I. OuiENTATlOX DES SONS PERÇUS
La direction d’une source sonore est aj)proximalivement déterminée d’après la perception du son luimème. La détermination de cette direction s’obtient surtout, chez un grand nombre de mammifères, par des déplacements de l’ouverture du pavillon mobile de l’oreille, et la recliercbe de la [)erception la plus intense correspondant à une direction donnée du pavillon, perçue [)ar le sens kinésique. Chez riiomme, en audition bi-auriculaire, il y a comparaison des [ærceiitions fournies par les deux oreilles, et mouvements de la tète pour déterminer l’orientation de l’oreille correspondant à la perce[)tion maxima [)ar une oreille donnée.
Mais, meme avec audition uni-auriculaire, et même
2'j6 technique de psychologie expérimentale
avec immobilisation de la tète, sans que le pavillon de roreille soit mobile, il y a encore une perception, beaucoup plus grossière évidemment, de l’orientation auditive.
On ne connaît pas encore le mécanisme exact de cette perception, qui paraît s’elïectuer, au seuil, par l'intermédiaire de petits mouvements réflexes céphaliques et oculaires provoqués par l’intluence obscure (pi’exercerait la direction des ondes sonores et, en outre peut-être, par les diverses réllexions des ondes sonores sur les cavités du pavillon de l’oreille, ce (jui entraînerait des variations d’intensité.
On pourra donc faire la détermination de la finesse de cette perception de la direction des sons, pour l’audition bi-auriculaire ou mono-auriculaire, en laissant la tète libre, ou en l’immobilisant avec un appuitète.
On se servira, pour la production des sons, de l’acousi-estliésimèlre, qui sera placé sur un pied à roulettes avec plateau haussable.
Technique. — Le sujet sera assis, les yeux bandés, au milieu du tajils circulaire employé pour le schésiesthésimètre, portant 36o rayons donnant les divisions en degrés de la circonférence. La perpendiculaire au centre du tapis devra passer par le milieu de la ligne réunissant les tragus des oreilles, en cas d’audition bi-auriculalre, par le tragus de l’oreille explorée, en cas d’audition mono-auriculaire. Le centre de la plaque vibrante (où tombent les gouttes) sera haussé au niveau du plan horizontal passant par la pointe du tragus, et sera à i mètre du centre du tapis. On déterminera le seuil de la sensibilité à cette distance; on
MESURE DES PERCEPTIONS
prendra une hauteur quintuple de ce seuil pour déterminer l’intensité du son qu’on produira. On placera l’appareil de telle sorte que le point central de la plaque fasse un certain angle au centre avec le diamètre comprenant la ligne interauriculaire, et l’on fera tomber une goutte d’eau sur la plaque.
On pourra alors déterminer la percejilion absolue <le l’orientation en donnant au sujet une baguette qu’il devra tendre dans la direction supposée du son. On mesurera l’angle entre cette direction indiquée et la direction réelle, fournissant l’erreur de perception. Pour déterminer la perception dltlérentielle, après avoir fait entendre le son dans la direction étalon, on déplacera le pied d’un angle très petit, et l’on fera retomber une goutte sur la [ilaque dans la nouvelle direction en ne laissant pas plus de 10 secondes d’intervalle entre les deux sons. Puis, après une minute d’intervalle, on recommencera un couple de conijiaraison, avec d’abord la direction étalon, et ensuite une direction en dlITérant d’un angle progressivement croissant, dans un sens ou dans l’autre, jusqu’à ce que les réponses constamment exactes du sujet mettent en évidence la perception de ladilTérence des positions ; l’angle donnera alors la mesure du seuil dirtérentiel. Comme contrôle, on fera entendre fréquemment les deux sons du couple, l’appareil restant dans la meme position.