IV. — ÉPONGES ASEPTIQUES
Les éponges, utilisées en chirurgie comme corps absorbants, sont les éponges fines de Syrie. Elles renferment toujours des débris de coquillages, des petits cailloux dont on les débarrasse en les battant avec un maillet de bois et les lavant ensuite à Tean courante.
Ce battage a encore l'avantage de les assouplir.
Les éponges ainsi battues et lavées sont ensuite plongées dans une solution d'acide chlorhydrique au centième pour dissoudre les substances calcaires qu'elles peuvent contenir, et on lave à grande eau.
Les éponges sont souvent blanchies dans le commerce au moyen des hypochlorites ; elles constituent alors les éponges dites de toilette. Il est préférable, pour Tusago chirurgical, de se procurer des éponges brutes qui, avant la stérilisation, sont blanchies de la façon suivante :
Les éponges battues, traitées à Tacide chlorhydrique au centième et lavées à Teau courante, sont plongées dans une solution de permanganate de potasse à 5 0/0 où on les laisse séjourner pendant un quart d'heure au maximum ; on procède ensuite à un nouveau lavage à grande eau.
Après ce traitement, on les décolore par Tacide sulfureux. Pour cela, on fait une solution de bisulfite (le soude à 2 0/0 dans laquelle on immerge les
STKIIILISATION DES PASSEMENTS
tia
Iponges, puis on ajoute de Tacide cldojhydrique Bîlué pour décomposer le bisullîLe et produire Tacide lulfurcux qui décolore complètement les éponges. bn les lave de nouveau à grande eau* Ce sont ces iponges ainsi préparées que Ton soumet à raseptU fcalion (Vercamer).
I La slérîlisalioM des éponges doit être faite avec Beaucoup de soin, car^ en raison delenr texture, des Bnultiples anfractuosités qu'elles présentent et qui pont un refuge pour les microbes, on rencontre des Hifficullés pour réaliser une asepsie rigoureuse. Cette ksepsie est encore d'autant plus difficile à obtenir que les éponges sont surtout constituées par une substance fondamentale de nature proléique, la spon- Kine^ quii sous l'iniîuence du degré de tempérakure sèche ou humide indispensable pour avoir un mroduLl stérile, se désorganise au point que les [éponges deviennent absolument impropres à tout teervice.
I Aussi beaucoup de chirurgiens ont-ils remplacé Des éponges, eu tant que corps absorbant, par des kanipons d'ouate enfermés dans un morceau de [gaze et facilement rendus aseptiques* I Bien que lusage des éponges soit de plus en plus [restreint, nous devons donner les dilTérenls procé- Idés qui ont été préconibés pour leur stérilisation : I M* C. Elsberg laisse d'abord séjouraer les éponges, I pendant vingt-qualre heures, dans une solution J*acide chtorhydrique à 8 U/O^ pour dissoudre les imposés calcaires qu'elles renferment, puis on les
lave à Teau pure et on les met dans la solution sui
vante ;
Potasse caustique 10 gr.
Tannin 20 —
Eau 1 litre
On les laisse tremper dans ce liquide pendaal dix à vingt minutes, et on les rince ensuite dans de Teau stérilisée, ou dans une solution de phénol à r> 0, ou de sublimé au millième jusqu'à ce que ces éponges aient perdu complètement la coloration brune qu'elles acquièrent par leur séjour dans la solution potasso-tannique. On les conserve dans la solution phéniquée à 2 0/0.
D'après M. Elsberg, ce procédé permet de stériliser les éponges sans altérer leurs propriétés physiques. Mais nous savons déjà que l'action des aiilisepliques et, en particulier, celle du phénol ne sufîit pas pour avoir une stérilité absolue. Nous verrons plus loin du reste que MM. Carrière et Vanverls ont montré rinsuffisance d'une semblable technique.
Scliinimelbusch enferme les éponges dans un carré de toile et il plonge le tout dans une solution de soude à 1 0/0 portée à Tébullition. On éteint le feu et on les laisse séjourner pendant une demi-heure. Au bout de ce temps, on les lave à l'eau stérilisée chaude pour enlever l'excès de soude qu'elles retiennent, et on les conserve dans une solution antiseptique (solution de phénol à 50 0/00, ou de sublime au millième).
les éponges
STliniLISATlOX iïE J?A>SE>itKTS il5
Ce Lraitemeiità la soude a rînconvénîenl d'enlever un peu d*élasticité aux éponges.
Nons avons déjà eu Toccasion, pour la sLérilisaioo des éponges, de mettre en pratique le ciiauJTage
Iscontinu de Tyndall, préconisé par ^LM, Billroth
t G. PoupineL Voici comment nous a%^ons opéré
battues au maillet, puis traitées
ar Tacide chlorhydriqueau cen-
ième et lavées à grande eau,
ont placées raéme tout humides
ans des bocaux à large ouverture fig. 3*1 )^ passés au préalable au mr à ilamber, On ferme ce bocal
ar une plaque épaisse d'ouate
térilc et on le recouvre d'un cristallisoir renversé venant près-
er sur le tampon dé coton. Le tout est chaulTé à la température
le 05^* maintenue pendant une
eure par Jour ; on renouvelle Ice chaulTage durant six à sept jours consécutifs. Nous reconnaissons vcdontiers que celte méthode ne donne pas toujours une ase[ïsie complète, mais elle est encore bien préférable aux. procédés basés essentiel lement sur Temploi des antiseptiques.
