‹ Technique de stérilisation à l'usage des pharmaciensChapitre 14 sur 34 · I. — COTONS ASEPTIQUES · texte numérisé non relu

I. — COTONS ASEPTIQUES

Le coton est le duvet filamenteux jaunâtre qui entoure les graines du cotonnier.

Lorsque celles-ci sont mûres, le coton est séparé des graines par des machines spéciales perfectionnées, puis il est mis en balles.

Ce textile, avant d'être cardé, est soumis à Taction d'une batteuse qui lui enlève les corps étrangers et les poussières qu'il peut renfermer.

On procède ensuite au cardage du coton. Cette opération a pour but d'obtenir le parallélisme des fibres de la bourre de coton, de rejeter les filaments trop courts et de démêler les nœuds et les boutons formés par l'enchevêtrement des fibres. On obtient alors le coton en nappes lisses constituées par des filaments parallèles et unis.

Pour les usages pharmaceutiques, on doit choisir autant que possible un coton, dit à longue soie, dont

■ STËRILtSATtON t>ES PAXâBMENTS 97

lia longueur des fibres varie de î à 3 cenliraètfes. |j/hydropliilalLon Ju coton et son blanchiment Ifi elTectuent, dans la grande industrie des pansements, kur la bourre de soie et c'est seulement après qu on iprocède au cardage.

I L'hydrophUatîon est une opération qui a pour but Ifle débarrasser le colon des petites quantités de nm- Itières grasses et de substances résineuses qui Tem- Ipêchent de se mouiller à Teau et d'absorber ce U- Iquide.

I Dans r indus trie^ on met le coton brut, non cardé, ■avec une solution de soude diluée dans des chaudières loiï Ton fait arriver la vapeur d'eau sous pression. Un fmécanisme spécial brasse toute la masse. Au bout Ide quelques heures de chauffe à 12o'' ou 130", on tur- Ibine le produit que l'on lave jusqu'à disparition d*al- |<^linité.

I Ce coton, ainsi privé des matières grasses qui ont iélé saponifiées et des résines qui ont été dissoutes, lest passé dans une solution faible d'hypocblortte de Isoude jusqu'à ce qu'il soit complètement blanc. Finallement le coton est de nouveau turbiné et lavé. On Ile passe dans un bain d'acide sulfurique très dilué, let on termine la série de ces opérations par un der- Inier essorage et lavage à Feau.

I Le coton humide est desséché dans des séchoirs lel il est soumis au cardage. Les nappes obtenues lêont divisées en paquets de ^50 grammes, de

■ 500 grammes et de 1 kilogramme,

I Au lieu du procédé industriel qui demande une

installation spéciale, on peut opérer de la façon suivante :

Le coton est chauffé à rébullîtion, pendant dix à douze heures, dans une solution aqueuse de soude renfermant de 0,5 à 1 0/0 d'alcali. On lave d'abord le coton à Teau et, au bout de quelques jours, on le turbine et on le plonge dans une solution décantée de chlorure de chaux (6 kilogrammes de chlorure j)()urlOO kilogrammes de coton). On Tenlève au bout do six heures, on le met pendant une heure dans do l'acide sulfurique étendu; après quoi, onlavesoi- «(neusement et on turbine.

Pour enlever les dernières traces de chlore, on ])Ion<;'o le coton blanchi dans un bain de savon; ou l(î lave ensuite avec de Teau renfermant un peu d'acide sulfurique, puis avec de Teau ordinaire, et enfin on turbine, on le fait sécher et on le carde (Km. Bourqiiolot).

Dans le dernier traitement à l'eau acidulée par de l'acide sulfurique, celui-ci décompose le savon, et une pelito quantité d'acide gras très finement divisé se dépose sur la cellulose ; c'est ce qui donne au coton hydrophile la propriété de produire une certaine sensation de craquement, lorsqu'on le froisse entre les doij^^ts (A. Link et II. Voskinkel).

D'après certains auteurs, l'introduction, dans le coton, de petites quantités d'acide gras permettrait de rendre marchands des cotons de qualité inférieure.

D'autre part, M. A. Link estime que cette opéra-

STBRILISATIOX DES PANSEMENTS

lîon du savonnage est nécessaire et qu'elle augmente jle pouvoir absorbant du coton. Aussi Budde a-t-il roposé de loléror dans l'ouate dégraissée une teneur, en acides gras libres ^ de 0^35 à O^iO 0/0.

