MESURE DE L’ATTENTION SENSORIELLE
L’intensité tics phénomènes sensoriels provoqués par une excitation d’une certaine valeur n’est constante ([ue si les conditions psychophysiologiques de la réce|)tion par l’organisme sont elles-mêmes sensihlement constantes ; mais, si ces conditions varient, l’intensité variera, et pourra par exemple diminuer au point même de s’annuler. On synthétise sous le nom d’ « attention » les conditions propres à augmenter au maximum l’intensité des phénomènes sensoriels provoqués par une excitation donnée ; et L’on a affaire là à un complexus dont tous les éléments sont loin d’être parfaitement définis ; on note, comme éléments principaux, une accommodation sensorielle convenable pour le stimulus en jeu, une augmentation du tonus musculaire favorisant les réactions possibles au stimulus, et enfin une certaine adaptation cérébrale ; en outre de ces facteurs positifs, il y en a d’autres d’un caractère plutôt négatif et consistant dans la suppression des conditions favorisantes pour tous les autres stimuli sensoriels, de l’accommodation en particulier, et dans l’inhibition des divers courants associatifs de la pensée, sans rapport étroit avec la perception du stimulus.
MESURE DE l’ ATTENTION SENSORIELLE 5i6l
Le résiillat, c’est, nous l’avons dit, le renforcement sensoriel, qui implique une augmentation d’intensité desprocessiis de réception, et aussi uncaugmentation de rapidité de ces processus, deux termes ipii peuvent être chacun objet d’étude.
Au point de vue de l’augmentation d’intensité, elle peut se constater par l’abaissement du seuil pour toutes espèces de sensations, et d’autre part par un accroissement de précision dans les perceptions, susceptible de se noter par exemple par la diminution du nombre des omissions et des erreurs dans le champ de la perception.
Ces diverses conséquences de l’attention conduisent à des expériences correspondantes pour l’évaluation du renforcement provof[iié.
Mais il faut noter ((iie ce renforcement peut être lui-même un elfet direct des stimuli extérieurs, ])rovbquant ce que l’on peut a[)[)eler l’attention réllexe, ou bien il peut n’êtrc qu’un elfet très indirect des excitations, et exiger comme intermédiaires des phénomènes associatifs com[)lexes, qui engendrent ce que l’on [)eut appeler l’attention volontaire, ou l’attention automatique, suivant les cas.
Il est donc possilile de comparer ces deux sortes de renforcements; mais, si la mesure de l’attention est un des problèmes les [)bis délicats de la psycbométrie à cause de la complexité du phénomène, dès qu’on fait plus spécialement ap[)el à la « volonté » ce facteur qui intervient presque toujours, mais (pii peut intervenir de tant de manières dilVérentes, on se heurte à bien des dilbcultés. Nous reviendrons d’ailleurs spécialement sur celle question de l’inlerven-
lion (lu sujet, collaborateur des expériences, et sur l’appréciation globale de son individualité. C’est à ce jiropos que nous aurons à distinguer ce qui relève de l’action proprement personnelle, de la conduction volontaire, et de l’automatisme b
Mais nous pouvons signaler ici une expérience qui permet d’apprécier numériquement les effets d’une attention directement provoquée par un stimulus et' <le l’effort d’attention demandé à la collaboration vo-
lontaire du sujet, avant d’exposer les expériences sur la valeur des divers effets du renforcement volontaire.