‹ Technique de stérilisation à l'usage des pharmaciensChapitre 12 sur 34 · II. — SOLUTIONS HUILEUSES · texte numérisé non relu

II. — SOLUTIONS HUILEUSES

Les solutions Iiuileusos, pour injections liypodcrmi(|urs, so j)r('*pnrent avec do Diuile d'olives, d'arachidt's ou d'aniand<*s douces.

(1rs luiiles doivent être préalablement lavées à l'alcool j)our leur enlever toutes traces d'acidilé et on les stérilise à lîJO", comme nous Tavons indiqué (Voir p. nr»).

Dans ce i>ara<i^raphc des solutions huileuses, nous eoniprenons également les solutions faites avec riiuile d(^ vaseline facilement stérilisable aussi par la chaleur.

Les s()lKti()7is huileuses de biiodure de mey'cure injecîtables peuvent sans inconvénient être chauffées à l'autoclave à l^li)'' y)endant vingt minutes.

Pour les injections de cnlomel^ d'oxyde jaune de mercure^ de mercure [huile griaé)^ il est préférable d'employer à leur préparation un matériel complètement aseptique (mortiers, pilons, flacons, etc.), et de compléter Taseptisation du produit final par

STERILISAT. DES PREPARATIONS MEDICAMENTEUSES 73

un séjour de dix minutes, tout au plus, au bainmarie bouillant ou à Tétuve à 100°.

Il vaut mieux également, pour les huiles camphrées^ lécithinées^ opérer de la même façon en prenant toutes les précautions aseptiques et ne chaufTer que peu de temps à 100°. Pour toutes ces préparations mises soit en flacons, soit en ampoules, il faut employer des verres jaunes de préférence au verre blanc.

CHAPITUE IX PRÉPARATION DES AMPCULES

Les solutions stérilisées, journellement employées dans la médication hypodermique, sont généralement mises en flacons blancs ou jaunes, dans lesquels le médecin va puiser, chaque fois qu'il en a besoin, la quantité de liquide nécessaire à Tinjection. Il en résulte qu'au bout d'un certain temps et malgré les précautions prises, le flacon étant maintes fois débouché, la solution se trouble et est contaminée.

Aussi l'usage de mettre les liquides à injecter dans des petites ampoules contenant juste la quantité nécessaire pour une injection s'est-il de plus en plus répandu dans ces dernières années. De plus cette forme ampoulaire rend de grands services au médecin, qui a ainsi à sa disposition, et sous un petit volume, le médicament à injecter, et ce qui lui permet aussi d'avoir toujours sur lui une série d'ampoules contenant les solutions injectables les plus urgentes.

On emploie des ampoules de formes différentes [fig, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29) en verre blanc,

^11 i^g»agi^^g»]

7G TECHNIQUE DE STERILISATION

OU en verre jaune pour les produits altérables à la lumière, et pouvant contenir 1/2 centimètre eu I, 2, .3, :> ou 10 centimètres cubes. On doit déterminer d'une façon exacte et une fois pour toutes la contenance des ampoules que ron a adoptées.

(lomme il est difficile, quel que soit le procédé employé, de les remplir complètement, ces petits récipients devront avoir une capacité d'environ un quart ou un cinquième en plus que le volume de la solution qui y sera ren Fermée. Ainsi, les ampoules destinées à recevoir 1 centimètre de solution doivent avoir une capacité de 1 centimètre cube un quart; celles de 2 centimètres cubes, 2'=%5, etc.

Les ampoules doivent être fabriquées avec des verres qui ne cèdent à Teau qu'une trace d'alcali (Voir p. ()2), qui ne soient ni calciques (verres ordinaires), ni plombiques (cristal), de façon à ce qu'il ne s'elToctiie aucune réaction avec les composés dissous dans la liqueur injectable. Il arrive, en effet, quelquefois que certains verres alcalins, calcaires ou plombiques donnent lieu, après stérilisation des liqueurs qu'ils renferment, à la formation d'un précipité ou d'un composé nouveau soluble qui peut être toxique.

Kn général, le verre d'Iéna, que nous avons déjà recommandé pour les flacons destinés à contenir certaines solutions injectables, convient très bien pour la fabrication des ampoules.