Pour le pharmacien qui opère rhydropbilatîon de petites masses de coton, il est préférable de prendre sur le coton brut, déjà cardé, du commerce et "opérer, comme Tindique le Codex, de la façon uivante :

if On r immerge pendant quelques instants dans eau bouillante légèrement alcalinisée par la sonde. n exprime el on plonge ensuite dans un soluté queux de chlorure de chaux à a 0/0. Après un contact de quelques minutes, on exprime de nouveau le *tOE, on le rince à Teau pure, puis à Teau faiblement acidulée par Facide chlorhydrique- On fait sécher après un dernier lavage à Teau pure. Ce lavage est prolonge jusqu'à ce que le coton ^ essoré, puis comprimé sur une feuille de tournesol bleu, ns a rougisse plus, •>

Les caractères que doivent présenter les cotons

bsorbants ont été nettement établis par M, Gay.

Voiei comment cet auteur les détermine :

Le colon doit être blanc, il faut se défier des

nappes à couleur Jaunâtre, concordant, en général»

avec un faible pouvoir absorbant. Le toucher dort

être à peine doux, loujours un peu rude, et non era-

liant; les produits à toucher doux présentent ce

caraetère d'autant plus accentué qu ils sont moins

ydrop biles.

iOO TECHNIQUE DE STBilILISATIOX

La nappe examinée à la lumière transmise doit être liomof?t*ne.

Pour examiner sa ténacité, on saisit une mèche de colon entre le pouce et Tindex des deux mains, celles-ci étant appliquées Tune contre Tautre, à poings fermés ; on opère une traction lente et progressive, les deux poings s arc-boutant à la base l'un contn» l'autre ; la mèche doit opposer une résistance assez forte à la rupture.

La libre de coton doit être longue; c'est-à-dire ([{lim étirant une mèche, la longueur du filament continu et étiré doit être au moins de 2 à 3 cenlinitîtres.

l-ne mi'che de coton, allumée par son extrémité, doit s'cnllammer instantanément sur toute la surface;. On réleint aussitôt : la surface brûlée doit a|)|)araitre toute blanche. Les cotons insuflisamment dégraissés ne s'enflamment que progressivement et leur surface noircit.

Pour déterminer son pouvoir absorbant : on découpe unc^ plaque de colon pesant 5 grammes ; on ri inhibe en la plongeant, sans la presser, dans Teau ilislillée. Après cinq minutes de macération, on la relire en la repliant sur elle-même et, sans Texpriiner, on régoutle sur les doigts ouverts en la faisant lentement passer d'une main sur l'autre ; lorsqu'elle ne laisse plus écouler d'eau, on pèse et on divise le résultat par 5. Le nombre obtenu exprime le rapport du poids du colon sec au poids du coton imbibé ; il constituera le coefficient d'absorption de l'ouate.

I STEniLlSATION DES PANSEMENTS lOl

I Ce coefficient ne doit pas être inférieur à 18. Tout coton à coeiTïcient inférieur peut être considéré comme insuffisant au point de vue chirurgical.

Comme complément h cet essai, le bon colon liydrophile, déposé à la surface deTeau contenue dans •un vase, doit plonger instantané ment et se précipiter au fond du vase.

Enfin le coton hydrophile doit avoir une réaction 1 neutre.

L Si on le traite par Icau, la liqueur aqueuse ne doit pas précipiter par TazûLate d'argent, ni par Toxalate Id'ammonîaque, ni par le chlorure de baryum.

Il ne doit pas donner à rincinération plus de i),3 Q/0 \dv cendres {Em. Bourquelol),

Pour les différents besoins chirurgicaux, le pharmacien doit toujours posséder du coton asepttqtîc en nappes, plus ou moins grandes, rouiées on dîspo- *Bée3 à plat» en petits carrés de 10 centimètres de \eùiL% ou en grands carrés de 20 ceutimétres.

