‹ Technique de stérilisation à l'usage des pharmaciensChapitre 23 sur 34 · CHAPITRE Xllf STÉRILISATION DES LAMINAIRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xllf STÉRILISATION DES LAMINAIRES

Laiaminaire^ employée en chirurgie^ est le pseudopétiole de là Laminaire tligitoe [La m maria digitata). Celle tige sextuple de volume lorsque, après avoir été desséchée^ elfe est mise au contact des liquides aqueux.

Pour Pnsage chirurgical, les laminaires sont tournées, et leur diamètre varie depuis 2 à li millimètres à 1 centimètre de diamètre; on a soin d'arrondir leurs deux extrémités, dont Tune porte un fil de soie pour pouvoir les retirer plus facilement ; elles sont surtout utiliséespour la dilatation des trajets fistuleux ou du col utérin; elles doivent alors -être complètement aseptiques. p Cette stérilisation s'eiîeetue surtout par le cbauffageen présence des vapeurs d alcool absolu à VW\ c*yst-â-dire qu^on leur applique le procédé de Hépin pour le catgut. A cet elTet, les laminaires lentement Ijlesséchées sont introduites, avec de Talcool absolu, dans des tubes à essai résistants^ on scelle à la lampe et on chaulTe à rautoclave à \W pendant vingt minutes*

170 TECHNIQUE DE 8TÉBII.ISATIOX

(Certains aateurs stérilisent seulemeot la lami- \ naire desséchée en la laissant séjourner dans des flacons en verre jaune, remplis d*ane solution éthérée d*iodoforme faite à saturation et additionnée don dixième d'alcool. On la conserve dans le flacon même au sein de cette solution.

CHAIMTaE XIV STÉRILISATION DES SOIfDES ET DES BOUGIES

M. 1g professeur Guyon et ses élèves oui sura- [boridamment démontré la nécessité de pratiquer le Icatliétêrisme des voies urinaires avec des insLru- I ment s aseptiques. Aussi doit-on diercher à obtenir, pour les sondes cl les bougies, une stérilisation [aussi parfaite que possible.

Les sondes mélalli({ues peuvent facilement être [stérilisées soit par la chaleur sèche, soit par la chaleur I humide.

II n'en est plus de même des sondes en gomme [polie, ou en caoutchouc rougei que la chaleur dété- [riore facilement.

Les sondes en caoutchouc rouge, dites sondes de iNélaton, peuvent subir une ébullition suftisamment [prolongée pour qu'on puisse réaliser non pas une [asepsie absolue, mais généralement suffisante dans la pratique; elles peuvent, en outre, être plongées dans des solutions antiseptiques, le sublimé au milllième par exemple, sans se détériorer,

La stérilisation des sondes en gomme polie est [plus difficile; elles sont ordinairement recouvertes

d*un vernis qui se fendille sous Taction de la chaleur. Plongée dans une solution aqueuse antiseptique (sublimé, biiodure de mercure, acide phénique, etc.), la surface de la sonde devient rugueuse, elle se ternit et perd de sa rigidité.

M. Poncet, de Lyon, aseptise les sondes à l'étuve <haufTée à 120**, oii il prétend qu'elles peuvent séjourner môme pendant plusieurs heures, et il les conserve dans du talc et de Tacide borique pulvérisé préalal)lcment portés à température élevée, de manière à détruire tous les germes. Les sondes, suivant cet auteur, se conserveraient très bien sans ({u'ils deviennent rugueuses, comme lorsqu*on les immiTgt^ dans une solution antiseptique.

Dans ces dernières années, les fabricants se sont elTorcès do perfectionner la composition de ces instruments, qui sont souvent maintenant enduits d'un vernis à la gutta-percha ou au caoutchouc, permettant à ces sondes de supporter plusieurs fois Taction de Teaii l)ouiIIante.

Néanmoins l'action de la chaleur, plusieurs fois renouvelée, met bientôt la plupart des sondes hors de service. Aussi a-t-on cherché à les rendre stériles par d'autres procédés.

A l'hôpital Necker, M. Guyon a fait construire un appareil pour désinfecter les sondes en gomme et en caoutchouc par Tacide sulfureux.