Du reste, nous engageons le pharmacien, avant de se munir d'un stock d'ampoules vides, de pratiquer les essais suivants :

^^^ PliÉPAIl;LTlON UES AMPOULES 77

H Quelques ampoules sont remplies, les unes d*uno ^Kolulian de chlorhydrate de morphiDe, les autres ^Hd'un sërum aiiilicîel phosphaté^ le sérum de Chéron ^fcar exemple, enfin un troisième lot, de sérum phy* ^■Biologique ordinaire. Les ampoules fermées sont Bauloclavées, pendant une heure, à 120", On s'assure, Câpres le refroidissement complet, que les liquides

■ enfermés dans les ampoules restent limpides. Si Vies verres étaient alcalins, on observerait dans les H premières ampoules un précipité cristallin de mor- Bphine; s'ils étaient calcaires, le sérum de Chéron I serait troublé par formation de phosphate de chaux, B et enfin, s'ils étaient plombiques, le sérum phosphaté

■ et le sérum physiologique chloruré contiendraient H îin précipité de sels plombiques. On peut encore

■ compléter ces essais en ouvrant séparément chaque catégorie d'ampoules et déterminant pour les unes Falcalinité du liquide, tandis que, dans les autres^

ton essaye de déceler la présence des sels calcaires plombiques.

La préparation des ampoules pour injections comprendra deux opérations : 1" Le remplissage ; ^ La stérilisalton.

Les ampoules, dont la contenance a été détertninée en tenant compte des considérations faites à propos de la difficulté de les remplir complètement, K août tout d'abord stérilisées soit dans rautoclave, ' soit dans 1 etuvc à air sec.

ir Pour procéder à leur remplissage, on peut avoir

iH TECHNIÇtE UE STEmLISATION

recours à des techniques diiïérentes, que nous aïh passer en revue :

1" I.orsqu on faitusago d ampoules oti ver Les à kirS; deux extrémilea (ff;* SâctâS), on plonge Tune piiînleB effilées dans 1« liquide injectable el on aspif" par l'autre avec la l>ouehe. Ou n'a plus qu'à scelk les deux extrémités à la Jompe.

CeLle technique, la plus rapide et aussi la plus" commode lorsqtiUl s*agit de remplir ces formes d^fimpoules, présente rinconvénient detre oblif^t' d*aspirer le liquide avec la bouche; de le, une contamination de la solution qui n*a qu'une importance secondaire lorsqu'on doit procéder ultérieurement à la stérilisation* Ce procédé ne peut être utilisé quand on veut eiifermer dans des ampoules stériles un liquide déjà aseptique. Il est vrai que Ton peut aspirer le liquide par rintermédiaire d'un petit tube de caoutchouc fixé à rextrémité deTampoule.

t" MM, Berlioz, et Dutlocq ont imaginé un dispositif ingénieux pour le remplissage des ampoules ouvertes seulement à une extrémité.

Les ampoules qu'ils emploient ont la forme é petites bouteilles dont le col étiré [fh/, 30, T et /) , ^ d une longueur correspondante à celle de l'ai gui ll^f de la seringue de Pravaz, se termine par une poînlé^i effilée. Pour les remplîrt on se sert d'un récipient (/?//. 30, A), rond, en métal nickelé^ argenté intérieurement pour éviter toute altération des solutions, dans lequel on met le liquide injectable qui doil garnir les ampoules. Par dessus on place un

ij

PHËPAMATlOPi liES AMPOt^ES iU

Iphragme raétaUîqiie également argenté et percé de [trous (/?//, 30, B} ; il repose sur des petits taquets et [peut s'enlever facilement. Dans chacun de ces trous, ion engage la partie effilée de Tampoule; Tappareil [peut en supporter i 10, la pointe tournée en bas et le fond en Tair, les pointes plongeant toutes dans le {liquide contenu dans le récipient A. Lorsque toutes Iles ampoules sont ainsi placées, on recouvre avec un

Fia. 30* — Appareil pour remplissage Ues ampaulcs de MM. Berlioz et Duflocq.

couvercle assez haut, pour ne pas les toucher. Ce F couvercle est percé d'un trou, à sa partie supérieure, pour laisser passer une tige à rextrémité de laquelle on visse ensuite un anneau.

