‹ Technique de stérilisation à l'usage des pharmaciensChapitre 20 sur 34 · II. — SOIES · texte numérisé non relu

II. — SOIES

Le lil de soie employé, comme fil à ligaturest le fil à coudre en soie qu'il ne faut pas confondre avec le fil de soie obtenu par la simple réunion d'un certain nombre de fils de cocon, portant Je nom de fiis grèf/es,

La soie à coudre est formée par un nombre déterminé de fils simples tordus, c'est ce que Ton appelle le fil retors.

1 STiHILTSATIOJî DES FltS A LlGATUnKS 157

Quelquefois on assemble entre eux plusieurs fils retors qui sont à leur tour tordus les uns avec les autres; on obtient alors les fils câblés. Toutes ces soies sont rondes.

11 existe, en outre, une soie plate, tressée: c'est la soie de Czerny.

On emploie, en chirurgie, la soie ronde, ou encore plate ou tressée, de trois dimensions ; petite, moyenne ou grosse,

tia soie tressée plate, dite mie de Czerny^ semble avoir la préférence de beaucoup de chirurgiens, qui trouvent qu*elle permet de faire p!us facilement un nœud ne se défaisant pas.

La soie de Czerny commerciale se présente sous six grosseurs difle renies correspondant aux numéros de à 6. Pour Temploi chirurgical , on se sert surtout des trois grosseurs 1, 3, 6 correspondant justement aux dénominations plus vagues indiquées plus haut I petite, moyenne ou grosse.

Les (Ils de soie industriels sont généralement recouverts d*un apprêt qu'il faut faire disparaître avant de procéder à la stérilisation. Nous verrons quel est le traitement qu*on leur fait subir au moment où nous décrirons les différentes méthodes d^aseptisation employées. Ces méthodes de stérilisation sont variables avec les auteurs qui les ont préconisées ; nous relatons seulement celles qui nous paraissent les pins pratiques et qui présentent^ au point de vue de rasepticité, toutes les garanties désirables.

158 TECHTTTQVB DB STfiltILlSATIOX

Procédé Debuchy, — La soie est traitée par une eolulion alcaline de soude à 3 pour la dégraisser» puis on ia lave à Teaii bouillante jiisqu^à dîspanlion de loutes traces d'alcali > On l'en roule sur des bobines de verre et on stérilise à l'auloclâYe à la vapeur d eau sous pression à liO',

La soie est cunservée dans les tubes où a eu lieu la stérilisation, ou dans une solution pbéniquê^! à 25 0/(M}, qui a été stérilisée au préalable à iâO*, ou eneore Aani^ une solution, toujours stérilisée, de

Alcool. îïOO partip.*

rdycénne . , , , Hmp ^

Sublimé *.,,,,... i -^

Ponr que Taction de la chaleur s'oxerce sur Joules les parties du lil, nous conseillons d'enrouler la soie en spires inclinées d'abord de gaucbe à droite, par exemple, sur toute la longueur de la bobine, et de mettre une seconde épaisseur du fil en enroulant, toujours en spires inclinées, mais cette fois de droiïê à gauche. La pénétration de la vapeur liumîde et surcljaulîées'eilecluG ainsi pins facilement entre les épaisseurs de soie^ et dh obtient une stérilisation absolue.

Procédé F- Terrier, — M. F. Terrier enroule les fils de soie, privés de leur apprêt^ sur des cadres de nickel pur {fi^, AO), de 10 centimètres de long- sur I centimètre de large ; et suivant la grosseur dit fil de soie, on peut en enrouler de î à 3 mètres.

l^e tout est glissé dans un tube à essai en verre un peu grand, le tube est obturé par un petit tam-

STÉniLlSATIO^ DES FILS \ LIGATUilES 159

pan d'ouate et placé dans le panier métallique de Taulloclave et maintenu pendant une demi-heure à la |température de 1^0^

Après refroidissement, les tubes sont relevés et yn recouvre leur tampon d^ouate d'un capuchon de aoutchouc (fig. 41),

I Pin, 4Û. — Tube con- Fr(i. 41. — Tiihe ri^- Fie. -12. -- Tube

tenant le cadre cîouveri ilu capu- si-elié (F, Ter-

nvec le JiL df* ^ow. chon cîe rnoLit- lierj.

(F. Terrier). cJioïic(>\Terrjer).

