I . \'oir p. I G I
2 3'i TECIIXIQUE DE PSYCHOLOGIE EXPERIMENTALE
percé d’une ouverture close
Fig, 47. — Obturateur monté pour la détermination des temps de per.
eeplion.
par un obturateur : un œil étant fixé contre l’encadrement circulaire de l’obturateur, on découvrira le champ visuel par le jeu de la poire pendant un temps donné, et l’on déterminera comme précédemment l’étendue de la perception.
Cette méthode ne permet pas de déterminer le seuil de durée pour une perception quelconque, mais, pour certaines durées données (1/200, i/ioo, i/5o, 1/25 de seconde, etc.) l’extension de la perception, ce qui donnerait le seuil pour une perception identique.
On déterminera combien, en 1/200, en i/ioo, en i/5o, en 1/26 et en 1/5 de seconde, un sujet peut percevoir de formes juxtaposées (cercles, triangles, rectangles, carrés, etc.), de cbilTres, de consonnes,
de lettres groupées par trois en s}dlabes, de lettres
MESURE DES PERCErTIO>’S 2.35
constituant des mots sans lien, de lettres consli tuant des mots réunis en phrases.
On cherchera aussi quel est le polygone régulier le plus compliqué qu’il soit possible au sujet de percevoir, en prenant des hexagones, dodécagones, etc, et en lui faisant déterminer, sur un tableau où les divers hexagones présentés se trouvent juxtaposés, celui qui lui a été présenté.
On pourra également reprendre toutes les sensibilités ditïcrentielles de grandeur, de distance, de profondeur, etc. , en déterminant les seuils pour une durée de présentation très courte, de i loo, de i/5o de seconde. On saura qu’au-dessous de i/oode seconde, à partir de 1/76, et, surtout de 1/100 à cequ’il semble, on élimine le plus petit mouvement des yeux, et qu’ainsi la mesure de la sensibilité dinerenlielle aux distances, aux grandeurs, doit pouvoir s’etrectuer sans participation du sens kinésique oculaire.
Teclinifjae. — Le sujet est placé devant l’obturateur, un œil appliqué dans l’ouverture. On fixe à une distance déterminée, 5'", 70 par exemple, le tableau portant les cartons où se trouvent masqués les dessins, chilTres ou lettres, à présenter au sujet. L’épaisseur des traits, à la distance de 5"’, 70, pourraétrede 10 millimètres, ce qui correspond à une vision angulaire de fi' ; les figures, les lettres ou chilTres, dans leur ensemble, seront inscrits dans un carré de 100 millimètres de côté, ce qui correspond à i" comme angle de vision. On se trouve ainsi très au-dessus de l’acuité normale, et les conditions peuvent convenir à des sujets d’acuité très diverse. Il serait })lus précis évidemment de prendre un angle multi[)le de l’angle
minimum de difTérenciation mesurant l’acuité visuelle, quintuple par exemple. Mais il faudrait alors un jeu de tests de dilîérentes dimensions, tel qu’avec de légères variations dans la distance on puisse réaliser les angles requis.
Il faut que le sujet soit en tout cas à une distance du test supérieure à 5 mètres, pour que la perception puisse s’elîectuer sans effort d’accommodation, c’est-à (lire sans perte variable de temps ; or l’œil au repos, dans la vision dite « à l’infini », perçoit correctement a partir de 5 mètres, bien que la limite exacte soit de 20 mètres, les variations accommodatives
étant en effet pratiquement négligeables à partir de O mètres.
On detei minera le maximum de perception pour des durées très brèves ; il est inutile de dépasser le nombre de 4 ou 5 figures perçues, quand il s’agit de formes diverses, de cbifi'res, ou de consonnes isolées, car, sans cela, des défectuosités de mémoire polluaient intervenir et limiter en apparence l’étendue de la perception.
7* — Illusions visuelles.
Les perceptions comparatives complexes fournissent liéqiiemment des indications erronées sur les rappoits réels des objets. Le mécanisme de l’erreur de perception est souvent déterminé avec certitude, jiarfois il apparaît encore obscur. Mais la plupart des illusions, qui varient d’intensité avec les sujets, sont susceptibles d’évaluation.