L'appareil tout entier est porté à l'autoclave, où il est maintenu pendant vingt minutes à ilO ou 1^0^ MM. Berlioz et Dnflocq ont constaté, par une double pesée, que la perte de liquide résultant de cette opération était à peu près nulle et par consétjnent ne liDocliriaiten rieti le titre des solutions.

80 TICHMQÔË l»IÎ STIÏIIILISATIDX

Aprea rafroidiSBeraent,rappâreîlôst retiré elpk^ sous une cloche à vide, dont les parole sodI eiiduilr* de vaseline au sublimé. Cette cloche esl surmontée d'une tubulure munie d'un robinet. Ou la met en communication avec une trompe ; dès <j«ti celle-ci foncliunne, le vide se fait sur la cloche» i»ît par là même, dans les luhes. Cinq minutes su fllsent pour cette opération.

I On ferme alors le robinet qui fait communiqaer Iq Icloche avec la tromptt; puis on laisse rentrer laif mn le filtrant sur un tampon d'ouate stérilisée. La h>reision atmosphérique agit sur le liquide et k Horce à remonter dans les tubes. On enlève la cbdte et chaque tube pris un à un est scellé à la lampe.

Il faut avoir soin de faire rentrer Tair lentement dans la cloche pour que le remplissage des ara* poules se fasse complètement*

3'' La méthode de MM. Berlioz et Duflocq donne, dans des mains expérimentées, de bons résultais. On peut aussi opérer d'une façon un peu diiTérente Hi sans appareil spécial^ en utilisant la cloche â bide pour le remplissage et procédant ensuite à une Btérilisation des ampoules fermées. Voici comment Ion opère :

Les ampoules sont mises, la pointe en bas, dans la solution injectable placée elle-même dans un cristal lisoir. Ce cristallisoîr est enfermé sous la cloche et on fait manœuvrer la trompe. Quand le vide est fait, on arrête Técoulement de Teau de la trompa et on fait rentrer Tair très lentement. Les

^^ PItËPAItATION DES AMPOULES 8!

fom poules se remplissent. On retire la cloche quand ha pression a rinlerieur est rélablie» et on enlève les lainpoules que Ton scelle à la lampe, I On procède ensuite à leur stérilisation en les lâutoclavant. Cette méthode ne peut être utilement lemployée que pour les solutions qui peuvent sans [altération subir Taclion de la vapeur sous pression à ti5(ï°. Elle demande, en outre, une pression d'eau Ifiurrtsante pour le fonctionnement de la trompe, et [elle exige une cloche à vide munie de ses accessoires ^indispensables et-, en particulier, d'un régulatenr ide pression et d'un appareil empêchant les retours kd^eau dans la cloche,

I 4" Lorsque la solution injectable supporte facile- I ment la stérilisation à Tautoclave, M* G. Cazaux, avec bien d autres auteurs, préconise un procédé qui permet de remplir les ampoules tout en les stérilisant, 11 utilise Tautoclave que tout pharmacien [ possède maintenant ; on met les ampoules, ouvertes [ d'un bout, dans la solution qu'on veut y introduire, [ on met le tout dans lautoclave, on ferme ce dernier

et on allume.

I 11 faut avoir bien soin de laisser le robinet d*échappement ouvert, de façon à ce qu'il s'échappe un jet de vapeur quand Teau sera en pleine ébullitioii, ce jet de vapeur entraîne tout Tair contenu dans TappareiK

On ferme alors le robinet qui maintient la température et la pression que l'on veut obtenir pendant le temps nécessaire à la stérilisation.

Hi TF.CR5IQrE DE STÉBILISATIO^T

On laisse alors refroidir l'appareil sans laisser rentrer rl'air.

Oiian'i l'autoclave est complètement froid, le ride st parfait «lans l'appareil et dans les ampoules; il suftit alors d'ouvrir le robinet peu à peu. l'air rentre dan^; l'autoi^lave et les ampoules se remplissent.

Il n*- reste plus qu'à fermer à la lampe cesam- [iMiil»-s pleines et stérilisées.