Pour les préparations qui devront être gardées un I temps indéterminé, on utilisera des tubes en verre [un peu pluH longs, qui, après stérilisation dans Tau- [toclave, seront étirés et fermés à la lampe d'émailleur i^g, 4â). Bien entendu, pendant celle manipula-

ICO TECHNiQus nm sràniUfîÂTiox ■

tioD, les tubes devrfml rester farmés par leurtanipoti douatc* Un Irait do Hme fait sur 1 extrémité d titube permetd© rouvrir facilement, en y appuyaiïtuiïrofpi quelconque chaufîé au roug:o. De celle façon le^ïik. restent indéiinîment stériles, M

Procédé L. Bartbe. — M. Biirtha fitérîlise sessoSil de lu iiiinu^ fai^ou que son catgut (Voir p. K18),c>&^à-dîre que le Hl est enroulé, par coupures de i^Stfl ,H mètres, sur les tubes de verre bordes que ToaiD^ Iruduil dans des tu tes cylindriques en verre delOcejittmL^res de haut sur â5 millimètres de diamètre i^i Imuchéâ d'un tampon d'ouate. ■

On slérillse dans la vapeur d'alcool anhydre à iîP| pendtint une heure. L'auteur mentioiiûe que Ion peut, plussimplementaseptiserdans la vapeur d'eau à lâS

Les soies .sont enfin conservées à sec dans ifl tubes où a lieu k stùrilisatioii en ayant soin de recouvrir le tampon de coton d*un capuchon Je caoutchouc. On colle ensuite une bande de sûreilJ passant par dessus le capuchon. ■

En règle générale, les soies, débarrassées de leur apprêt el des matières jurasses, peuvent être slerilisées à rautoclave, même à des températures élevées qui ne les détériorent pas* Cette stérilisation pourra se faire soiten tube scellé, soit en flacon hermétiquement clos au sein dû Teau distillée, ou même à sec, et on les conserve soit dans une solution alcoolique de sublimé à 1 0/0, ou dans une solution aqueuse de phénol à 25 0/00 préalablement stérilisée.

STiniUSATIOX DES FILS A LIGATORES 161

On peut môme, comme le font MM. A. Bardy et lartin, stériliser la soie (mise sur bobines) dans la mpeur d'alcool anhydre à 120^, en suivant la techlique employée par Taseptisation du catgut.

Les dilîérentes méthodes que nous venons d'indîjuer, appliquées a la stérilisation des fils de soie, ionnent toutes des garanties d'asepsie absolue. lue fois cette stérilisation faite, on devra soigneuiement étiqueter chaque tube ou flacon, étiquette portant Tindication de la nature du til, son numéro, la température à laquelle il a été stérilisé et le milieu dans lequel il est conservé.

U existe d'autres procédés surtout utilisés à l'étranger et dont on a pris pour prétexte, afin de justifier leur emploi, de dire que les soies autoclavées l'étaient pas résistantes. Ceci est vrai quand on ïrend des fila de qualité inférieure, fabriqués avec de la bourre de soie, mais les iils tressés ou câblés» de

Pmarques connues, subissent sans altération Taction

■de la vapeur sous pression.

En Allemagne^ la méthode générale d'aseptisation

[mise en pratique pour les soies est la suivante : La soie est soumise à rébullîtion, puis immergée»

(pendant quelques heures, dans une solution de sublimé à 5 0/0 et renfermant âOO/Ûde glycérine ; elle

Nst ensuite desséchée, puis conservée dans uneen-

Iveloppe imperméable. Peu de temps avant de rutilisep, on la passe dans une sohition phéniquée à

[3 0/0, ou dans une solution de sublimé à 1 0/00.

4aâ

TECHNIQUE PB STEïllUSATtCl?f

11 L — CRir«S DE FL0HE4\CE

l^e crin de Florence, que Ton considère a i(i^ eoiTtme lin test in du ver à soie, est encore app^i nmrfi*à*pi'che on pi de Fiorence; il provierU dd glandes série igères des vers à soie.

[.nrsque eerlains de ces vers, au lieu de Hier \ fçulièrement leur coron, se raccourcissenl et donnent pas aux doux fils, sortant des deux glandei une torsion suffisante, on les destine à la fabricalioîn du crin de Florence.

(les vers sont alors plongés, dans le but de durcir^ les glandes, dans du vinaigre où on les laisse: jpurncp pendant deux ou trots jours, puis ces dS fnières sont extraites et on étire le fîl visqueux qui s'en échappe. En présence de Taîr, ce fît se concrète* se dessèche et on obtient les fils de Florence employés par les pécheurs à la ligne pour altaclier leurs hameçons* Ces fils se trouvent alors dans k commerce par paquets de 10 ou de 100, groupés s«i* vant leur grosseur.

