‹ Technique de psychologie expérimentaleChapitre 76 sur 89 · Sens du rythme · texte numérisé non relu

Sens du rythme

Le sens du rythme apparaît à certains points de vue comme une simple variété du sens du temps : il inq3lique en elTet la perception de durées relatives dans un certain ordre, avec une persistance des excitations évanouies permettant l’appréciation comparative de leurs durées par rapport à de nouvelles, et, en outre, une accentuation de certains tenqis, servant de repères à intervalles réguliers et rendant plus nette cette régularité, au milieu des variations de détail des intervalles particuliers. Cette accentuation est

^MESURE DES PERCEPTIONS

subjectivement donnée lorsqu’elle n’appartient pas aux excitations extérieures.

On cherchera donc à étudier cette perception, basée sur l’appréciation comparative de plusieurs durées successives, en tachant de réduire le plus possible la part de la perception absolue de chaque durée composante: si, après une noire, une croche est remplacée par une double croche, l’excitation correspondante peut paraître plus courte, ainsi que la durée totale de la mesure, sans qu’intervienne proprement un sens du rythme.

xJ

Pour étudier ce dernier, il faudra donc éviter de changer la durée totale de la mesure par raj)port aux durées des éléments composants, et par conséquent de modifier la durée d’un tem[)s sans modifier corrélativement celle d’un autre. En revanche il sera prélcrahle de changer la durée absolue des tenqis et de la mesure, et de garder seulement les rapports tenqiorcls en doublant par exemple toutes les durées.

Au point de vue pratique, on obtiendra des excitations de durée parfaitement exacte au moyen du procédé suivant, basé encore sur l’emploi des tubes de fiEissiÆR, des sonneries électriques ou de rélectro[)ercuteur comme dans l’expérience précédente : sur le wi cui t exci tateur sera mteicaleun interrupteur réalisé par un ressort venant [lorterpar une surface de [ilatinc sur un autie pôle de platine de manière à assurer un contact électrique, mais normalement maintenu écarté de i millimètre par un disque, 'l'out cran à plans inclines dans le discpie, laissant rctomhei' le ressort, permet la fermeture du circuit par rétablissement du contact et sa rupture aussitôt après. Si

l'on peut faire tourner le disf[ue avec une vitesse donnée, on pourra par là même, en disposant des crans de la grandeur voulue dans ce disque assurer des contacts et par conséquent des excitations de la durée qu’on voudra. Pour réaliser la vitesse désirée du dis([ue, on emploiera le système que nous avons décrit et qui est utilisé par un très grand nombre d'exj)érlences sur la vision

lùi disposant de deux disques tournants conjugués, run servant d'étalon et l’autre de témoin de comparaison, on [)ourra faire comparer des excitations suivant deux rythmes voisins, à très court intervalle.

Voici comment l’on pourra procéder.

Si l’on adopte un rythme à six temps avec une noire pour le i‘*''tem[)s, une blanche pour le 2* et le 3®, une croche et deux doubles croches pour le 4®, une croche pointée et une double croche pour le 5® et une noire pour le 6®, on fera tourner le disque en 7 secondes et un cinquième.

En divisant la circonférence du disque en 720 par-

1. La grandeur du cran sera mesurée entre les points où la pente de l’encoclie atteindra la profondeur correspondant à l’étal)lissement du contact par aljaisseinent du ressort.

2. Voir page i58. On arriverait à des résultats Identiques au moyen du cylindre, suivant le procédé employé par Bourdon pour la mesure du temps : on découperait des lames parallèles dans le papier recouvrant un cylindre de Marey, une plume métallique appuyant sur le cylindre et fermant un circuit pendant la durée du passage de la surface métallique du cylindre découverte par la fenêtre du papier ; en faisant se succéder ces fenêtres aux intervalles voulus et en leur donnant les dimensions voulues, pour une vitesse de rotation donnée du cylindre, on peut réaliser à son gré des excitations rythmiques.