Ka vl&ilimtion des cotons doit se faire par «chauffage à l'autoclave et à la température de 134° maintenue pendant au moins trois quarts d'heure, surtout si on opère sur nue grande masse de produit. 11 faut opérer à cette température pour être certain d'avoir au moins i^O'' au centre du pansement. Lorsqu'on a a sa disposition un autoclave de Sorel (Voir p. IH), on obtient facilement un pansement stérile et sec. Il sullîl de mettre le coton en nappes ou en carres, sa us le tasser dans les boîtes de cuivre nickelé à fermeture à baïonnette. Celles-ci

sont placées dans Tautoclave de Sorel, les troas des couvercles étant ouverts, et on porte à 134° pendant trois quarts d'heure.

Il est nécessaire d'opérer à cette température pour être certain d'obtenir, au centre même du pansement, une température, qui n'est jamais supérieure ù li^O'', mais suffisante pour une aseptisation absolue.

Aprî's le temps de cbaufTe voulu, on fait, au moyen de la trompe, le vide dans Tautoclave pour dessécher le coton ; puis on fait rentrer Tair rendu stérile par son ])assa(^e à travers le tube de platine, chauffé au rouf^e, de l'appareil Sorel. Le stérilisateur est ouvert, on ftTine immédiatement les trous des couvercles des boîtes.

On obtient ainsi un coton aseptique et sec qui peut t'tn; conservé quelques jours et qui est livré au chirurgien dans la boîte môme où a eu lieu l'aseptisation.

A défaut de l'autoclave de Sorel, on peut procéder à Tasoptisation du coton au moyen du simple autoclave de Ciiamberland, surtout quand le coton n'est pas destiné à être conservé un certain temps.

Dans ce cas, les cotons, placés dans les boîtes niétalliciues à fermeture à baïonnette, sont chauffés dans un four ou dans une étuve sèche à une température ne dépassant pas 100**. Lorsque ces boîtes sont ainsi chauffées, on les transporte dans l'autoclave, les trous des couvercles étant ouverts, et on chauffe à 134" pendant trois quarts d'heure. Sans éteindre le feu, on ouvre le robinet de la partie supé-

I STEHiLlSATiliN DES i*ANSEME>'TS 103

feeure de Tappareil, qui laisse échapper au dehurs

■a vapeur d'eau surchauiïée.

I Dès que le manomètre est revenu à O^jO^ on ouvre

|I"'autoelave, on ferme immédiatement les Irous des

iBouvercles des boîtes.

I Le coton ainsi stérilisé contient tout au plus 4 à

pO/Odliumidité.

I M. BarthCj àriiôpital Saïnt-Andro de Bordeaux,

Istêrîlise Touate et, aussi^ les tampons de colon» les

Icompresses de gaze ordinaire dans rauLoclave k J21J**

let illes conserve dans des boîtes en verre manies

Itl'une bande de sûreté. Dans ces conditions, Touate

Iliydropliile ne retient que 5 0/0 d eau en moyenne.

Ipour arriver à ce résultat^ il faut avoir soin, à la fin

Ide la slérilisation, de laisser échapper à Textérieur

lia vapeur d'eau surchauffée,

I Nous rappellerons que MM. Robert et Leseurre

larrivent à dessécher spontanément leurs cotons et

laulres pansements par une détente brusque, en

[double paroi chaude, de la vapeur sous pression à

l^ atmosphères (Voir p. 30).

I Disons aussi que la maison Adnet a construit des

fpetiles boîtes en cuivre nickelé pour slériliser les

ipansemenls, construites de telle façon qu'elles

Ipeuvent être fermées dans rautoclave, même avant

[la rentrée de Tair.

I Ces boîtes sont munies, à leur partie supérieure,

I d'une soupape qui s'ouvre aisément par la pression

I d'un disque liii-méme comprimé par le couvercle du

istérilîsalcur au moment de la fermeture de Tauto-

i04 TECHNIQUE DE STERILISATION

clavf. Au contraire, dès que Ton soulève ce couvercle, la soupape de la boîte se ferme, et le pansement ne peut se trouver au contact de l'air.

Quant on veut conserver le coton aseptique et sec, on cfTectue la stérilisation dans des boîtes cylindriques en fer-blanc, dont le couvercle est percé de trous correspondant à des ouvertures analogues ménagées à Textrémité supérieure de la boîte. La stérilisation une fois faite, on tourne le couvercle pour que les trous ne se correspondent plus, et la boîte est fermée. A la fermeture du couvercle, on colle une bande de papier partie sur la boîte, partie sur le couvercle et on enveloppe la boîte dans du papier parcheminé.

