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Le matériel nécessité par l’étude des sensations la-
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byrinthiques est encombrant et nécessite des emplacements assez vastes'.
Pour les sensations de rotation, il faut une planche matelassée sur laquelle puisse être étendu un homme même de très grande taille, et reposant sur un large disque rotatif, lequel sera susceptible aussi de recevoir en son centre un siège qui y sera, comme la planche, solidement fixé.
Le disque sera mis en mouvement, par l’intermédiaire d’engrenages réducteurs de vitesse, avec transmission par chaîne, par un moteur électrique assez [)uissant. Un roulement à billes assurera une rotation sans secousses et sans bruit. L’horizontalité du disque et de la ])lanche devra rester parfaite au cours de la rotation. L’appareil une fois mis au point ne sera plus déplacé, sans quoi l’on risquerait de donner du jeu et de perdre l’horizontalité parfaite, assez difficile à obtenir, au cours de la rotation. Un rhéostat permettra de faire varier les vitesses du moteur et par conséquent du disque. Les vitesses, toujours assez lentes, de ce dernier seront enregistrées de la façon suivante. Sur le disque seront fixées 6o lames souples d’acier ressortant d’une égale longueur et équidistantes, tous les 6 degrés. Elles seront toutes réunies par un fil électrique en communication avec une pile et un signal de Desprez. Le signal sera d’autre part en relation avec une borne fixe placée à la hauteur du disque et à 2 millimètres de distance
I. En France il existe un matériel assez complet pour l’étude des mouvements et des positions du corps au laboratoire de rUniversité de Rennes, dirigé par AI. Bourdo.n.
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de rextrémité des lames d’acier; un fil de diamètre moyen dépassera de 2""", 5 la borne, en sorte qu il soit juste touché au cours de la rotation par chaque lame d’acier. A chaque contact, la plume du signal subira une oscillation qui sera inscrite sur un cylindre enregistreur où elle formera un cran. Ln inscrivant avec un clironographc de Jacquet le temps sur le cylindre, on aura très exactement la durée de rotation de chaque soixantième de circonférence. Si la rotation totale dure une minute, on aura entre chacun des soixante crans un Intervalle d’une seconde. Des qu’une accélération se produira, elle sera enregistrée et pourra être notée et mesurée.
Technique. — Le sujet est étendu sur la planche de telle façon que la ligne reliant les tragus des deux oreilles soit à une distance fixe, quelle que soit la taille du sujet, de Taxe de rotation, distance qui peut être fixée à 70 centimètres. Ou bien le sujet est assis, et immobilisé par des courroies et un ap[)ui-tête, sur un siège à dossier, et de telle façon que l’axe de rotation passe par le milieu de la ligne reliant les tragus des deux oreilles. Suivant une position ou l’autre on explore une paire dllîérente de canaux semi-circulaires. Cette dernière position est préférable pour une expérience-type, qui portera sur les canaux horizontaux.
Les yeux du sujet sont naturellement bandés pour éliminer toute sensation visuelle, et l’on [)Ourra faire l’expérience dans l’obscurité (en se servant de lampes électriques de poche pour les manipulations) afin d’éviter que la direction de la lumière, pénétrant malgré tout jusqu’à la rétine, puisse fournir des in-
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dicatlons. Pour le seuil absolu, grâce à l’usage de niultlpllcations réductrices de vitesse, on mettra l’appareil en mouvement à la vitesse d’un tour à riieure, en demandant au sujet de noter dès qu’il se sentira tourner, et pourra dire dans quel sens il tourne. On posera la question à plusieurs reprises, tantôt au moment où l’on fera réellement tourner ra[)pareil, tantôt sans bouger. Le moteur devra être assez éloigné pour (pie son bruit ne puisse jouer de lôle, et, au besoin on aura un autre moteur constamment en niarcbe (pii sera toujours entendu et ne permettra jamais de percevoir les variations du bruit de 1 autre.
Le sujet ne percevant rien, on arrêtera la rotation, et l'on reprendra avec une vitesse plus grande, et' ainsi de suite justpi’à ce que l’on atteigne le seuil de perce[)tion (la rotation étant toujours Indiquée avec son sens).
Pour le seuil ditïérentiel, concernant les accélé^'ations, on fera tourner l’appareil à une vitesse uniforme de I tour à la minute par exemple ; et à un moment donné on accélérera en le faisant tourner en 5() secondes au lieu de 6o. Le sujet devra noter le moment où il s’a[)ercevra d’un changement et du sens du changement, on déterminera les seuils de sensation et de perception. On pourrait refaire avec une vitesse plus lente et une vitesse plus rapide.
Avec les vitesses lentes, la sensation de rotation quand le mouvement est uniforme, disparaît, et seule l’accélération est perçue : le seuil différentiel est donc en réalité un seuil absolu. C’est ainsi que les choses doivent se passer en effet d’après le mécanisme sen-
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soriel des canaux semi-circulaires. ^lals les rolalions rapides sont toujours perçues parce qu’interviennent alors des sensations complexes dues à des phénomènes de déplacement des liquides organiques sous l’inlluence de la force centrifuge et à la sensation de la résistance de l’air sur la face (qui pourrait être éliminée par l’emploi d’un masque).
Pour étudier la sensibilité labyrinthique pure, il faut donc éviter les rotations rapides.