A notre avis, cette pratique présente quelques in'.-nnvfnients : c'est ainsi que la vapeur d*eau, dans l''s premiers temps de chauffe, se condense sur la p;ir<M interne du couvercle de bronze de rautoclave it n-tornl>«' en ;:outteIettes dans la solution injectable, il i-ri n-sultf une nuMlification dans la concentration de l;i solution. Kn outre, ces gouttelettes d'eau entraînent ii\f(' elji's des poussières qui viennent trouhler le liquida*, I)'aiitre part, la rentrée, dans Tautoe!av<% d«- l'air non stérilisé ou non filtré, risque de rontaniiner la solution. Aussi conseillons-nous d'emp!f)yer le dispositif suivant :

La solution, destinée à être mise en ampoules, est mise dans un llaron à très larp^e ouverture {/^r/. 31), et on y plonge les ampoules ouvertes seulement à unn de leurs extrémités; si on fait usage de tubes étirés, il sera donc nécessaire de fermer tout d'abord à la flamme une des ouvertures. Le vase est recouvert d'un entonnoir renversé de façon à ce que les parois débordent largement du flacon, la douille de cvX «'iitonnoir est obstruée par un tampon de coton liydropliibi fortement tassé.

FIlÉPAttÀTION J)ES AM POU LIS R3

On porte tout le dispositif à TauLoclave et on

hauiïe. II faut bien prendre la précaution de cbusser ut Tair de Tautoclave : c'est une condition iudîs-

ensable pour que les ampoules se remplissent com-

ilètement. Pour celai on fait une délente prolongée

e vapeur. Puis, on ferme le

obinet d'échappé np eut de cette

apeur et on stérilise à 120"

endant une dcmi-henre. On

aisse refroidir. Le robinet de

^entrée d'air est mis en com^ municatiûti^ au moyen d'un tube de caoutchouc, avec un

ong tube de verre contenant du coton aseptique, et on Touvre de façon à ce que Tair rentre lentement. L'air, privé de tout germei vient rétablir réquilibre de pression, on déboulonne Tautoclave et, laissant toujours les ampoules plongées dans la solution restante et qui doit être en excès, on retire le flacon recouvert de son entonnoir* Les ampoules sont retirées une à une et scellées immédiatement à la flamme, soit du chalumeau, soit, tout simplement, d'un bec Bunsen* On obtient, de cette façon, des ampoules presque entièrement remplies (aux 4/5*^ environ) et contenant la solution absolument stérile.

Frc. 31. — DisjHiî^itif pour rempliàâage des.

aoi pontes.

B4 TECBÏflQCE HB aTERlLISATIOM

I^orsqu'an a à sa dispositioa un autoclave ûe Sorel, qui porte h rouverturo du rohtiiel un tube do pbliFie p«iuvanl êlrc chauiïé au nmge, pond^iiU la Tunitk de ritir, on est certain^ dans ces conditions» (J'avoir ' une almosplière slérîlc^ à rintérieur de Tautodavû, Epros refroidiîssenienl et ëfjuiJîljre rie pression. On se dispense alors de mettre le tube garni de cdoo stérile précédemment décrit.

Il est bien nntendn que ce procédé de rcmplîsisfî ne peut être utilisé que pour les ampoules dVjnecontonanee inférieure à 20 centimètres cubes et pour les solutions qui supportent sans aliëration lactioii de la vapeur sous pression à ïtO^.

3** F*our les solutions injectables qui supportent bienrébullitionsanss'altorer^M. G. Bodilloii imlifinc un tour de main qui permet de remplir les ampoyleM à une seule ouverture. Sion veut employer les tubes stérilisés ouverts aux doux extrémités, on en ferme une.

L'ampoule est alors saisie au moyeu d'une pince et passée 3 ou 4 fois dans la flamme pour dilater Tair qu'elle renferme, sans cependant élever la température au*dessus de 130'' environ, afin d'éviter la rupture de rampovde par Timmeraion ultérieure dsns Teau. L'extrémité encore ouverte est de suite plongée verticalement dans de Teau très cbaude, afin d^en assurer lasepsie. On laisse ainsi refroidir quelques minutas les ampoules, une légère quantité d'eau (environ le quart de la capacité totale) y pénètre par suite de la diminution de pression déterminée par

PRÉPATIATIOÎÏ DES AMPOULES 83

la contraction de Tair dueau refroidissement. Durant

ce tcmps^ on prépare Ja solution tîtréa destinée à

|étre répartie en ampoules, on la porte à rébulîition

tranquille que Tûh maintient pendant tout le temps

|du remplissage.

