Persistance des impressions sonores
L’iiierlie de l’appareil aiidilil’ ])arait plus grande que celle de l’appareil visuel, car le temps ]ierdu est plus long, et l’on peut trouver une excitation assez courte pour ne jirovoquer aucune sensation.
Pour mesurer le seuil temporel de l’excitation la plus brève déjà susceptible d’impressionner le sens auditif, on use d’une sirène mise en mouvement à la vitesse que l’on veut au moyen d’un engrenage avec le moteur qui sert à mettre en marcbe les dls([ues utilisés pour la vision ; et l’on fait construire un dispositif pour la mise en marcbe immédiate du dlscpic de la sirène et son arrêt au bout d’un tour comme il en a été réalisé à divers usages.
Il siilTit alors de bouclier les orifices des dlsipiesde la sirène avec des bouchons de caoutchouc du diamètre voulu, en n’en laissant ouverts que 2 ou 3, ou en n’en laissant même ([ue i sur le disque rotatif, et un seul toujours sur le dis(pie fixe. On peut ainsi avoir 1, 2, 3, eic. vibrations par tour de disque, fui réglant la vitesse de rotation du disipie pour une hauteur de son donnée, c’esl-à-dire jiour une certaine |)ériodiclté x ibratoii’e, on peut obtimirdes vibrations de durée voulue ; l’imité de ti'nqis étant ainsi donnée par la vibration, on cbeicbe combien il faut de vibrations [lour engendrer la sensation sonore. On peut obtenir des dinérences jirogressivcs en changeant un peu la vitesse de rotation, mais il ne faut le faire que dans d’étroites limites, car le seuil varie
"J’OULOPSK, 2® édit. I. — Il
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avec la hauteur des sons ; il faut proportionnellement moins de temps d’excitation pour les sons bas que pour les sons élevés. Au point de vue du nombre des vibrations, il -en faut donc beaucoup plus pour les sons plus élevés, les vibrations étant plus courtes: Tl suffît de 2 vibrations dans les environs de 3 000, de 5 vers 6 000, de 10 vers 7 000.
La persistance des im})rcssions sonores est moins dllVérente, en ce qui concerne sa valeur, de la persistance des impressions visuelles, que le temps perdu.
La mesure en est possible en . faisant appel à la métliode suivante, indiquée par Sanford et qui met bien en évidence l’existence de l’image consécutive pour les sons, image consécutive qui ne fait défaut [)Our aucune sensation :
(,)n dispose deux ernbouebures de porte-voix sur un même plan horizontal maintenues sur une règle à distance variable. Aux extrémités sont fixés deux tubes de caoutcbouc de même longueur aboutissant à un tube en T dont la branche commune porte un troisième tube de caoutcbouc se terminant par une olive qu’on introduit dans l’oreille du sujet, le tout ayant une longueur suffîsante pour que le sujet se trouve à environ i'”,5o des embouchures.
Au milieu des deux embouchures est suspendu- un pendule de hauteur réglable et auquel est fixé un diapason donnant le /a®, le diapason commun des accordeurs. Le diapason est fixé horizontalement les deux branches superposées, et on règle la hauteur des embouchures pour que, pendant une oscillation du pendule, l’extrémité des deux branches passe de-
vant les embouchures, à 5 millimètres de distance. On mesure, pour les difTérentes hauteurs du pendule, que Ton soulève à la main au-dessus de l’enihouchure de gauche et qu’on lâche pour le rattraper lorsqu’il a dépassé le niveau de l’emhouchure de droite, le temps qui s’écoule au cours du passage entre les deux embouchures. Pour cela on place devant chaque embouchure un fil métallique souple qui sera touché au passage par le diapason; ces deux fils sont en communication avec un fd d’une pile ; l’autre pôle est en rapport avec un signal électrique de Desprez et un fil réunit le signal au diapason. A chaque passage devant une embouchure, le contact du diapason et du fd souple ferme le circuit et il y a un battement de la, plume du signal. On inscrit les battements sur un cylindre enregistreur, el l’on inscrit simultanément le tenqis, soitavecun chronographe de Jacquet donnant le cinquième de seconde, soit avec un diapason électrique en rapport avec un autre signal ou une autre plume du signal si celui-ci est double, ce qui permet d’obtenir le cinquantième ou le centième de seconde.
Technique. — Les temps étant connus, on règle le pendule pour qu’entre les deux passages il s’écoule une demi-seconde ; le sujet écoule le diapason avec une oreille grâce à l’olive qui y est introduite et reçoit ainsi les sons, soit de l’embouchure de droite, soit de celle de gauche au moment du passage du diapason devant chacune d’elles ; il distingue deux sons successifs, qui correspondent aux deux jiassages devant les deux embouchures. On réduit alors la durée-intervalle en raccourcissant le pendule, et l’on demande
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au sujet de dire quand il n’entendra plus qu’un son unique. Lorsque, pour un certain intervalle, on a la fusion des deux sons en un seul, on raccourcit encore le temps, puis on l’allonge progressivement jusqu’à ce que, à nouveau, deux sons soient distingués. On raccourcit alors une deuxième fois jusqu’à ce que la fusion soit encore obtenue. On prend la moyenne des deux intervalles au moment de la fusion s’ils sont assez voisins et pas trop éloignés de l’intervalle correspondant au seuil de dilTérenciation des sons successifs. Sinon on recommence la détermination.
On a ainsi, en fractions de seconde, la durée de j)ersistance de l’image sonore.