus précise, mais elle est moins pratique, dans les conditions courantes :
On utilise des condensateurs à capacité variable de Leduc, déterminée en microfarads, que l’on fait charger sous un potentiel donné, ^ constant, 4 volts par exemple ; le circuit de décharge cpii doit comprendre une certaine surface cutanée du sujet, impliquera une résistance qui devra être déterminée. La décharge sera provoquée au moyen des excitateurs à 2 branches avec manche d’éhonite généralement utilisés à cet ellel. Sur la peau du sujet seront appliquées deux eleclrodes de platine, avec une surface d’application circulaire de i millimètre, et dont les bords les plus rapprochés scronl écartés de i centimètre. Ces deux électrodes doivent être montées sur éhonite, avec des courroies permettant de maintenir l’appareil bien appliqué sur la peau ; l’une étant en rapport avec une armature du condensateur, et l’autre pouvant être . mise en rapport avec Laiitrc armature par l’intermédiaire de l’excitateur.
Lue région cutanée commode et qui pourra être choisie sera Icjuilieu de la face antérieure du [lolgnet, 1 électrode la jilus proche de la main étant située sur le plan d'articulation.
La charge du condensateur sera proportionnelle à la capacité, en s’eiîectuant sous potentiel constant; on devra faire varier la charge’ pour obtenir des flnx
I. La qiiaiitiU- d électricité de la décharge serait exactement
d’intensité croissante dans un circuit de résistance connue, que l’on déterminera en ohms avec une source d’énergie dont on connaîtra le voltage et un ampèremètreh II est nécessaire pour toutes les mesures de sensibilité électrique de prendre une précaution généralement négligée : c’est de déterminer la .résistance du circuit en y comprenant la surface cutanée du sujet. En elTet la résistance de la peau varie d’un sujet à l’autre et Ton a pu dire non sans apparence de raison, avec certaines méthodes, que les [iseudo-variations de sensibilité électrique ou de douleur provoquée par l’électricité chez diiîérents sujets ne représentaient en réalité que des variations de résistance cutanée.
La détermination de la résistance du circuit total avec une position donnée du curseur d’un rhéostat intercalé sur le circuit se fera donc pour chaque sujet et l’unification s’obtiendra par variation de la position du curseur.
La méthode basée sur renq)loi des chocs d’induc-
(tctcrminée au galvanomèlre balistique. Elle est égale au produit du voltage de charge par la capacité. Ün peut donc, pour le faire varier, changer run ou l’autre des deux termes.
On doit se rappeler ce fait, (pie la durée de la décharge des condensateurs est d’autant plus courte, au môme potentiel, que la capacité est plus petite. Aussi, dans les expériences physiologiques d’excitahilité, on peut déterminer la plus courte durée de l’excitation nécessaire pour provoquer une réaction, en cherchant suivant la capacité des condensateurs, la charge la plus petite nécessaire pour la réaction. On pourrait procéder de même pour la sensation électri([U3.
I. On se rappellera qu’un potentiel de i volt donne i ampère dans un circuit d’une résistance de i ohm 5 si on obtient 1/2 ampère dans le circuit, c’est que la résistance y est de 2 ohms.
lion, implique également l’cnqiloi (run circuit de résistance connue, et ramenée pour chaque sujet, après <létermination en ohms, à une valeur constante [lar l’emploi d’un rhéostat ; mais les variations d’inlensilé du champ s’obtiendront })lus facilemeni, grâce à l’emploi du chariot de Du Bois Bevmondou de BanviER, qui est d’un usage classiipie en physiologie: en éloignant au maximum dans ce chariot la hohinc
Fk;. lo. — (chariot de Uanmkk.
d’induction du noyau inducteur, et en la ra|)prochanl progressivemeyil, on obtiendra une valeur du seuil de sensibilité (pii scradonnéecn millimètres d'écarlemcnt, lus sur la réglette graduée que [)orte le chariot. Ces mesures ont une valeur comparative, mais ne fournissent pas une valeur absolue, en unités électriques, comme avec les condensateurs h Pour que la valeur comparative soit réelle, il faut encore, d’ailleurs, un certain nombre de conditions ; tout d’abord on doit s’assurer que les chariots sont bien construits suivant un modèle Identicpie et (pie les (ils d’emoii-
1, Pour obtenir celte valeur aI)Solue, il faudra graduer ou faire graduer le cbariol dont on dispose, avec un galvanoinèln^ balisti(pie.