Afin d*éviter que rébullitîon prolongée ne vienne,

par évapora lion du dissolvant, modifier le titre de la

^ïqueur active, on devra n'opérer que sur de petites

quantités à la fois {^3 centimètres cubes par exemple,

Ipour des ampoules de 1 centimètre cube 1/4)-

Ciiaque ampoule est ensuite saisie parson extrémité

lobturce, si on a pris une ampoule à deux ouvertures»

[ou par le fond, si c'est une ampoule-ilacou, on Tîn-

IcHne dans le sens de Touverture afin d'amener le

lUquide restant à proximité de celle-ci* On remar-

tquera qu'à ce moment une faible quantité d'eau reste

leiicore adhérente à lextrémité opposée. Ou chauffe

[alors dans la flamme Fampoulepar sa région médiane.

j L'eau entre eiiébullition, la vapeur émise chasse le

[liquide voisin de Touverture ; à ce moment^ en impri-

Itûant une légère secousse à Tampoule, le reste de

[reau adhérant à l'autre extrémité s'échappe, puis,

arrivant au contact de la paroi chaude, se vaporise

brusquement en déterminant un jet de vapeur, A cet

t instant précis, et c'est là que réside la partie délicat©

de l'opération, Tampoule est plongée verticalement

par son extrémité ouverte dans le liquide actif; le

I refroidissement qui s'ensuit détermine une brusque

contraction qui provoque le remplissage complet et

immédiat de Tampoule. H ne reste plus qu'à retirer

Tampoule et à la fermer à la flamme ; mais, comme rextrémité effilée encore ouverte est pleine de liquide, il faut placer Tampoule dans la partie miDce de la ilanime de façon que celle-ci arrive sur la région encore effilée qui précède immédiatement ré)>aulement de Tainpoule : il se produit une projection du liquide on excès accompagnée d*un bruit sec semblable à celui dû à la détonation d*unc amorce. Il suffit alors de fermer Tampoule à la flamme et de la laver extérieurement.

Si cos indications ont été bien observées, on est assuré d^avoir des ampoules absolument stériles.

Ce procédé est supérieur, au point de vue rapidité et asepsie, à celui du remplissage par aspiration.

r>" Lorsque l'on désire préparer des ampoules foiitenanl des liquides injectables qui ne peuvent rtre autoclaves, soit des solutions d'extraits d'or- ^iun\ de glycérophosphates, etc., M. Eury stérilise K'S liquides à froid au moyen de la bougie par un dispositif [)ermetlant en même temps le remplissage des ampoules.

Cet appareil se compose d'une clocbe à vide A ^f'f/. Ii2 reposant sur sa plaque de verre rodé. La douille de cette cloche est fermée par un bouchon de caoutchouc traversé par deux tubes de verre: l'un de CCS tubes plonge presque jusqu'au centre de la cloche, et il est relié par un tube de caoutchouc à vide avec une bougie de Ckamberland plongeant dans une éprouvette. L'autre tube coudé

. angle droit porte une partie évasoe C remplie de Icoion, et il est en communication, au moyen du Jrobinet R, avec une trompe k eau T.

Les différentes pièces de cet appareil sont stéri- [iliséeâ à Tautoclave et, une fois qu'elles sont assujetties, on met sous la cloche un cristallisoir lui- [niéme aseptique contenant les ampoules stérilisées,

FiG. 32. — Appareil de M- Eury.