Cet appareil se compose d'un flacon producteur d'anhydride sulfureux résultant de l'action de Tacide chlorhydrique sur du bisulfite de soude.

I STinitlSATlON DES SONDES ET DES BOUGIES 173

I Les sondes, préalablement lavéea à rinlérieur et ■Il rextérieïjr par une solution de biiodure de mercure m 1/3(HX* et bien séchces, sont placées dans de longs Itubes ouverts à une extrémité. Ces derniers sont inkroduLts dans un grand flacon à large ouverture hïDuche â Témeri et portant une tubulure latôrale Ipar où pénètrent les vapeurs d'anhydride sulfureux; pine autre tubulure latérale sert au départ de Taîr ■chassé. Les sondes restent on ronLact des vapeurs uJ' acide sulfureux pendant trois heures.

I M. Janet se sert d'un petit appareil formé d'une Igrande éprouvetle de verre d'une contenance de |3'"',^50, hermétiquement fermée par un couvercle [métallique garni de deux tubulures : Tune pour Laririvée du gaz, Tautre pour son dégagement àrexté- IriÊur* Au moyen d'un syphon a anhydride sulfureux Biquide, on remidit réprouvetle de gaz presque pur, lotî laisse séjourner les sondes dans cet> atmosphère fpendant vingt-quatre heures.

1 Cette désinfection à Tanhydride sulfureux a été leraployée dans les services d'hôpitaux, pendant [quelques années, jusqu'au jour où Ion découvrit les l propriétés antiseptiques de Taldéhyde formique. I A la suite d'expériences entreprises dans le service [de M* Guyon, M. Janet a proposé de stériliser les [sondes de Nélaton» les sondes à béquilles, les sondes [coniques olivâtres par le formol, en employant soit [la solution commerciale de formol, soit son polymt«re, le trîoxy méthylène.

Le formol est supérieur a Tacide sulfureux pour

174 TECMKIQtJE DE STEHILÏSATION

la stérilisation des sondes; il est plus efficace, plus rapide, plus maniablo, et surtout il altère beaucoup moins les sondes.

Le tri oxy méthylène est supérieur au formol parce qu'il agit à sec, ce qui évite le ramollissement des sondes^ et parce qu il n*a pas besoin d'êlro renouvelé ; mais son action est moins rapide.

L'appareil que recommande M. Janet se compose d'une boîte rectangulaire métallique allongée, de 4â centimètres de long sur 7 centimètres de Imut et de large» montée sur quatre pieds ; elle est fermée au niveau d'un de ses petits côtés par une simple petite capote de caoutchouc. A son intérieur, cette boîte porte deux plaques métalliques perforées : la supérieure est mobile, rînférieure est fixe, toutes deux sont destinées a recevoir les sondes. Au dessous se trouve un bac métallique plat mobile, dans lequel on étend une lame de colon hydrophile que Ton recouvre d'une mince couche de tri oxy méthylène.

Avant de placer les sondes dans cet appareil, il faut les laver soigneusement indis et eîrtra, puis les laisser égoulter et les sécher aussi complètement que possible. Ensuite on les laisse séjourner pendant vingt-quatre heures dans la boîte fermée. Les sondes les plus fines doivent y rester au moins quarantehuit heures.

Autant que possible Tapparcil doit être conservé dans une chambre, chauffée au moins à lb°, pour favoriser la dissociation du trioxyméthylène et le dégagement de l'aldéhyde formique.

■ STERILISATION DES SOÎfDES ET DBS BOUGIES iTa

I I.es sondes, au sortir du stérilisateur, doivent, I avant leur usage, ètrti frottées exténeurement avec

■ du coton aseptique imlubé d'eau stérilisée ou d'eau Iboriquéc stérile pour enlever Texcès de formoL

I MM. Bazy et Claisse ont égatement recours au I formol pour aseptiser leurs sondes qiClh placent dans I des éprouve t tes en verre. Le fond de ce vase est I garni d'un gros tampon d*ouate hydrophile fortement I imbibé de la solution de formol à 40 0/0, on met les I sondes et, au dessus, un double de gaze sèche et on

■ ferme réprouvetle.