Le crin de Florence est utilisé en chirurgie comme agent de suture non résorbable ; il est généralement destiné aux sutures superficielles. Certains chirurgiens L-trangers, néanmoins, emploient systématiquement le crin de Florence, à Texclusiou de toute autre espèce do fil, pour tontes les sutures on ligatures perdues.

I Le diamètre de ce fil varie de 10 centièmes de milllîiïiètre à un dtimi-minimètrc ; leur surface est ordipiairemcnt très lisse et égale.

I Lecrm de Florence est un fil peu souple, aussi [ne faut-il pas Tenroaler sur des bobines, ni même Ile disposer sur des cadres de verre.

I Avant de procéder à sa stérilisation^ on le met ■ séjourner pendant quelque temps dans Téllier pour Ile dégraisser, Puis on rassemble 10 à ^0 fils, et on Iles dispose suivant leur longueur, qui est de 25 â pOcentimèli'es, dans de longs Hacons étroits bouchés là rémerî, avec une soînlion phéniqiiée à 25 0/01) lé- Igèrement glycérinée. Pour que ces flacons n'aient I pas une dimension trop grande, on peut, au besoin, I replier une fois les fils par leur milieu. On porte tensuite à rauloclave à 120" pendant vingt minutes là une demi-heure, après avoir bien assujetti le bou- [chon à émeri au moyen d'un capuchon de parlehemin.

I On peut remplacer les ilacons par un tube de verre [que Ton scelle à la lampe.

I M, Lteune a construit, pour la stérilisation des Icrifis de Florence, des tubes à fond rond en verre [vert mince spécial [fig. 41), munis d'une fermeture la utoma tique formée d'un bouchon de porcelaine Igârni d'une rondelle de caoutchouc s*appuyant exac- [tement sur le goulot du flacon au moyen d'un levier [métallique canstitué par un fil de cuivre nickelé, I Les crins de Florence sont placés dans le tube en [ayant soin de rabattre seulement le bouchon sur

4M TIîCTITKimi nE «TÉRTLTSATIOK

' i»rv,»'«:iirf *;Hitf Hiirime jiression, el l'anneau du ,.iv,..- .»i!jriirt SUT 11- hpf du honolion de porcelaine. ''^|ifint* b ranloclave. La stérilisatirm Iflmiinée., T autoclave est ouvert *'i««iij FfîTine immédiatement le tube *»ii appuyant de liant en bas sur le jfvier de la |ramitnre.

F,ii raison de leur aspect diaphane K jivinr faciliter au chirurgien la rf^bfTclie de? sutures faites sur la 7KU!L, ciTi a lliabitude de colorer les :r.ii* df- Fjvirence par une roacéra- -■:<!. pr**iilable d'une heure ou deux ifis if-s sc»]utic»ns c-olorêes, suivie 1 1.1 Liva^^e a l'eau courante.

''>. ri-^rc^^^rie, on emjtloie généra-

! "LtT*. :::■:> ^Tos>eurs de crins :

--S ^r:^^. les n:oyens et les lins, el

. . iiir:^. r-:'-r chacune de ces

^•r. >>Turs. u:>? teinte déterminée.

.\.- >L -.n co'ore, par exemple, les

: ^r%. s riLs en violet par une solution

-^ i-. vL.Vt de mêthyle, les moyens en

,. /. ■ ranire par une solution d'aurantia

- * :: - : . 'i J^e î^oIJ-orange» les tins en rouge

■;''"'-• [-ar «ie la fusohine.

l^-epuis longtemps déjà, M. Barthe pr[»-ir^'. a rii'»pit'.»l Saint-André de Bordeaux, des rriri'; de l'IuroncL' «lui sont colorés avant leur stérilisation. \j:s tils les plus gros sont colorés en verl

STÉRILISATION DES FILS A LICATUUES lfi5

au moyen du vert d'aniline; les moyens^ employés Dourammeat, en rouge par le rouge d'aniline, et

^es fins en bleu obtenu avec le bleu de méthylène, ^ee fils sont immergés dans de lonf^s tubes renfernant une solution d*eaii phéniquée à o 0/0, et sont portés à Fautoclave à l^O"* pendant une heure. Un bouchon de liège ou de caoutchouc » préalablement

ktérilisé, ferme chaque tube qui est recouvert de :>audruche.

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