[la pointe ouverte et tournée vers le bas. L'appareil ' est prêt à fonctionner. On remplit réprouvette avec .la solution à filtrer, on fait le vide, le liquide tra- I verse la bougie et vient tomber dans le cristallisoir. l Lorsque la quantité filtrce est suffisante pour emplir I les ampoules, on ferme le robinet R, on arrête Técoulement de Teau dans la trompe T, on ouvre à non- [veau le robinet R, afin de faire entrer Fair très lentement, qui se filtre par son passage à travers le tampon d ouate stérilisée, placé dans la partie évasé©

C, les ampoules se remplissent, il ne reste plus qu à enlever le vase, le remplacer par un autre contenant (le nouvelles ampoules et recommencer Topération, si on le désire.

La quantité de liquide qui reste dans le vase évite ({ue Tair puisse rentrer dans les ampoules, mais il faut les sceller le plus rapidement possible pour enipOcher toute contamination ultérieure.

C(ï procédé donne de bons résultats dans la prati({ue, surtout si on a pris le soin, tout d^abord, de préparer la solution injectable avec toutes les précautions aseptiques que nous avons plusieurs fois iii(Ii<{uéos, à savoir : emploi d'un matériel aseptique (llacons, filtres, mortiers, etc.) et d*eau stérile. Ces précautions sont d'autant plus indispensables que la filtration à la bougie ne présente pas toujours, (U)niine nous l'avons déjà dit, toutes les garanties d'ascplisalion absolue.

Mais, si on appli({ue la filtration à une solution dt'jà préparée avec tous les soins aseptiques voulus, 011 est pres(jue certain d'obtenir des préparations ainpoulaires privées de tout germe.

7" M. 11. liubac a préconisé également la stérilisation à froid de certains liquides injectables et altérables par la chaleur, et il a aussi utilisé l'emploi de la bougie et du vide pour remplir les ampoules.

La disposition de l'appareil qu'il emploie est un peu dilTérenle. Voici en quoi elle consiste :

Une cloche à vide ordinaire est fixée sur une glace ronde de même diamètre. La fermeture exacte est

' PRÉPAHATIO^ DES AMPOULES 89

assurée par une ron Jelle de caoutchouc et une armature mGtaliique simple qui relie l'er. semble* Le bouchon de la cloche, muni de son robinet, laisse passer un tube à entonnoir contenant la bougie filtrante* A Fintérieur, un cristallisoir reçoit, sur un support approprie, les ampoules ouvertes à leur extrémité inférieure.

L'appareil ainsi disposé, son robinet ouvert, est introduit dans Tautoclave, où Ton stérilise à la foÎB la bougie et toutes les parties de Tappareil qui seront ultérieurement mises en contact avec la solution*

Après rerroidissemeul, il suffit de verser le liquide dans la bougie et de faire agir la trompe. La filtration se fait en même temps que le vide dans les ampoules^ sans soubresauts, grèceàunepetîte ouverture ménagée dans le tube à entonnoir. Celte ouverture empêche d'ailleurs également le liquide iillré de remonter dans le tube au moment où les ampoules s'emplissent lors de la rentrée derairdansla cloche. Un tampon de coton convenablement placé suffit à stériliser l'air introduit à la fin de l'opération»

Les ampoules ne sont retournées qu'au fur et k nnesure de leur fermeture, et dans la flamme même du chalumeau, ce qui écarte tout danger de contamination.

Nous ferons, pour ce procédé, les mêmes recommandations que celles que nous avons faites plus liaut, à propos de la technique de M, Eury, en ce qui concerne Tobtention d'une solution pour ainsi dire déjà aseptique, et cela afin de remédier aux iaconvéoients

90 TECHItilQUIS UE STKItlL]S4TION

de la bougie fiLlrunte en iuni que méUiode d'aseplisation.

M. L* Lutz a imaginé un appareil, appelé bow^ie- Ipipetie^ qui permet la flItratîoQ de 1res petites qnaaiilés de liquide et leur répartition en proportions pûrraiti*ment déterminées,

(let appareil {/h/, 33) se compose d'un manc^tiocide verre, dont la partie supérieure porle une bougie de ^porcelaine solidement fixée! à raided'un bouchon de Icaoutcliouc. Sur le cAtô» un ajutage latéral, quon Igarnit de colon, permet do faire le vide au moyen d'une trompe. La partie inférieure du manchon constitue le récipient où se réunira le produit de la iiëriltsatîon. Deux dispositifs ont été adoptés; Toa, rféservé pour les petites quantités de liquide [10 ccnlimètres cubes au maximum), présente cette partie inférieure rélrécie [fy. 33); Tautre, utilisé pour les quantités supérieures, ne possède aucun rétrécissement (/f^, 34). Le tout est terminé par une olive percée d'un petit orifice*

Sur Tolive, au moyen d'un caoutchouc à vide solidement fixé et ligaturé, on adapte un tube de verre effilé et scellé à la lampe.