MESURE DES PERCEPTIONS
Nous allons indiquer conunent on peut procéder pour un certain nombre d’entre elles, qui peuvent ■être variées à l’infini, niais se rapportent a quel([ues tvpes bien définis.
Presque toutes concernent la comparaison degiandeurs, lignes ou surfaces. Mais il en est qui concernent les directions apparentes des lignes, et qui peuvent se rapportera l’illusion, dite de Zoellner, comme type.
A. — Jlkislons clans la comparaison de (jrandenrs
linéaires.
A longueur égale, une ligne verticale parait plus longue fju’une ligne liori/ontale, une ligne horizontale barrée jiar des petits traits verticaux paraît plus longue ipi’une autre nue, une ligne [lortanl à ses extrémités des angles sortants paraît plus longue, et une ligne portant des angles rentrants plus courte, qu’une autre ne portant rien aux extrémités ou [lortant des traits verticaux ^
L’étude de l’illusion se fera par la méthode qui a servi à l’établissement du minimum dillérentiel dans la perception comparative des grandeurs.
On prendra comme étalons une ligne verticale de 2 5 millimètres de long, le carton la portant étant placé sur le support de gauche ; à droite on présen-
I, Dans l’illusion île Müm kh-Lyf.h, la comparaison s’eirectuo entre les deux lignes à angles rentrants et sortants ; mais, suivant les sujets, le raccourcissement est j)lus prononcé, ou moins, que rallongement. Aussi faut-il dissocier la comparaison. Voir les tests pour des figures de ces illusions, p. 292-21)3.
tera des carions portant des lignes horizontales croissant par demi-millimètre à partir de 25 millimètres.
On prendra de meme comme étalon une ligne horizontale de 25 millimètres, avec ii traits verticaux, 2 aux extrémités, et g intermédiaires équidistants, tous les 2-""’, 5 ; la hauteur de ces traits sera de !\ millimétrés et la grosseur du trait de o'"'",2 5
(la grosseur du trait de la ligne étant toujours de o""'',5o).
Les memes témoins de comparaison seront em- [iloyés, sur le siqqiort de di’oite.
On prendra encore comme étalon une horizontale de 25 millimètres de long, terminée aux deux extrémités par des angles sortants, à 6o« d’ouverture, symélricpies par rapport à la ligne, avec des traits de meme grosseur (o-",5o) et de 5 millimètres de long. On se servira des memes témoins.
Lnlin on prendra comme étalon une horizontale de 2 5 millimètres avec deux angles rentrants symétriques par rapport à la ligne, ayant la même ouverture de 6o°, les traits ayant même grosseur et même longueuL. Les témoins seront des lignes horizontales décroissant cette fols par demi-millimètre à partir de 25 millimètres.
On pourrait aussi, pour rillusion de Müdær-Lyer, laire comparer à une série d’horizontales terminées pai des liaits veiticaux de 4 niilhmetres de haut un étalon [lortanl aux extrémités des mêmes traits terminaux des perpendiculaires sortantes ou rentrantes de 3 millimètres de long.
Technique. — La position du sujet et des tests, les intervalles de présentation seront les mêmes
MESURE DES PERCEPTIONS
que pour la perception des grandeurs linéaires Mais la durée des présentations sera plus courte, rillusion diminuant avec le temps d’observation ; on la fixera à une seconde En outre l’ordre de présentation sera différent : on ne cherche pas à quel moment en effet les deux lignes paraissent inégales mais au contraire à quel moment elles paraissent égalés ; on procédera par oscillations (méthode des cas vrais et des cas faux) ; on présentera d’ahord les deux lignes de meme longueur; l’étalon, suivant l’illusion, paraîtra plus grand ou plus petit ; on présentera alors avec l’étalon une ligne témoin de longueur double ou moitié qui paraîtra plus petite ou plus grande ; puis une ligne témoin n’ayant qu’un demi-millimètre de plus ou de moins que l’étalon ; puis une ligne témoin ayant 2 millimètres de moins que le double ou de plus que la moitié, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’on rencontre le jugement d’égalité constamment pour une certaine valeur. On évite ainsi ce malaise du sujet qui hésite à déclarer toujours plus grande ou [dus courte une ligne par rapport à l’autre..
1). — Illusions dans la comparaison de (jrandeurs
superficielles .
Une sui face paraît plus grande qu’une autre, pour-