Toulouse, 2‘‘ édit.
lement ont bien même diamètre et même longueur totale, ceci est facile à obtenir à cause de l’emploi de cet appareil en physiologie. Mais surtout, si le circuit d’excitation est bien déterminé, il faut en plus que le courant inducteur ait une intensité constante. Pour cela, comme il est diiricile, même avec un circuit identique, d’obtenir une telle constance, à cause des variations des sources usuelles d’énergie électrique, on doit intercaler sur le circuit inducteur un ampèremètre et un rhéostat, de manière cà obtenir une intensité constante, qui sera de 4 ampères, avec des sources d’énergie quelconques, mais assez fortes, piles ou accumulateurs, paroles variations appropriées du rhéostat.
Enfin, comme il y a des chocs induits à la fermeture et à l’ouverture du circuit, et c]ue l’action en est inégale, que d’autre part l’intervalle entre les deux chocs variera suivant que l’on relâchera plus ou moins vite le contact établi en pressant sur la clef du chariot, il faudra s’exercer à presser et à relâcher aux battements d’un métronome ; on évitera d’employer la méthode des chocs répétés avec trembleur, les oscillations du trembleur étant praticpiement de duree variable dans les chariots de Du Bois Beymond.
On pourra d’ailleurs supprimer le choc d ouverture erî intercalant un interrupteur sur le circuit induit, interrupteur qui servira également pour des pseudo excitations de contrôle.
Technique. — Le sujet étant assis et ne pouvant voir (ayant par exemple les yeux bandés) les manipulations effectuées sur la table d’expérience, le membre supérieur est placé dans une position commode, et
le dos de la main appuyé sur un coussin; rcxcilaleur ost fixé par des courroies autour du poignet de façon que Télectrode la plus proche delà main repose sur le point médian du pli le plus profond réalisé par le ploiement du poignet ([)oint qui sera marqué an crayon dermographique), l’autre électrode se trouvera placée un centimètre plus haut sur la ligne médiane de cette face de ravant-hras, Le circuit, constitué })ar rexcitateur, l’interrupteur, le rhéostat avec une position définie du curseur ef les fds de transmission, sera mis en rapport avec un accumulateur et un ampèremètre : le nombre d’anqières constaté permettra, le nombre de volts étant connu, de déterminer en ohms la résistance du circuit. Le circuit sera fermé alors, soit sur une bouteille de Levde, soit sur les bornes de la bobine du chariot d’induction.
Si l’on emploie les condensateurs on utilisera les diverses capacités dont on dispose ; si l’on a une série de bouteilles de Leyde chargées, à capacité dllférente, on pourra les décharger successivement.
Si l’on emploie le chariot de Du Lois Ueymond, on ramène à 4 nmpères l’intensité du courant inducteur comme il a été dit précédemment ; on éloigne au maximum la bobine du noyau et on commence les excitations en ap[)uyant de la main gauche sur la clef du chariot, et en ouvrant de la droite l’interrupteur du circuit induit avant de relâcher, ce ipii évite le choc d’ouverture et réduit l’excitation au choc de fermeture.
On commence, aVcc les deux méthodes, par faire ressentir au sujet les effets d’un (lux électrique assez fort, puis on lui demande de prévenir lorsqu’il sentira
64 TECHNIQUE DE rSYCIIOLOGIE EXPERIMENTALE
ce meme efTet, si faible soit-il. On commence par des excitations an-dessus du seuil, et chaque fois on prévient le sujet 2 secondes avant par le mot « attention».. On augmente progressivement d’intensité, en réalisant des excitations à une minute d’intervalle environ. De temps à autre on procède de meme, mais en laissant ouvert, grâce à rinterrupteur, le circuit d’excitation, pour déceler comme toujours la fraude ou la suggestibilité.
• On atteint le seuil de certitude lorsque, pour une intensité donnée d’excitation, les réponses du sujet se montrent constamment justes.
Pour la mesure de la donleur, il sullit d’augmenter les Intensités jus(pi’àce que la sensation douloureuse paraisse nettement ressentie par le sujet.