Après stérilisation de Tappareil à Tautoclave, on le fixe sur un support à pioce, on introduit le liquide à filtrer dans Tintérieur de la bougie, à Taide d'une ampoule fixée à son extrémité, on fait le vide à la trompe (^■^. 33); la filtration est très rapide, et le liquide stérile se réunit dans la partie inférieure* On dispose alors, sur le caoutchouc à vide^ une forte

pince de Mohr, on enlève la trompe, on flambe le

FiG> 33. — floug:ic-]iiiielte Fio. 34. — Bougie-pipette de M. LulK (1" niudèJe). de M. Lutz{2'modèie).

tube effilé dont on brise la pointe avec une pince

9i TECBMQt'E DE STàBiLISATiO.\

Itambée. tl ne reste plus qu'à ouvrir la pîncêde Mohr pour assurer réeoulement du produit stérile, La

répartition peut alors sb faire en proportions rigoureusement déterminées : la pointe porte, à cet effet, une graduation en dixièmes de centimètres cubei pour le petit modèle^ en centimètres cubes pouf' Tantrc; la marche du ménisque dans la pipette indique ainsi les Volumes écoulés*

Pour éviter toute contamination pendant la répartition, on peut adapter^ autour du tube efîilé, an moyen d'un bouchon^ un manchon de verre largo et court, qui protégera entièrement la pointe contre clmtedes poussières.

Cet appareil peut être fixé au-dessus de la cloche â vide, et le liquide stcrile tombant dans un crie tallif^oir est mis en ampoules par le procédé ordi* naire,

Pour remédier à Tennui qui peut résulter pour h médecin d*ouvrir une ampoule pour en retirer le liquide à injecter» divers autours ont imaginé des ampoules modifiées de telle sorte qu'elles peuvent servir à pratiquer Tinjection sans transvasemeat préalable du liquide. Tels sont les tubes hypodermiques Chevrettin*Lematte, les ampoules pneumatiques de Leclère» les ampoules-seringues de Robertt les ampoules auto-injectahlcs de Trîollet, Tauto^H iîijecteur de Paillard-Ducal te * etc. S

Disons enfin, en terminant, que M. Paillard a fait breveter un appareil qui permet de remplir et de doser automatiquement les ampoules de j/quides injec

au

et

PnÊPAnATlON DBS AM pot LES 93

tables, le ronctionnement de cet appareil est basé sur I le principe des vases communiquants.

Industriellement, on remplit les ampoules au moyen d*un appareil en cuivre étamé pouvant être fermé par un couvercle en bronze. On comprime [dans celle sorte d'autoclave de Tair filtré à travers [ du coton : la pression s'exerce sur un vase, renfermé dans Tappareil et contenant le liquide à répartir en ampoules. Sous Tiniluence de la pression, les ampoules se remplissent, on n'a plus qu'à les fermer.

AMPOULES DR SEflUMS ARTIFICIELS

Les solutions de sels minéraux, dites sérums arlificieh, destinées à des injections intra-veineiises, inlra-musculaires ou sous-cutanées, ou au lavag^e des plaies, des cavités, etc,^ sont le plus souvent employées à doses massives. On peut alors les renfermer daosdes llacons bouchés d'un tampon d'ouate, pour les stérilisera Tautoclave en ayant soin, après refroidissement, de recouvrir les bouteilles d'un capuchon de caoutchouc. Mais, pour ces préparations, la forme ampoulaîre esl préférable : on se sert soit d'un matras ou d'un ballon que Ton élire, après introduction du liquide, et que Ton scelle à la lampe* On procède ensuite à leur aseptisation à rautoclave dans les conditions habituelles» c'est*à-dire à 12CP pendant vingt minutes.

Pour faciliter la pratique de rinjection ou du la-

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