MESURE DES PERCEPTIONS 2,07

lies, chaque division d’un demi-degré correspondra à un centième de seconde h

On fera alors dans le disque de carton ou d’éhonile de grand diamètre que l’on emploiera, des encoches à plans déclives, entre les points ayant une profondeur de 1 millimètre si le contact est assuré par un abaissement du ressort de cette grandeur, correspondant au nombre suivant de divisions : ()6 pour la première noire, puis, après un sommet de 4 divisions, 192 pour la blanche ; de nouveau une interruption de S divisions ; puis une encoche de 4-8 divisions pour la croche, interrvqition de 2 divisions ; encoche de 24 divisions et interriqition de i division, nouvelle encoche de 24 et interruption de i, pour les doubles croches; encoche de 72 divisions, interruption de 3, encoche de 2'i et interruption de i pontla croche pointée et la double croche du cinquième tem[)s ; et entin encoche de 100 divisions pour la noire terminale, puis interruption de i 20 divisions, terminant la circonférence du disque. On [)eut inscrire ainsi la mesure en G temps, avec au-dessous, les valeurs en centièmes de seconde :

Une série de disrpies de com[)araison sera établie

I. En changeant la durée de rotation, on obtiendra les mêmes résultats en changeant les divisions du cercle (hi disque ; mais ces chilfres permettent d’utiliser un rapporteur en prenant le <lemi-degré, c’est-à-dire 3o'.

en faisant varier les durées respectives de la première croche du quatrième temps et de la blanche des deux temps précédents sans changer leur intervalle ; la croche aura successivement des durées de 49, 5o, 01, 52, 53, etc. centièmes de seconde, ou de 47, 46, 45, 44, etc., pendant que la blanche, corrélativement, aura des durées moindres, de 191, 190, 189, 188, 187, etc. centièmes de seconde, ou des durées supérieures, de 193, 19'j, 195, 196, etc.

Il sullira de changer la grandeur des encoches correspondantes.

l'our éliminer [)his complètement l’appréciation absolue des durées, on fera tourner le deuxième dls- <pie, de comparaison, plus lentement ou plus vite, par exemple à une vitesse double ou moitié ; on aura alors des durées absolues modifiées, mais les mêmes durées relatives, c’est-à-dire le même rythme, plus vif ou plus lent.

Technique. — Le sujet est disposé comme pour l’étude du sens du temps. On dispose le disque étalon, et on le met en marche, le contact avec ressort interrupteur fonctionnant bien : Le circuit de la pile et de l’appareil excitateur comprend, outre ce contact, une clef de Morse. On ferme alors le circuit avec la clef au moment où le ressort repose sur la longue partie interruptrice du disque (au cours des 7 cinquièmes de seconde où il y repose). Les excitations se produisent alors au passage des crans du disque et constituent une mesure terminée au bout de 6 secondes. On interrompt alors le circuit avec la clef pendant que, à nouveau, le ressort repose sur la longue partie interruptrice du disque.

MESURE DES PERCEPTIONS

On met en marche aussitôt après le disque de comparaison à vitesse moitié moindre, en procédant de même façon, Tintervalle entre la fin d’une mesure et le début de l’autre n’excédant pas une dizaine de secondes.

L’on demande au sujet s’il reconnaît une ditïérence dans le rythme (détermination du seuil de sensation) et s’il peut dire en quoi consiste et à quel temps se présente cette différence (détermination du seuil de perception), les seuils étant atteints quand pour une différence donnée les réponses du sujet sont constamment exactes. Un disque semblable au disque étalon dans la série de comparaison est utilisé pour le contrôle, les mesures successives du couple de présentation ayant alors le même rythme étalon.

On peut faire des expériences avec d’autres rythmes, bien entendu, par la même méthode. La mesure des seuils s’exprimera en rapportant la diftérence relative de durée des deux éléments de la mesure à leur durée totale : S’il faut, par exemple, ajouter 5 centièmes de seconde à la croche (et les retirer par conséquent à la blanche) pour qu’une dilTérence de rythme soit perçue, on rapportera cette dillérence totale de 10 centièmes d’avec les durées du rythme étalon à la durée totale de la blanche et de la croche en y comprenant leur intervalle, soit 2/18 centièmes. A vitesse moitié moindre, la dillérence de 0/12^1 a, naturellement, la même valeur fractionnaire.

Page 1