Quelques fabricants préfèrent enfermer le coton dans des bocaux en verre, de dimensions variées, bouchés avec une capsule de métal à long pas de vis ; une bande de garantie est collée passant par dessus la capsule et fixée au pourtour du bocal. D'autres mettent le pansement dans des boîtes métalliques munies d'un couvercle à double rainure et dont l'interstice est rempli de coton. On réalise de cette façon une fermeture absolument hermétique.

On ne peut songer, pour aseptiser le coton, à employer seulement la chaleur sèche qui, en raison du degré de température qu'il faudrait atteindre pour avoir une stérilisation absolue, désorganiserait la fibre textile et la colorerait ; on aurait alors un pansement dépourvu de la plupart des qualités physiques qui justifient son emploi.

f &TÉniLlSATIO.V DES PANSEMENTS lOo

()q peut à la rigueur dessécher le pansement à rétu%^e après Tavoir autoclave ; mais on risque, dans cette nouvelle manipulation, de le i-ontaminer surtout au moment de la mise en boites,

Certains fabricants de pansements stérilisent les cotons et autres pansements dans des autoclavesetuvcs dont Theureuse disposition permet à la fois d aseptiser le coton dans la vapeur d'eau sous pression et de le dessécher ensuite par une aspiration active au moyen d'un courant d'air stérile. Un der* nier chauffage des boîtes, fermées et renfermant le coton, dans l'autoclave transformée en étuvc sèche, complète rasepsio grâce à la température de 135° ainsi obtenue.

Tampons de coton. ^ Los tampons de colon, employés comme agent absorbant à la place des éponges, sont faits avec de Fouato hydrophile^ découpée en petits carrés, que Ton roule doucement entre les mains sans la tasser, de façon à obtenir des tampons dont la grosseur varie depuis celle d'un œuf de pigeon jusqu'à celle d'un œuf de poule. Ce bourdonnet de coton est enfermé dans un carré de gaze hydrophile dont on réunit les quatre coins, et on ficelle Textrémité polaire ainsi formée par un lil de soie.

Ces tampons sont aseptisés comme le coton en nappe et conservés, comme ce dernier, dans des bottetî en fer- blanc ou dans des bocaux en verre munis d'un couvercle métallique à long pas de vis.

On colle une bande de garantie sur le couvercle.

M. llélouin conseille aux pharmaciens d'avoir toujours dans leur ofFicine, à la disposition des médecins pour les cas d*urgence et d'interventions chirurgicales non prévues, des tampons d'ouate hydrophile aseptique obtenus de la façon suivante :

On prépare, comme nous venons de l'indiquer, dos tampons de coton hydrophile enfermés dans de la gaze et, pour leur donner plus de consistance, Tauteur supprime le vide central, en enfermant dans cliaque carré une petite boule de coton. Ces tampons sont immergés dans de l'eau distillée que l'on maintient à Tébullition pendant quinze minutes, puis on répartit, tampons et liquide, dans des flacons à large ouverture ayant eux-mêmes séjourne au préalable dans Teau bouillante.

Pour faire celte répartition, on se sert de pinces soigneusement llambées.

On peut préparer, de la même manière, des tampons de coton mis à bouillir et conservés dans des sohitions antiseptiques faibles (eau phéniquée à !2 et colorée en rose par Téosine, ou solution de sublimé à O^-'^IO 0/00 et colorée en bleu par le carmin d'indigo).

Nous ne saurions trop engager tous les pharmaciens à suivre cet excellent conseil de M. llélouin; nous ajouterons, pournotre part, que si on veut réaliser une asepsie plus complète que celle qui est obtenue par une ébullition d'une durée de quinze minutes seulement, on peut, comme le recommandent

STEntLlSATION lîES PANSEMENTS 107

IM, P, Delbet et L. Bigeard, faire bouillir pendant Irois heures les tampons bien ficelés, dans la solution, dite physiologique, di3 chlorure do sodium à

|7 grammes par litre, Ceux-ci sont transportés en-

iuite dans une solution de sublimé en prenant toutes

les précautions nécessaires pour éviter, pendant

cette dernière manipulation, toute contamination*

Jûus rappelons qu'il sera bon de faire la eolution de

ïsubliméi qui sera utilisée^ avec de Teau déjà stérilisée par chaulTage,

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