I Le pharmacien pourra toujours avoir, dans son lûrficine, des sondes aseptiques en faisant tout sîmple- Inient construire par un ferblantier une caisse rectan- I gulairc à double fond grillagé, et divisée longitudi- Inalement par plusieurs compartiments destinés à I recevoir les différents calibres desundes. Sur le fond Imëme de la caisse, ou dans de petites capsules repo- Isant sur ce fond, on met environ 1 à 5 grammes da lirioxy méthylène par vingt sondes, et on ferme la ■caisse. Les sondes se conservent ainsi facilement iMerilîsées,

I II existe aussi dans le commerce des tubes en verre Ide 40 à 45 centimètres de longueur pouvant contenir Itine, deux, trois sondes et plus.

I Ces tubes sont fermés par un bouchon de caout- Ichouc et on dispose au fond de ces tubes du trtoxy- Iméibylène. Au bout de vingt-quatre heures pour les ^sondes ordinaires, et de quarante-huit lieures pour les sondes fines, on obtient une stérilisation complète.

n6 TECHNIQUE DK STEflfLI&ATlOX

I/omploi du formol pour raseptisatîoii dessoudes c*si. surtout mis en pratique en France, A rétrânf;fr, ce procédé a généra lemenL peu de partiganâ et nniB rjotuions quolquas-unes des mëlhodes qui sonl alore utiUâées.

M. A* Freundenberg prétend que toutes les sondai* en gomme et en caoutchouc, soumises à un eouraot de vapeur d'eau à i(KV' pendant trois quarts d'heure, sont absolument aseptiques et que ce chauffage eai toujours bien toléré par toutes les bonnes marque&.st on a la précaution d^observer ppemièrement que 1<'S sondes ne se touchent pas Tune Tautre, et ensttiii? qu elles soient enlevées du stérilisateur inimrdmiiment après la fm de la siérîUBatîon.

Pour réaliser la prctnitTe condition, il est buti d'envelopper les sondes isolément dans du linge, ou [mieux dans du papier filtré où Ton mentionne le numéro de la sonde. Les sondes sont ensuite conservées dans des boîtes métalîlqties.

Plusieurs auteurs, comme MM, Hermann, Cotlon, préconisent la stérilisation des sondes par immersion, pendanttroisàcinq minutes, dans une solution saturée de sulfate d'ammoniaque portée à rébullition ; ceâ instruments supportent sans dommag^es ce traitement. Nous rappelons que déjà M. Elsberg avait pn> posé remploi d'une solution de sulfate d'ammoniaque pour aseptiser le catgut, se basant sur ce fait qui* ce I sel inaohïbilise les matières album inoïd es et, par suite, anuiliile Tactivitf^ protoplasmique des bactéries»

Eniin M, MiskhailoIT critique à la fois le procédé

STERILISATION DES SONDES ET DES DOCtili^S !77

in rormol qui ramollit la surface lisse et vernie des Sondes, et celui au sulfate d'ammoniaque qui rend les cathéters rugueux, durs et fragiles. Aussi roeomlande-t-il, comme M, Freundenberg, Taseptisation par un séjour de trois quarts d'heure dans un courant ie vapenr d'eau à 100".

En résumé, nous estimons que le procédé au formol i*un usage courant est cehit qui devra être adopté par le pliarmacîen.

Si le praticien était pris au dépourvu et qu*îl n'ait pas le temps suffisant, c'est-à-dire vingt-quatre ou

larante-liuît heures, pour procéder à cette aseptisation, il pourra exceptionnellement slérilîser les Bondes, demandées d'urgence, par un courant de ^vapeur d'eau à 100^

Tour cela, les sondes seront placées dans un tube ouvert à ses extrémités garnies chacune seulement jar un tampon de coton hydrophile. Le tube sera |ïtiîs dans Tautoclave, et on cIiaufTera pendant une lemi-heure à rébullition en ayant soin de laisser ouvert le robinet d'échappement de vapeur de façon à ae pas dépasser la température de 100^

Toutes les considérations que nous venons de dé-

apper au sujet des sondes s'adressent également

: bougies en caoutchouc et en gomme, et, pour ces

linstrumentSt on peut appliquer exactement tous les

procédés indiqués en faisant les mêmes observations

.pour les avantages et les inconvénients que chacun

[d'eux présente.

Page 1