Le pouvoir absorbant des éponges est conservé à ta suite d'une première aseptisation par cbauiTage discontinu ; mais si on renouvelle plusieurs fois cette
IIG TECHNIQUE DE STERILISATION
dernii're sur des éponges qui ont déjà servi, kurs propriétés hydrophiles diminuent.
M. Robert, d'une part, et MM. Bardy et Martin, de Tautre, ont appliqué aux éponges le procédé de stérilisation par les vapeurs d'alcool sous pression portées à 120''. On réalise, dans ces conditions, une asepsie parfaite mais, suivant MM. Carrière et Vanverts, les éponges ainsi traitées deviennent bientôt hors d'usage.
Ces deux derniers auteurs ont également étudié comparativement la valeur des différents procédés de stérilisation que nous avons précédemment mentionnés, et ils estiment qu'aucun d'eux ne présente de sécurité au point de vue de la stérilité absolue.
MM. Carrière et Vanverts ont eu alors recours à remploi de Toau oxygénée à 10 volumes, étendue de 3 fois son volume d'eau. Les éponges, mises en macération dans cette solution pendant vingt-quatre li(3ures, leur ont donné d'excellents résultats. L'action antiseptique de l'eau oxygénée porte aussi bien son action sur les parties profondes et centrales del'éponge que sur les parties périphériques. Les éponges ainsi stérilisées s©nt conservées soit à sec dans un bocal stérile et fermé, soit dans une solution antiseptique.
(^ette méthode n'est pas coûteuse ; elle est, en outre, rapide, aussi les auteurs la considèrent-ils comme la méthode de choix pour la stérilisation des éponges.
M. Uœser a donné une technique qui permet de nettoyer les éponges souillées ayant déjà servi : on les lave à l'eau stérilisée portée à 40-4o** et additionnée de
■ STlêtïïUS^TTON DES PAXHEMFJCTS 1! 7
^ goultes parlitre d'une solution de soude caustique à 10 0/0, puis on les rince plusieurs fois à Teau sté- I Pllîsée chaude. On les exprime et on les plonge, sans les tasser, dans (les bocnux: contenant de Teau bromée obtenue en additionnant l litre d'eau bouillie de 30 grammes deau brornee saturée. On les laisse séjourner dans celle eau bromée jusqu'à décoloralion de cette eau. On les retire, on les exprime et on recommence deux ou trois fois cette opération jusqu'à ce que Téponge soii devenue blanche. Finalement, on les met dans Teau stérilisée alcaline conte oant 20 gouttes de la solution do soude à 10 0/0, On lave jusqu'à disparition de toute odeur de brome.
On obtient ainsi des éponges très blanches qui, diaprés M* RûGser, ont encore en grande partie leurs qualités et surtout leur solidité après huit à neuf traitements.
M, Allain utilise Teau ammoniacale pour débarrasser les éponges ayant servi du sang et des matières albuminoïdes qui les souillent. On emploie une solution contenant par litre oO centimètres cubes d'ammoniaque. On les y laisse séjourner une Uemi-heure, puis on les Hnce à Teau ordinaire en lesexprimantavec une planchette de bois; on recommence le traitement a Teau ammoniacale et le rin* cage à Teau ordinaire jusqu'à ce qu'une éponge, pressée entre les mains et eicprimée^ ne laisse plus ijcouler de liquide trouble. Trois opérations^ dont la durée totale est tout au plus d'une heure, suf- Hfisent presque toujours. Les éponges $ant enfm
bien lavées à Teau ordinaire jusqu'à ce qu'elles ne rrngissont plus sur le tournesol. Elles sont alors prêles à subir une nouvelle stérilisation.
v. — vkhification de la température d'askptisation des pansements
Lorsqu'on a soumis à Tautoclave un lot de pansoinculs (coton, paze, compresses, etc.), il faut être rorlain (pio l'intérieur de ces pansements a subi l'aclion d'une température suffisante pour réaliser ras(»i)si('(!borcbée.
Afin dn s'assurer de ce degré de température, MM. Qnénii ol V, Terrier ont imaf^iné un procédé de conlrolc dont le principe est fort simple : un petit tube en vcu-re, fermé à ses deux extrémités, renferme une substane(» soHde qui fond à une température (b'ieruiinée. On j)laco ces tubes au milieu du pansement à stériliser. Après stérilisation et au moment (b' rein|)lni, si on constate que la substance contenue dans le hibe est fondue, c'est que la température voubu^ a été alleinle.
Les substances (jui peuvent être employées à cet usa<j^e sont. :
\" La fleur (le soufre, qui fond à 117°;
ti"" L'aeide l)enzo'H|ue cristallisé fondant à 120"*;
.'{" L'anbvdride plitalique dont le point de fusion est (le 12î)\
tjn (les élèves de M. Terrier, M. Latbam, a apporté